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Une journée normale pour Aizawa

Summary:

Juste une journée normale dans la vie d'Aizawa et de ses deux... non, de ses dix... enfin, de ses 22 enfants à problèmes.

Traduction Anglaise juste ici :
https://archiveofourown.org/works/65277682

Work Text:

C'était une journée normale qui commençait pour Aizawa. Enfin, c'est ce qu'il pensait.
Il s'était réveillé, tout à fait normalement, avait réveillé son mari, son fils et sa fille tout aussi normalement. Et il avait également pu ingérer ses trois litres de café nécessaire au petit-déjeuner.
Il avait même pu se rendre jusque sa salle de classe sans le moindre problème.

C'est cependant au moment où il ouvrit la porte de sa classe qu'il sut que ce serait une longue journée.

Ce n'est pas en voyant Lida faire d'étranges gestes avec ses bras qu'il sut. Ni en empêchant Mineta de soulever la jupe de Momo. Ni en observant Kaminari mâcher l'embout de son chargeur, son téléphone branché au bout. Non. C'est en voyant Bakugo, qu'il sut.

Bakugo qui ne criait pas. Bakugo qui n'insultait personne. Bakugo qui ne daignait même pas adresser un regard assassin à Midoriya. Et Midoriya.

Midoriya qui ne discutait pas joyeusement avec ses camarades. Midoriya qui n'écrivait pas dans son cahier en marmonnant. Midoriya qui était seulement affalé sur sa table, sans un regard pour qui que ce soit.

Aizawa soupira, mais ne dit rien, et préféra commencer son cours. Cours qui se passa normalement - ou aussi normalement que possible avec la classe 1A - jusqu'à la sonnerie de midi.

"- Bien tout le monde, allez manger. On se revoit après le repas."

La classe sortit en discutant, et Aizawa ferma la porte derrière eux. En se retournant, il sursauta, se retrouvant face à Midoriya et Bakugo, qui, visiblement, l'attendaient. Il les regarda tour à tour, mais face à leurs mutisme, il commença finalement à parler.

"- Oui ? Que se passe-t-il ?"

Midoriya le fixa quelques secondes, ce qui permit à Aizawa de se rendre compte que des larmes perlaient aux coins de ceux-ci. Puis Bakugo lui donna un coup de coude pour l'inciter à parler, et, enfin, après une grande inspiration, le vert se lança.

"- S-sensei... je... je voulais savoir... En fait, euh, c'est-à-dire que, euh, l'autre soir je mangeais à la cafétéria et, euh, le problème n'était évidemment pas la nourriture, la cuisine de Lunch Rush est toujours exquise, surtout son Katsudon-
- Abrège, Deku ! On s'en fout de ce cuisto à deux balles !
-O-oui ! Pardon !! Bon, euh, alors, il se trouve que ce soir-là, dans le repas, il y avait des brocolis... Et Todoroki m'a dit que, euh, que vu que j'ai les cheveux verts, je ressemble à un brocoli... Et alors que j'étais cannibale ! Je suis inquiet d'être cannibale Sensei... "

Il y eut un silence. Aizawa regarda Midoriya, se demandant sérieusement si ce gosse avait tout son cerveau, et s'il lui faisait réellement perdre du précieux temps de sieste pour une histoire de brocoli cannibale. Mais au vu des larmes perlant toujours aux coins de ses yeux, il se posait réellement la question. Il soupira.

"- Midoriya, bon sang, Todoroki te faisais seulement une blague... Comme les 23 dernières fois.
- Ha ! Je te l'avais bien dit, le nerd ! Cet idiot de double face te faisait marcher et toi tu es trop débile !!
- O-oh ! Merci Sensei ! Je suis vraiment soulagé de savoir que je n'ai rien fait de mal !
- ..."

Aizawa soupira, tandis que le vert et le blond repartaient ensemble, le second répétant une ribambelle de "je te l'avais bien dit !" au premier.

 

_____________

 

Plus tard dans l'après-midi, Aizawa avait bon espoir que cette journée ne soit pas si mal que ça au final. Midoriya et Bakugo avaient retrouvés leurs habitudes, et toute la classe était calme, comme ils l'étaient rarement. Cependant, cet espoir fut détruit au son de la voix de Hizashi sortant de son téléphone. Son merveilleux mari avait visiblement trouvé amusant de remplacer sa sonnerie de téléphone.

Il soupira, puis décrocha, sous les gloussements de ses élèves.

"- Allo ?
- Ah ! Shota, heureux que tu réponde.
- Nezu ? Que se passe-t-il ?
- Eh bien... Nous avons un léger problème avec Hitoshi. Il serait fort aimable de ta part de venir dans mon bureau !
- ... J'arrive ...
- Merci bien ! A tout de suite !"

Aizawa soupira pour la énième fois de la journée et annonça que Lida surveillait la classe, puis alla rejoindre son fils dans le bureau de son patron.

TOC TOC

"- Ah Shota ! Entre donc !"

Aizawa entra dans le bureau de Nezu pour voir son fils assis en face du bureau du directeur, avec un, deux, trois, quatre chats qui étaient autour de lui. Il soupira. Encore. Puis il s'approcha, s'assit sur la deuxième chaise et vit... deux autres chats, se prélassant sur les genoux d'un Shinso aux joues rouges. Six chats donc. Bien. Il pouvait gérer ça.

"- Alors, Shota, comme tu peux le voir, Hitoshi a donc ramené des chats abandonnés ici même. A Yuei. Nous avons retrouvé ces six-là dans la salle commune de son dortoir.
- «Ces six-là» ? Il y en a d'autres ?
- Eh bien, nous n'avons pas pénétrer sa chambre.
-...
- Papa, je-
- Combien ?
- Euh, d'abord, je suis dé-
- Com-bien ?
- Six...
- Six ? Seulement ceux-là, ça va alors.
- Six de plus dans ma chambre...
- ...
- Et trois autres dans la chambre de Tsuka...
- 15...
- Je sus déso-
- 15 ! C'est plus que 12 !
- Euh- Oui effectivement... Papa ?
- Shota.
- Nezu.
- Tu n'es pas déçu parce qu'il a battu ton record, rassure moi.
- ...
- Shota...
- Nezu...
- Aussi irrécupérable, père comme fils...
- Je détenais le record depuis-
- Je sais.
- ...
- ...
- ...
- Hitoshi, mon garçon, tu vas rendre tous ces chats.
- Mais ils n'ont pas de maison !
- Je me chargerai de les amener à un refuge, dans ce cas. Cela te convient-il ?
- Mais... Je ne peux pas abandonner Croquette ! Et Bianca, et nuggets, et Totoro, et Ramsès, et Neferti, et Miaou-Miaou, et-
- Si, Toshi. Crois moi, Nezu est implacable...
- S'il te plaît, Papa ! Laisses moi juste en garder un !
- ...
- Shota, sois fo-
- D'accord.
- ...
- Oui ! Merci, Papa ! Je veux garder Totoro ! Tu vas voir, tu vas l'adorer !
- Shota, as tu pensé à ce que dirait Hizashi ?
- Oui. C'est une vengeance, pour une sonnerie de téléphone.
- ... Très bien... Fais donc..."

 

_______________

 

En retournant dans sa classe, Aizawa n'avait plus espoir que cette journée se finisse bien. Il espérait simplement que cette journée ne soit pas complètement catastrophique.
Mais, encore une fois, il s'était largement trompé.
Pourquoi s'était-il trompé ? Eh bien, il faut dire que retrouver sa classe, notamment le délégué, en plein cours de danse avec Mina, ne pouvait pas vraiment être considéré comme une "réussite" de sa carrière d'enseignant. Aizawa soupira.

"- Mina, expliques toi.
- Sensei ! Mince ! Je suis désolé !
- Expliques.
- Hum, bien. Il se trouve que j'ai fait remarquer, encore une fois, à Lida, que ses gestes sont bien trop mécaniques... Et qu'il manque de souplesse !
- Lida. C'est vrai ?
- Oui, sensei. Ensuite, je lui ait dit que puisque c'était si facile pour elle, elle n'avait qu'à m'apprendre...
- Et la danse est un excellent moyen de travailler la souplesse, sensei !
- Je vais fermer les yeux là-dessus, je ne suis pas d'humeur à gérer cela. Tous à vos places, on reprend le cours."

 

______________

 

Il ne restait qu'une dizaine de minutes au dernier cours de la journée de Shota. Une dizaine de minutes, et il n'aurait plus à supporter ces adolescents incapables de se tenir tranquille, sans faire de drames et sans se mettre en danger plus de 30 secondes. Dix minutes.
Et pourtant, c'est pendant ce temps-là que Kaminari décida qu'il n'avait pas eu son quota de quasi-mort pour la journée.
Il voulut se jeter par la fenêtre.
Au sens littéral.
Pour un pari.
Avec Kirishima.
Kirishima ?
Oui, Kirishima. Étonnant.
Aizawa soupira.

"- Mais ! Sensei ! Kirishima vient de dire que Crimson Riot l'avait fait ! Pourquoi pas moi ??
- De un, Crimson Riot avait un alter lui permettant de survivre. De deux, c'était dans certaines circonstances qui expliquaient ce comportement, c'est-à-dire le sauvetage de civils. De trois, il n'avait vraisemblablement pas un bon professeur. Tu ne rempli aucune de ces conditions, Kaminari.
- C'est vrai... Mais je vais gagner 1700 ¥ si je le fais ! (environ 10,2€)
- Très bien, je t'en offres 2000 pour ne pas le faire.
- ... Désolé Kiribro... 2000, c'est plus que 1700. Et je suis fauché."

Sur ces mots, Aizawa sortit l'argent de son porte-monnaie, le tendit à Kaminari qui rayonnait (presque littéralement, des petites décharges sortaient régulièrement de ses cheveux) et puis la sonnerie annonça la fin des cours. Enfin. Aizawa soupira de soulagement.

 

__________

 

A peine arrivé au palier de sa porte, le téléphone d'Aizawa retentit dans sa poche. Il grogna en répondant à Cementos.

"- Allo ? Aizawa, je suis désolé de te déranger, mais j'ai été appelé pour une urgence en ville, un tremblement de terre à détruit la route... J'étais censé surveiller le dortoir de la 1A, mais j'ai besoin d'être remplacé... Tu es le seul disponible ce soir...
- Bien. Tu peux compter sur moi.
- Ah ! Merci bien, je t'en suis reconnaissant !"

Shota soupira. Il ne se débarrassait pas encore de ses enfants à problème.

 

__________

 

Hizashi étant en mission ce soir-là, Aizawa dut emmener Eri avec lui dans le dortoir de sa classe.

En la voyant, les filles s'étaient mise en tête l'idée de lui faire une coiffure de princesse. Elles s'attelaient à la tâche, pendant que Midoriya avait, miraculeusement, réussi à convaincre Rikido et Bakugo de l'aider à faire des pommes d'amour pour la petite.
Malheureusement, Aoyama passait par là.

"- Qu'est-ce que c'est que votre étrange mixture ?
- Du sucre ! Fondu, avec un peu de colorant, pour enrober les pommes !
- Mh... Ça ne manque pas d'un peu de fromage ?
- Bon sang, non, la boule à facettes !!
- Vous en êtes surs ?
- Certain, Yuga, merci de vouloir participer, mais fais moi confiance, je suis Rikido Sato !
- Bien, bien... oh ! Regardez donc la merveilleuse coiffure d'Eri !"

Les trois garçons laissèrent la cuisine quelques secondes (Bakugo emmené de force par Midoriya), ce qui permit à Yuga de... rajouter du camembert dans la préparation. Aizawa s'en rendit compte, pria Aoyama de réparer sa bêtise, mais il ne restait ensuite plus assez de sucre pour faire une nouvelle préparation.
Eri se contenta alors de lecher et croquer les bouts restant dans la casserole, sous l'oeil déprimé de Midoriya et celui, boudeur, de Yuga.

Ce surplus de sucre entraîna une demi-heure de folie de la plus petite, qui ne pouvait s'empêcher de courir dans tous les sens, contrairement à son habitude. Aizawa soupira.

 

___________

 

A l'heure du couvre-feu, Aizawa fit un tour des chambres, pour s'assurer que plus personne ne sortirait, mais Todoroki l'arrêta.

"- Sensei, attendez.
- Oui, Todoroki ?
- Pourriez-vous, par hasard, signer ceci ?
- Qu'est-ce que c'est ?
- Oh, c'est sans importance. Signez ici, ici, et là, s'il vous plaît.
- Todoroki.
- Sensei.
- Montres moi l'entièreté de ce document.
- Vous ne pouvez pas juste signer..?
- ...
- ...
- Tenez...
- Todoroki. Je ne vais pas t'adopter.
- Mais-
- Ton père est vivant. De ce fait, il n'y a aucune raison pour que je t'adopte.
- Vous avez adopter Shinso.
- A la demande de son tuteur, car il ne l'aimait pas.
- ...
- Ne pense même pas à faire signer une demande similaire à ton père.
- Et s'il meu-
- Et ne pense pas non plus à le tuer.
- ...
- Bien. Bonne nuit, Todoroki.
- Bonne nuit, Sensei..." Aizawa secoua la tête en fermant la porte de Todoroki, et il soupira.

 

__________

 

En arrivant au pas de sa porte, une Eri endormie dans ses bras, Aizawa découvrit une enveloppe. Il la prit, coucha Eri et ensuite se posa dans la cuisine pour l'ouvrir. C'est ce moment que choisi Hizashi pour poser une main sur son épaule et lui dire bonsoir.

"- Hizashi, tu m'a fait peur.
- Désolé Sho ! Qu'est-ce que c'est que cette enveloppe ?
- Je ne sais pas, attend que je l'ouvre."

Aizawa l'ouvrit pour découvrir deux papiers, tout d'abord une lettre, où il était écrit :

" Pour Aizawa Shota, en l'honneur de la journée nationale de l'enseignant. De la part de toute la classe 1A, et d'Hitoshi."

Le deuxième papier était plus épais, cartonné, et dessus était imprimé un diplôme, Le diplôme du "Professeur le plus patient, le plus gentil, et le plus dévoué, Aizawa Shota."

"- Ooh ! Mais qu'ils sont mignons, ces petits ! Tu en as de la chance d'avoir une telle classe, Sho !
- Tu as raison... Même s'ils sont bruyants et encombrants, je les apprécient malgré tout.
- Ha ha ! Une rare déclaration du grand Shota Aizawa pour ses 21 enfants à problèmes !
- 22.
- 22 ?
- J'ai 22 enfants à problèmes.
- Ah bon ? Eri est pourtant sage.
- Ce n'est pas d'Eri que je parle.
- Ah oui ? De qui alors ?
- De toi, Zashi. De toi.
- Que ?! Je ne te permets pas !"

Aizawa sourit en montrant son téléphone, et Hizashi rougit légèrement. C'est à ce moment que Totoro, un chat gris, avec une grande bouche et un ventre blanc parsemé de tâches noirs entra en baillant.

"- Et pour cela, je te présente Totoro, amour.
- Shota-
- Blâme ton fils, pas moi."

Sur ces mots, Shota accrocha le diplôme au frigo à l'aide d'un magnet, puis il se coucha enfin à son tour, aux côtés d'un Hizashi toujours boudeur.

C'était donc cela, une journée normale dans la vie de Shota Aizawa.

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