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Game of Gods II - Héritage

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Le soleil se couchait à l’horizon tandis que la luminosité déclinait peu à peu sur l’ile de crêtes. Reculé à l’intérieur des terres et fortement ancrée dans le sol à une position stratégique se tenait un imposant et vaste domaine. À en juger par ce qui s’y trouvait de l’autre côté de ses colossaux murs, il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait de la place forte où résidaient Arès et ses troupes. Une forteresse imprenable dont l’existence remonte au temps jadis de la mythologie. Un lieu où seule règne la violence et la cruauté où s’écoule le sang en abondance extravagante et indécente.

Au sommet de ce puissant édifice se déroulait une discussion en hauts lieux avec entre les responsables des différentes légions de l’armée du dieu de la guerre violente. Trois silhouettes se détachèrent aisément de la pénombre à la lumière des torches accrochées aux murs éclairant la pièce. Les formes généreuses et attirantes de l’une d’elles ne laissaient aucun doute sur le genre du nom la désignant.

— On dirait bien qu’ils ont réussi à s’enfuir, s’exprima une voix qui malgré sa neutralité trahissait une certaine forme de réprimande.

— Et nous n’avons aucune information de l’endroit où ils se dirigent, c’est fâcheux, ajouta un second intervenant à la suite avec un mépris sarcastique.

— Phobos, Deimos, mes chers frères, pourquoi vous inquiétez-vous donc à ce point pour ces petits merdeux ?

— Harmonie, ma tendre sœur, aurais-tu déjà oublié qui sont leurs parents ? lui rappela Phobos avec prudence.

— Anteros a disparu avec la romaine dans une explosion que vous avez surement du apercevoir là ou vous aviez posé vos divines miches je présume ? Harmone dégrappa quelques raisins qu’elle laissa ensuite rouler de sa main afin qu’il termine leur chute dans sa bouche. Après une mastication très distinguée, elle reprit la parole avec éloquence. Concernant la Gold Saint, Integra des Gémeaux, elle n’est plus un problème désormais, conclut-elle avec un certain mépris.

— Ta façon désinvolte de voir les choses pourrait se retourner contre nous tôt ou tard, en es-tu consciente ?

— Vous me prenez vraiment pour une incapable j’ai l’impression et cela commence… à m’agacer ! Ces quatre Saints ainsi que la Pallasite et l’Animæ n’iront pas très loin, soyez-en sûr ! Ils sont, au moment où je vous parle, pris en chasse par la loge du Tigre Blanc. Est-ce ce que le message est clair ou dois-je vous rappeler la fonction de cette loge ?

Le dieu de la peur et le dieu de la terreur n’ajoutèrent rien à la suite du discours de leur estimée déesse de sœur. Pour sa part, elle se contenta de se saisir de sa coupe et s’abreuva avec plaisir de l’ambroisie qu’il contenait. Elle en était persuadée, où qu’il fuit, où qu’il se terre, sa loge les retrouverait et se chargerait de régler ce problème mineur de façon irrémédiable.

***

L’avion emprunté par le groupe à Athènes en Grèce venait de se poser au sol après plusieurs longues heures de vol. Alia et son groupe se retrouvaient à présent quelque part sur le territoire tibétain. Chacun d’entre eux, avaient profité du calme de l’avion pour changer de tenu afin pouvoir revêtir sa tenue civile pour passer le plus inaperçu possible.

*

La tenue de Delphes consistait en une robe similaire à celle portée par Saori, si on excepte une ouverture au niveau des jambes qui laissent entrevoir celles-ci. Elle est également vêtue de sandale de cuir aux pieds et de bandage sur la moitié inférieur du tibia. La Saint du Dragon porte également un bracelet d’or qui recouvre intégralement ses poignets.

Alec pour sa part était vêtu d’un simple sweet-shirt bleu sans manche ainsi que d’un jeans noir et d’une paire basket tandis que Yuma pour sa part se contente d’un simple pantalon marron et préfère se déplacer pied et torse nu.

Methis, à l’image de sa mère et de sa marraine, était aussi vêtu d’une tenue reflétant ses origines grecques antiques. Cela consistait en un habit recouvrant sa poitrine en passant par-dessous ses aisselles et descendant jusqu’à mi-cuisse ou cela formait une jupe. Sa poitrine était d’ailleurs maintenue et encerclée par un corsage métallique constitué d’or. Son sternum et ses épaules étaient par contre à découvert et elle portait des sandales et des bandages de cuirs à ses pieds et à ses tibias tout comme Delphes.

Concernant Terra, sa tenue était modeste et se limitait à un sweet-shirt noir à manche courte et rouge avec capuche. Elle porte également une jupe bleue et de longues bottes lui remontant jusqu’aux genoux qui sont également rouges.

*

Chacun ignorait que faire à présent, surtout qu’ils ne connaissaient rien au monde extérieur et encore moins dans un lieu aussi loin du Sanctuaire. La Saint de la Croix du Sud tenta bien de prendre les devants en essayant de conserver un semblant de cohésion dans le groupe qu’ils forment au grand déplaisir de chacun.

Alec et Yuma envoyèrent Alia se faire voir en lui souhaitant que les Bersekeur lui fassent sa fête et Methis pour sa part se contenta juste d’ignorer tout ce beau monde en ne faisant que ce qui lui chanterait selon son bon vouloir. Delphes et Terra se joignirent à l’idée d’Alia, mais furent très vite rabroués par les trois dissidents.

La Saint de la Croix du Sud essayait réellement de faire au mieux pour l’intérêt général du groupe, mais cela était cause perdue. Le Saint de l’Hydre et le Saint de l’Ours partirent de leur côté sans demander leur reste tandis que la Pallasite emmena de force l’Anima avec elle dans son escapade.

— Ils m’énervent tous autant qu’ils sont ! s’écria Alia.

— Calme-toi Alia, lui demande posément Delphes. Ça ne sert à rien de t’énerver, en plus, nous devons rester discrets.

— Tu as raisons Delphes, nous ferions mieux de nous trouver un point de chute pour le temps que nous allons rester ici.

— Combien de temps escomptes-tu rester ici ?

— Le moins possible ! Ça me rend malade de savoir que nous sommes actuellement impuissants face au Beserkeurs. Au point que nous avons dû fuir jusqu’ici en abandonnant tout derrière nous : nos parents, comme notre foyer.

Les deux Saints continuèrent leurs avancés ensemble, mais Alia n’en décolérait pas pour autant à l’idée que chacun préférait se focaliser sur leur différent plutôt que sur la communauté qu’il formait désormais. Au gré de leur pérégrination dans les allées et autres rues de la ville où ils se trouvaient, les deux Saints trouvèrent un endroit de résidence au sein d’un hôtel qui accepta fort heureusement leur argent sans trop de discussion.

Alia et Delphes tapèrent leur Pandora-box dans un coin de la pièce et puis s’affalèrent chacune sur un lit et essayèrent un tant soit peu de trouver un peu de repos. Une heure plus tard, elles concédèrent à se relever et à repartir en vadrouille dans la ville si elles voulaient avoir quelque chose à se mettre sous la dent ce soir. Malgré toutes leurs bonnes volontés et leurs efforts, aucun vendeur n’accepta de prendre leur argent, ce faisant, Alia et Delphes rentrèrent bredouille à leur hôtel avec le ventre gargouillant d’insatisfaction.

En entrant dans leur chambre, les deux Saints eurent une surprise qui n’était ni plaisante, ni déplaisante pour autant, mais plutôt nuancé. La Pallasite et l’Animæ satisfaisaient leur appétit sans retenue, elles avaient ramené avec elles de nombreuses quantités de victuailles.

— Vous êtes revenu ? leur demanda Alia, surprise de les revoir.

— Nous n’avions nullement l’idée de vous abandonner, mais j’avais besoin de me changer les idées après tout ce qui s’est passé quelques heures plutôt en Grèce, répondit Methis.

— Et où avez-vous trouvé toute cette nourriture ? demanda Delphes, intrigué de la façon dont elle a été obtenue.

— Et bien… nous les avons… comme qui dirait… enfin… Terra bafouillait à chacun de ses mots, quelque peu honteuse de ce à quoi elle a activement participé.

— Fe que veut dire Terra… f’est qu’on les a volés à un fommerçant pour faire fimple. Trêve de discussion, fenez plutôt bouffer avec nous au lieu de nous regarder, conclut Methis en parlant la bouche pleine.

Sans se faire prier, Alia et Delphes s’installèrent aux côtés de Methis et Terra et satisfirent immédiatement les supplications de leur estomac. Une fois le ventre rempli et éreinté de leur journée, ajouté au décalage horaire qu’ils ont subi. Tout le monde voulu aller s’allonger pour se reposer, fort heureusement que la chambre comptait deux lits pour deux personnes. Tard dans la nuit, n’ayant ni moyens de se nourrir, ni de se loger, les garçons n’eurent d’autres choix que de faire profil bas et de revenir vers le groupe.

— Les derniers arrivés sont les derniers servis ! fit savoir Alia avec ses grands airs inquisiteurs.

— Vous dormirez dans le fauteuil, à moins que vous ne préfériez dormir par terre, rétorqua Methis à la suite.

— Et de quel droit puis-je savoir !? s’exclama Alec, agacé par le comportement des demi-déesses

— Alia et Delphes ont trouvé et payé cette chambre, tandis que Terra et moi-même avons dépouillé un marchand pour nous nourrir, Methis leur envoya cet état de fait dans la figure sans délicatesse. Vous avez fait quoi pour le groupe depuis que nous sommes arrivés ici hormis vous la couler douce ? Exactement que dal ! Alors, vous dormirez sur le canapé !!! Déclama la Pallasite avec la diplomatie d’un panzer.

Malgré leur indignation face à ce qu’il percevait comme une injustice ou plutôt l’essor de déesse castratrice en devenir. Le Saint l’Hydre et le Saint de l’Ours se résignèrent à dormir sur le canapé comme ils le purent. Le lendemain, ils furent mis à contribution comme les autres. Delphes et Terra s’occupaient des taches ménagèrent tandis qu’Alia et Methis se chargeaient d’effectuer des menus travaux en ville pour obtenir de quoi subvenir pour ne pas recourir au vol à chaque fois. Alec et Yuma furent pour leur part relégués aux tâches les plus ingrates qui restaient.

Durant un mois, ils vécurent donc ainsi, au jour le jour, sans savoir de quoi sera fait le lendemain. Chacun tentait de ne pas penser ce qui pouvait bien se passer au Sanctuaire et de façons plus globales en Europe. La cruauté dont sont capables les responsables dirigeant les quatre légions d’Arès provoque chez eux un profond effroi. Savoir qu’ils sont les seuls survivants de la Palestre, que tous leurs frères et sœurs d’armes en formation comme eux ont été abattus de sang-froid ne leur inspiraient rien d’autre que de la tristesse pour les uns et de la colère pour les autres.

Ils sont par contre loin de se douter qu’ils sont épiés depuis peu par ceux qu’ils fuient. Après de nombreux actes de violence à l’encontre de civil et heures d’investigations, les Berserkeurs de la loge du tigre blanc avaient retrouvé leurs traces. Ils n’attendaient désormais plus que le moment propice pour agir. Cela faisait à présent un mois qu’Alia et son groupe vivaient de la sorte dans cette ville tibétaine. Tout allait pour le mieux, si on exceptait le fait que Delphes était en proie à des terreurs nocturnes depuis leur arrivée. Depuis sa plus tendre enfance, elle a toujours été préposée aux cauchemars, mais cette tendance est plutôt cyclique. Cependant, ils surviennent également quand la Saint du Dragon est soumise à un grand stress.

Au sein de cet océan de terreur diverse et variée exprimé par son subconscient s’exprimait peu à peu son don de divination qu’elle tient de par sa mère. Si les cauchemars se suivaient, mais ne se ressemblaient pas. La vision très claire et nette d’un temple se précisait chaque nuit dans ses songes.

— Delphes, est-ce que tu te sens bien ?

— Oui, parfaitement, ne te fais pas d’inquiétude à mon sujet Terra, c’est juste que j’ai des nuits mouvementées.

— C’est-à-dire ? Des cauchemars ?

— Entre autres, mais pas que, j’ai une vision très précise d’un temple chaque nuit, comme s’il s’agissait d’un flash prémonitoire. C’était comme ce songe onirique persistant voulait m’indiquer notre prochaine étape.

— En as-tu parlé à Alia et Methis ?

— Elle se démène assez ainsi de la journée pour essayer de nous nourrir tous autant que nous sommes. Elles sont éreintées le soir venu et je n’ai pas envie de les importuner avec quelque chose qui n’est même pas fondé et peut-être erroné.

— Nous n’allons tout de même pas vivre de cette manière le reste de nos jours, touche en un mot ce soir quand on sera tous réunis. Qui ne tente rien n’a rien après tous.

La journée continua son court tandis que la Saint du Dragon ne cessa de son côté d’imaginer la façon dont elle pourrait bien aborder la chose. Son intuition ne se reposait sur strictement rien de fondé sur ce n’est une vision onirique persistance. Comme lui avait suggéré l’Animæ, qui ne tente rien, n’a rien après tout. Delphes se contenta donc d’attendre simplement le soir. Après soupé on ne peut plus modeste comme chaque soir depuis un mois, elle décida de prendre la parole.

— J’aimerais avoir votre attention à tous pour vous parler d’une chose relativement spécial.

— Quelle est-elle ? s’enquit Alia.

— Je ne sais pas comment aborder la chose, alors je vais aller à l’essentielle en espérant être clair dans mes informations.

— Cela ne m’augure rien de bon, répondit Methis, s’attendant au pire.

— Depuis plus ou moins quinze jours, en dehors de mes terreurs nocturnes se produisant de temps autres, j’ai un rêve, si toutefois, je peux appeler ça ainsi qui revient sans cesse. Dans ce songe qui se produit chaque nuit, j’ai une vision très claire et nette d’un temple d’aspect antique qui semble m’appeler à lui.

— Si chaque rêve était un fait établi, on est mal barré, répondit Alec d’une voix empreinte de sarcasme et de cynisme.

— La ferme Alec ! lui rétorqua sèchement la Saint de la Croix du Sud. Integra et marraine Paradox peuvent prévoir l’avenir, concernant Delphes, elle m’a fait la confidence que son don est encore latent.

— Au vu de ce qu’elle nous fait part ce soir, tu penses que son don divinatoire est en train de s’affirmer chez Delphes, lui demanda la Pallasite, quelque peu intrigué.

— Effectivement Methis, c’est ce que je pense. Je pense également que nous devrions accorder plus de confiance a Delphes et ce fiez a son intuition.

— Après tout, nous sommes coincés pour l’instant alors qu’avons-nous à perdre ? Nous devrions aussi envisager à nous déplacer étant donné que cela fait un mois que nous résidons ici, répondit Terra en intervenant dans la discussion.

— Pour une fois que la pleurnicharde dis quelque chose de pertinent, je suis pour que l’on se fie à l’intuition de Delphes, répondit Yuma avec tout autant de cynisme.

— Et mon poing dans la gueule, tu le veux également Yuma ? lui demanda Methis, sur le ton de la mise en garde.

Une fois de plus la discussion tourna à la foire d’empoigne entre les méconsidérations méprisantes des uns et les réactions aux quarts des autres. Ce fut une fois de plus à Delphes et Terra de jouer les diplomates pour tenter d’atténuer les tensions. Ils s’apprêtaient à effectuer un long voyage, autant que celui-ci se passe pour le mieux et non dans une discorde qui les desservirait. Dans l’ombre de la nuit, une personne se réjouissait de ce qu’elle avait entendu sans en manquer une bribe.

— Quelle excellente nouvelle que voilà le lendemain nous promet une partie de chasse excitante.