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His mother

Summary:

Leoglas retrouve un visage familier après la bataille du Gouffre de Helm. C'est l'occasion de rattraper les 60 dernières années et de surprendre un peu les humains.

Notes:

Petit OS qui me trottait dans la tête depuis un moment. Pas forcément très aboutit, je reviendrai peut-être dessus plus tard.

Work Text:

“Ce n’est pas un cor d’orc !”

Legolas connaissait ce son. Il l’avait entendu maintes fois et un pic d’espoir jaillit dans son cœur. Il se précipita à l'extérieur et s'arrêta net en voyant Haldir mener sa compagnie. Ils n’étaient pas assez nombreux pour que les forces s’équilibrent, mais la présence des elfes semblait redonner espoir aux hommes du Rohan. 
A son approche toute la compagnie se tourna vers lui prête à le saluer, mais Haldir leur coupa l’herbe sous le pied s’adressant directement au roi du Rohan. 
Le temps n’était pas aux bavardages et Haldir d’un bref signe de tête envoya ses hommes se positionner sur les remparts aux côtés des hommes. Une flamme d’espoir avait jailli dans leur cœur et une nouvelle détermination dansait dans leurs yeux. Pourtant les premières lueurs se profilant à l’horizon eurent raison d’eux et la plus petite once de courage qui résidait dans leurs cœurs finit de fondre avec la pluie qui commença à tomber. Au loin un flot de torches se déversait dans la vallée, annonçant une armée infinie. Plus personne ne bougeait sur les remparts. Tout le monde retenait son souffle. 

Le silence était maître et tous redoutaient le premier coup. L’armée de la main blanche  s’arrêta et observa les hommes amassés sur le fort. Ils n’engagèrent pas le combat. Comme pour dire “Allez-y, on va vous massacrer de toute façon. Vous pouvez porter le premier coup si ça vous fait plaisir.” 
La tension qui s’accumulait atteint son paroxysme, pesant sur les épaules des hommes du Rohan et une flèche fut décochée. A partir de cet instant, ce fut le chaos. 
Plus rien ne faisait sens. Les archers décochaient flèches sur flèches, les uruks grimpaient le long des remparts, les hommes serraient leurs épées et les premiers coups furent portés.  

La bataille faisait rage. Les corps tombaient et volaient dans tous les sens. Des corps d’hommes, d’Uruk et d’elfes. Il y en avait partout et le moral baissait à mesure que les vagues d’ennemis déferlaient sur le fort. Les soldats n’en voyaient pas la fin. Les bras commençaient à lâcher, les soldats trébuchaient sur les corps de leurs camarades et l'ennemi avait réussi à percer les premiers murs. De plus en plus retranchés, l’armée du Rohan désespéra un court instant quand le jour se leva. De là, ils entendirent une voix. Une voix qui se faufila dans l’esprit de chacun et qui les gonfla de courage. Le magicien blanc était arrivé. Il avait réussi à rassembler les cavaliers d’Eomer. Les dit cavaliers réussirent à mettre en déroute les armées d’Isengard et la victoire des hommes fut assurée. 
Le jour se leva sur le gouffre de Helm, les épées tombèrent au sol et les femmes sortirent des cavernes. 

Legolas avait vu Haldir tomber. Il connaissait l’ellon depuis longtemps et il ne souhaitait pas que le pire arrive. Il cherchait fébrilement parmi les décombres de l’explosion. Sans succès. Ce fut les murmures des vivants qui le conduisirent dans la grande salle où il aperçut des silhouettes familières.  

“Aragorn, Haldir…”
Son exclamation mourut dans sa gorge. Haldir était là, bien vivant, aux côtés d’une silhouette aux cheveux bruns, enveloppée d’une cape vert sapin qui se retourna brusquement en l’entendant. 
Nana ?” Que faisait sa mère ici ? “ Que… vous…”

Ceux qui se trouvaient aux côtés de l’elfe en oublièrent de respirer. Si ils s’étaient plus ou moins accoutumés à la présence et à la beauté du jeune ellon, ils furent subjugés par la beauté de la femme elfe. Jamais ils n’avaient vue de femme aussi belle. Elle semblait hors du temps. Sa tenue ne payait pas de mine, mais pour les hommes c’était la plus belle femme qu’ils n’avaient jamais vus.
Elle était vêtue d’un pantalon moulant marron, d’une longue tunique verte fendue sur le devant et les côtés. Le pommeau d’une épée se distinguait à sa taille, accroché à une ceinture de cuir toute simple. Un anneau d’argent ouvragé ceinturait son front et ses cheveux bruns étaient rassemblés dans une tresse complexe dans son dos. 

Eowyn, enfin sortie des cavernes, tentait de se frayer un passage entre les soldats se stoppa brusquement en voyant la femme. Un instant, la peur serra son coeur. Elle savait que le seigneur Aragorn aimait une femme elfe, mais ne lui avait-il pas assuré qu’elle était en route vers la terre des elfes ? Etait-elle revenue en apprenant ce qu’il se passait ? Elle avança dans la foule prudemment en tentant de ne faire aucun bruit et arriva jusqu’à son frère qui ne lâchait plus la femme des yeux. La peur fit place à la jalousie puis à la colère. Elle ne voulait plus de cette femme dans ses murs. Les hommes n’avaient pas le temps de faire des mondanités et la présence de la femme ne ferait que les distraire. Il fallait encore se remettre de la nuit et faire les préparatifs afin de rentrer à Edoras. La jalousie qui pointait dans son coeur se renforça quand elle comprit que la femme avait passé la nuit à se battre aux côtés des hommes. Décidément, les elfes se mêlaient de tout. Elle vit la femme se tourner vers le compagnon de voyage d’Aragorn et une lumière éclatante inonda la pièce. 

Legolas n’en croyait pas ses yeux. Cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas vu sa mère et elle lui avait manqué atrocement. Il n'arrivait plus à avancer. Il ne voulait pas que ce soit une illusion. Le sourire qu’elle lui lança illumina la pièce et elle s’approcha doucement de lui. 
Ion nin.
Sa voix aussi douce que de la soie brisa sa torpeur et il courut se réfugier dans ses bras. Au diable les convenances. Il venait de passer la pire nuit de sa vie et sa mère se trouvait là. L’espace d’un instant il redevint le petit elfe qui n’avait besoin que du réconfort et de la sécurité des bras de sa mère pour aller mieux. Les larmes remplirent ses yeux et le jeune prince fit appel à toute sa volonté pour se décrocher de sa mère et les retenir. 
Nana …” souffla-t-il. Son sourire s’élargit et elle le prit par la main afin de le conduire un peu plus loin où ils pourraient se retrouver en paix. 

Tous ceux qui avaient assisté à la scène ne comprenaient plus rien. Aragorn n’avait pu retenir un hoquet de surprise en entendant son ami. Il secoua la tête et se tourna vers Haldir qui commençait à rassembler sa compagnie. 
“C’est vraiment sa mère ?” Le Galadhrim se retourna vers Aragorn et acquiesça. Aragorn le dévisagea, cherchant une quelconque trace de mensonge mais n’en trouva aucune. 
“Elle se trouvait en Lothlorien quand le Seigneur Elrond convainquit ma Dame d’envoyer une compagnie. Elle nous a suivis en espérant qu’elle trouverait son fils.” 
Il se retourna sur ces explications sortit de la grande salle sans remarquer toutes les expressions confuses et estomaquées des hommes présents. 

Sa mère. 
Les hommes les plus proches avaient entendu et un murmure se propagea dans le fort. Ce mot résonnait dans la tête de tous comme une litanie sans fin. Comment pouvait-elle être sa mère ? 
Elle était bien trop jeune pour être mère. Subjugués par la beauté de l’elleth, ils en avaient oublié que les elfes ne vieillissaient pas comme eux. 
Le roi du Rohan fut le premier à sortir de sa torpeur et tapant des mains, il redirigea l’attention de ses hommes sur lui. 
“Rassemblez les morts, soignez les blessés. Demain nous rentrerons à Edoras !” Les rohirrims se dispersèrent dans le fort et absorbés par leur tâche, ils en oublièrent le duo mère-fils. 

Duo qui avait fini par déambuler dans le fort. Ils marchaient du pas lent et régalien séant à leur rang, le fils ayant offert son bras à sa mère. Une telle noblesse émanait d’eux qu’on ne pouvait que s’écarter sur leur passage. Ils étaient impossible à ne pas regarder comme si des dieux étaient descendus sur terre. 
Legolas ne savait quoi dire. Il avait trop de choses à raconter, trop à demander et il voulait aussi juste profiter de sa présence. 
“Comment vas-tu ?” Ce fut la reine qui brisa le silence en premier. Elle connaissait suffisamment son aîné pour savoir ce qu’il se passait dans sa tête. 
Comment vas-tu ? La question était simple et pourtant Legolas ne sut quoi répondre. Physiquement il allait bien. Un peu fatigué après la nuit, mais il n’était pas blessé. Moralement c’était une autre affaire. La quête commençait à lui peser, il n’avait aucune nouvelle des hobbits et il sentait la guerre approcher. Revoir sa mère avait également fait remonter une vague de souvenirs et de lettres non envoyées qu’il avait tenté d’écrire au fil des ans. Sa fierté l’empêchant de garder contact avec sa famille. 
“Bien.” Sa gorge se serra. Une pression sur son avant bras stoppa ses pas et il se tourna vers sa mère. Elle posa une main sur sa joue et lui sourit de son sourire de mère. Un sourire tendre, plein d’amour qui apaise le cœur. Un sourire qui en dit long sans vraiment le dire. Il ferma les yeux et s’appuya contre la main de sa mère. Il sentait les larmes monter et fit un effort colossal pour les retenir. 
“Que faites-vous ici ?” Préférant changer de sujet, il guida sa mère sur les remparts d’où ils surplombaient le fort. 
“J’était en Lothlorien quand la demande d’Elrond est parvenue aux seigneurs de ces lieux. Et je me doutais que tu serais là.” Legolas baissa la tête, un peu honteux. 
“Père est au courant ? 
- Que je suis ici ? Non. Bien qu’il doive s’en douter fortement. J’ai toujours trouvé plus facile de demander son pardon plutôt que sa permission. 
- Mais il sait que vous êtes allée en Lothlorien ? Le prince connaissait l’aversion de son père pour la Dame des bois. 
- Oui. Il fallait discuter du mariage de ta sœur et il n’y serait pas allé pour tout l’or du monde.”
Un pieux de culpabilité se ficha dans le cœur de l’ellon. Il se sentait comme un étranger avec sa propre famille. Sa sœur, fiancée ? Il avait tout manqué. 
“Elle et Haldir se sont engagés envers l’autre il y a une cinquantaine d’années. Pour l’instant rien n’est encore fixé, mais le mariage devrait avoir lieu après la guerre.” 
La guerre était inévitable après tout, bien que personne ne sache quand elle aurait lieu. 
Ithiliel et Haldir… Celle-là, le prince ne l’avait pas vue venir. Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que les deux étaient parfait l’un pour l’autre. Il savait aussi que le Capitaine attendait son âme-sœur depuis des siècles. Il ne savait vraiment pas quoi faire de la nouvelle. Trop estomaqué pour réfléchir, il resta bouche bée sous le regard amusé de sa mère. 
Les deux reprirent leur route, parlant de tout et de rien essayant de rattraper le temps perdu. La reine racontait tout à son fils, comme s'il n’était parti que depuis une semaine et en bon termes. Elle savait que la situation n’en était arrivée là que parce que le père et le fils partageaient la même obstination et refusaient de faire le premier pas par fierté. Elle ne pouvait s'empêcher de lever les yeux au ciel face à tant d'entêtement, surtout quand son mari lui faisait part de ses inquiétudes mais refusait de faire quoi que ce soit. Elle ne mentionna rien et écouta son fils parler de ces soixante dernières années, un doux sourire aux lèvres. 

 Les hommes et les femmes du Rohan ne pouvaient en croire leurs yeux. Ils avaient vus l’elfe pendant le voyage, mais la présence de la femme à ses côtés lui donnait un autre air et l’aura que le duo dégageait était céleste. La rumeur qui courait comme quoi la femme était la mère de l’elfe leur parraissait impossible. Pourtant c’est comme ça que l’elfe s’était adressée à elle. Comment pouvait-elle être mère ? Son corps ne semblait pas porter les marques de la grossesse, sa peau était parfaite et lisse comme de la soie et surtout, elle avait l’air tellement jeune ! 
Aragorn, une fois le choc de la nouvelle passé, buvait du petit lait. Les humains ne croisaient jamais d’elfes et en avaient oublié que cette espèce ne vieillissait pas comme eux. Elle semblait être dans la fin de sa vingtaine et pourtant elle pouvait (et avait très certainement) avoir vécu des millénaires. Il s'amusait donc des réactions du peuple des chevaux et accueillait cette distraction à bras ouverts. Un peu de joie rendait les temps présents supportables. 

Aragorn, Gimli et Haldir avaient fini leurs préparatifs de départ. Les uns pour Edoras et les autres pour la Lothlorien. Ils discutaient entre eux quand ils aperçurent le duo se diriger vers eux. Haldir s’inclina profondément face à la souveraine tandis qu’Aragorn et Gimli se contentèrent d’un signe de tête respectueux. 

“Les amis, laissez-moi vous présenter ma mère.” Annonça Legolas.