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Français
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Published:
2021-07-29
Words:
3,281
Chapters:
1/1
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13
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222

J'ai promis mon cœur à l'humanité, je te l'ai offert à toi

Summary:

Erwin et Livaï se tourne autour sans jamais oser s'approcher. Depuis l'arrivée de Livaï dans le bataillon, Erwin se rend compte que le cœur qui ne battait que pour le destin de l'humanité commence aussi à s'emballer pour les yeux gris/bleu de son subordonné.
Seulement, les barrières qui séparent ces deux hommes depuis maintenant des années sont plus épaisses que jamais. Erwin pourra t'il enfin atteindre l'homme qu'il désire depuis le 1er jour?

( Commence après la mort de l'équipe de Livaï)

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

Le retour à l'intérieur des murs se fait dans un silence oppressant, et même pour Livaï - qui se cloître la plupart du temps dans ce mutisme réfléchit qui lui est caractéristique - il est presque terrifiant.
Les seuls bruits qui résonnent sont les claquements de leur pas sur le sol, le bruits des charrettes sur les pavés, le souffle timide des soldats qui sont par miracle revenus en vie. Mais ce silence presque religieux ne dure pas. Bientôt les cris, pleurs et insultes se mettent à fuser, et un bourdonnement de colère insupportable commence  à retentir. Le silence dans lequel ils étaient tous plongés quelques minutes auparavant laisse place au chaos, et vient même à manquer.

Livaï, le visage impassible, aussi impénétrable que jamais, se contente de marcher droit devant lui, la tête levée. Malgré la douleur qui enflamme sa cheville, il continue d'avancer sans broncher, refusany de laisser paraître le moindre signe de souffrance. Il marche aussi vite qu'il le peut, passant devant le parent d'un des membres de son escouade: le père de Petra. Quand celui-ci lui adresse la parole, il n'entend même pas ce que l'homme lui dit. Il n'a pas la force de lui parler, de lui dire qu'il l'a perdue, qu'il les a tous perdu.
Il avance sans lui prêter attention.
Juste devant lui marche le commandant. Lui aussi toujours aussi impassible et froid qu'à l'habitude. Les reproches, les insultes et les cris ne semblent pas l'atteindre. Rien ne semble l'atteindre. Il suit Erwin jusqu'au quartiers générals, accommagné par Hanji et Mike.
Très vite, ils prennent tous les quatre la direction du bureau d'Erwin. Aucun d'eux n'osent parler et Erwin non plus. Ils rentrent dans la pièce et Erwin s'avance vers son bureau, se tournant dans leur direction en s'appuyant sur la table. Livaï s'assoit immédiatement sur le canapé en face du commandant, soulagé de pouvoir enfin délesté sa cheville gonflée du poids de son corps. Ses deux compagnons en font de même et Erwin finit par prendre la parole.

- J'ai besoin de chacun de vos rapports immédiatement, quelle est l'étendue de nos pertes?

Hanji prend la parole au bout de quelques secondes, suivit de Mike qui lui fait état de toutes les pertes subies, tant au niveau matériel qu'humain, lui rapportant fidèlement tout ce qui s'est passé pour lui et son escouade.
Mais Livaï n'entend rien. Il ne veut pas entendre tout cela, pas quand son escouade toute entière vient de mourir, pour une putain de femme titan qui est maintenant coincée dans une prison de glace impénétrable. Et tout ça parce qu'il n'était pas là, parce qu'il était parti reprendre du gaz.
Ils étaient tous morts, décimés en l'espace de quelques minutes. Tout ça pour du gaz. Il tente de stopper le sentiment dangereux qui commence à envahir son être. Livaï ne perd jamais le contrôle. Toutes ses émotions sont fermement emprisonnées à double tour dans sa poitrine. Rien ne lui échappe, c'est comme ça qu'il a survécu dans le métro, puis à la surface, quand il allait à chaque nouvelle expédition décimer autant de titans qui croisaient son chemin, animé par la rage engendrée par la perte de ses amis.
Mais aujourd'hui, ce vieux sentiment incontrôlable et désagréable commence à reprendre place dans sa poitrine, à enserrer ses entrailles, sans qu'il ne puisse rien y faire. Ce sentiment qu'il s'est promis de ne plus jamais ressentir, la raison pour laquelle il a suivit Erwin jusque là. Il ne veut plus jamais avoir de regrets.
Et pourtant, actuellement, les regrets le prennent aux tripes et le figent, et il se sent aussi vulnérable que le jour où il s'est effondré sous une pluie battante, faisant face aux macabres cadavres de ses amis.
Alors il n'entend pas quand Mike finit de parler, et ne se rend pas compte qu'à présent, tous ses compagnons attendent qu'il prenne la parole. Il est sorti de ses pensées par la voix d'Erwin, qui le ramène au présent.

- Livaï, votre rapport s'il-vous-plaît.
Il ponctue sa demande d'un regard illisible, et hoche la tête à son intention.

Livaï déglutit, essaie de garder son sang-froid, et commence d'une voix neutre.

- Après avoir refais le plein de gaz, je suis allé rejoindre Eren et mon équipe.
Quand je suis arrivé, toute l'équipe, Eld, Oluo, Petra et Ghunter étaient déjà mort. Eren s'était fait enlever par le titan féminin et la gamine Ackerman a décidé d'aller lui porter secours. J'ai dû prendre par au sauvetage et je me suis blessé en essayant de protéger la gamine. Nous avons réussit à récupérer Eren et nous sommes revenus.

Le reste est du superflu, et il le sait. Erwin se contente d'hôcher la tête et explique qu'il doit immédiatement rédiger des rapports pour rendre compte de la situation à Sina.
À la grande surprise de tout le monde, Livaï se lève en premier pour partir, et Hanji et Mike le suivent, se retenant tous les deux de lui poser des questions. Le fait est que ce n'est pas dans les habitudes de Livaï de laisser Erwin seul après une expédition, surtout une aussi catastrophique que celle-ci.
Ils ont pris l'habitude de se soutenir l'un l'autre après chaque sortie hors des murs, qu'elle se solde par une victoire ou un échec, car la réussite n'épargne jamais les pertes, les morts.
Alors ils rentraient, parlaient de l'expédition avec Mike et Hanji, puis Livaï restait, remplissait sa propre paperasse urgente avant d'aider Erwin avec la sienne. Puis chacun allait vaquer à ses occupation. Livaï de son côté irait se laver, frottant sa peau avec insistance, dans l'espoir vain de se sentir enfin propre.
Après cela, il irait rejoindre Erwin, sachant  pertinemment qu'il le trouverait à son bureau, lavé, habillé et coiffé à la perfection, comme si l'expédition quelques heures plutôt n'avait jamais existée.

Cependant, aujourd'hui, Livaï n'a pas laissé échapper un seul mot à l'exception du rapport qu'il a fait au Commandant, et aussitôt qu'il en a eu l'occasion, il a quitté le bureau, sans adresser un seul mot à personne, même pas Erwin.
Il ne peut pas rester et agir avec Erwin comme d'habitude, car aujourd'hui n'est pas comme d'habitude. Aujourd'hui, il en veut à Erwin de lui avoir ordonné d'aller reprendre du gaz alors même que son équipe était en danger. S'il était arriver rien que cinq minutes plus tôt, il aurait pu les sauver.  Jamais au grand jamais il n'a douté ou développé de la rancœur envers Erwin à cause d'une de ses décisions, peu importe combien de vies il avait envoyé à la mort.
Mais aujourd'hui, c'est son équipe qui a été décimée. L'équipe qu'il a constituée et formée lui-même et qui depuis trois ans combat et vit à ses côtés. Trois ans effacées en quelques minutes. Ça fait plus mal que ce qu'il avait imaginer. Il voudrait que leur mort ne soit pas différente de celle que n'importe quel autre soldat à ses yeux.

Alors il se dirige vers sa chambre, ne prenant même pas le temps de passer à l'infirmerie pour sa cheville.
Il faut absolument qu'il se nettoie, qu'il enlève toute la saleté qui lui brûle la peau et le sang qui tâche son uniforme.
Il frotte tout son corps à s'en faire rougir la peau, mais il se rend lui-même compte que la saleté n'emporte pas avec elle le sentiment de regret qui semble salir tout son être. Il frotte en vain.
Alors il sort de son bain, s'habille en simple pantalon brun foncé et une chemise blanche, toujours paré de sa cravate, et commence à nettoyer toute sa chambre, range une nouvelle fois tout ce qui était déjà parfaitement rangé, tout pour ne pas penser.
Alors qu'il range de manière compulsive, une douleur intense parcours sa cheville, et c'est seulement maintenant qu'il se rappelle qu'il est blessé, sorti de sa transe. Il se dirige immédiatement vers l'infirmerie. Même bouleversé, il ne peut pas se permettre de faire quelque chose d'aussi imprudent que de laisser une blessure s'aggraver. Il est un soldat, il se doit de guérir le plus vite possible, pour pouvoir redevenir opérationnel aussi tôt que possible.
Une attelle à la cheville et une interdiction d'appuyer sur celle-ci avant au moins trois semaines, il sort de l'infirmerie une heure plus tard.
Livaï emprunte le couloir qui le mène à sa chambre d'un pas pressé, agacé par la nouvelle. Alors qu'il arrive au bout du couloir, il s'avance pour tourner à droite quand il repère sur la gauche, à quelques mètres de lui, Erwin discutant avec un soldat. Quelques secondes, leur regard s'accrochent l'un à l'autre, mais Livaï se contente de se détourner pour rejoindre sa chambre. C'est lâche de sa part, mais il ne peut toujours pas se résoudre à affronter Erwin, surtout pas après l'avoir laisser seul à leur retour. Il craint pendant tout le chemin jusqu'à sa chambre d'entendre Erwin l'interpeller, et souffle de soulagement quand il arrive enfin à sa chambre. Il s'en veut de faire ça à Erwin, mais il n'arrive pas à s'arrêter. La plus grande faiblesse d'un homme sont ses sentiments, et en ce moment, ceux-ci ont bien trop d'incidence sur lui pour qu'il fasse face au blond sans risquer d'exposer les siennes.
Erwin le rend faible parfois, et d'autre fois, il arrive à le blesser. D'une certaine manière, aujourd'hui, c'est comme s'il avait fait les deux.

Livaï le sait, il y a toujours eu une tension entre lui et Erwin. D'abord de la colère, qui s'est peu à peu muée en méfiance de sa part, pour se transformer en quelque chose de beaucoup plus compliqué à qualifier. De l'amitié peut-être? Oui et non. Quand il y réfléchit, il est certain qu'Erwin et lui soient amis, ils ne sont plus seulement liés par la hiérarchie militaire du corps. Pourtant, il y a beaucoup plus, et Livaï sait qu'ils le ressentent tous les deux, sans jamais s'y attarder trop longtemps.
La tension qui les entoure est chargée de retenue.
Parfois Livaï voudrait plonger ses yeux gris dans ceux incroyablement bleus d'Erwin et s'y perdre, pour comprendre totalement l'homme qui autrefois l'avait arraché au bas fonds et l'avait enrollé de force, lui promettant de lui montrer ce qu'il ne pouvait pas voir. Il voudrait le comprendre entièrement, plus que n'importe qui d'autres, avoir Erwin comme personne d'autre ne l'avait.
Et parfois, Erwin voudrait toucher Livaï, avoir une prise plus certaine sur cet homme qui ne laissait jamais rien paraître à l'exception sa colère. Il voulait le retenir, le faire sien, s'assurer qu'il ne lui filerait pas un jour entre les doigts, hors de son contrôle. Mais ils avaient tous deux des obligations, et connaissaient les limites implicites mais infranchissables qui entouraient leur condition de soldat, surtout en tant que Major et Caporal.

Nonobstant, certaines fois, quand ils laissaient tomber leur grade et n'étaient plus qu'Erwin et Livaï, un soir autour d'un verre d'alcool - au prix complètement indécent au goût de Livaï-  la ligne se floutait, et ils se permettaient un peu plus. Des regards plus longs, des conversations plus intimes, des confessions, des gestes moins contrôlés. Mais quand ils se laissaient tous les deux porter par cette émotion qui les reliait, l'un semblait souvent se reprendre pour l'autre, et réinstallait d'une phrase, d'une posture plus fermée, d'un regard, le mur dense qui les séparait.
C'était la danse interminable qu'ils partageaient, ils avaient beau commencer la valse, ils ne refermaient jamais l'étreinte, et se séparaient avant la fin de la musique.

Quelques minutes après, alors que Livaï est installé au petit bureau près de son lit, remplissant sa paperasse, il entend distinguement trois coups contre sa porte. Il ne saurait dit comment, mais il sait que c'est Erwin, il sait toujours quand c'est Erwin. Il admire par la petite fenêtre à sa gauche où s'appuie son lit le soleil qui commence à se coucher, le ciel se teintant d'orange et de rose.
Il souffle doucement, et sans se retourner vers la porte, il répond:

- Entrez.

Erwin entre, mais il lui tourne toujours le dos, se contentant d'écrire. Il trouve ça risible qu'Erwin arrive juste au moment où il écrit les lettres de décès pour la famille de son équipe et il laisse presque échapper un petit rictus. Il entend Erwin refermer la porte derrière lui.

- Livaï.

À l'entente de sa voix, il se crispe. Il sait qu'il ne peut plus fuir, alors il pose son stylo, et lentement, il se retourne pour faire face au Major. Son visage aussi fermé que jamais, il regarde enfin Erwin dans les yeux.
Celui-ci arbore lui aussi un visage impassible, même si ses yeux laissent filtrer une certaine appréhension.
Il ne dit rien, et cela énerve Livaï, qui n'a pas envie de lui parler. Sans pouvoir s'en empêcher, il questionne d'une voix plus sévère qu'il ne le voudrait:

- Oui Major?
Alors qu'il prononce ses mots, il se fait remarquer à quel point ils sont rares venant de sa bouche. Quand ils ne sont que tous les deux, ils ne s'embarassent jamais de telles politesses. Depuis le début ils s'appellent par leur prénom.
Cela semble tout aussi surprendre Erwin, qui, la surprise passée, soupire. Il sait que Livaï cherche à instaurer une distance entre eux en employant son grade.

- Livaï, se contente t-il de répondre, comme pour lui intimer de ne pas se braquer.
Mais ça ne fait qu'agacer un peu plus son compagnon.

- Quoi? demande ce dernier en laissant la colère s'infiltrer dans sa voix.

- Je ne suis pas là en temps que Major.

- Alors pourquoi t'es là? s'élève la voix du caporal, plus basse cette fois-ci.

Erwin ne répond pas, fronce légèment les sourcils puis laisse flotter sur ses lèvres un petit sourire, si fugace que Livaï se demande même s'il ne l'a pas rêvé.
Le blond se dirige à sa gauche et s'assoit sur son lit. Le brun, toujours assis sur sa chaise le suit du regard et le fixe, levant un de ses sourcils fin.

- Tu es parti tout à l'heure, dit le plus grand.

- Oui parce que si tu l'avais pas remarqué j'ai une putain d'entorse à la cheville qui devait être soignée.

- En effet, mais tu n'es pas revenu.

Livaï lève les yeux au ciel. Erwin est plutôt direct dans ses reproches. D'une certaine manière, il ne devrait pas. Livaï reste avec Erwin par envie, il le soutien après chaque expédition parce qu'il le veut, il veut être auprès du blond, il ressent ce besoin et il ne peut pas s'en empêcher. Il le fait par désir, et non par devoir. En tant que supérieur, Erwin ne devrait le lui réclamer, mais comme il le dit, il n'est pas là en tant que major.
Il ne dit rien et se contente de dévisager Erwin. Celui-ci le dévisage longuement, et son regard s'adoucit quand il continue calmement.

- Tu reviens toujours Livaï.
Le brun frissonne sous le regard appuyé de son homologue, et il sent son cœur se serrer. Soudain, il n'arrive plus à soutenir le regard bleu de son supérieur, et il détourne la tête.

- Pas aujourd'hui Erwin.
Il ignore de quoi il parle exactement, et Erwin doit aussi l'ignorer car il fronce les sourcils puis rétorque plus sévèrement:

- Et pourquoi Livaï?

Ce dernier fronce les sourcils à son tour et se demande à quoi Erwin joue. Il sait très bien qu'il vient de perdre son équipe, ce n'est pas le moment pour une dispute. Il sent la colère monter en lui, et n'a qu'une cible vers qui la diriger.

- Que viens tu faire ici? T'as pas quelques lettres de décès à écrire?

Il est rare que Livaï l'attaque ainsi. Depuis qu'Erwin le connaît, il ne l'a vu perdre son sang-froid que deux fois. La première fois c'est quand il a perdu ses deux amis lors de la première expédition, la deuxième fois fut lorsqu'ils étaient tous les deux sortis à la capitale pour affaires, et qu'un ancien voyou, lui aussi sortit des bas fonds, a reconnu Livaï. Erwin ignore ce qu'il lui dit mais ce fût assurément une mauvaise idée, car le commandant a rarement vu son capitaine réagir aussi violemment. Après l'avoir envoyé au sol d'un coup de genoux dans le ventre, il s'était acharné sur lui en une pluie de coup de pied. Erwin avait dût intervenir pour l'arrêter de peur qu'il ne tue le malheureux.
Peut-être qu'aujourd'hui sera la troisième fois.

- Si j'en ai. J'en ai beaucoup même, mais je suis venu voir comment tu allais, répond-il d'un ton composé.

- Je vais merveilleusement bien, tu peux t'en retourner maintenant, réplique du tac au tac le brun.

- Pourquoi tiens-tu tellement à mettre une distance entre nous?

- Et toi pourquoi ne veux-tu pas en mettre?

Erwin se lève et se plante juste devant Livaï, agité. La réponse du brun semble le perturber, et il se contente de le regarder, le surplombant de toute sa hauteur.
Erwin a toujours semblé monstrueusement grand à Livaï, et il déteste se retrouver dans ce genre de position, celle où leur différence de taille est encore plus accentuée, lui assis et Erwin debout.

- Combien de temps on va encore jouer à ce petit jeu ?

-Je ne vois pas de quoi tu parles, répond le plus petit en le fixant dans les yeux.

- De ce petit jeu là justement. On ne fait que ça depuis des années, se tourner autour sans jamais oser s'approcher. Comment je suis censé t'atteindre?

- Tu n'es pas censé m'atteindre, on n'est pas censé se tourner autour et encore moins s'approcher. Tu es le commandant, je suis un pion, un soldat, ton exécuteur, rien de plus. C'est comme ça que c'est censé être Erwin, riposte-t-il, la mâchoire serrée.

Erwin ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais quels que soient les mots qui lui brûlent la langue, il décide de les ravaler. À la place, il approche Livaï et lui prend la main, le tire brutalement vers l'avant pour l'obliger à se lever de sa chaise. Ce dernier se retrouve debout devant lui, à peine quelques centimètres séparent leurs corps, et alors qu'il lève la tête pour lui envoyer son regard le plus menaçant, Erwin se penche en avant, et lui répond avec autant ce conviction qu'il le peut:

- Ah oui, et quand tu restes dans mon bureau bien après le couvre-feu pour boire un thé avec moi, tu n'es que mon pion?
Quand tu me rejoins à minuit prendre un verre, sans qu'on n'ai besoin de se dire quoique ce soit, tu n'es que mon soldat?
Quand tu me racontes ton enfance dans les bas fonds, la mort de ta mère, tu n'es que mon exécuteur?

Livaï ne trouve rien à lui répondre, mais même s'il le voulait, il ne pourrait pas. Ne lui laissant pas une minute pour réfléchir, Erwin lève sa main et la place sur le joue de Livaï, et continue avec un aplomb tout nouveau:

- Quand tu me regardes comme tu le fais certaines nuits, il est impossible que je n'essaie pas d'approcher.
Puis il descend sa main dans son cou, puis le long de son épaule, pour enfin atteindre sa taille et la saisir un peu plus fermement.
Le blond ne sait pas d'où lui vient cette audace, mais il sait que Livaï déteste être touché, et il s'attend à ce que le brun le repousse et lui fasse payer sa témérité.
Seulement, il sent Livaï frissonner à son toucher puis se figer, et bientôt la peur de recevoir une droite bien placée laisse place à l'espoir, l'espoir d'avoir enfin atteint l'homme qui, des années auparavant, a volé un bout du cœur qu'il avait promis à l'humanité.

 

Je pensais faire un One Shot, mais je pense finir cette mini fiction en 2 ou 3 chapitres, j'espère que vous avez appréciez ce début

Notes:

Salut, ceci est la toute première fanfiction que je poste et la 3e que j'ai écris.
J'espère que vous apprécierez mon travail même si je sais que je dois encore m'améliorer.
N'hésitez pas à laisser un petit commentaire avec vos remarques (et compliments hein x), ça fait toujours super plaisir!

Bonne journée/soirée à tous et vive le yaoi!