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Game of Gods II - Héritage

Chapter Text

Après pas moins de trente-sept jours de marche sans interruption et dix états traversés à la seule force de leurs jambes, les Saints arrivaient en ce jour dans l’immense ville de New York dans l’état du même nom. Cette traversée du continent ne fut pas une sinécure et les affrontements contre les Berserkeurs qui jalonnèrent leur parcours furent à la hauteur des vantardises de ces derniers.

Ils avaient tous gagné en assurance et en puissance face à la terrible loge de la torture noire, mais pour l’heure, chacun se reposait sur les intuitions de Delphes. Depuis leur arrivée dans cet état, de nouvelles perceptions comme au Tibet guidaient le chemin de la Saint du Dragon. La seule ombre au tableau était la frustration que ressentait encore et toujours Alia qui n’avait pas encore fait preuve de la moindre évolution comparée à ses frères et sœurs d’arme et se disait encore qu’elle était une bien piètre leadeuse.

Déambulé dans l’immensité de la ville leur pris un temps certain, mais pour finir, ils arrivèrent dans les quartiers huppés de la cité. Delphes continuait de laisser s’exprimer ses intuitions, elle savait pertinent ce vers quoi elle se dirigeait, mais n’en avait pas touché un seul mot à ses compères. Ils savaient que sa mère et sa marraine étaient natives dans ce continent, mais sans plus. La Saint du Dragon s’avança à présent dans une parcelle privé et se dirigea vers la porte et frappa à la porte à défaut d’essayer de trouver la sonnette avec sa cécité. Un instant plus tard, la porte s’ouvrit et ce fut une domestique qui les accueillit.

— Que puis-je pour vous ?

— Je voudrais parler aux propriétaires des lieux.

— Pour quelle raison je vous prie ?

— Je suis leur… enfin, je suis… la fille d’Integra.

— Qu’est-ce donc que ce dérangement !? Tonna une voix derrière la domestique qui s’écarta du chemin en s’inclinant devant la maitresse des lieux.

— Veuillez m’excuser madame, mais cette jeune personne prétend être la fille de votre fille Integra.

— Quelle arrogance ! répliqua-t-elle sèchement. Et vous l’avez cru ?

— Je suis la fille d’Integra et je peux le prouver ! répondit Delphes en haussant le ton en ôtant quelque chose à son cou sous ses vêtements. C’est un héritage de famille qui a disparu le même jour que ma mère et sa sœur ! Annonça-t-elle en remuant le collier au bout duquel pendait la pierre noirâtre.

Cette fois-ci il y avait trop d’information personnelle pour que cela soit une coïncidence. La maitresse de maison se demanda légitimement si effectivement cette jeune femme n’était pas sa petite fille au vu de tout ça. Dans le doute, elle concéda à l’accueillir avec ses amis dans l’immense demeure. Ce qui était autrefois les chambres de Paradox et d’Integra fut mis à leurs dispositions. Alors que les Saints s’empressèrent de se délasser, la Saint du Dragon pris le parti de rester auprès de celle qui est sa grand-mère maternelle pour mieux faire connaissance avec et lui expliquer la situation.

— Nous avons perdu toute relation avec nos filles depuis leur disparition il y a fort longtemps.

— Mère et marraine Paradox son parti pour rejoindre le Sanctuaire et devenir des Saints de la Déesse Athéna.

— Ta marraine Paradox ? Je présume que tu parles de cette incompétente d’Evangeline qui n’a jamais été foutue de faire quoi que ce soit hormis d’attirer des ennuis à sa sœur.

— Je ressens beaucoup d’amertume à son évocation. Pourquoi parlez-vous en ces termes de votre propre fille ?

— Cet enfant est une névrosée souffrant de plus d’un complexe. Contrairement à ta mère qui toujours nous faire honneur, a contrario, Evangeline n’a jamais été capable de quoi que ce soit.

— Elle n’est pas celle que vous pensez ! Elle n’est peut-être très douée comme ma mère dans tout ce qui vous importait. Mais, elle m’a prouvé tout le long de mon enfance jusqu’à aujourd’hui qu’elle avait plus d’une qualité qui font d’elle une personne au grand cœur. Elle comprend mieux que quiconque ce que peut être la souffrance morale. L’une n’est pas meilleure que l’autre comme vous le prétendez.

Delphes défendit ardemment l’honneur de celle qui est à la fois sa tante et sa marraine. Après cette joute verbale, elle s’en alla rejoindre Alia dans la chambre de sa mère dont le luxe et les moyens investis contrastaient avec la chambre de leur marraine.

— Tu as fini de dialoguer avec ta grand-mère ?

— J’en suis presque arrivé au clash à vrai dire afin de défendre notre marraine.

— Pourquoi donc ?

— Tu sais qu’elle a eu une enfance difficile et aujourd’hui j’apprends tout cela n’était que dans le seul et l’unique but de la punir parce qu’elle n’excellait pas autant que ma mère. Et ce dans quoi elle excellait n’était pas digne de leur considération. Ils l’ont martyrisé psychologiquement et moralement… moi qui étais si existé à l’idée de faire connaissance avec mes grands-parents, j’en suis à présent dégouté.

— Tu ne dois pas dire ça Delphes, tu as l’opportunité de connaitre tes grands parents, tant paternels que maternels, ce qui n’est pas et ne sera jamais mon cas pour diverse cause que tu connais très bien.

Chaque Saint resta confiné dans sa chambre jusqu’au soir où ils furent conviés à table, si tout se passait pour le mieux. Quand le grand père de Delphes commença à médire et dénigrer Paradox, Alia réagit au quart de tours en haussant le ton envers ce dernier en tapant le plat de ses mains contre la table sans jauger sa force physique. Suite à cela elle se retira dans la chambre étant temporairement la sienne, la colère et le dégout lui avait coupé l’appétit.

Les jours qui suivirent, les choses se mirent très vite en place afin de scolariser les Saints dans un enseignement, qui cette fois-ci, serait normal. Delphes pensait qu’essayer de retrouver un semblant d’équilibre dans leur vie pourrait contribuer à leur bien-être après ce qu’ils ont vécu ces derniers mois. Les premiers jours, les Saints prirent la peine de s’habiller correctement en allant en cours vêtu de leur uniforme de la Palestre, mais très vite ils constatèrent que chacun venait habiller comme bon lui souhaitait et apprirent à faire de même.
Un second mois s’écoula, mais la Saint de la Croix du Sud n’arrivait ni à se faire à ce rythme de vie normal, ni à exprimer où réprimer ses frustrations intérieures. La demi-déesse avait juste l’impression d’être un phénomène de foire. Tous étaient consternés par ce qu’elle pouvait réaliser avec ses ongles ou encore par les réponses qu’elle était capable de fournir pour quelqu’un de son âge.

Alia était actuellement recluse comme à son habitude dans un coin esseulé de la cour de récréation à tenter d’appréhender le véritable potentielle de son cosmos. Elle se concentrait de toutes ses forces pour faire apparaitre une boule de feux dans ses mains, mais tout ce qu’elle parvenait à faire c’était de faire apparaitre une sphère de cosmos banal qu’elle écrasait aussitôt dans le creux de sa main sous le coup de la colère et de la frustration.

Elle ne comprenait pas pourquoi toutes ses tentatives se soldaient par un échec. Cela affectait énormément le moral d’Alia. Quand bien même était-elle une demi-déesse, quand était-elle fille de Saint, quand bien même était-elle la leadeuse de leur groupe, elle n’en restait pas moins qu’une jeune femme âgée d’à peine treize ans. Toute la pression accumulée depuis l’assaut des Berserkeurs sur le Sanctuaire finit par faire craquer la Saint de la Croix du Sud qui se mit à pleurer comme elle n’avait plus pleuré depuis longtemps.

— Pourquoi pleures-tu Alia ?

— C’est toi Allan ? Que veux-tu ?

— Cela fait un mois que tu es arrivé et je te vois toujours toute seule lors des récréations et tu es distante pendant les cours. C’est parce que je t’ai vue pleurer que je suis venu vers toi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

— D’habitude je ne pleure pas, comme ma mère, je ne pleure jamais, mais… mes parents me manquent beaucoup et j’ai d’énormes responsabilités qui reposent sur mes épaules et la pression a fini par me faire craquer.

— Quelle responsabilité ? Tu n’as que treize ans comme moi et où sont tes parents à ce propos ?

— Mon père est resté coincé au Sanctuaire en Grèce à cause du blocus imposé par les forces d’Arès et ma mère… je ne préfère rien savoir de peur de souffrir.

Allan ne comprenait pas un traitre mot de ce qui lui racontait Alia, cependant il trouvait la demi-déesse romaine de très grande et remarquable beauté. Vu son jeune âge, il ne serait pas définir ce qu’il ressent, mais il s’agissait d’une grande admiration pour cette dernière et plus. Le jeune garçon était amoureux d’elle, il guettait depuis un moment un instant comme celui-ci pour braver sa timidité et aborder d’une quelconque façon la Saint de la Croix du Sud.

— Alia… tu sais… il faut que je te dise que…

— Allan ! Ne me dis pas que tu fais ce que je pense que tu fais !

— Mêle-toi de tes affaires Abbigail ! T’es trop petite pour comprendre ce genre de chose !

— Mais je suis plus mature que toi au moins ! En plus, tu peux pas comprendre, t’es pas une fille ! Alors, fiche la paix à Alia !

— Il se passe quoi ? demanda Alia, un peu perdu dans les chamailleries des deux enfants.

— Ma petite sœur Abbigail prend malin plaisir à s’immiscer dans mes affaires

Voir Allan et Abbigail se chamailler comme le font de véritables frères et sœurs rappelait à Alia ce qu’elle avait elle-même sabordé avec Kazuma, ce qui ne manqua pas de lui faire un pincement au cœur. Le comique de situation réussit toute fois à lui faire oublier l’espace d’un instant sa peine, mais ne durera pas cependant. Une violente explosion se produisit sans raison au plein centre de la cour, prenant plusieurs élèves innocents à parti. Quand la fumée soulevée par l’explosion se dissipa, un être vêtu d’une armure se dévoila aux yeux de tous. Ça ne faisait aucun doute, il s’agissait bien d’un Berserkeur d’une inqualifiable cruauté.

— Je t’ai enfin retrouvé demi-déesse ! Les autres ne doivent pas être loin de ce fait.

— Sale lâche comment oses-tu t’attaquer à des enfants !?

— Et qu’est-ce que tu es toi ?

— Je te retourne la question espèce d’ordure !

— Moi je suis Vlad de Wei et j’ai pour mission de te ramener vivant auprès de notre seigneur.

Le Berserkeur de Wei avait une allure tout droit sortie d’un autre temps, en témoigne sa singulière chevelure coiffée de façon d’antan. La cuirasse qui recouvrait son corps allait aussi en ce sens et représentait ce qui avait tout l’air d’être un vampire. La question était de découvrir comment il était parvenu à les retrouver alors que toutes les précautions avaient été mises en place pour éviter ce genre de cas de figure.

— Comment nous as-tu retrouvés ?

— Tu empestes le sang mêlé d’ichor à des kilomètres à la ronde. Être une demi-déesse n’étant pas une chose courante je n’ai donc eu qu’a remonté l’horrible odeur émise ce flux hybride coulant dans tes veines.

La Saint de la Croix du Sud se demandait quel autre genre de surprise et talents étrange regorgeait donc l’armée d’Arès. Alia ne prêtait pas directement attention au Berserkeur, son attention étant plus attirée par les victimes collatérales produites par son atterrissage fracassant. Ce qui est sûr, c’est que cet acte de lâcheté l’avait mise en colère.

— Tu vas payer pour ce que tu as fait !!!

Alia pris appuis contre le sol et se projeta sur le Berserkeur, mais la colère est très mauvaise conseillère, et en se laissant emporté par cette dernière, Vlad n’eut point de mal à anticiper les actions de la Saint de la Croix du Sud et retourner la situation à son désavantage. Elle encaissa un violent coup de poing dans le ventre et par la suite, il la saisit par la cheville et effectua plusieurs rotations sur lui-même avant de la relâcher pour qu’elle s’écrase avec violence contre la surface du sol.

Le choc n’avait pas épargné Alia à la tête et Vlad s’approchait désormais d’elle afin de l’emporter dans la forteresse de son maitre comme demandé conformément. Mais ce ne fut pas au gout d’Abbigail qui s’interposa dans le chemin du Berserkeur sans prendre la mesure du danger auxquels elle s’exposait. Cela fit ricaner le Berserkeur jusqu’à… ce qu’il reçoive une pierre dans le visage, ce qui le mit en colère. Celui abattit tout la fureur de son courroux sur la jeune fille, mais son frère s’interposa et reçut à sa place la majeure partie du coup. Alia de son côté retrouvait peu à peu ses esprits.

— Allan… Abbigail… il faut que je les protège… sinon ils vont se faire tuer… par ma faute… je ne le tolérerais pas !!!

La Saint de la Croix du Sud se souleva l’aide de ses mains puis posa un premier genou à terre avant de se redresser sur ses jambes. Ce Berserkeur s’était pris à une innocente victime de trop et il allait le payer se jura-t-elle à elle-même.

— « SOUTHERN CROSS » !!! Hurla-t-elle à gorge déployée en faisant exploser son cosmos de toute sa puissance en produisant un vacarme assourdissant.

Malgré les kilomètres séparant la Saint de sa Cloth, cette dernière ressentit l’appel de sa propriétaire mu par une puissante volonté de protéger ceux qui ne pouvaient le faire par eux même. La Cloth de la Croix du Sud traversa cette distance en un instant et se fractionna pour recouvrir le corps d’Alia.

— Je t’interdis de les toucher !!! Vociféra Alia en assénant un terrible coup de poing dans la mâchoire du Berserkeur qui fut éjecté dans la façade du bâtiment.

Le Berserkeur de Wei s’extirpa de la façade en ébranlant encore plus la structure de cette dernière. Ce dernier n’était pas en humeur d’accepter ce genre de chose après avoir été caillassé au préalable par de simple être sans cosmos. Vlad se déplaça à une vitesse surprenante et asséna un terrible coup de genou dans le ventre de la Saint de la Croix du Sud qui fut arraché du sol. Elle retomba par après sur ses genoux en se portant une main à l’emplacement de l’impact. Malgré la douleur et le sang perlant entre ses dents, elle serra ces dernières avec convictions et se redressa sans tarder sur ses jambes.

— Quelle agaçante détermination que tu as là.

— Qu’est-ce que vous avez tous à vous répéter ces temps-ci ? Encaisse plutôt ça ! « Scarlet Stinger » !

La Saint de la Croix du Sud fit s’agrandir l’ongle de son index qui prit une teinte écarlate. Alia se projeta sur le Berserkeur de Wei pour le transpercer de son dard, cependant, lors du contact physique, Vlad parvient à la saisir au poignet, la mettant ainsi dans une inconfortable position de faiblesse. Il lui adressa un grand sourire se passant de commentaire sur ce qu’il comptait faire à l’instant.

Le Berserkeur de Wei nimba son poing d’une obscure sphère cosmique violacé et frappa la Saint de la Croix du Sud au ventre comme un damné. La décharge traversa le corps d’Alia qui fut emporté par son sillage et fut trainé sur plusieurs mètres au sol. Alors qu’elle gisait a terre¸ elle ressentit quelque chose la remuer et en déportant son regard, la demi-déesse constata qu’il s’agissait d’Abbigail qui n’avait pas pris la fuite contrairement aux autres et qui l’encourageait à poursuivre son combat. Après s’être essuyé le sang mêlé d’ichor coulant le long de ses commissures, elle se redressa en sermonnant l’imprudence de la jeune fille.

— Abbigail ! Tu es folle ! Il faut que tu quittes cet endroit tout de suite, tu pourrais être blessé ou même pire par un coup perdu !

— J’ai jamais fui devant plus fort que moi pour défendre une amie ! Ce monsieur me fait pas peur !

— Quelle ironie, elle n’est même pas une guerrière et pourtant elle a bien plus de courage que toi visiblement. De toute façon, je me débarrasserais de tous les témoins une fois la mission accomplie.

— Abbigail ! Reste derrière moi ! intervient Alia en la poussant derrière elle à l’aide d’une main. Parce que le tonnerre va gronder ! « Southern Cross Thunderbolt » !

La Saint de la Croix du Sud forma une croix avec ses bras et se projeta sur le Berserkeur. Une décharge cruciforme s’abattit sur ce dernier quand Alia heurta Vlad de plein front, mais ce dernier parvient à la réceptionner sans trop de mal et fut juste trainé en arrière par la violence déployé par son opposante. Il en profita ensuite pour la prendre à revers en lui tordant un bras, non sans brutalité, dans le dos

— C’est pas vraie !

— Je crois bien que si malheureusement, et avec tout ça je commence à avoir soif… « Kiss of Vampire » !

Le Berserkeur de Wei fit s’agrandir ses canines supérieures et les planta dans l’artère carotidienne de la Saint de la Croix du Sud pour s’abreuver de son sang mêlé d’ichor. Alia essaya bien de se débattre, mais en vain, il la tenait à sa merci et elle se sentait partir au fur et à mesure qui lui aspirait du sang.

Voyant que la demi-déesse étant en mauvaise posture, Abbigail n’hésita pas à aller chercher un débris bien trop lourd pour elle et mit toute la force de ses muscles pour l’envoyer une fois encore dans le visage du Berserkeur. Ce dernier bien trop occupé par son festin n’y prêta pas attention et le reçut en pleine figure. Vlad ôta ses crocs de la gorge d’Alia qui chuta à terre tandis que ce dernier se porta les mains à son nez qui fut brisé par l’insolente intervention de la jeune fille.

Celui-ci se désintéressa de la Saint de la Croix du Sud pour faire subir son courroux à la jeune fille suite à son dernier acte. Dans le même temps, Alia se trouvait entre deux états de conscience et n’avait plus réellement connaissance de ce qui se déroulait autour d’elle. Dans cet état de semi-conscience, la demi-déesse fut confrontée à sa mère dans ce lieu hors du temps.

— Que se passe-t-il Alia ? Ce n’est pas dans tes habitudes d’abandonner de la sorte.

— Maman, mais que fais-tu ici ?

— N’oublierais-tu pas que je t’ai porté pendant neuf longs mois ? Même si nous sommes séparés physiquement, nous restons unis à jamais par le cosmos et par le cœur l’une à l’autre. Mais ce que je voudrais savoir, c’est pour quelle raison abandonnes-tu si vite un affrontement alors que jusqu’à présent tu t’es toujours montré vindicative et ardente au combat.

— Je ne mérite pas d’être la leadeuse du groupe, contrairement à Delphes, Alec et Yuma, je n’arrive utiliser ce pouvoir en moi alors qu’eux sont tous parvenus à transcender leur limite et gagner en puissance. Ces échecs répétés me frustrent et sans compté toute la pression qui repose sur mes épaules. De surcroit, ton absence depuis ce jour qui ne cesse de me faire mal jour après jour.

— Je ne peux que trop bien comprendre ce que tu ressens, j’ai moi-même enduré cette même douleur lorsque j’avais ton âge. Cependant…, tu dois faire de cette douleur ta force caractère, c’est parce que ton esprit est en proie à la douleur et a ces incertitudes en tes propres capacités que tu ne parviens à rien. Qu’il s’agisse de Soma, ton père, de Paradox, ta marraine ou encore de Violate, ton maitre, sache que tu n’es pas seul et que nous serons toujours là pour toi et surtout, nous avons confiance tes capacités. Délaisses tous tes fardeaux derrières toi, à cette unique condition, ton véritable potentielle s’exprimera. À présent Alia, ma fille, prouve à ce Berserkeur que tu es la digne petite fille de Mars, le dieu de la guerre.

Après ce dialogue « mental » entre la mère et sa fille, cette dernière retrouva peu à peu ses esprits et émis l’une ou l’autre complainte lorsqu’elle entreprit l’action de se relever. C’est à ce moment que la Saint de la Croix du Sud constata que le Berserkeur de Wei allait abattre sa rage sur la jeune fille.

— Abbigail ! Non !!! Hurla-t-elle de désespoir.

Le poing de Vlad s’abattit sur l’emplacement de la jeune fille accompagné d’un flash éblouissant. Elle fut projetée en arrière, mais a la grande surprise de l’un comme de l’autre, Abbigail était à présent revêtu de la Cloth de la Croix du Sud qui avait intégralement absorbé l’impact du coup. Ayant ressenti la volonté de sa détentrice à ce moment fatidique, elle quitta son corps pour protéger celui de celle qu’elle désirait protéger.

— Pourquoi je porte l’armure d’Alia ?

— Comment se fait-il que cette Cloth ait recouvert le corps de cette petite qui n’est même pas une guerrière !?

— Vlad ! Espèce d’enfoiré ! Je vais te le faire payer ! S’écria Alia haut et fort d’une voix empreinte de colère et d’animosité.

Le Berserkeur se retourna dans la direction de la Saint et constata qu’elle se tenait à nouveau debout, mais totalement dépourvue de Cloth cependant, vu qu’elle se trouvait sur le corps d’Abbigail. Néanmoins, il n’osa pas faire le moindre pas vers elle¸ il était comme intimidé à présent par le cosmos d’Alia qui irradiait à présent d’une incommensurable puissance renouvelée. Vlad se ressaisit et saisit l’occasion de mettre un terme au combat étant donné que son objectif était désormais démuni de protection face à lui. Toutefois, bien mal lui prit de penser de la sorte et surtout de penser que cela serait aussi simple.

— « Brutal Real » !

La Saint de la Croix du Sud abattit son pied avec fracas contre la surface du sol. La puissance physique et cosmique déployée à cet instant par Alia fut tel qu’il déchira le sol de part et d'autre devant elle, déstabilisant au passage le Berserkeur de Wei dans son équilibre. Faisant usage de l’impulsion de son geste, la demi-déesse bondit à perte de vue dans les cieux et redescendit en piqué tel un aigle sur Vlad qui se mit d’ores et déjà en position de défense pour l’intercepter. Il pensait pouvoir encaisser sans mal la botte dont elle était chaussée, cependant, un second flash se produisit.

— Mes mains !... Mes bras !... Elle les a brisés !

Les jambières de la Saint de la Croix du Sud recouvraient à nouveau son corps. La puissance du « Brutal Real » brisa la protection recouvrant ses mains et ses bras et les os de ces derniers par la même occasion. À nouveau elle usa de l’impulsion induite par son coup pour effectuer un salto afin de remonter dans les cieux pour afin de réaliser l’apothéose de son offensive que le Berserkeur n’aura guère l’occasion d’admirer.

Un troisième flash lumineux se produisit, inconsciemment, Alia parvint à repousser ses limites sans s’en rendre compte. Elle heurta le plastron de Vlad à une vitesse supraluminique, pulvérisant ce dernier. La Saint de la Croix du Sud, à nouveau parée de sa Cloth, réalisa à un dernier un salto et se réceptionna parfaitement au sol tout juste à côté d’Abbigail qui n’avait cessé de la soutenir tout au long de ce combat qui n’était pas le sien.

— D’où te vient ce soudain regain de puissance !?

— J’étais jusqu’à présent en proie au doute et à l’incertitude depuis le début du voyage entamé avec mes amis suite à la destruction de la Palestre. Mais alors que je gisais au sol, ma mère m’a fait prendre conscience que de nombreuses personnes comptaient sur moi et sur qui je pouvais avoir confiance comme Abbigail. Bien qu’elle ne soit pas éveillée au cosmos, elle n’a pas hésité à me venir en aide en se dressant en travers de ta route.

— Grand Arès ! Je ne vais tout de même pas me laisser faire par deux gamines !

— Déesse Athéna ! Donnez-moi la force de réaliser ce qui est juste ! « Antares Immolation » !

La Saint de la Croix du Sud embrasa son cosmos qui s’enroula autour de ses bras. Alia rabattit ses poings en avant et déchaina un véritable torrent de flamme qui submergea le Berserkeur de Wei. L’incandescence du cosmos ardent fut telle que Vlad fut incinéré et réduit en cendre. Il était irrémédiablement vaincu, mais en contrepartie, Alia était à présent fort éprouvé et sa respiration était bruyante et haletante.

— Alia ! Tu as été formidable ! S’exclama Abbigail avec enthousiasme

— Pas autant que toi, il faut avoir beaucoup de courage pour s’opposer à un Berserkeur comme tu viens de le faire.

Ce n’est que par après que la Saint de la Croix du Sud se rendit compte que personne n’avait fui les lieux, mais c’était plutôt réfugié à l’abri pour observer cet affrontement que l’on ne voit pas tous les jours avec curiosité. Tous les élèves se massèrent à présent autour d’Alia, avant tout par curiosité pour pouvoir observer de plus prêt sa Cloth. Il faudra ensuite un temps certain pour que l’adrénaline et l’agitation du combat retombent pour retrouver son rythme normal tandis que la demi-déesse ne fut rejointe par ses pairs qu’en fin de journée.

— Alia ! Est-ce que tu vas bien ?

— Et où est le Berserkeur ?

— Je vais bien, rassurez-vous, concernant Vlad, c’est les cendres reparties un peu partout par le vent. J’espère que de votre côté, votre « sortie scolaire » s’est bien passée.

— À vrai dire pendant le voyage j’ai un peu forcé sur mon don de clairvoyance pour entrevoir ce que nous réservait Arès. Delphes s’arrêta en plein milieu de sa phrase, laissant clairement présumer ainsi de la gravité de la situation. Il va se passer quelque de grave, nous devons rentrer en Europe.

Alia devint livide quand Delphes lui fit part de sa prémonition qui allait se produire. Ils devaient absolument rentrer chez eux sans tarder, mais comment étant donné qu’Arès régnait en despote absolu sur le continent soumis à son régime spartiate a plus d’un titre. Les Saints s’organisèrent dès lors pour partir demain aux aurores après avoir fait leur au revoir à tout un chacun.

— Vous êtes prêt ?

— Attends juste un instant Delphes, je ne retrouve plus mon pendentif offert par ma mère

— Celui avec la Croix du Sud en améthyste, je présume.

— Vous m’avez déjà vu avec un autre pendentif autour du coup ? J’espère juste ne pas l’avoir égaré pendant le… l’espèce de… je vais l’étrangler !

Le pendentif en question se trouvait actuellement dans les mains d’Allan. Celui-ci étant tombé lors de son affrontement contre le Berserkeur et il comptait le lui rendre, mais n’avait pas trouvé de quels moyens aborder la demi-déesse en lui faisant part de ce qu’il ressentait pour elle. Quand il apprit qu’elle allait partir le lendemain, il décida dès lors de le garder arbitrairement et égoïstement pour lui afin de conserver un souvenir d’elle.

— Il est ici ! s’écria Abbigail en pointant son frère du doigt.

— J’aurais dû m’en douter ! Fulmina alors Alia.

— Alia ! Ce n’est pas ce que tu crois !

Elle lui arracha le collier des mains sans ménagement d’une main et avec la seconde, elle lui asséna une baffe dans le visage sans jauger sa force physique qui était bien entendu supérieure à celle du jeune garçon qui fut envoyé à terre par cette dernière.

— Pauvre type ! Je ne veux plus jamais te revoir de ma vie !

— Je t’avais dit que tu ne pouvais pas comprendre Alia étant donné que tu n’es pas une fille.

— La ferme Abbigail !

***

Dans le même temps, au Sanctuaire, la lutte faisait rage avec une intensité comme le domaine sacré n’en avait plus connu depuis des éons. Le régime spartiate d’Arès et ses propositions de faveurs très confortable pour les familles de ceux s’enrôlant dans son armée avait fait son effet. Nombre de civils inquiets et soucieux du bien-être de leurs proches avaient de ce fait réalisé les démarches pour devenir des guerriers sous les ordres du dieu de la guerre.

Ces mêmes civiles faisaient aussi ça par vengeance à l’encontre de celle que l’Olympien a dépeint comme la seule responsable de cette catastrophique situation. Aux yeux du peuple, Athéna était la déesse à faire tomber afin de retrouver une vie normale. Son armée grossit par ses messages trompeurs et galvanisés grâce à l’animosité et la haine qu’il nourrissait envers sa sœur avait contribué à renforcer l’impitoyabilité de son blocus.

Fermement décidé à briser le siège de son domaine, Saori se para de sa Cloth et rejoignit ses troupes sur le champ de bataille. Puisque son frère avait décidé de faire usage de méthodes impitoyables, elle allait lui démontrer qu’elle pouvait être encore plus impitoyable que ce dernier. Avec une froideur que ne lui connaissaient pas ses Saints, l’Olympienne commença par éventrer la formation de Berserkeur et plongea ensuite dans la mêlée par la faille engendrée. Saori tua à la chaine bon nombre de Berserkeur sans même se soucier de savoir si elle tuait des guerriers ayant juré fidélité à Arès ou des innocents servant dans ses rangs pour alléger la condition de vie de leur famille.

Les Saints encore en état de combattre assistèrent leur déesse dans son combat, mais contrairement à cette dernière, lorsqu’ils ne ressentaient pas de cosmos ou du moins rien de foncièrement belliqueux chez certains de leur opposant, ils se contentaient de les mettre hors d’état de nuire. Ce spectacle macabre d’une déesse massacrant de sang-froid ce qu’elle avait si chèrement protégé jusqu’à ce jour plaisait a sied au dieu de la guerre qui n’en perdait pas une seconde. Quand cette démonstration morbide commença à le lasser, il rejoignit dès lors le champ de bataille pour se confronter à son insupportable sœur.

— Athéna, tu redeviens enfin celle que j’ai connue auparavant, celle que tu n’aurais jamais dut cesser d’être.

— Tu te montres enfin sur le champ de bataille sale lâche ou est-ce que m’observer massacré de la chair à canon a fini par te lasser !? Répondit Saori en vociférant à presque s’en faire exploser les cordes vocales. Le tout d’une voix pleine d’agressivité et de haine.

— Un peu des deux vais-je dire, mais surtout une ardente envie d’affronter celle que tu es enfin redevenue.

— Tu ne seras pas déçu ! Je vais te montrer lequel de nous deux est vraiment l’Olympien régnant sur la guerre et les champs de bataille !!!

Suite à ces mots, Niké, dont l’apparence ayant pris celle d’une lance, émit un sifflement strident en fendant l’air pour s’abattre sur le crâne d’Arès. Ce dernier esquiva l’offensive tandis que le sol s’entrouvrit là où le sceptre changé en lance s’abattit. L’Olympien esquissa un sourire satisfait et narquois et appela sa lance a lui. Il n’y avait désormais plus qu’un seul bruit qui résonnait avec fracas dans le Sanctuaire, celui des lances s’entrechoquant à chaque offensive, accompagnée par le heurt des cosmos des Olympiens se télescopant. Le duel opposant les dieux était d’une intensité incommensurable, mais Arès commençait à perdre pied au fur et à mesure qu’il se faisait dominer par les implacables assauts de sa sœur. Il finit d’ailleurs mis à terre par cette dernière.

— Voici le coup de grâce à présent !

L’Olympienne brandit sa lance en l’air et l’abattit en direction du corps de son frère pour l’abattre, mais ce fut toute autre chose qui atteignit Arès. Sans raison, Saori venait de se mettre à vomir du sang en grande quantité sans discontinuer jusqu’à ce que l’Olympienne s’écroule et finisse à plat ventre au sol. Les Saints furent prompts à réagir et emportèrent le corps de la déesse en retrait tandis que d’autre assurait leurs arrières en restant en première ligne pour tenir le blocus en respect.