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Les mondes d'Outre-Humanité

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Le lieutenant Park observait la situation aux jumelles. Et elle était extrêmement tendue. Enfin de leur côté. En face ils étaient au-delà de ça et en quelques jours leurs voisins étaient devenus hystériques et avaient agoni son gouvernement d'insultes, par automatisme. Puis ils s'étaient rendu compte que ce n'était pas de ce côté de la frontière que ça bougeait, et ils avaient dû prendre des mesures d'urgence. Pour être franc, le lieutenant n'était pas non plus ravi de la situation. Toute la hiérarchie s'était mise à hurler et on avait enclenché le branle-bas de combat de peur que le pays soit touché alors que pour une fois il n'y était pour rien.

- Chef, du mouvement dans les montagnes !

Il descendit immédiatement à l'intérieur du blindé et se rendit à la console de son subordonné.

- Ils descendent de l'autre côté de la montagne. A priori ils vont suivre la vallée et bifurquer au Nord, pile là où le comité d'accueil les attend.
- Pas de réaction, en face ?
- Non lieutenant. Mais ils savent où ils sont, leurs unités de reconnaissance suivent à distance la progression de l'ennemi depuis des jours.
- Ils attendaient de savoir vers où ils allaient se diriger. Visiblement ni leur commandement ni le nôtre ne s'est trompé. Enfin il n'y avait pas non plus beaucoup de possibilités.

Le lieutenant observait les silhouettes évoluer au sommet de la montagne, se découpant sur le ciel bleu. Elles étaient nombreuses. Il n'y avait pas eu autant de mouvement dans les monts Taebaek depuis la fin de la guerre. Les Corées étaient habituées aux coups de sang soudains après des décennies à se regarder en chien de faïence, craignant secrètement que l'un ou l'autre des dictateurs ne déclenche un nouveau conflit. Mais, depuis que l'URSS s'était effondrée, il fallait reconnaitre que les États-Unis assuraient le service minimum, et que ni la Chine ni la Russie n'avaient spécialement envie de soutenir un régime ingrat et instable comme celui du Nord. Bref, personne ne misait vraiment sur un conflit, et voilà qu'il leur en tombait littéralement un du ciel.

Cela faisait environ quinze ans que le premier contact avait eu lieu avec les extraterrestres, une donnée à laquelle tout le monde avait eu beaucoup de mal à s'habituer. D'une manière générale, les Coréens de quelque bord que ce soit avaient manifesté une relative indifférence passé un certain temps, notamment parce que les nouveaux venus n'avaient pas manifesté non plus le souhait d'installer des ambassades dans chaque pays. Et le siège de l'ONU était très, très loin des préoccupations locales.

Et pourtant. Leurs cousins et néanmoins ennemis du Nord avaient envoyé des agents fureter à bord du dernier vaisseau de passage sous le prétexte de visiter. L'équipage les avait laissé passer en haussant les épaules et en veillant à ce qu'ils ne cassent rien. Là où le scénario avait déraillé, c'est qu'ils avaient croisé un passager que l'équipage avait oublié de tenir à distance et que, pour une raison toujours pas établie, s'étaient pris de querelle avec lui. Le vaisseau n'était qu'un modeste cargo assurant la liaison avec l'ambassade de l'alliance, et ne surveillait étonnamment pas ce qui se passait dans ses coursives. Toujours est-il que trois Nord-Coréens étaient morts en affrontant un seul individu.

- Je peux me tromper mais je pense qu'ils vont se rassembler derrière la montagne avant d'avancer en un seul bloc. On a une petite heure, je pense. Surveillez les communications radio !

Quelle plaie ! Pourquoi avait-il fallu que leurs voisins provoquent la mort d'un extraterrestre ? Pourquoi était-ce tombé sur le seul humain venant d'un monde n'appartenant pas à l'alliance ? Pourquoi le Nord n'avait-il pas compris que cette fois personne n'oserait lui venir en aide, que ce soit sur Terre ou ailleurs ? Le lieutenant soupira. Pourvu que le Sud soit épargné, ils n'avaient vraiment pas besoin de ça en ce moment ! Le lieutenant et son groupe de reconnaissance s'étaient placés au plus près de la zone démilitarisée, non loin de la ville de Pyonggang, où commençait la plaine de Corée du Nord. Un couloir ouvert vers la capitale au nom si proche.

De ce que des représentants de l'alliance assez embarrassés par l'accident avaient expliqué, il existait une petite poignée de planètes dépourvues de gouvernement central comme l'était la Terre. Sur l'une d'entre elle s'était développée une humanité assez fruste, et présentant pas mal de ressemblance avec les reconstitutions de Néandertaliens qu'on pouvait trouver dans les musées. Des gens apparemment attachants mais qui, non content d'être génétiquement robustes, avaient évolué sur une planète à la gravité supérieure à celle de la Terre. Pas de beaucoup, mais assez pour en avoir fait des concentrés de musculature en comparaison du Terrien moyen.

Ces Néandertaliens de l'espace n'étaient apparemment pas très développés, mais ils exportaient quelques denrées extrêmement recherchées et non reproductibles. S'ils étaient donc très riches, ils n'en avaient pas vraiment conscience et la seule technologie qu'ils s'arrachaient était celle des champs de force, fort logiquement pour un monde soumis à de fréquentes chutes de météorites et agité par de régulières éruptions volcaniques. Là où l'affaire avait mal tourné pour la Corée du Nord, c'est que ces gens d'un autre monde n'avaient pas peur de se battre, avaient un sens de l'honneur aiguisé, et surtout que leurs intermédiaires commerciaux ne faisant pas non plus partie de l'alliance avaient complaisamment mis leur flotte à leur disposition. Pyongyang s'était donc réveillé la semaine dernière en apprenant que des vaisseaux spatiaux avaient débarqué des troupes sur la côte Sud-Est.

Puis ils les virent. Ils comprirent tout de suite pourquoi les Occidentaux les avaient surnommé les Nains. Avec leur petite taille et leur aspect trapu, il était impossible de ne pas y penser. Et puis l'armement... Boucliers, cuirasses, lances et épées... Il parait qu'à Pyongyang ils avaient ri en voyant les premières images de ces fiers guerriers à l'équipement venu du fond des âges. Ils n'avaient pas dû rire bien longtemps en apprenant que chacun de leurs visiteurs était équipé d'un champ de force personnel et qu'ils avaient également de quoi couvrir des régiments entiers. Armes à feu, missiles, bombes, même les mines : autant de matériels subitement inutiles puisqu'ils n'atteignaient pas l'ennemi. Les gaz non plus... leur organisme était visiblement un peu différent de celui des Terriens. Quand ils eurent épuisé toutes leur possibilités pendant que les Néandertaliens progressaient à travers les montagnes, les Nordistes avaient compris qu'ils avaient un problème.

- Ils... ils sont nombreux, lieutenant...
- Oui.
- On est sûr qu'ils ne vont pas marcher au Sud ?
- Aucune raison, ils ont apparemment compris qu'on était un clan différent.

Dans la plaine se regroupaient plusieurs... centaines de milliers d'hommes... peut-être de femmes, pour ce qu'il en savait. Ils n'avaient pas pu évaluer leur nombre avec certitude jusque-là car ils avaient serpenté dans les montagnes en plusieurs groupes qui venaient de se rejoindre. Ils n'étaient pas sans rappeler les images des défilés monstres qu'ils organisaient au Nord. En nettement moins bien organisé, ceci dit. Des groupes se constituèrent, mais tous n'avaient pas la même taille. Visiblement, leurs clans ne se mélangeaient pas. Vingt minutes plus tard, les Néandertaliens envoyèrent des éclaireurs jeter un coup d'œil par-delà les collines où, comme le savaient les Sudistes, les attendaient trois divisions constituées d'unités d'infanterie et d'artillerie. Le Nord allait devoir repousser l'ennemi au corps à corps.

Des trompes retentirent, et les Néandertaliens se mirent à avancer, armes au poing et boucliers en avant. Pas de drapeaux chez eux, mais il avait repéré ce qui semblaient être des idoles portées sur des brancards. Sans doute des divinités protectrices. Un spectacle qu'on avait probablement plus vu nulle part sur Terre depuis au moins un siècle. Des explosions retentirent au loin, alors que les envahisseurs marchaient sans encombre sur les mines qui ne faisaient rien de plus que les faire décoller un peu du sol.

- Lieutenant, les drones nous retransmettent des images de l'ouest de Pyonggang.
- Parfait.

Le lieutenant observait désormais la petite route de campagne débouchant sur la ville, et vit l'armée y arriver, progressant lentement. Lorsqu'elle commença à dépasser les derniers reliefs, une pluie d'obus s'abattit sur elle. Les Nordistes avaient rassemblés une quantité ahurissante d'artillerie et avaient désormais ouvert le feu. Le spectacle était terrifiant, et les collines en seraient définitivement marquées. Le déluge dura un bon quart d'heure sans qu'aucun mouvement ne soit perceptible, puis prit fin. La fumée masquait complètement la route et commençait à peine à se disperser. Les trois premiers "régiments" avaient-ils subi des pertes ? Les sons de trompes qui retentirent au loin semblèrent démentir. Puis les caméras révélèrent du mouvement alors que les Néandertaliens reprirent leur marche. Sans dommages apparents. Ils prirent position dans la plaine et se figèrent face aux véhicules Nordistes alignés à l'autre bout de celle-ci. Un véhicule léger se rapprocha d'eux, avec un officier à bord.

- Normalement c'est avant de tirer qu'on envoie un émissaire, les gars...

L'officier, un colonel, avait son arme à la main, semblait visiblement très remonté et peu habitué à ce qu'on remette en question son autorité. Son bras tremblait et il semblait ordonner à ses ennemis de rebrousser chemin. L'un d'entre eux dut lui répondre car il tourna vivement la tête et se rapprocha du premier rang pour l'invectiver et le menacer de son arme. Malgré la qualité du matériel, il ne put distinguer le visage de l'interlocuteur à qui parlait l'officier. Un court échange sembla s'installer, l'officier semblant crier et menacer les étrangers particulièrement placides. Il lui sembla qu'ils réclamèrent quelque chose à plusieurs reprises. S'il n'arrivait pas à voir leurs visages à cause de leurs casques, il distingua néanmoins parfaitement la tête de l'officier nordiste qui finit par rouler par terre. Son chauffeur partit sans demander son reste. Par l'écoutille du blindé, pourtant à plusieurs kilomètres de la bataille, le lieutenant entendit des milliers de voix lancer un cri de guerre. Un frisson lui remonta la colonne vertébrale, et il se dit que les Nordistes allaient probablement passer un mauvais moment.

De la fumée et de la poussière lui indiquèrent que les Nordistes tentaient une nouvelle tactique : lancer des chars contre des fantassins. À faible allure, ils ne seraient peut-être pas bloqués par leurs champs de force et arriveraient peut-être à les écraser. Et peut-être qu'un tir de canon au plus près serait plus efficace. Dans quelques secondes ils sauraient si les Néandertaliens se transformaient facilement en bouillie. Le premier char donna l'impression de s'enfoncer dans les rangs comme dans du beurre, mais en réalité ses adversaires s'étaient vivement écartés pour le laisser passer et... le poursuivre en lui assénant des coups d'armes blanches... Les autres chars pénétrèrent la masse humaine à leur tour, certains tirant dans le tas, sans guère de résultat sinon agacer un peu plus leurs ennemis. Montant sur les chars pour tenter de rentrer à l'intérieur, les Néandertaliens semblaient dépassés et n'arrivaient pas à se débarrasser des monstres mécaniques. Mais après plusieurs minutes, l'un d'entre eux s'immobilisa quand ses chenilles se brisèrent... Panne involontaire ou dégât inconscient, les Néandertaliens comprirent tout de suite le parti à tirer de cette trouvaille.

Sur l'écran, le lieutenant les vit se communiquer l'information et plusieurs chars finirent par s'immobiliser, puis tous ceux qui se retrouvaient pris dans la masse de guerriers excités suivirent le même sort. Les mitrailleuses tiraient autant qu'elles pouvaient, mais le lieutenant voyait les projectiles faire des ricochets sur les champs de force. Quant à leurs canons, ils ne leurs étaient plus d'aucune utilité au milieu d'une cohue agglutinée autour d'eux. Certains équipages sortirent et tentèrent de mourir en emportant quelques ennemis avec eux. Leur succès fut mitigé : ils réussirent à mourir, mais pas à emporter de Néandertaliens avec eux. Passé un temps, certains tanks dont les équipages refusaient de sortir se mirent à fumer, suscitant la curiosité du lieutenant qui ordonna de zoomer. Les tanks se trouvaient désormais isolés mais les guerriers s'en tenaient à bonne distance et semblaient observer quelque chose. Des choses avaient été collées sur la surface des tanks, des choses qui rougeoyaient et fumaient.

- Chef, d'après les relevés la température des véhicules ne cesse d'augmenter. C'est visiblement dû aux trucs qu'ils ont collé dessus.

Médusé, le lieutenant vit des hommes sortir des tanks. Des hommes dont les tenues étaient en feu et qui furent immédiatement mis à mort. Plusieurs minutes plus tard, après avoir été secoués par l'explosion de leurs munitions, les tanks étaient devenus des masses de métal en fusion dont les Néandertaliens se désintéressaient. Entretemps, une deuxième vague de char avait été envoyée, cette fois-ci à pleine vitesse. Elle percuta les champs de force et fut brutalement stoppée, ce qui laissa le temps aux Néandertaliens de courir détruire ses chenilles et coller leur espèce de mine chauffante. La question fut vite réglée, et un nouveau barrage d'artillerie complété par un bombardement aérien, tous les deux sans effets, acheva sans doute de convaincre les Nordistes de l'inutilité de ces tactiques. La caméra d'un autre drone révéla la progression d'un grand nombre de fantassins contournant la ville, déserte, de Pyonggang au Nord. Plus qu'un grand nombre, il semblait plutôt qu'on avait rassemblé toutes les troupes disponibles pour les aligner face à l'envahisseur.

- Oh mon dieu.
- Quoi ?
- Lieutenant, d'après ce que je vois, ils ont regroupé tout ce qui pouvait porter une arme, y compris des marins et des policiers. Mais devant eux il y a... il y a des prisonniers.
- Je m'y attendais. Fumiers jusqu'au bout.

Les soldats Nordistes, aussi bien équipés que possible, étaient en effet accompagnés de membres de la milice, les gardes rouges ouvriers et paysans, rassemblés à la va-vite dans toute la province, mais aussi de prisonniers de camps. Lesquels comptaient beaucoup de familles en raison de la pratique de la punition collective. Les Néandertaliens aperçurent l'arrivée de troupes et se regroupèrent. Devant eux se présentèrent les troupes Nordistes, bien organisées. Les prisonniers, et ils étaient nombreux, étaient devant pour servir de bouclier, puis des rangs de fantassins alternaient avec des rangs de miliciens. Le dernier rang était constitué de gardes-frontières et surtout d'agents de la sécurité d'État. Ceux qui abattraient fuyards et combattants manquant d'enthousiasme. Habitués par des décennies de parades, les soldats se mirent au garde-à-vous et crièrent probablement leur amour de la patrie et leur volonté de défendre leur cher leader. Les drapeaux s'agitèrent follement alors que les insultes fusaient en direction des Néandertaliens. Les drones montraient toutefois que les premiers rangs de soldats semblaient nettement inquiets et que certains vomissaient. Les prisonniers, quant à eux, étaient de toute façon déjà plus morts que vif. Le lieutenant en eut la confirmation en voyant une femme décharnée à l'air hébété serrer contre elle un enfant qui ne remuait pas beaucoup. Quelle misère.

Étrangement, les envahisseurs ne réagirent pas tout de suite, comme s'ils attendaient quelque chose. Des conversations semblaient traverser leurs rangs, puis le son des cornes retentit une nouvelle fois. Les cris de guerre firent sursauter plusieurs rangs adverses, et furent suivis cette fois-ci de mouvements offensifs destinés à impressionner. Armes dressées vers le ciel, ou frappant les boucliers, poses martiales et grimaces... tout ceci semblait terroriser les Nordistes. Puis, après un ultime son de corne, les Néandertaliens avancèrent en scandant un chant. Pour désorganisés qu'ils semblaient être jusque-là, tous marchaient désormais au même rythme, boucliers dressés à l'avant et au-dessus des premiers rangs. Derrière ces rangées cuirassées se trouvaient des archers déjà prêts à tirer. Le lieutenant vit la distance entre les masses se réduire progressivement.

- Lieutenant, vous pensez qu'ils vont faire la différence entre les prisonniers et les soldats ?
- Je ne sais pas. Nous allons bien voir.

Les prisonniers furent poussés en avant par les soldats qui leur ordonnèrent clairement de barrer la route aux envahisseurs. Lesquels commencèrent à les écarter brutalement, montrant une volonté de ne pas tuer de gens aussi amaigris que désarmés. Mais c'est alors que les soldats tirèrent sur les prisonniers, ou plutôt sur les ceintures de munitions que ceux-ci portaient sous leurs vêtements. La manœuvre fut inutile car les boucliers du premier rang suffisaient à protéger les guerriers, sans parler des champs de force. Néanmoins, ceux-ci s'estimèrent sans doute insultés par cette tactique fourbe car ils piétinèrent tout simplement les prisonniers pour charger les soldats. Le choc sembla brutal et des têtes volèrent alors que les rangs arrières tombèrent sous une nuée de flèches.

- Ils auraient pu prévoir le coup, quand même... C'est pas comme si les primates avaient utilisé quoi que ce soit d'évolué pour attaquer.

Des milliers de fantassins Nordistes tentèrent de contrer autant de Néandertaliens, mais contrairement à ces derniers, ils n'avaient quasiment aucune protection digne de ce nom, et surtout aucune arme efficace contre eux. Le lieutenant eut toutefois la surprise de voir des envahisseurs tomber, victimes de coups de baïonnettes ou... de flèches ? Apparemment, une section d'archers avait été rassemblée et tentait d'abattre ses ennemis, mais la chose était compliquée, sinon rendue presque impossible, par les armures que ces derniers portaient.

La bataille tourna assez nettement en défaveur des Nordistes, qui envoyèrent deux autres contingents en renfort. Le lieutenant se demanda si leur haut-commandement ne comptait pas épuiser l'ennemi par des vagues d'adversaires faibles mais arrivant constamment. Ça ne marcherait probablement pas, la bataille tournant à la boucherie pure et simple. Plus de deux heures plus tard, d'autres vagues s'étaient faites tailler en pièce de la même manière sans entraver la progression ennemie. Les Nordistes finirent par donner l'ordre de retraite, au moment même où le lieutenant recevait une transmission codée. Une autre vague de Néandertaliens venait d'être déposée au Nord-Ouest de Pyongyang. Apparemment, les intermédiaires des envahisseurs n'avaient pas eu assez de vaisseaux pour transporter tout le monde en une seule fois... Et l'alliance avait laissée entendre que d'autres arrivées étaient possibles. Le lieutenant se dit que le Nord était en fâcheuse posture et que la suite serait intéressante à observer.

- Dire qu'ils auraient pu mettre fin à cette débâcle en leur présentant formellement des excuses...
- Vous êtes sûr qu'on peut croire ce que disent les aliens ?
- Non. Mais ils disent que c'est un peuple mû par l'honneur mais étonnamment peu porté sur la vengeance. J'imagine que leur monde volcanique doit être si dangereux qu'ils ont appris à ne pas compromettre leur survie en étant trop revanchards. Tout ce qu'ils voulaient en arrivant ici c'est que Pyongyang leur demande pardon.
- C'est mal les connaitre.
- C'est la faute de Pyongyang. Ils n'ont jamais rien compris au reste du monde, alors ce qui se passe au-delà... Foutus entêtés. Et maintenant qu'ils sont entrés en guerre, il n'y a aucune chance de les voir réfléchir cinq minutes à leur propre responsabilité dans l'affaire.