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Language:
Français
Stats:
Published:
2024-02-29
Words:
1,306
Chapters:
1/1
Kudos:
3
Hits:
41

pirate cowboy

Summary:

rewrite os keruyn pirate cowboy mdr

Work Text:

Le coucher du soleil. Le bruit des vagues. La chaleur de la fin de l’été, de temps à autre remplacée par la fraîcheur d’une brise.

Un voyage pourrait-il mieux se conclure?

Keru est assise au bord de l'eau. La capitaine et son équipage décampent dès les premières heures du jour. Ils quittent le petit village les ayant accueillis et s’en vont vers de nouvelles aventures.

Leurs vacances dans le coin ont peut-être été légèrement prolongées. Evidemment, cela était dû aux mauvaises conditions météorologiques, compromettant la sécurité des pirates en mer; ou encore car ils n'avaient pas encore amassé assez de trésors. Non, une certaine shérif aux cheveux dorés n'avait certainement rien à voir là dedans.

Le son des vagues s'écrasant contre les roches apaise la capitaine. Celles-ci viennent –à intervalles régulières– mouiller le bout de ses chaussures en cuir– elle peut sentir l'intérieur devenir humide et ne s'en soucie le moins du monde.
Les derniers rayons du soleil lui caressent la peau, et alors qu'elle laisse des poignée de sable lui filer entre les doigts, elle ne peut s'enlever ce goût amer de la bouche, malgré la douceur de ce moment en tête-à-tête avec l'océan.

La capitaine a rarement l'occasion de déguster le plaisir de la solitude, toujours entrainée dans un quelconque raid ou trop occupée à veiller sur son équipage. Il lui arrive bien trop souvent d’implorer tous les dieux pour un bref instant de tranquillité, mais contrairement à d’habitude, Keru ne veut pas être seule en ce moment même. Son esprit parle bien trop fort. Elle ne peut faire taire sa culpabilité, sa tristesse, ni son coeur la suppliant de ne pas mettre les voiles.

Un bruit métallique d’éperons s’approche de Keru.

"Qu'est-ce que vous faites ici?" une voix familière l'appelle. C’est curieux, c’est comme si elle lisait dans ses pensées.

"Je profite de la vue une dernière fois." plaisante-t'elle. Keru arrive à extraire un léger rire de la shériff Yuldi, et c'est peut-être était-ce suffisant pour calmer le torrent d'émotions qui la traversent.

Yuldi s'avance et s'assied à ses côtés.

"Donc... vous vous en allez demain, c'est bien ça?"

"Exactement."

"Hm-mh."

Une tension se fait ressentir; celles des mots qui nous brûlent les lèvres mais qui n'osent pas s'en échapper; celle des sentiments inavoués, qu'il vaut finalement peut-être enfouir dans un recoin de son coeur.

Un reniflement. Un bout de tissus qui se frotte contre une paire d'yeux ambres humides.

"Yuldi?" l'interpella-t'elle. "Est-ce que... tout va bien?"

"Moi?" rétorqua la shériff, presque immédiatement. "Evidemment, pourquoi cela n'irait-il pas?"

Yuldi s'efforce de rester composée.
Sa fierté ne la laisserait jamais, au grand jamais avouer une quelconque faiblesse; et ce encore moins devant celle qu'elle souhaite tant impressionner.

Hélas, Keru a appris à la connaître. Elle lit en Yuldi comme dans un livre ouvert, et n’est pas ignorante de l’origine de cette voix tremblotante.

Doucement, de telle sorte qu’avec un animal effrayé, Keru se tourne vers Yuldi et effleure sa joue. Celle-ci tente tant bien que mal de se retirer au plus vite, mais le mal est fait; les doigts de Keru se retrouve déjà humidifiée par ses larmes.

"Yuldi..." dit doucement la pirate; presque un murmure.

"Non!" s'exclame-t'elle, tout en se relevant brusquement. Keru perd l'équilibre, contrainte d'enfoncer ses paumes dans le sable pour ne pas tomber. "Non Keru, n'essayez pas encore de m'embobiner avec vos belles paroles!"

"Yuldi, s'il vous plait..."

"Vous n'avez pas le droit de débarquer dans mon petit village bien paisible et vous permettre de semer la zizanie de telle sortes! Moi, j'étais bien tranquille avant votre arrivée, vous savez?"

Yuldi fait un pas en avant vers Keru, s'étant relevée, un index accusateur se logeant sur sa poitrine.

Keru reste figée au même endroit, face à son interlocutrice.
Leurs visages sont proches: elle peut sentir la respiration de Yuldi contre sa peau. Elle ressent une légère variation, hélas, la blonde ne semble pas prête à s'exprimer plus calmement. Keru se tait et l'écoute poursuivre, lui offrant sa pleine attention.

"Mais bien sûr, vous n'en avez fait qu'à votre tête." Ses mains remontent vers le col de Keru, qui ne se défend pas face à cette agressivité soudaine. "Vous avez gagné ma confiance en défendant le bar des frères hiboux des brigands, bravo! Et a quoi cela vous aura-t'il servi? Me briser le coeur le jour de votre départ?"

Une courte pause. Yuldi lâche légèrement prise.

"Vous et moi avons toujours su que viendrait le jour où vous devriez mettre les voiles. Et qu'avez-vous fait? Vous m'avez laissé m'attacher à vous, tout cela pour me délaisser quelques temps plus tard. Pourquoi? Que vous ai-je fait pour mériter un tel traitement?"

Keru l'interrompt: "Vous ne pensez pas que cette séparation me fait du mal à moi aussi?" Ce à quoi un léger rire s'échappe d'entre les lèvres de Yuldi.
"Bien sûr. Et puis quoi encore? Vous savez ce qu'on dit sur vous, les marins..."

"Bon sang Yuldi, essayez d'y voir plus clair!"

Yuldi se trouve bouche bée. La capitaine, bien que sachant faire preuve d'autorité, ne s'était jamais jusque ici adressée à elle de la sorte.

Keru profite de cette occasion pour se défaire de son emprise. Ses mains trouvent résidence sur les épaules de la shérif.

"Yuldi, j'admet qu'au début, je ne pouvais pas vous saquer. Vous étiez toujours sur vos gardes, comme si nous étions sur le point de détruire votre petite ville alors que mon équipage et moi-même cherchions simplement un endroit où se reposer après des temps difficiles en mer."

La shérif ne se débattant pas, la pirate se permit quelques libertés et laissa ses mains s'aventurer le long du corps de Yuldi.

"Et puis,... Il y a eu cet épisode chez les frères hiboux et j'ai vraiment... découvert une nouvelle facette de vous. C'est comme si tout ce temps, vous me cachiez quelle personne géniale vous êtes... et franchement, je ne vous blâme pas. J'ai aussi du mal à baisser mes gardes... mais c'est si simple auprès de vous."

"Yuldi..." elle s'arrête un instant; peut-être n’est elle pas capable de voir Yuldi, mais il est difficile de ne pas sentir son regard persistant sur elle. Les derniers rayons du soleil avaient pris d'assaut ses joues, ou peut-être était elle simplement entrain de rougir. "Yuldi, vous êtes la septième merveille du monde. A mes yeux, vous êtes bien plus précieuse que n'importe quel trésor."

Jamais n'avait-elle ressenti un amour aussi passionnel envers autrui. Quel usage a l'amour dans un monde de mercenaires, un monde dans lequel chaque jour est une combat, un monde dans lequel ne pas succomber à ses blessures est un miracle?

La vie est un champ de bataille dans lequel il n'y a pas place pour de choses aussi futiles que l'amour. Du moins, c'est ce dont Keru était initialement convaincue.

Peut-être qu'à force de ruminer dans cette obscurité, elle avait omis à quel point la lumière pouvait se montrer agréable.

"Je vous fait la promesse solennelle de ne jamais vous abandonner. Certes, ce n'est certainement pas la première fois que l'on vous dit ça, mais je serai celle qui honorera ma promesse."

"Il me reste tant d'endroits à explorer, et je ne m'arrêterai que lorsque j'aurais traversé les quatre coins de ce maudit globe. Mais je reviendrai toujours à vous, pleine de nouvelles histoires à raconter et de joyaux à vous offrir."

Keru saisit délicatement la main de Yuldi et y déposa un baiser.

"Les kilomètres peuvent bien nous séparer, Yuldi. Mais mon coeur demeure ici, et il est entièrement vôtre."

Yuldi ne répondit pas immédiatement. Que dire suite à une déclaration si grandiose?

Peut-être que les mots n'étaient tout simplement pas de rigueur en cet instant. Peut-être pouvait-elle timidement s'approcher de la pirate et déposer ses lèvres contre les siennes, enroulant ses bras autour de son cou.

"Je vous aime."

Peut-être était-ce suffisant.