Work Text:
Dame Séli est allée rendre visite à Elias de Kelliwich.
“ Bon, je voudrais un philtre d’amour. ” dit-elle d’un ton autoritaire.
“ C’est pour qui encore ? Vous savez très bien qu’il faudrait soulever des montagnes pour qu’Arthur touche la reine ! Nos potions avec Merlin ont toujours raté, que ce soit de notre faute ou de la vôtre ! ” il réplique.
“ Mais de quoi je me mêle pour la dernière fois c’est pas vos oignons ! J’ai le droit de vous acheter ce que je veux sans écrire un justificatif ! ”
“ Le voilà. C’est le dernier, et il fonctionne bizarrement… Encore à cause de l’autre glandu. Vous devez attendre cinq minutes après que celui à qui le philtre est destiné l'ai bu. La première personne que ce dernier regardera, passé ces cinq minutes, il en tombera amoureux. 50 pièces d’or. ”
Séli s’en va prématurément préparer le vin du soir, veillant à ce que la coupe de son mari soit bien imbibée d’amour… Car malgré sa difficulté à se l’avouer, l’amour de Léodagan lui manque ces temps-ci. Elle dînait seule avec lui ce soir-là.
Lorsqu’ils commencèrent à manger, Léodagan fut pris d’une très grande soif. Et qui dit très grande soif, dit aussi très grosse envie d’aller faire pipi. Il s’empressa d’aller aux toilettes. Mais Séli tenta de le retenir, 5 minutes allaient bientôt s’écouler et il était hors de question que Léodagan échange ce premier regard amoureux avec quelqu’un d’autre. Mais Léodagan refusa ses ordres : elle le suivit dans les couloirs mais rien n’y faisait, il la croyait barge et s’échappait de ses bras. C’est là qu’intervient Bohort qui dévale les escaliers, tout guilleret.
“ Bonsoir Seigneur Léodagan, bonsoir Dame Séli ! ”
Cette dernière se figa. C'était le début des ennuis.
Toutefois, elle remarqua que Léodagan ne semblait pas faillir. Aucune nouvelle lueur dans ses yeux, aucune timidité face à Bohort. Elle se rassura en les voyant commencer une discussion tout à fait usuelle.
Après cet énorme coup de chaud, Séli alla se coucher et pour calmer son cœur encore secoué prit une dose de somnifères bonne à faire tomber un mammouth. Léodagan la suivit, par habitude.
Il est deux heures trente du matin, Léodagan se réveille en entendant Karadoc courir car il est en retard pour son casse-dalle. Il décide d’aller le rejoindre, par peur de ne plus rien avoir à manger. Mais… il était déjà trop tard. Il restait déjà pas grand chose et Karadoc s’était pressé de tout s’enfiler. Enfin si, il restait le fameux basilic.
Léodagan pousse un gueuleton, qui réveille à son tour Bohort, curieux de voir dans quel problème son ami s’était encore embarqué. Voyant l’urgence de la situation, Bohort proposa à Léodagan de venir goûter à ses réserves personnelles.
Karadoc hurle “ Quoi !? Bohort !? C’est à cause de toi qu'il n'y a plus rien à se mettre sous la dent !? ”
Bohort répond, apeuré, “ Mais voyons non ! C’est juste au cas où ! La preuve, je n’y touche jamais jusqu’au jour où il y a urgence ! ”
Léodagan et Bohort partent, laissant Karadoc sur le cul. Celui-ci repart se coucher, fantasmant sûrement sur le contenu du casse-croûte des deux clampins.
Léodagan et Bohort parlent sur le lit, quand le pied de ce premier heurte quelque chose qui fait un bruit de verre. Celui-ci se baisse et dit “ Mais c’est de la picole ! Bohort, vous m’étonnez ce soir. ”
Bohort, gêné, explique que c’est pour taper la tête des intrus. Léodagan dit avec enthousiasme “ ah ça c’est bien ! ” et lui propose de boire un peu, sentant un sentiment inhabituel naître en lui, qu’il n’arrivera pas à exprimer sans un peu d’alcool. Bohort n’ose refuser, car lui aussi se rend compte de l’occasion en or face à laquelle il est. Un bon moment de camaraderie décomplexée avec son ami, ça a du bon !
Ils descendent la bouteille un peu trop vite, ils rigolent. Dans un moment d’euphorie un peu trop intense, Léodagan couvre la bouche de Bohort qui rit trop fort. Ils se regardent, et la suite ne regarde qu’eux.
Le lendemain, Léodagan était dans son plumard. Séli se réveille, et son mari dit “ Ah tiens c’est marrant j’ai rêvé de Bohort ! ”
Un sentiment de panique reprend instantanément Séli, qui réplique l’air de rien “ Ah, et c’était quoi ce rêve ? ”
“ Je sais plus. ”
Fin
