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Game of Gods II - Héritage

Chapter Text

L’aube commence à profiler peu à peu au fur et à mesure que les rayons du soleil surgissent de l’horizon par-dessus la cime des montagnes qui entoure le domaine sacré de la déesse Athéna. Cette nouvelle journée qui commençait promettait déjà d’être riche en évènements vu ce qu’il se prépare à la Palestre.

Pour l’occasion d’ailleurs, Alia du se lever en même temps que l’astre solaire pour avoir le temps de réaliser tout ce qu’elle avait à faire en temps et en heure. Elle commença par aller réaliser rapidement un brin de toilette et pris un certain temps pour se brosser les cheveux. Elle prend un soin très particulier de sa chevelure. Fière de savoir qui sont ses parents et ses grands-parents, elle ne manque pas une occasion de le faire remarquer. Après avoir fini de s’occuper de son hygiène personnelle, la jeune Saint de la Croix du Sud enfila son uniforme de la Palestre et se saisit par la suite de la lanière de cuir de sa Pandora-Box comme on se saisirait de la lanière d’un cartable.

D'ailleurs, Alia mit cette dernière sur son dos comme s’il s’agissait d’un cartable et s’en alla après être passé auprès de ses parents qu’elle ne verra plus avant la fin de la semaine. En traversant les appartements privés du huitième temple du zodiaque, elle put avoir une superbe vue sur son présumé frère en train de se la couler douce dans le fauteuil.

— T’es plutôt mignonne en uniforme, fit-il pour la chambrer.

— Qu’est-ce que tu fous encore là toi ? lui rétorqua-t-elle d’une voix cinglante.

— Je suis chez moi aussi, fit-il remarquer avec justesse.

— Les cours à la Palestre, ça te dit rien ? demanda-t-elle avec mépris.

— Pff… fit-il en soupirant tout en se relevant. Je laisse ce genre de truc pour mon adorable petite sœur. Conclua-t-il lui ébouriffant sa chevelure en frottant sa main dans ses flamboyants cheveux roux.

Alia le repoussa en arrière sans délicatesse en poussant un grognement d’insatisfaction. Surtout après tout le temps qu’elle avait passé devant le miroir pour se coiffer. C’est d’ailleurs un trait de caractère qu’elle avait hérité de Sonia.

— Me touche pas ! Et d'abord, t’es pas mon frère !!! Répondit Alia avec agressivité.

— Ne commencez pas à vous chamailler ! Demanda Sonia en faisant retentir sa voix dans le temple.

— T’as mère le fait déjà assez ains… aïe ! Le bruit d’une baffe claqua en même temps que la complainte de Soma

— Oui M’man et P’pa

Sur ces derniers mots, la Saint de la Croix du Sud quitta le temple du Scorpion pour arriver à celui du Bélier un quart d’heure plus tard. Elle a pour habitude de perdre à chaque fois un peu de temps en chemin pour discuter avec sa marraine, mais aujourd’hui elle n’avait pas le temps. C’est à présent accompagné de son amie Delphes, l’arcade sourcilière refermée de plusieurs points de suture. Elle était également en uniforme de la Palestre et apprêté pour une nouvelle semaine que toutes deux traversèrent le premier temple zodiacale.

Le Gold Saint de faction protégeant ce temple s’y tenait et observais les aller et venu de tout un chacun passant par son temple. D’habitude, les deux jeunes ne font que passer devant elles en lui adressant un bonjour de la tête. Mais pas aujourd’hui pour une raison simple.

— Salut Raki, lança Alia avec son air enjoué habituel.

— Bonjour vous deux, vous vous rendez de bonheur à la Palestre aujourd’hui d’après ce que je vois, leur répondit amicalement la Gold Saint du Bélier.

— Au vu de ce qui est prévu cette semaine, est-ce que tu pourrais vite faire une vérification de nos Cloth ? lui demanda gentiment Alia.

— Bien entendu, posez vos Pandora-Box et je me charge de la suite avec mon apprentie, dit-elle avant de se tourner dans la direction de ses appartements privés. Aurore ! J’ai besoin de toi ! cria-t-elle afin d’interpeller l’attention de son apprentie surement toujours en train de rêvasser.

Du fond du couloir menant aux appartements privés du temple surgi une jeune femme de la pénombre de l’aube. Au premier coup d’œil, on pouvait lui donner une vingtaine d’années ou du moins au minimum une dix huitaines. Sa chevelure était mi-longue et blonde comme le blé tandis que ses yeux étaient d’un noir profond, trop peut-être. Son front était marqué par le signe distinctif du peuple de Jamir. Elle portait également une brassière en or massif enchâssé d’un rubis au bras gauche tandis qu’elle avait un tatouage représentant les armoires de sa famille au bras droit ainsi qu’une longue écharpe enroulée autour du cou.

— Ouai…qu’il y a-t-il maitre ? fit-elle d’une voix lasse.

— Occuper toi d’effectuer la vérification de la Cloth de la Croix du Sud pendant que je m’occupe faire celle de la Cloth du Dragon.

— Tout de suite maitre.

La Gold Saint du Bélier provoqua l’ouverture de la Pandora-box du Dragon en tirant sur la poigné de celle-ci qui s’ouvrit dès lors sans tarder. L’apprenti fit de même de son côté et commença à inspecter la Cloth de la Croix du Sud sous toutes ses coutures en mâchonnant bruyamment et assez vulgairement son chewing-gun.

— Ouai… Ouai… je vois… je vois…

— Il y a un problème ?

— Enfile ta Cloth un peu pour voir ma petite, demanda-t-elle d’une voix familière en ruminant comme une vache ce qu’elle a en bouche.

Le comportement de l’apprenti agissant avec familiarité commençait à taper sur les nerfs d’Alia. Cependant, elle rongea son frein et se contenta d’obtempérer et revêtit sa Cloth par-dessus son uniforme. À présente chose faite, Aurore recommençait son cirque à tourner autour d’Alia en examinant chaque pièce avec une attention minutieuse. Cependant, quand l’apprenti mit son nez entre la poitrine de cette dernière, sous prétexte d’examination, la jeune Saint fit savoir sa désapprobation en lui hurlant dessus.

— C’est bien ce que je pensais depuis le début, dit Aurore d’une voix interrogative laissant présager le pire.

— Ma Cloth a un problème ? Quel est-il ?

— Elle est en parfait état, répondit-elle avec un naturel sonnant comme une moquerie.

— QUOI !!! hurla Alia au bord des nerfs, ce qui ne manqua pas d’interpeller l’attention de Raki suite à ces nouveaux éclats de voix.

— Que se passe-t-il ? s’enquit-elle.

— Son armure est en parfait état, répondit l’apprenti toujours d’une voix égale

— Mais encore ?

— J’ai fait des vérifications poussées pour… lui faire perdre son temps voyant qu’elle était pressée.

— Par la déesse Athéna, dis-moi que ce n’est pas vrai, pensa Raki à voix haute de façon implorante.

— C’est quoi la Constellation de cette cinglée que je sache !?

— Aucune et tant mieux d’ailleurs.

La Cloth de la Croix du Sud se fragmenta pour quitter le corps de sa propriétaire et reprit sa forme totémique à l’emplacement de sa Pandora-Box qui se referma alors. Alia et Delphes remirent leur urne sacrée à dos et quittèrent le temple du Bélier avec les excuses de Raki pour le temps perdu.

— Aurore, tu as un talent prodigieux que moi-même je ne possède pas, mais il faut absolument que tu cesses de te payer la tête de ceux qui viennent te voir.

— Ouai…quand les gens cesseront de me juger sur mes origines.

— Mais personne ne connaît tes origines en dehors de la déesse Athéna et du Grand Pope ainsi que moi !

***

Malgré ce contretemps suite à la mauvaise blague que leur avait joué l’apprentie de Raki. Les deux jeunes Saints arrivèrent tout de même plus tôt qu’à l’accoutumé à la Palestre. Cela était également le but de leur réveil aux aurores, toutefois, cette journée qui avait si bien commencé et qui s’annonçait radieuse le fut soudain beaucoup moins. Tout juste à l’entrée de la Palestre les attendaient Alec et Yuma qui faisaient le pied de grue depuis un moment indéterminé. À en juger par le sourire qu’ils affichaient, les deux Saints avaient quelque chose derrière la tête.

— Tu t’es battu avec ton reflet pour te retrouver avec un nez enflé à ce point, lui demanda Alec d’une voix sarcastique.

— Va te faire voir pequenaud ! lui répondit-elle avec animosité.

— Vous n’oubliez rien toutes les deux ? leur demanda Yuma d’une voix n’ayant rien d’amical.

— De quoi voulez-vous parle ? demanda Delphes inquiète de ce qui allait encore leur arriver.

Alec se releva et s’approcha d’Alia qui le toisait droit dans les yeux avec une main fermement serrée sur une des lanières de sa Pandora-box. Le Saint de l’Hydre lui tendit à portée de main deux masques que doivent normalement porter les femmes Saint comme l’exige la loi.

— Delphes a perdu son combat et par la même occasion notre pari. De ce fait, vous allez désormais porter ces masques jour et nuit tant que vous serez Saint de la déesse Athéna.

Alia grinça des dents, mais qu’à cela ne tienne, il ne l’emporterait pas au paradis pour autant. Elle prit la paire de masques de ses mains, mais en contrepartie lui colla son poing dans la figure.

— Espèce de…

— Échange de bon procédé, lui répondit Alia en plaçant le masque sur son visage.

Delphes prit également le sien des mains de son amie et le plaça à contrecœur sur son visage. Les deux Saints pénètrent ensuite dans l’enceinte de l’établissement qu’est la Palestre et prirent la direction des dortoirs pour rejoindre leur chambre. Elles voulaient profiter d’un peu de calme avant de reprendre les cours.

Ceux-ci d’ailleurs commencèrent la semaine en grande pompe avec l’arithmancie, matière qu’Alia a toujours adorée, chose à prendre au second degré. Il n’existe rien de pire pour elle que les mathématiques et ce masque collé au visage ne l’aide pas. La sonnerie annonçant la fin des cours fut une libération pour la Saint de la Croix du Sud qui embarqua ses affaires et fila aussitôt de la pièce.

Pour leur part, comme à l'accoutumée, Le Saint de l’Hydre et le Saint de l’Ours trainaient dans les couloirs bien après que le flot d’élèves transitant ait cessé son flux. Ils n’étaient pas du genre à sécher les cours, mais aimaient bien profiter d’un moment de répit entre chaque cours. Au loin, cacher derrière l’intersection d’un couloir se tenait une jeune fille d’une douzaine d’allé, vêtue de l’uniforme réglementaire de la Palestre comme chacun dans cet établissement. Elle était dotée d’une longue et soyeuse chevelure brune descendant jusqu’à la hauteur de ses talons. Celle-ci était séparée à hauteur de sa nuque en cinq queues de cheval et quatre tresses, et ce, de façon alternée. Ses yeux étaient d’un brun étrangement ressemblant à ceux d’Alec.

En parlant du fils de Koga et Yuna, c’est exactement, ce dernier qu’elle observait en catimini. Chaque fois qu’il regardait dans sa direction, elle se cachait aussitôt derrière le pan de mur de l’intersection. Cette scène quelque peu singulière avait lieux plusieurs fois par jour. Elle tremblait de tous ses membres à chaque fois qu’elle le regardait et n’osait pas l’interpeller. Elle était à chaque fois tétanisée par une timidité persistance qui la paralysait sur place.

— C’est bientôt fini ce manège ? Ça fait cinq minutes que je t’observe Terra, lui demanda une voix consternée par cet état de fait qui se tenait dans son dos.

— Méthis ! Tu es là depuis le début ?

— Oui et je trouve ça pathétique, fit-elle comprendre d’un ton las. Laisse tomber tu n’y arrives pas et puis il te croirait pas.

— C’est juste que… je voulais… enfin, tu vois…

— Crois-moi, ça vaut mieux, vu comment tu rougis et bégaie à l’instant.

Celle qui vient de s’exprimer à l’instant se nomme Methis et est âgée de quatorze ans. Elle est également vêtue de l’uniforme de la Palestre tout comme les autres. Sa chevelure était noire comme celle de son père, sa longue chevelure se coupait en deux parties distinctes à l’arrière de son dos et atteignait le bas de ses reins. Son visage était encadré par deux mèches et une troisième au centre lui barrait le visage. Elle tenait par contre invariablement les yeux de sa mère.

Les couloirs étaient à présent déserts, chacun des élèves avait rejoint l’amphithéâtre où doit avoir lieux le prochain cours. Tout sauf… Methis, les mains dans les poches de son uniforme, qui séchaient allègrement les cours et entrainait Terra dans ses magouilles une fois de plus. Toutefois, à force de déambuler dans les couloirs elles furent interpellées par une personne du corps enseignant.

— Ainsi, on sèche les cours ? leur demanda Spear.

— Et… ? lui répondit Methis avec insolence.

— Donné moi immédiatement vos Constellations ! leur somma-t-il

— Nov…

— On n’en a pas, répondit Methis toujours avec le même dédain, coupant la parole à Terra qui allait se trahir.

— Tu vas changer de ton surtout ma petite !

— C’est toi qui vas changer de ton si tu ne veux pas être congédié de l’ordre des Saints ! Dois-je te rappeler qui est ma mère ? S’exprima Methis avec un ton beaucoup plus menaçant.

— D'abord, c’est « Monsieur le Directeur adjoint » et je n’apprécie pas ces menaces !

— À plus tard Spear, c’est l’heure de mon entrainement avec mon maitre, fit-elle avec condescendance en lui passant devant sans lui prêter attention.

Après cette altercation insolente et outrageante, Methis partit en direction de l’amphithéâtre où sont en général dispensés les cours par la Saint du Lièvre. C’est dans ce lieu qu’attendait celui qu’elle a désigné comme étant son maitre quelque instant plutôt. Ladite personne était une femme à l’opulente chevelure d’un vert très épuré et chatoyant. Son corps était néanmoins parcouru de nombreuse cicatrice laissée par ce qui semble être une mâchoire de plusieurs rangées de dents.

— Je vous fais mes salutations O mon maitre.

Autant Methis se montrait souvent, presque, même tout le temps hautaine et méprisante envers les autres Saints en formation ou envers le corps enseignant. Autant elle témoignait d’un très grand respect envers son maitre qui n’était d’autre que la déesse de la lune en personne.

— Tu es en avance comme d’habitude et je vois que cette fois-ci tu es accompagné de ton amie.

— J’avais une heure de fourche dira-t-on et concernant mon amie. Elle n’avait rien à faire de particulier alors je lui ai suggéré de me suivre.

— Puisque tu es là, commençons sans tarder

Methis fit glisser la fermeture éclair de son uniforme vers le bas et mit sa veste entre les mains de Terra qui alla se placer sans un mot dans les gradins et se contenta d’observer. Contrairement à elle, elle n’eut pas le privilège d’avoir un maitre et encore moins un aussi important et charismatique que pouvait l’être Artémis. D’une certaine façon, elle enviait son amie, pour sa part elle ne disposait que des cours d’Arne qui était relativement général.

Désormais seulement vêtu d’un t-shirt rose, Methis ne tarda pas à commencer son entrainement face à un maitre de renom qui ne lui fit aucun cadeau. Les coups physiques comme cosmiques fusaient de toute part. Elle parvenait à en esquiver la plupart, pour ainsi dire, elle ne recevait de plein fouet que ceux qu’elle négligeait.

Après une heure d’éreintant effort suite à son entrainement, Methis était en sueur et son t-shirt était d’ailleurs trempé, cela était particulièrement marqué par des auréoles sous les aisselles. Néanmoins, durant l’heure qui venait de se dérouler, elle avait jeté un œil discret de temps à autre en direction de son amie. Methis fit signe à Terra de venir la rejoindre sur le cours d’entrainement, ce que fit cette dernière sans tarder.

— Tu veux que je te rende ta veste ?

— Non, ce n’est pas pour ça que je t’ai fait venir.

— Ah… pourquoi alors ?

Elle se tourna dans la direction d’Artémis et la regarda droit dans les yeux avant de poursuivre.

— Maitre, seriez-vous d’accord pour prendre Terra ici présente comme seconde disciple ? Elle nous observe depuis tout à l’heure et je vois bien qu’elle m’envie.

— Je n’y vois pas la moindre objection.

— Ta compris Terra ? Tu ôtes ta veste et tu te pointes pour ton premier véritable entrainement.

Terra s’exécuta immédiatement sans attendre un instant, toute heureuse suite à ce que venais de réaliser Methis pour elle. Dans le même temps, la sonnerie annonçant l’intercours retentit et la Saint du Dragon et la Saint de la Croix du Sud se dirigèrent vers l’extérieur du bâtiment. Alia et Delphes se signèrent en passant devant la statue représentant la déesse Athéna puis discutèrent un bref instant entre elles.

— C’est l’heure de l’entrainement, faut que j’aille rejoindre mon maitre qui m’a donné rendez-vous dans le colisée extérieur, s’exprima Alia.

— Il faut aussi que j’aille rejoindre le miens sans tarder, il doit surement être dans l’un des amphithéâtres destinés à l’affrontement pratique, lui répondit Delphes.

— On se retrouve ce soir dans notre chambre commune, lui dit-elle amicalement en clôturant la discussion.

Les deux amies se séparèrent et chacune poursuivit son chemin dans une direction différente. Delphes parti en direction d’un bâtiment tandis qu’Alia se dirigea vers le Colisée en ruine où l’attendait impatiemment son maitre. Quand la Saint de la Croix du Sud y arriva, l’endroit sembla désert. Elle descendit les marches et sauta par-dessus la rambarde et se dirigea vers le centre de l’arène et attendit.

— Pfff, fit-elle d’une voix lasse en soupirant.

— Déjà en train de soupirer alors qu’on n’a pas commencé espèce de feignasse !? S’exclama une voix autoritaire et stricte avec une pointe d’humour.

Alia se retourna promptement et ne vit personne pour la simple et bonne raison que son maitre se tenait dans son dos. Ce genre de petit tour de passe-passe l’amuse toujours parce que c’est toujours par la suite que son disciple sursaute en se retournant. Le corps de celle-ci était marqué par de nombreuses cicatrices et lui rappelait ainsi le corps de sa mère à une époque certaine.

— Yaaah !!! Pourquoi tu fais toujours ça Violate ?

— Ça t’apprendra à rester sur tes gardes en toutes circonstances et…depuis quand tu portes un masque ?

— C’est à cause d’un pari stupide avec Alec. Je savais qu’elles en étaient les risques et je l’ai accepté pour soutenir Delphes dans son combat qu’elle menait ici vendredi dernier.

— Comment ça ? Voyons, tu n’es pas obligé d’appliquer à la lettre ce qui a été dit dans un pari aux termes fumeux.

— J’ai donné ma parole de Saint, je ne peux pas revenir dessus et dois tenir mes engagements.

— Alia, personne n’a le droit de t’imposer ce que tu dois faire. Si tu refuses de porter le masque, c’est ton droit le plus absolu et ce n’est pas à Alec de te contraindre à le faire.

La Saint de la Croix du Sud malgré tous les conseils que lui prodiguait son maitre campa sur sa décision de conserver le masque sur son visage, même si cela lui déplaisait. D’une certaine manière Violate pouvait se sentir fière de son disciple et de son fort sens de l’honneur et de l’engagement dont elle faisait preuve dans cette histoire.

Elle laissa quelques minutes à Alia, le temps de se préparer puis passa aux choses sérieuses. Sa disciple avait un énorme potentiel inexploité et même si ses méthodes étaient dures et douloureuses, c’était pour son bien et cela avait porté ses fruits. On pourrait penser que cela est de la brutalité gratuite de la part de la Spectre du Béhémoth, mais il n’en était rien.

La sonnerie retentit pour la dernière fois de la journée, signifiant que la journée de cours était à présent terminée. C’est à peine si Alia tenait encore sur ses jambes en plus d’empester la sueur à des kilomètres à la ronde. Elle se releva et se traina jusqu’à l’endroit où elle avait posé ses affaires et renfila la veste de son uniforme pour ne pas prendre un coup de froid en rentrant aux dortoirs. Cependant, au moment où la Saint de la Croix du Sud voulut partir, son maitre l’en empêcha.

— Donne-moi ton masque, je te prie, demanda Violate en tendant sa main

— Mais… je ne peux pas, tu sais très bien que j’ai donné ma paro…

— Alia ! Tu me donnes ton masque !! Immédiatement !!! Fit-elle sévèrement en coupant la parole à son disciple.

Alia est très lié à son maitre qu’elle appel d’ailleurs par son prénom. Mais quand celle-ci hausse la voix en faisant preuve de son autorité en tant que maitre. La Saint de la Croix du Sud déglutit toujours de travers et se fait toute petite. C’est toujours dans ce cas-là qu’elle se montre le plus sévère et intimidante, bien qu’en son for intérieur elle savait qu’elle était dure, mais juste.

— Le voici Vio… maitre, répondit Alia d’une petite voix en ôtant le masque qu’elle mit dans les mains de son maitre.

— Maintenant, va te reposer. Tu dois être en état pour ce qui va y avoir ce soir, conclut-elle avec sévérité.

Trainant les pieds par terre de fatigue, Alia fit un salut respectueux envers son maitre et quitta l’arène antique. Violate alla s’installer sur l’une des tribunes de l’arène et observa le masque droit dans les yeux durant un instant. Pour l’étoile céleste de la Solitude, il n’y faisait aucun doute, ce masque dans le contexte visant sa disciple était un moyen de la réduire au silence. Après avoir pris le soin de vérifier que sa disciple soit bien retournée dans sa chambre comme elle lui a sommé. Quelque part, elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance, jamais elle n’a désobéi à ses ordres. La Spectre du Béhémoth s’en alla alors pour conclure une affaire urgente.

Comme à leur habitude, Alec et Yuma flânait à un endroit ou à un autre de la Palestre. Le sujet de leur discussion ne fut cependant pas difficile à deviner. Ils gloussaient de ce qu’ils avaient réalisé ce matin.

— On est toujours obligé de les supporter, fit Alec d’une voix égal

— Au moins, on ne devra plus supporter leur regard, c’est toujours ça de pris, lui répondit Yuma de façon satisfaisante et égale.

Le bruit d’une chose glissant sur le sol se fit entendre à leurs oreilles. Les deux Saints détournèrent leur regard en ce sens et affichèrent un air étonné à la découverte de ladite chose.

— Ça ne serait pas le masque qu’on a refilé à Alia ce matin ? Se demanda le Saint de l’Hydre

— Qu’est-ce qu’il fait ici ? S’interrogea le Saint de l’Ours

À présent c’était le bruit de phalange que l’on fait craquer qui retentit tout juste dans leur dos. Les deux Saints étaient à présent moyennement rassurés de ce que cela pouvait vouloir dire.

— Alors, c’est vous les petits merdeux qui harcèlent mon disciple ! S’exprima-t-elle sur un ton de mécontentement.

— Et ça te pose un problème !? Lui rétorqua Yuma dédaigneusement.

— Vous saviez ce que l’on faisait aux Saints il y a trois siècles lors de la guerre sainte ? Demanda Violate sur le ton de l’interrogation d’une sinistre voix.

— VIOLATE !!! Hurla une voix féminine qui intervient à l’improviste

Cette voix féminine douce, mais stricte à peine affectée par l’âge était celle d’une Silver Saint très réputée au sein du Sanctuaire. Deux femmes firent alors irruption pour stopper ce qui se tramait actuellement. L’une d’entre elles était Shaina et la seconde était June. Les sous-entendus soutenus par la Spectre du Béhémoth ne plaisaient guère à la Silver Saint d’Ophiucus. Alec et Yuma profitèrent d’ailleurs de cette arrivée opportune pour foutre le camp illico presto.

— Qu’est-ce qui te prend de dire ça ? Lui somma-t-elle su un ton autoritaire attendant une réponse

— C’est parce que je suis un spectre que tu dis ça n’est-ce pas ? Lui répondit-elle sur le ton de la plaisanterie.

— Un peu de sérieux, pourquoi as-tu interpellé mon disciple et son ami de la sorte ?

— C’était pour leur fiche la trouille afin qu’il cesse de harceler Alia et son amie. S’exprima la Spectre avec un certain détachement, mais n’en démord pas en protégeant sa disciple.

— Qu’est-ce que cette histoire encore ? De ce que je sais, c’est plutôt elle qui a un passif assez sulfureux. Interjecta la Silver Saint, défendant pareillement son disciple.

— Ce n’est pas pour prendre la d’enfance de la Saint de la Croix du Sud, mais Delphes qui est mon disciple me fais souvent part de l’un ou l’autre conflit. Elle porte souvent, trop souvent des traces de coups et il paraitrait qu’Alec n’est pas toujours très tendre en paroles également. Relata June en conservant sa neutralité dans le débat, mais faisant savoir ce qu’elle savait par l’intermédiaire de sa propre disciple.

***

La Saint de la Crois du Sud était affalé sur lit superposé du dessus. Elle observait le plafond de la pièce sans vraiment l’observer. Les mains croisées derrière la tête et une jambe pendante à moitié, Alia se demandait qu’allait être la suite des évènements. L’existence de ce frère sortit de nulle part et ne ressemblant a rien physiquement l’intriguait, mais au final s’était le cadet de ses soucis. Après tout, elle restait la fille unique de Soma et Sonia, un enfant biologique et désiré contrairement à ce dernier qui réapparait après quinze ans d’absence. La seule idée de savoir qu’il partage la même mère et la même marraine qu’elle la mettait en rage, elle était persuadée qu’il voulait juste briser sa famille. La seconde chose qui lui vient à l’esprit de la Saint de la Croix du Sud et qui était bien plus importante était que : à la tombée de la nuit, tous seraient emmenés dans la nature afin d’y passer le test de sélection pour participer au Saint Fight, mais seulement dix Saints pourront y participer.

— Delphes, tu dors ?

— Non, pourquoi ?

— Toi qui possèdes un don de divination, comment tu le sens le test de sélection du Saint Fight. Lui demanda Alia d’une voix bien songeuse de ce qui les attend dans quelques heures.

— Je ne sais pas Alia, j’espère juste pouvoir le réussir, lui répondit Delphes d’une voix fluette et hésitante *et ne pas faire honte à mes parents une fois de plus* conclut-elle dans sa tête