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Sweater Weather

Summary:

Remus travaille pour les Lions de Gryffondor en tant que physiothérapeute et est depuis longtemps amoureux de Sirius Black, le capitaine de l'équipe. Jamais il n'aurait pu penser que cela puisse être réciproque.

Traduction de Sweater Weather, par Lumos in Love

Notes:

Les mots en gras sont en français dans le texte original.
Les OC sont ceux d'Hazel, merci de ne pas les utiliser sans son accord :)

Glossaire :
Slap shot : c’est un tir frappé, le plus puissant au hockey. On ne le traduit pas et l’on emploie exclusivement sa version anglaise.

Blanchissage ou clean sheet : quand un gardien ne prend aucun but. Sur la glace, si un gardien est en passe de le réaliser, par superstition, il ne faut surtout pas lui dire qu’il va faire un blanchissage…

Power play (jeu en supériorité) : on n’utilise que le mot power play, qui est même abrégé en PP. Ce sont les périodes où une équipe évolue sur la glace en supériorité à cause de l’expulsion d’un joueur ou de deux joueurs adverses.

Prison ou penalty box : on dit plus souvent la box au niveau professionnel mais les deux s’utilisent. C’est l’endroit où les joueurs exclus à cause des pénalités vont s’asseoir.

One timer : c’est un tir sans contrôle, idéal pour surprendre les gardiens. Un peu à l’image d’une reprise de volée au football.

(d'après https://www.lemonde.fr/sport/visuel/2017/05/05/rondelle-prison-blanchissage-comprendre-le-hockey-sur-glace_5122587_3242.html )

Chapter 1: Partie i

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

« Loops. »

« Loops. »

« Loops. »

Le surnom marquait chaque contact d’un poing contre le sien, alors que Remus se tenait à la porte du vestiaire, à la sortie de l’entraînement du matin. Il sourit à chacun d’entre eux, même à ceux trop essoufflés pour parler.

« Comment va ta cuisse ? » il demanda à un Kasey luisant de sueur, la démarche en canard à cause de ses jambières de gardien, son masque perché sur la tête.

Kasey haussa les épaules. « Un peu tendue. Je passerai peut-être tout à l’heure. »

Remus hocha la tête. « Très bien. Réchauffe-là avant, OK ? Je travaillerai dessus. »

Kasey acquiesça d’un geste de son bloqueur par-dessus son épaule en se dirigeant vers son casier.

« Remus Lupin ! » entendit Remus, à peine une seconde avant d’être pris en étau sous un bras humide de sueur.

Il grogna. « James. »

« Tu m’as vu marquer ?! Juste sous le nez de Pads ?! »

Remus lui donna un grand coup de coude dans les côtes, pile dans l’interstice entre son armure et sa culotte de hockey. James lâcha un grognement de douleur avant de le libérer.

« Oui, très joli. »

« N’est-ce pas », dit James avec un grand sourire avant de continuer sa route à reculons dans le vestiaire. « Eh, tu pourras rebander mon épaule avant de partir ? »

« Bien sûr. »

« Merci Fruit-Loop », James répondit avec un clin d’œil.

Remus leva les yeux au ciel mais lui sourit en réponse. Le surnom était peut-être ridicule, mais il l’adorait. Même s’il ne faisait pas partie des joueurs, il faisait partie de l’équipe.

Il se retourna vers le hall et fronça les sourcils.

« Eh, Pots ». James leva les yeux vers lui. « Où est Black ? »

James hésita et quelques gars autour de lui levèrent la tête.

« Le capitaine est toujours sur la glace », il finit par lâcher, en lançant un regard plein de sous-entendus à Remus.

Remus hocha la tête. « OK, merci. »

 

Sirius était exactement où James avait dit qu’il se trouverait. Il glissait lentement autour de la patinoire, avant de se jeter brusquement en avant sur la glace, le palet collé à la lame de sa crosse, avant d’être projeté à toute vitesse dans le but. Encore, et encore, et encore.

Et encore.

Remus s’assit sur le bord, et observa Sirius en attendant que l’autre remarque sa présence. Cela lui prit cinq buts de plus. Il profita du fait que Sirius ne le regardait pas pour observer son visage. Si concentré. Si déterminé à prétendre qu’il ne favorisait pas sa cheville droite. Remus s’assit sur le banc et croisa les bras sur la balustrade.

« Tu veux partager quelque chose avec le reste de la classe, Loops ? »

Remus secoua la tête. « Juste toi. Pas besoin d’alerter la presse. »

Sirius patina dans sa direction en retirant son casque et s’arrêta brusquement devant Remus. « Et donc ? » il demanda, s’adossant contre la balustrade juste à côté de Remus, en copiant sa position.

« Tu t’appuies toujours trop sur ton pied droit. »

« Merde, Remus. »

Remus écarta les bras. « Si je ne te le dis pas, qui va le faire ? »

Sirius détourna son regard en secouant la tête. Les couleurs rouge et or de son maillot faisaient ressortir sa peau hâlée sur la glace.

« Padfoot, » Remus soupira, « je n’insisterais pas si je ne pensais pas avoir besoin de le faire. »

« Je veux… » Sirius se tut, la mâchoire crispée.

« Tu veux être prêt. »

« Je dois être prêt. » Sirius regarda Remus à nouveau. « Je suis leur capitaine, Re. »

Remus retint le sursaut dans sa respiration juste à temps. Ça le prenait toujours de court, lui coupait toujours un peu le souffle, quand Sirius l'appelait ainsi. Un surnom un peu plus personnel, comme s'ils se connaissaient, comme s'ils étaient amis. Comme si Remus n’était pas simplement son physiothérapeute. Et même pas juste le sien, en plus. Celui de l’équipe.

« Tu es mon capitaine aussi », il répondit avec un sourire, en penchant la tête légèrement sur le côté. « C’est le fan qui parle, bien sûr. »

Sirius se mit à rire, et Remus dû feindre de ranger quelques bouteilles d’eau abandonnées là pour cacher la rougeur qui lui montait au visage.

« Laisse-moi jeter un œil une fois que tu te seras douché, OK ? C’est tout ce que je demande. Je sais que tu veux être prêt et je te promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce soit le cas. J’ai la ferme intention de garder ma promesse, mais j’ai besoin que tu m’en parles si tu ne te sens pas opérationnel à 100% ». Remus haussa les sourcils. « J’ai besoin que tu sois complètement honnête avec moi. »

Sirius déverrouilla la porte du banc en hochant la tête d’un air théâtral, et en grommelant.

« Ouais, ouais… ». Finalement, il sourit de nouveau. « Merci Loops. ».

« Pas de problème » Remus répondit avec un petit mouvement de tête.

Alors que Sirius s’éloignait vers le vestiaire, Remus tenta désespérément de calmer les battements de son cœur.

 

~

 

C’était affreusement cliché, voilà le problème.

Une fois rentré à la maison, Remus marmonnait dans sa barbe, tout en passant ses restes de poulet et de riz au micro-ondes.

L’entraîneur qui tombe amoureux du capitaine beau et célèbre. De Sirius Black, qui plus est. Les gars de l’équipe plaisantaient toujours en disant que quiconque regardait Sirius n’avait d’autre choix que de tomber follement amoureux de lui. Remus prenait toujours soin de rire à la moquerie, lorsqu’il était invité aux dîners d’équipe.

Ça n’était pas quelque chose de facile à faire.

C’était cliché, et pathétique.

Remus s’assit sur son canapé pour manger sur sa table de salon et alluma la télé. Alors que le début de la saison approchait, la chaîne officielle de la NHL diffusait en permanence des comparatifs de statistiques et les profils des joueurs. Mais un sujet revenait toujours au milieu de tous les rookies, un sujet que la presse ne semblait pas pouvoir s’empêcher de mentionner au moins une fois par mois : la rivalité entre les capitaines. Une fois encore, le visage de Sirius était affiché sur l'écran à côté de celui de Rogue. Remus leva les yeux au ciel.

« Bien entendu, » dit le commentateur, « le monde du hockey est plus qu’impatient de voir un des premiers matchs de la saison 2019, entre les Lions de Gryffondor et les Serpents de Serpentard. »

« D’autant plus », renchérit son collègue avec un petit rire, « qu’on a qu’une hâte et c’est de voir nos deux capitaines préférés s’affronter une nouvelle fois. Sirius Black, des Lions, et Severus Rogue, des Serpents, ont été draftés la même année, en 2015. À peine deux ans plus tard, Black devenait le plus jeune capitaine de l’histoire de la NFL. Bien sûr, Rogue l’a suivi de près l’année d’après mais… Eh bien. » Le journaliste rit de nouveau. « Il semblerait que la pilule ne soit pas passée. Black a continué à battre Rogue aux points jusqu'à l'année dernière, où son absence pour une cheville cassée a permis à Rogue de reprendre l’avantage. »

« Pour l’instant ! », l’autre repris. « Je ne sais pas ce que vous en pensez, Dean, mais personnellement, j’attends toujours de voir le ralenti de ce contact de Rogue sur Black. Il y avait eu une grosse polémique, à l’époque, sur le caractère volontaire ou non de l’incident. »

« Nous n’allons bien sûr pas sous-entendre que Rogue a blessé Black volontairement mais… »

« Oh non, vraiment, vous devriez. » Remus lança d’une voix sarcastique en direction de la télé, en secouant la tête.

« … Et la rivalité légendaire continue ! Les Lions ont été sortis au premier tour des séries éliminatoires sans leur capitaine, alors que les Serpents sont allés jusqu’au troisième tour. Qui ira jusqu'où cette année ? Nous le saurons bientôt. »

« Ce sera une saison très intéressante, avec Black et Rogue tous les deux de nouveau sur la glace, c’est une certitude. »

« Sans aucun doute, Lee. C’était Dean Thomas. »

« Et Lee Jordan, pour Rink Talk. Merci de nous avoir suivis et à bientôt ! »

Remus changea de chaîne, en colère. Il espérait fortement que Sirius n’avait rien vu de l’échange. Ces conneries sur leur soi-disante rivalité étaient la dernière chose dont il avait besoin pour l’instant. Rogue était un bon joueur, tout comme Sirius. Sur la glace, ils n’étaient pas tous seuls, à jouer l’un contre l’autre. C’était toujours une équipe entière contre une autre.

Remus n’avait pas vraiment de détails sur l’accident de Sirius. Il avait vu la vidéo des centaines de fois, bien sûr, comme tout le monde, voire peut-être un peu plus. La façon dont la crosse de Sirius n’avait même pas pu s’approcher du palet avant que Rogue ne lui rentre dedans violemment, leurs patins s’accrochant, la cheville de Sirius se tordant, avant qu’il heurte brutalement le sol. C’était douloureux à regarder, encore plus lorsque Rogue avait nié tout antijeu, affirmant qu’il pensait que Sirius allait s’emparer du palet.

L’écran de son téléphone s’alluma alors qu’il se brossait les dents, et il le récupéra là où il l’avait jeté, au bout du lit. C’était un message de James.

Pots : DINER D’ÉQUIPE ??? OK ??? KNUTTY VEUT ALLER AUX TROIS BALAIS ??? OK ?????

Remus rit et rattrapa in extremis le dentifrice prêt à s’échapper de sa bouche.

Ça marche, il tapa en réponse. Instantanément, il reçut un nombre impressionnant d’émojis pouces.

James avait été drafté l’année juste avant Sirius et Remus trouvait toujours étrange de repenser à cette année, avant que Sirius n’arrive. Évidemment, ils connaissaient tous son nom. Difficile de passer à côté de l’enfant prodige, connu depuis ses 7 ans. Remus se rappelait regarder des vidéos de Sirius sur Youtube, émerveillé par la façon dont il se mouvait sur la glace. Il ne l’admettrait pour rien au monde, mais ça lui arrivait toujours de regarder ces vidéos, occasionnellement.

Ça avait été une bonne année. Il n’était qu’assistant à l’époque, mais Maugrey, l’entraîneur en chef, avait tout de suite vu combien les garçons l’appréciaient, comment Remus était capable de leur apporter exactement ce dont ils avaient besoin. À peine quelques mois après le début de la saison, il avait été recruté à plein temps.

L’année d’après, les Lions avaient gagné le tirage au sort, et Sirius était arrivé, le visage fermé et silencieux, levant à peine la tête dans le vestiaire. Personne n’avait su comment réagir, pas plus que Remus. C’était une chose, de voir Sirius sur ses gardes pendant les interviews. Tous les joueurs fonctionnaient de cette façon. Mais Remus avait pensé que Sirius serait différent, loin des caméras, amical comme James et Finn, Kasey, Leo… Tous les autres. Maintenant, quatre ans plus tard, Sirius allait mieux. Il riait, souriait plus. Il plaisantait avec les autres dans le vestiaire. Mais il avait fallu au moins deux ans pour en arriver là, et les efforts immenses de Sirius pour lâcher prise et s’ouvrir aux autres avaient encouragé les joueurs à l’élire comme capitaine. Ils tenaient à lui. Remus tenait à lui. Et il tenait à chacun d’entre eux.

James avait dû finir par l’amadouer, d’une manière ou d’une autre, parce que du jour au lendemain, ils étaient inséparables. Sirius, parfait au centre, James, son ailier. Une machine parfaitement huilée sur la glace.

Il arrivait que la gorge de Remus se serre en les regardant jouer, mais ça non plus, il ne l’admettrait pour rien au monde.

Remus se mit au lit, poussant les couvertures au pied avant d’installer son ordinateur sur ses genoux. Tout en sachant pertinemment que c’était une mauvaise idée, il lança la vidéo de l’accident une nouvelle fois. Les replays étaient toujours affreux à regarder, 10 minutes de vidéos rejouant la même scène en boucle pendant qu’un imbécile monologuait sur l’historique des deux joueurs. Remus détestait voir la tête de Rogue, son nez crochu, ses cheveux noirs et gras. Il le détestait encore plus pour toutes choses qu’il disait sur la glace. Et l’accident avec Sirius. Remus regarda la vidéo une nouvelle fois.

Sirius, avançant à toute vitesse vers le but des Serpentards, vers le palet. Le palet avait à peine quitté la lame de Leo Knut que Rogue avait déjà projeté Sirius contre la balustrade. Dans la vidéo, le son de Sirius heurtant le plexiglas était étouffé, mais Remus se trouvait sur le banc juste derrière. Il avait entendu le craquement. Il était resté assis sans bouger, les poings serrés, la gorge se serrant de plus en plus fort à chaque seconde où Sirius était resté au sol. Finalement, alors que James avait sauté du banc depuis longtemps pour le rejoindre, Sirius s’était retourné. La mâchoire serrée. Les yeux écarquillés et terrifiés. Il s’était un peu débattu de douleur, la jambe parfaitement immobile.

Et il avait regardé Remus droit dans les yeux.

Remus n’oublierait jamais ce moment.

Ils s’étaient dévisagés jusqu’à ce que le médecin force Sirius à le regarder. Et Remus était resté seul, une plaie à vif dans la poitrine.

La vidéo s’arrêta avec Sirius quittant la glace, et James se jetant sur Rogue. James avait été exclu du match. Remus n’avait jamais entendu Coach Weasley hurler si fort. Arthur Weasley, ancien joueur des Lions, était connu pour toujours garder son sang-froid. La league entière riait de son tempérament doux, gentil, à la limite du maladroit. Mais il avait mené les Lions à la victoire pour deux Stanley Cups, bien avant la génération de James et Sirius. Personne ne trouvait donc rien à y redire. Cette nuit-là, en revanche, il avait passé à James le savon de sa vie.

Remus ferma brutalement l’ordinateur, en essayant d’étouffer la culpabilité familière qui commençait à monter dans sa poitrine.

Sirius voulait être prêt. Il savait que Sirius voulait être prêt pour le début de la saison, et Remus voulait absolument faire tout ce qui était en son pouvoir pour l’emmener là où il devait être. Mais il n’existait aucun moyen de faire guérir plus rapidement un os cassé.

Lorsqu’il se mit au lit cette nuit-là, l’idée continua de le tourmenter alors qu’il passait en revue exercices et étirements, des images des yeux de Sirius, déçus et agacés revenant sans cesse, jusqu’à ce qu’il s’endorme.

Sa dernière pensée avant de sombrer fut de faire tout, absolument tout ce qu’il pourrait pour préparer Sirius à temps pour le premier match contre les Aigles de Durmstrang, trois semaines plus tard.

Notes:

Woop et c'est parti.

Sweater Weather est une de mes fics préférées depuis longtemps, et j'ai toujours voulu la partager avec d'autres gens, qui n'avaient pas forcément l'habitude de lire en anglais. Et puis, récemment, je me suis retrouvée avec beaucoup de temps libre, et cette traduction en est le résultat.

J'espère qu'elle sera à la hauteur de l'histoire originale. Je ne suis pas traductrice du tout, mon expérience se limite à un semestre à la fac, et cela faisait très, très longtemps que je n'avais pas écrit en français. J'ai essayé de faire attention aux fautes et aux tournures de phrases au maximum, mais n'hésitez pas à me le signaler s'il reste des erreurs.

Merci à Hazel pour ses personnages, pour sa confiance, et pour avoir déclenché ma nouvelle hyperfixation sur le hockey sur glace.

Enjoy <3