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Game of Gods II - Héritage

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Le Lendemain, chacun prit le temps qu’il lui fallait pour réorganiser ses affaires avant de partir pour ce long périple dont le seul guide vers leur destination sera l’intuition de Delphes. Vers neuf heures du matin, ils quittèrent leur chambre et remirent la clé du local aux gérants de l’établissement en le remerciant encore une fois de les avoir accueillis jusqu’à présent.

— À présent, on s’en remet entièrement à toi Delphes, dit Alia avec sympathie.

— Vraiment… répondit-elle avec surprise. En fait…, je ne m’attendais pas à ça. Conclut Delphes quelque peu gênée.

— On t’a appuyé dans le choix de te suivre dans ton intuition, ne nous déçoit pas surtout, fit savoir Methis avec sa sympathie naturelle.

Delphes se concentra sur cette vision onirique quelques instants jusqu’à ce que son intuition lui indique une direction. La Saint du Dragon prit alors cette direction en surveillant du coin de l’œil si tout le monde la suivait. Quelques minutes plus tard, les Saints ainsi que la Pallasite et l’Animæ étaient en dehors de la ville, leur périple commençait véritablement.

— On les intercepte maintenant sans perdre de temps ?

— Ils sont encore trop proches d’un lieu de civilisation, cela est trop risqué.

— Je suis du même avis que notre sœur, prenons notre mal en patience.

— Tôt ou tard, ils finiront esseulés au milieu de cette nature ambiante.

— À ce moment, nous leur tomberons dessus.

***

Il faisait désormais nuit sur le Sanctuaire toujours soumis à un siège incassable qui commence à mettre le domaine sacré de plus en plus à mal. Le domaine de la déesse de la sagesse n’était éclairé qu’à la lueur des torches une fois le soir venu et les effectifs de patrouilles sont doublés la nuit à cet effet. Il ne fallait laisser aucune opportunité aux Berserkeurs de leur nuire plus qu’ils ne le faisaient déjà en l’occurrence. Saori avait fait ordonner que toutes les vivres du sanctuaire soient rassemblés en un unique endroit et utilisés avec modération et parcimonie. Elle avait au moins la quiétude de savoir que contrairement à leur vivre, leur unique point d’eau est inépuisable.

Plus pour très longtemps cependant, parce que parmi les ombres se déplaçait une silhouette avec vivacité. Son agilité féline et sa gracieuse discrétion en faisaient un des membres les plus redoutables constituant l’armée d’Arès. Évitant les lueurs des torches, esquivant chaque patrouille et se faufilant dans chaque recoin où règne l’obscurité pour se cacher. Cet intrus se promenait impunément dans le Sanctuaire sans éveiller le moindre soupçon. Il ne lui aura fallu que quelque instant pour franchir le blocus, pénétrer dans le Sanctuaire et atteindre sa cible. Celui-ci s’approcha sans un bruit prêt de l’unique puits fournissant les sujets de l’Olympienne en eau. Il tendit sa main au-dessus du point et fit naquirent une sphère cosmique aux reflets verdâtres hideux dans le creux de sa main. Après avoir esquissé sourire malsain, il laissa la sphère cosmique chuter dans l’eau où elle se dilua.

Le lendemain, la surprise fut de mise et les premiers effets ne se firent pas attendre. De nombreux résidants venus se servirent en eau furent empoissonné à peine après avoir ingurgité le liquide. À l’aube, le Sanctuaire croulait déjà sous les malades et les cadavres. Toutefois, le meilleur restait encore à venir, comme chaque jour, la première jarre de rempli était immédiatement emmenée dans les appartements où résidait l’Olympienne. En ce moment d’ailleurs, Saori est plongé dans ses réflexions et venait de se servir un verre d’eau pour étancher sa soif. Alors qu’elle portait le verre a ses lèvres, Pallas fit une entrée fracassante dans les appartements de son amie de toujours.

— Athéna ! Il ne faut pas que tu boives cette eau !!!

D’un geste vif de la main, la déesse de l’amour claqua celle de la déesse de la sagesse qui le lâcha tandis que son contenu se renversa sur sa poitrine, trempant sa robe à l’emplacement soutenant cette partie de son corps. Saori porta un regard froid et assassin dès lors sur Pallas, outragé par la réaction de cette dernière à son encontre.

— Pallas ! De quel droit as-tu osé pénétrer dans mes appartements et agir de la sorte ! Je suis trempé à présent !

— Mais… le puits a été empoissonné et je ne voulais pas que tu sois empoissonné comme tant d’autres le sont déjà, lui répondit-elle d’une voix confuse. Je te prie de bien vouloir m’excuser pour la façon dont j’ai pénétré dans tes appartements, conclut Pallas de façon solennelle et sincèrement désolée.

— Pallas, c’est à moi de m’excuser, je n’aurais pas dû m’emporter comme ça envers toi, lui demanda-t-elle sincèrement. Tu dis que le puits a été empoisonné, s’enquit alors Saori.

— Quelqu’un a pénétré nos murs et a versé un poison de nature inconnu dans l’eau qui n’en fut nullement affecté que ce soit : par la couleur, l’odeur ou le gout.

— Quelle horreur… encore un coup tordu d’Arès pour durcir un peu plus ce blocus qui nous accable. Nous pouvons tenir en espaçant les repas, mais sans eaux, ils nous tiennent à leur merci.

— Que pouvons-nous faire Athéna ? Je suis une déesse et pourtant je me sens si démunie et inutile dans cette situation qui s’éternise et ne cesse de s’aggraver. Cela m’affecte énormément.

— Ce que nous pouvons faire Pallas, c’est de nous rendre au chevet des malades pour leur apporter réconfort et miséricorde. Cela est même ce que nous nous devons faire.

Sur ces derniers mots, la déesse de la sagesse se saisit de son sceptre et se rendit au chevet des malades accompagnés de son amie de toujours. Une fois sur place, qu’elle ne fut pas l’horreur à laquelle elles sont contraintes d’assister avec impuissance. Malgré toute la puissance de leurs cosmos et leurs statuts de divinité, face à ce fléau, elles n’étaient rien. Tout ce que pouvaient faire Saori et Pallas était d’accorder leur bienveillance aux malades ainsi que la douce chaleur de leur cosmos pour tenter d’atténuer la douleur. Ou encore d’offrir les derniers sacrements aux mourants, en priant que leur agonie ne soit pas trop longue et douloureuse. L’effet pervers était qu’à chaque malade réconforté et à chaque mourant apaisé, cela brisait de plus en plus Pallas tandis que cela ne rendait Saori que plus froide et impitoyable.

***

Le périple du groupe dirigé par Delphes avait commencé il y a une semaine, il avait eu le loisir pendant ce temps de traverser forêts et autres routes de campagnes. Nombre de paysages splendides s’étaient offert à leurs yeux, mais ils n’avaient, cependant, pas le loisir de s’attarder pour admirer toute leur beauté. Si tous étaient concentrés sur leur objectif, plus ou moins tout au juste, la Saint du Dragon pour sa part semblait bien songeuse.

— À quoi penses-tu Delphes ? lui demanda Alia.

— Pardon ! Tu disais Alia ? lui répondit Delphes, de façon hagarde.

— Je te demandais à quoi tu pensais, réitéra la Saint de la Croix du Sud.

— Ah… rien de particulier, lui répondit la Saint du Dragon quelque peu mélancolique.

— Tu penses encore à ce qui est arrivé à ta mère n’est-ce pas, tout au moins à ce qui a pu lui arriver étant donné que nous n’étions pas là.

— Pas du tout ! Je te le jure !

— Delphes, moi aussi il m’arrive de resonger à ce moment, cette dernière fois où j’ai vu ma mère pour la dernière fois. Je n’ai même pas eu l’occasion de la serrer une dernière fois dans mes bras, alors je ne t’en voudrais pas si tu éprouves de la tristesse ou de l’incertitude au sujet de ta propre mère.

Le groupe continua son avancé au travers d’une forêt recouverte d’un épais manteau de neige qui crissait sous chacun de leur pas. Si certains également convenablement vêtu pour marcher dedans, d’autre comme Delphes ou Methis l’était beaucoup moins et Yuma pour sa part n’y prêtais nullement attention. Marcher à pied nu sur des longue distance, qu’importe la nature du sol ne le dérangeait guère.

— On dirait que vous êtes perdu, mes chers petits, demanda une voix.

— Qui a dit ça ? demanda Delphes.

— Vous ne tarderez pas à le savoir, répondit une seconde voix.

— Montrez-vous ! somma Alia.

— C’est qu’on a du répondant en plus, ajouta une troisième voix.

— Venez ! On va vous éclater ! s’exclama Methis.

— C’est ce que nous verrons bien, s’exprima une quatrième voix.

— Qu’est-ce que ! Je ne peux plus bouger ! hurla Terra sous le coup de la surprise.

L’Animæ fut horrifiée de découvrir qu’elle était prise dans la glace jusqu’aux genoux, mais elle n’était pas seul, ils étaient tous autant qu’ils sont, clouée sur place de la sorte. Ils avaient beau se débattre et se démener pour se délivrer de cette emprise glaciale, rien n’y fit. Les Berserkeurs firent alors leur apparition, confortant la prise de leur piège sur les malheureuses victimes, encerclé en plus d’être contraint à l’immobilité.

— Pour répondre à votre question, sachez que vous faites faces à la loge du Tigre Blanc obéissant à Dame Harmonie.

Les Berserkeurs constituant cette loge étaient exclusivement des femmes à l’apparence amazonienne fortement marquée chez chacune d’entre elles. À l’image de leur dirigeante, elles étaient des chasseresses redoutables et aguerries. Maintenant qu’elles avaient refermé leur piège sur le groupe, celui-ci n’avait guère d’espoir de pouvoir s’en sortir.

— Ce n’est pas la peine d’espérer pouvoir briser la glace qui étreint vos jambes, elle se consoliderait en se gorgeant de votre cosmos.

— N’espérez pas plus revêtir vos Cloth ou autres protections, la glace se rependrait sur vos corps dès lors de façon à l’empêcher de vous recouvrir.

— Autrement dit : vous êtes fait comme des rats !

Le groupe de Berserkeur jubilait d’extase d’avoir réussi une si belle prise là où la loge de l’Oiseau Vermillon avait misérablement échoué. Elles n’avaient plus qu’à recouvrir les Saints ainsi que la Pallasite et l’Animæ de glace de sorte qu’il ne puisse pas s’échapper et leur mission serait alors une réussite totale.

— C’est vous qui êtes fait comme des rats ! s’exclama une voix.

Une silhouette furtive jaillit dans arbre et atterrit avec fracas au milieu du groupe de fugitif, faisant éclater la glace sous la puissance du cosmos déployé lors de l’impact avec le sol. Elle dégaina son prestement épée par la suite et bondit sur la Berserkeur se trouvant face à elle. Un sifflement se fit entendre lorsque la lame pourfendit l’air en arc de cercle. La Berserkeur eut la présence d’esprit de se reculer, autrement elle aurait été décapitée sur place.

Les Berserkeurs brisèrent leur formation pour se réunirent auprès de leur sœur d’arme qui faillit passer de vie à trépas l’instant précédent. Chacune fut courroucée de cette intervention inopportune qui venait de réduire leur piège minutieusement préparé à néant.

— Qui es-tu saleté de Saint !?

— Je me nomme Medusa de Persée.

La Silver Saint portait un masque sur son visage, sa chevelure était d’un vert très épuré et chatoyant. Deux mèches encadraient son vissage en épousant la forme de ce dernier et descendaient jusqu’à ses clavicules où elles se recourbaient vers l’intérieur. Le reste de sa chevelure convergeait vers l’arrière de son crâne où se formait une tresse à hauteur de sa nuque qui descendait jusqu’à son bassin. Cela n’était pas visible au premier coup d’œil, mais un tatouage de serpent entourait l’intégralité de son bras gauche en spirale.

— Partez ! Immédiatement ! Je me charge d’elles ! Fit savoir la Silver Saint avec autorité.

Aucun d’entre eux ne protesta et ils quittèrent le lieu au plus vite comme leur avait sommé leur sœur d’arme. La Saint de Persée faisait désormais face à sept Berserkeur, mais il lui faudrait bien plus que ça pour l’effrayer. Ce n’était pas la bravoure qu’il lui manquait, bien qu’affronter sept ennemis à la fois relève d’une certaine folie. Enragée par le cran de la Silver Saint, une des Berserkeur se détacha du groupe de ses sœurs et l’apostropha avec violence.

— Moi ! Yuu de Lou vais te faire payer ton affront envers notre caste et dame Harmonie !

La Berserkeur de Lou était pourvue d’une cuirasse représentant sans ambiguïté un Alligator. L’apparence de sa protection était déjà en soi agressive au regard et pourvue de griffes rétractiles aux poings et aux pieds dont l’usage ne faisait aucun doute.

— Approche si tu l’oses ! lui déclama la Medusa avec défiance.

— À moi mes sœurs ! On va lui apprendre que le gibier ne doit pas tenter le chasseur !

La Berserkeur de Lou bondit sur Medusa, accompagné par ses sœurs d’armes dans son offensive. Cependant, la Saint de Persée les tenait en respect grâce à son épée qu’elle maniait avec une grande dextérité. Elle était seule tandis qu’elles étaient sept et malgré cela, elles n’arrivaient à prendre l’ascendant sur cette mystérieuse Saint masquée.
Les coups d’épée fusaient pour briser leur formation et elle se servait par la suite du plat de la lame pour parer les offensives. Elle faisait également usage de ses jambes et de ses bras comme dernier rempart. Cependant, la fatigue finit par se faire ressentir dans le corps de la Silver Saint qui tenait en échecs les Berserkeurs depuis une heure et trente minutes.

— Il était utopique de croire que tu pourrais nous affronter toutes les sept en même temps et espérer en ressortir vivant.

— Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir dit-on.

— Saleté de Saint ! Je vais t’en foutre moi de l’espoir !

Les six autres Berserkeurs se dispersèrent autour de la Silver Saint afin de l’acculer sous tous les angles. Chacune lui fonça dessus dans l’espoir de la saisir afin de l’immobiliser pour que Yuu puisse lui porter le coup de grâce. Médusa resta d’un calme olympien face à cette énième tentative de capture des Berserkeurs, bien que la fatigue était bien présente, elle ne pourrait plus endurer ce rythme encore très longtemps. En se reposant exclusivement sur son sens de l’ouïe, elle parvient à esquiver une à une les Berserkeur en anticipant leur mouvement.

— Je vais te crever !!!

Au son de la voix de la Berserkeur Lou, la Saint de Persée s’immobilisa pour la laisser s’approcher et se déporta latéralement au dernier moment pour l’esquiver. Yuu retomba pour sa part à genoux avec les deux mains cramponnées à la gorge tandis que la neige se maculait d’un rouge profond. Médusa avait profité de l’impulsivité colérique de son opposante pour lui trancher la gorge à l’insu de cette dernière qui se vidait à présent de son sang.

Le corps exsangue de Yuu s’étala de tout son long dans la neige, elle avait pêché par excès de zèle et en payaient les conséquences à présent. À la vue du cadavre de leur sœur d’arme, les autres se rassemblèrent et décidèrent à l’unanimité de battre en retraite avant d’essuyer un troisième affront. Pour sa part, la Saint de Persée rangea son épée dans son dos et s’en alla en se ménageant. Elle ne se doutait pas qu’un ennemi était toujours présent en ce lieu et s’apprêtait à l’attaquer traitreusement dans le dos.

Quand Medusa s’en rendit compte et se retourna pour faire face, il était déjà trop tard. À quelques pas d’elle se trouvait une torche humaine poussant des cris de douleur suppliciée. Ce spectacle horrifiant dura plusieurs instants avant que les flammes ne se dissipent et qu’un corps méconnaissable s’écroule dans la neige. Il était à présent impossible de deviner que ce qui recouvrait son corps était une cuirasse représentant un Morse indiquant qu’il s’agissait d’Euphonie de Shen.

— Ils crament toujours aussi bien ces enfoirés, s’énonça Kazuma d’une voix enthousiaste suite à sa dernière action.

— Tu es le Saint du Phoenix si je ne me trompe pas, puis-je savoir quel est ton nom.

— Je me nomme Kazuma et toi donc ?

— Médusa de Persée et je dois te remercier, tu m’as probablement sauvé la vie.

— Pfff… fit-il avec détachement. Ce n’est rien, si tu me disais plutôt pourquoi tu portes un masque ? Ma sœur, ça la rendrait dingue de devoir le faire.

— Si je porte ce masque, c’est par choix et non par contrainte.

— Et quel choix si je peux me permettre ?

— Par la simple et bonne raison que si j’ôte ce masque, tous ceux que je regarde sont changés en statue de pierre. Comme l’indique le nom que je porte, mon regard est maudit et ce masque que j’ai reçu des mains de la déesse Athéna est une protection inestimable pour moi ainsi que pour autrui…mais tu as dit que tu as une sœur qui n’en porte pas, qui est-elle ?

— Ma sœur… c’est Alia de la Croix du Sud, une vraie petite emmerdeuse arrogante. Peut-être que…

— La Croix du Sud dis-tu ! fit-elle en haussant le ton brusquement. Je l’ai secouru ainsi que son groupe un peu plutôt ! Je te prie également de bien vouloir m’excuser de t’avoir coupé la parole.

— T’aurais mieux fait de la laisser se démerder seule, rétorqua Kazuma de but en blanc.

— Ne dit pas ça Kazuma, je suis sûre que tu ne le penses pas et que tu serais même le premier à lui porter assistance s’il devait lui arriver malheur.

— Ouai… c’est pas faux. Dans les faits : c’est plutôt elle qui n’a pas voulu de moi, en même temps je n’aurais peut-être pas dû lui péter le nez non plus ce jour-là, mais elle l’avait bien cherché aussi il faut dire.

— Il faut que tu saches que j’avais deux sœurs ainées dont j’ai été séparé par la force des choses. Pourtant s’il devait leur arriver du mal, je serais la première à tout mettre en œuvre pour les aider, enfin… si seulement je pouvais les retrouver cependant.

La Saint de Persée s’était exprimée à cœur ouvert avec le Saint du Phoenix qui ne fut pas insensible à ses paroles. Il ne demandait qu’à faire partie de la vie de la Saint de la Croix du Sud. Chacune des tentatives de Kazuma était, cependant, à chaque fois repoussée avec violence par Alia qui ne le considérait pas comme son frère, mais comme une aberration au vu de ce qu’il est. Un élément perturbateur qui cherche à briser sa famille dont il ne faisait pas partie et ne fera jamais partie à ses yeux.

Tandis que Médusa s’entretenait avec Kazuma, le groupe d’Alia avait couru à toutes jambes sans discontinuer jusqu’à présent pour égarer les Berserkeurs à leur poursuite. Paisiblement installé sur un flanc de montagne, chacun reprenait son souffle afin de retrouver un rythme cardiaque ordinaire et faire baisser leur taux d’adrénaline.

— Nous n’y avons plus pensé dans notre fuite, mais est-ce que nous nous dirigeons toujours dans la direction de ton intuition Delphes ? s’informa Alia

— Si mon intuition se révèle exacte, nous ne devions plus tarder à arriver.

— Aller bande de feignasse ! On se reposera une fois arrivera sur place ! fit Methis avec enthousiasme.

Les filles se relevèrent et reprirent leur marche en dépit de leur fatigue, néanmoins, les garçons ne les suivirent pas cette fois-ci. Ce qui intrigua d’ailleurs Alia et Methis qui se retournèrent pour savoir ce qu’ils manigançaient. Ce qu’elles aperçurent les stupéfia. Alec venait d’assener un coup de coude dans le ventre de Delphes qui chuta à genoux et ensuite il enchaina en assénant un coup de poing dans le visage de Terra. Cette dernière se laissa par contre volontairement tomber à genoux et porta ses mains au visage et commença à nouveau à pleurer.

La Saint de la Croix du Sud et la Pallasite n’auront pas le loisir de le remettre à sa place. Yuma se plaça dans leur dos et saisit les demi-déesses par la chevelure à l’arrière de leur crâne qu’il frappa avec une violence inouïe l’un contre l’autre pour les assommer. Il n’y avait pas trente-six explications à leur acte, cela était une mutinerie pour prendre le pouvoir dans le groupe.

— Votre dictature s’arrête ici saleté de divine ! fit Yuma avec autorité.

— Alec ! Yuma ! Qu’est-ce que vous prend !? leur demanda Delphes consterné par leur comportement, en tachant de réconforter Terra pour qu’elle cesse de pleurer.

— Mêle-toi de ce qui te regarde l’accident ! répondit Alec.

L’unité qui les liait ensemble s’effritait de plus en plus et menaçait de s’effondrer à tout moment. Or, s’ils voulaient pouvoir faire face à Arès et ses armées de Berserkeurs, ils devaient impérativement être unis envers et contre tout dans l’adversité. Leurs querelles ne devaient prendre l’ascendant sur l’esprit de groupe, mais cette fois-ci, malgré toute sa bonne volonté, Alia allait leur rendre la monnaie de leur pièce.

La Saint de la Croix du Sud faucha les jambes du Saint de l’Ours qui chuta à la renverse. Aussitôt elle le retourna à plat ventre contre le sol dans la neige et assis tout le poids de son corps sur son dos en lui tordant le bras avec force et tant pis si elle lui brisait dans la manœuvre. Methis se releva d’un bond pour sa part et asséna un terrible crochet du droit dans le visage d’Alec qui le fit s’étaler par terre. La Pallasite se laissa volontairement tomber de tout son poids sur le Saint de l’Hydre et brandit son poing en l’air pour l’abattre en pleine figure.

— Espèce d’enfoiré ! Comment oses-tu ! Terra ne mérites pas d’avoir un …

Methis se ravisa dans sa parole au dernier moment tandis que son poing s’arrêta à ras du visage d’Alec. Ce n’était pas à elle de lui apprendre et Terra regardait déjà cette scène avec des yeux emplis de terreur. La Pallasite ne voulait pas ajouter plus de souffrance à l’Animæ qu’elle n’en endurait à l’instant.

— Pauvre type ! s’exclama-t-elle en se relevant.

La Pallasite repris sa marche au côté de l’Animæ tandis que la Saint de la Croix du Sud cessa son étreinte sur le Saint de l’Ours et fit de même au côté de la Saint du Dragon. Chacun d’entre eux était à présent calmé de gré ou de force et poursuivit leur périple s’en plus adresser le moindre mot à l’autre. En début de soirée, ils trouvèrent un monastère perché dans cette vaste et immense chaine montagneuse. Ils décidèrent d’y faire escale en implorant la congrégation y vivant de bien vouloir leur offrir l’hospitalité.

N’ayant que très peu de visiteurs en général, ils acceptèrent d’accéder à leur requête et les firent entrer dans leur domaine. Un moine se chargea de leur faire brièvement découvrir le monastère, mais ressentit qu’il régnait une certaine animosité au sein même de ce groupe. Sentant cette tension bien palpable, il mit trois chambres à leur disposition. La façon dont ils se repartirent se passe d’ailleurs de commentaire étant donné qu’elle est évidente.

La première chose que fit chacun fut de s’étaler confortablement dans un lit afin de prendre un repos bien mérité après une semaine de marche sans véritable arrêt depuis qu’il avait quitté la ville où il avait résidé durant un mois. S’ils pouvaient jouir d’un sommeil réparateur, ce n’était pas le cas de Delphes qui une fois de plus était en proie à de terribles terreurs nocturnes qui la réveillèrent à court terme en sursaut. Vu sa fatigue, cela ne réveilla pas Alia qui dormait toujours du sommeil du juste.

Il était aux alentours de minuit d’après les horloges du monastère. Ne parvenant pas à retrouver un sommeil qui risquerait d’être à nouveau jalonné de cauchemar. La Saint du Dragon décida de se relever et parcourut le monastère empli par la quiétude et la sérénité du silence de la nuit. Au gré de ses pérégrinations, elle arriva dans une immense pièce richement décorée en comparaison des autres salles du lieu. Cette pièce était parcourue de colonne d’influence grecque au vu de leur architecture. Le sol était recouvert de dalles aux divers motifs qui s’imbriquaient parfaitement avec les autres pour donner naissance à un gigantesque amalgame de motif harmonieux vu d’en haut. Et au centre de la pièce se trouvait une gigantesque statue et serties de moult pierres et métaux précieux de part et d'autre.

Au pied de cette dernière se trouvait le moine qui les avait accueillis. Il était apparemment en pleine méditation, à moins qu’il ne s’agisse d’une prière. Delphes se rapprocha du moine et s’installa sur le coussin présent à côté de lui. Elle prit le temps de lever la tête et d’admirer plus en détaille la statue. Elle ressentait d’ailleurs une forme de malaise à force de la détailler. La Saint du Dragon ne serait dire le pourquoi, mais elle ressent une puissante sueur froide lui vriller toute la colonne vertébrale qui la faisait frissonner d’ailleurs.

— Tu te demandes qui est-elle ?

— Pourriez-vous m’éclairer sur son identité ?

— Bien sûr mon enfant. Cette statue représente une femme qui est naquit et grandit ici il y a de cela jadis. Sa force spirituelle était-elle qu’elle pouvait entrouvrir le sol et déchirer le ciel. De ce temps-là, de nombreuses guerres ravageaient cette région et ne cessaient de faire d’innocentes victimes. Un jour elle décida de se rendre seule sur le champ de bataille et elle réduit à néant les armées des envahisseurs, armée de cette seule force spirituelle.

— Ce récit ressemble presque point par point à la description des Saints de la déesse Athéna.

— Cette femme que nous idolâtrons depuis ce jour en était une par ailleurs.

Cette révélation de la part du moine laissa Delphes bouche bée, mais tenta néanmoins de laisser transparaitre sa surprise le moins possible. Elle prit le temps de s’entretenir de choses et d’autres avec le moine jusqu'à une heure tardive de la soirée au point qu’il en fut tôt. Ce fut dans cette même chaine montagneuse que s’étaient réunis les cinq Berserkeur encore en vie après leur mise en déroute plutôt dans la journée. À l'heure venue du rapport, la tension face à un supérieur hiérarchique était palpable.

— Où est cette bande de sale morveux qui a fui de Grèce ?

Chacune craignait la colère de celle se trouvant face à elle et les retombé allant de pair avec. L’une d’entre elles inspira profondément et ensuite se releva pour s’approcher et prendre la parole sur un timbre de voix calme pour tenter de tempérer la situation.

— Je suis au regret de vous annoncer qu’il y a eu un impair durant notre intervention.

— Comment cela !?

— Nous les avions pris au piège comme prévu, mais une intervention imprévue de la part d’une Silver Saint mit en échec le plan et deux d’entre nous y ont laissé la vie.

— De quel Silver Saint s’agissait-il ?

— Elle se prénomme : Médusa, Silver Saint de la constellation de Persée

— Comment !!!

L’éclat de voix soudain de leur supérieur hiérarchique surprit les cinq Berserkeur, celle s’étant désignée pour parler préféra même se reculer et reprendre sa place initiale parmi ses sœurs. Cette dernière information venait de considérablement courroucer la Berserkeurs se tenant face à elles pour une raison qu’elles ignoraient.

— Ma sœur cadette se trouve dans cette région ! Et vous n’avez pas cru bon m’en informer dès son irruption sur le champ de bataille !?

— Comment aurions-nous pu imaginer qu’il s’agissait de votre soeu…

— SILENCE !!! hurla-t-elle en coupant la parole à son interlocutrice. Bande d’incapables ! Je vous somme d’aller la traquer prestement et de m’indiquer sa position dès que vous l’aurez localisé ! Exécution !!!

— Il en sera fait selon vos souhaits Madame.