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9-1-1 - L'âme sœur - Ep4.16

Summary:

Holly est sur le point d'accoucher et Buck a hâte de devenir père. La 118 intervient sur un incendie volontaire et la police découvre que l'un des pompiers de la brigade est directement visé. De son côté, Angus prend ses nouvelles fonctions d'agent de police, l'entourage d'Eddie est placé sous protection et Maddie est agressée...

Cette fanfiction se situe à la fin de la 3eme saison et est donc une alternative à la saison 4, diffusée cette année sur la Fox et actuellement sur M6.
***ALERTE SPOILER S04*** : certains évènements de la saison 4, sont repris ici.

🔞 Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes 🔞

9-1-1 est une série télévisée américaine créée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Tim Minear. L'histoire et les personnages de bases ne m'appartiennent pas et je ne fais que les réutiliser sans en tirer bénéfice.
Les autres personnages et leur histoire m'appartiennent.

Notes:

Episode précédent : 911 - L'absence du vide - Ep15

(See the end of the work for more notes.)

Chapter 1: Chapitre 1

Notes:

L’amour est un sentiment puissant.
Il transcende toutes les peurs et peut permettre de soulever des montagnes. Mais ce qui se cache derrière ce sentiment est parfois plus noir, plus dangereux, et peut tourner à l’obsession.

Chapter Text

Quand Athena arriva dans la cuisine, elle comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas.

Son mari Bobby était en train de frotter un plan de travail impeccablement propre. Il s’acharnait même sur une tâche inexistante.

Bobby était un homme d’une cinquantaine d’années. De grande taille et carré d’épaules, il arborait des cheveux de couleur foncé et un regard noisette. Capitaine des pompiers de la 118ème brigade de Los Angeles, il avait rencontré son épouse quelques années auparavant sur un incendie criminel et avait fini par tomber amoureux. Ils s’étaient mariés plus de deux ans auparavant et il ne le regrettait pas. Depuis, il avait retrouvé sa fille ainée, l’avait mariée à l’un de ses hommes et ils allaient donner naissance à son premier petit enfant.

Tout allait bien dans sa vie mais pourtant, il était contrarié.

Elle posa les poings sur ses hanches, bien décidée à lui faire cracher le morceau sur ce qui le préoccupait.

– Si le but est de le faire disparaître sous l’usure, ça sera plus facile avec de l’acide, lâcha-t-elle.

Bobby se retourna, surpris de l’intervention.

Son épouse le regardait avec une lueur amusée dans le regard. Surtout dû au fait qu’il était figé au milieu de la cuisine, l’éponge dans une main et le spray dégraissant dans l’autre.

Athena avait une cinquantaine d’années et était très athlétique. Elle avait une voix grave, très reconnaissable. C’était une afro-américaine qui arborait une coupe de cheveux courte, afin de ne pas être gênée dans son travail. Elle était dans la police depuis le début de sa carrière et avait atteint le grade de sergent depuis plusieurs années déjà.

Son mari soupira lorsqu’il se rendit compte qu’elle avait raison.

C’était vraiment une très mauvaise habitude de s’acharner sur le ménage lorsqu’il n’allait pas bien ou parce qu’il se posait des questions.

– C’est..., commença-t-il. Ça me calme.

– Qu’est-ce qui te met dans cet état-là ?

– Je m’inquiète pour Holly, admit-il en déposant ses armes sur le comptoir.

– Tu t’inquiètes toujours pour Holly.

Bobby dû admettre qu’elle avait raison.

Mais c’était plus fort que lui. Holly avait assez souffert. Il estimait qu’il était temps pour elle d’être heureuse.

– C’est parce qu’elle voit sa mère ? s’enquit-elle.

– Je ne peux pas m’empêcher de me dire que quelque chose va mal se passer, confirma-t-il. Qu’elles vont se disputer ou pire encore, qu’elle va s’attacher.

– C’est sa mère. Elle a besoin de faire connaissance avec elle. Elle doit s’attacher, c’est normal.

– Mais elle va mourir. Sa mère va mourir.

– Et si elle ne construit pas un lien avec elle maintenant, elle le regrettera toute sa vie.

– Je sais et tu as raison.

– Est-ce que vous en parlez tous les deux, de ce qu’elles se disent ?

– Chaque jour, confirma-t-il. Elle m’appelle, on en parle. Elle m’a dit qu’elle avait un frère et je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’elle a une famille ailleurs. Sans moi.

– C’est impossible ça, lui sourit-elle pour l’apaiser. Tu es son père. Tu es toute sa vie, la personne la plus importante de sa vie.

– C’est Buck la personne la plus importante de sa vie, lui rappela-t-il. Et dans quelques jours, ça sera cette petite fille.

– Alors ça, ce n’est pas fait, rit-elle soudain.

– Quoi donc ? s’étonna-t-il.

– Cette histoire de fille. Je suis presque sûre que c’est un garçon.

– L’obstétricien a confirmé qu’il s’agissait d’une fille.

– Sauf qu’Holly arbore la même corpulence que moi quand j’attendais Harry et c’était totalement différent de ma première grossesse.

– Chaque femme est différente, lui rappela-t-il.

– On verra, céda-t-elle. En attendant, laisse-la faire son chemin et soit assuré qu’un père aussi aimant que toi, ne pourra jamais être exclu de sa vie. Mais, tu dois apprendre à la partager un peu.

– Je sais et je fais des efforts mais ce n’est pas si simple.

– Et j’en suis parfaitement consciente. Bobby, tu es l’homme le plus fort que je connaisse. J’ai vu les efforts que tu as déployé pour rendre ta fille heureuse et je trouve que tu en es ressorti grandit.

– Je l’aime tellement que j’ai toujours peur de la perdre.

– Aucune chance que ça arrive, lui promit-elle.

*

*   *

Eddie sortit de sa voiture et vint à la rencontre de son ami Buck qui venait de se garer.

C’était un homme d’un peu plus de trente ans. Brun à la peau mate, c’était un bel homme qui ignorait son charme. Il était père célibataire, depuis la mort de sa femme deux ans plus tôt. Il était aussi le meilleur ami de Buck et de sa femme, Holly. Il avait soupiré auprès d’elle mais elle avait fait son choix et il avait décidé de la laisser vivre son histoire d’amour, sans plus intervenir.

Sans compter qu’elle mettrait bientôt un enfant au monde, et il devait avouer que ça l’avait un peu refroidi de la voir comme une future mère et plus seulement comme une femme.

Et puis, aujourd’hui, il était avec Ana et il aimait ce qu’il partageait avec elle.

– Salut mon pote, lui lança son ami, en lui serrant la main.

Buck avait l’air fatigué.

Il était de grande taille et il arborait une carrure très musclée. Il gardait en quasi permanence un petit sourire en coin, ironique. Il était blond aux yeux bleus et avait une tâche de naissance au-dessus de l’œil gauche.

Les cernes en revanche, c’était nouveau et elles étaient plus que visible.

– Loin de moi l’idée de me mêler de ce qui ne me regarde pas, commença-t-il. Mais si je peux me permettre un conseil, tu devrais dormir, parce que quand le bébé sera là, tu vas enchainer les nuits blanches.

– Je sais, rit-il. Mais j’ai du mal à dormir, je suis surexcité. J’ai hâte de la voir arriver, de la prendre dans mes bras. Elle bouge beaucoup, surtout la nuit et je ne me lasse pas du spectacle.

– Je sais, c’est magique, lui confirma-t-il. Mais repose-toi quand même.

– Je vais essayer, promit-il.

– Ce n’est pas, Maddie ? demanda-t-il soudain en fronçant les sourcils.

Buck se retourna et vit en effet sa sœur venir vers eux, en poussant le landau contenant sa nièce.

La jeune femme arborait de longs cheveux châtains et des yeux noisette. Elle était physiquement aux antipodes de son frère. Elle était de taille moyenne et avait enfin réussit à retrouver la ligne depuis son accouchement. Elle était opératrice du 911 depuis presque trois ans maintenant. Elle avait enfin trouvé sa voie.

Elle fit un petit signe de la main aux deux hommes, auquel son frère répondit avec un sourire étonné. Ils allèrent la rejoindre et Buck la prit dans ses bras avant de déposer un baiser sur sa tempe.

– Chimney te manque déjà ? se moqua-t-il alors qu’Eddie la saluait à son tour. On commence notre service dans seulement cinq minutes.

– Il a oublié ses clefs, affirma-t-elle. Tu peux lui donner ?

– Bien-sûr.

Il récupéra le trousseau de clefs et se pencha sur le landau.

Il adorait sa nièce et il se demandait vraiment comment il serait avec sa fille. Holly n’arrêtait pas de lui dire qu’il serait parfait et il avait vraiment envie de la croire.

– Bonjour, ma petite puce, souffla-t-il en la détachant pour la prendre dans ses bras. Viens faire un câlin à ton oncle préféré.

– Evan, j’ai rendez-vous chez le pédiatre, le gronda-t-elle.

– Il attendra, riposta-t-il avec un sourire en serrant sa nièce dans ses bras.

Elle secoua la tête amusée.

Son frère ne changerait jamais, pourtant il avait mûrit depuis sa rencontre avec Holly. Son couple l’avait fait grandir et il serait lui aussi un père dans quelques jours. Leurs filles allaient grandir ensemble et ça l’emplissait de joie.

Evan allait être un père formidable.

*

*   *

Holly se réinstalla sur sa chaise.

Elle était presque au terme de sa grossesse et elle avait du mal à se déplacer. Elle avait relevé ses cheveux bruns avec une pince et arborait des yeux noisette et pétillants. Elle n’était pas très grande et avait l’impression d’être aussi large que haute depuis que son bébé avait décidé de revenir se placer dans son ventre.

Holly avait fait un impressionnant déni de grossesse.

Elle avait découvert son état le mois précédent et ça avait été compliqué de s’organiser, mais elle avait la chance d’avoir un mari aimant, présent et très enthousiaste, qui avait pratiquement lu tout ce qui existait sur les grossesses et les bébés.

En réalité, il passait son temps à écumer les sites internet, parlant du sujet, sur son téléphone. Son père lui avait confié qu’il les assommait de questions et de théories, plus ou moins fumeuses et il le soupçonnait d’agir de la sorte pour cacher son stress, qui augmentait à l’approche de la date fatidique.

– Désolée, s’excusa-t-elle. J’ai l’impression de passer ma vie aux toilettes.

– Ce n’est rien, s’amusa sa mère. À ce stade, c’est normal.

Holly avait retrouvé sa mère depuis une dizaine de jours.

Elle lui ressemblait énormément. Elles arboraient le même visage, la même morphologie. Mais la couleur de ses yeux et de ses cheveux, Holly les tenait à n’en pas douter de son père. Et elle se demandait avec amusement à qui, d’elle ou de son mari, ressemblerait le plus la petite fille qui grandissait en elle.

Sa mère lui fit un sourire plein de tendresse.

Son père avait fait le nécessaire pour qu’elles puissent se voir, se parler, faire connaissance. C’était important pour elle de comprendre enfin d’où elle venait.

Holly avait été élevé par son père mais elle avait conscience de qui il était vraiment, depuis un peu plus d’un mois, seulement. Elle avait eu du mal à accepter ce mensonge mais elle avait décidé de passer outre. Son père l’aimait, il avait été maladroit mais il l’aimait et finalement, c’était tout ce qui comptait à ses yeux.

Alors, elle avait décidé de laisser une chance à sa mère, également et elle ne le regrettait pas. Elle lui avait raconté sa vie. Sa mère était devenue une brillante avocate de New York et Holly en ressentait une certaine fierté d’avoir des parents qui aient aussi bien réussi leur vie.

Et pourtant, la vie n’avait pas épargné sa mère non plus.

Elle lui avait raconté avoir fui ses parents à dix-huit à peine et avoir changé d’identité pour qu’il ne la retrouve pas. Elle leur en voulait terriblement de l’avoir forcée à l’abandonner. Elle avait rencontré un homme pendant ses études de droit et l’avait épousé avant de le quitter une dizaine d’années plus tard.

Elle était en train de renouer avec lui lorsque la maladie s’était déclarée.

Sa mère semblait l’avoir acceptée. Elle avait refusé la chimiothérapie, consciente que ça ne lui ferait gagner que quelques mois tout au plus, quelques mois qu’elle passerait à souffrir. Elle avait préféré mettre ce temps à profit pour retrouver sa fille.

Holly était heureuse de l’avoir rencontrée. 

Comprendre d’où elle venait, l’aidait à mieux appréhender sa future condition de mère et elle essayait de ne pas penser que ces instants de bonheur prendraient fin dans quelques mois.

– Encore deux jours à tenir, affirma-t-elle. J’ai l’impression d’être sur le point d’éclater.

– Tu as des contractions ?

– Aucunes, affirma-t-elle. Ce n’est pas normal ? Je devrais en avoir ?

– Le bébé bouge ? lui demanda sa mère.

– Oui et pas qu’un peu.

– Alors, tu n’as pas à t’inquiéter, lui affirma-t-elle. C’est qu’elle va bien. Et puis, toutes les grossesses sont différentes. Toi, par exemple, tu t’es annoncé à la dernière minute. Je n’avais eu aucune contraction avant le début du travail. Tout le contraire de ton frère.

Holly avait appris qu’elle avait un frère depuis déjà une semaine.

Elle n’avait pas osé lui poser de questions sur lui mais sa mère lui avait avoué qu’il connaissait son existence depuis toujours.

Jamais, elle ne lui avait caché avoir déjà eu une enfant.

– Pour lui, le travail a commencé trois jours avant et j’en ai sérieusement bavé.

– Est-ce que... Ça fait si mal que ça ?

– C’est douloureux mais après la naissance, on oublie la douleur, on ne pense qu’au bonheur de serrer son enfant entre ses bras, la rassura-t-elle.

– C’est le pendant qui m’inquiète, admit-elle. J’ai une peur panique de la douleur.

– Ça va bien de se passer Holly. Tu n’es pas seule, tu as ton époux et ton père. Ils ne te lâcheront pas. Tu as pris des cours d’accouchement sans douleur ?

– Oh oui, mais la théorie ce n’est pas pareil que la pratique.

– Non, mais ça aide.

Holly appréhendait le début des contractions.

La douleur, c’était toujours difficile pour elle. Ça lui venait de sa période de captivité en Irak, quand elle avait été torturée pendant presque trois semaines. Mais Buck réussissait à l’apaiser à chaque fois qu’elle en avait besoin et il avait intérêt à être présent quand le travail commencerait.

– En parlant de ton frère, je l’ai eu en ligne hier soir, lui affirma soudain sa mère la faisant se redresser. Tyler voudrait te rencontrer.

– Il veut me voir ?

– Il veut te voir depuis qu’il est tout petit, lui sourit-elle. Je lui ai dit que j’allais te demander avant. Je ne veux pas que tu te sentes obligée. Je sais que c’est beaucoup de bouleversement dans ta vie, surtout en ce moment.

– Mais je veux le voir, le rencontrer. C’est important pour moi de le connaitre.

– Alors, je vais lui dire de venir.

Holly vit sa mère essuyer ses larmes et elle s’inquiéta immédiatement de son état. Elle la savait fragile. Elle ne lui avait rien caché de son état de santé, même si elle avait émis le désir de ne pas en parler.

– Maman ?

– Ça va, lui assura-t-elle en lui lançant un petit sourire. J’ai du mal à me dire que je vais voir mes enfants enfin réunis. J’en ai rêvé de ce moment. Je t’ai cherchée tu sais ? Pas tout de suite mais ça fait cinq ans maintenant que j’ai entamé des recherches. J’ai eu ce besoin de savoir qui tu étais, comment tu allais. Mais ton père et toi aviez quitté St Paul depuis quelques années.

– Comment tu nous as retrouvés ?

– J’ai vu ton père à la télévision, dans un reportage sur les pompiers, mais j’étais à l’hôpital et j’ai dû attendre de reprendre un peu de forces pour partir à ta recherche.

– Et te voilà, lui sourit-elle.

– Et me voilà, confirma-t-elle.

*

*   *

Elle fredonnait une comptine.

Elle pouvait enfin laisser libre court à ses envies, commencer sa vie. Ça faisait si longtemps qu’elle n’avait pas eu le droit de faire quelque chose pour elle. Dans quelques heures, elle retrouverait l’homme de sa vie, son âme sœur.

– Ainsi font, font, font...

Elle avait hâte de pouvoir le serrer entre ses bras, de l’embrasser.

Elle avait hâte de le posséder. Il était à elle, il était son homme et elle n’avait pas peur d’évincer ses rivales. Elle récupéra la photo et découpa le visage de la femme qui l’avait rejoint aujourd’hui, avec une lame de cutter.

Elle allait la faire disparaitre de l’environnement de son homme.

– ...les petites marionnettes.

Elle craqua une allumette et enflamma la mèche des bougies qu’elle avait disposée sur la table. Celles-ci illuminèrent le mur sur lequel elle avait collé d’innombrables photos de son amoureux.

– Ainsi font, font, font...

C’était un homme grand, beau et fort. Un pompier qui n’avait pas hésité à se battre pour elle, pour la protéger de son ex-mari violent. Il avait pris soin d’elle avec tellement de douceur et de patience. Elle caressa son visage sur le papier glacé. Ses cheveux en bataille, son regard rieur et déterminé, ses muscles saillants...

Il était parfait pour elle.

– ...trois petits tours...

Elle avait elle-même pris les innombrables clichés qui composaient ce mur.

Il y posait en tenue de pompier, en uniforme, en civil aussi lorsqu’elle le photographiait à son arrivée à sa caserne. Elle n’avait pas pu le suivre jusque chez lui. Elle ne savait pas conduire. Alors, elle se contentait de l’attendre à la caserne, là où elle savait qu’il travaillait, là où elle était sûre de le trouver. Son héros.

Il ne savait pas qu’elle faisait ça mais elle avait besoin de le voir, tout le temps.

– ...et puis s’en vont.

Elle attrapa une feuille de papier et l’enflamma à l’aide de la bougie.

Elle regarda les flammes se propager et la laissa tomber sur la table où elle avait disposé des morceaux de tissu, imbibés d’alcool. L’incendie se propagea sur toute la table avec une vitesse fulgurante, illuminant le visage de ce pompier, encore inconscient de ce qui allait lui tomber dessus.