Actions

Work Header

Foire à l'OS

Chapter Text

-Nils n'est pas là ? Marmonna Søren en entrant.

Jökull secoua la tête de manière négative, signifiant ainsi que la voie était libre et qu'il pouvait donc cesser de raser les murs. De toute façon, il allait faire tomber un vase s’il continuait. Moche, le vase. Pas grave, ce sera la faute du chien. Et tant pis s’ils n'avaient pas de chien. Ce sera alors la faute de Iceberg, le poisson rouge. Ou de Titanic, son compagnon d'aquarium.

-C'est sympa chez toi, poursuivit le Danois.

Il reçut un regard ennuyé en réponse.

-Bon, d'accord, je me tais, grommela-t-il.

Ça sembla le satisfaire car le petit sourire en coin qu'arborait Jökull en valait un grand lumineux de Søren. C'était dire.

Prenant place sur le canapé comme il y avait été invité, Søren continuait de regarder à droite et à gauche, comme s’il s'attendait à ce que le grand-frère surgisse de la pile de magazine.

-Détends-toi.

Jökull lui tendit sa bière avant de s'asseoir à ses côtés, ne laissant que leurs cuisses se frôler et leurs bras se toucher.

Un silence un peu tendu s'installa entre eux alors que le Danois reprenait son inspection du salon, recevant un long soupir de sa droite.

Et c'est de cette même droite que vint soudainement une main aventurière qui montait toujours plus haut sur la cuisse ferme, tandis qu'il se tendait toujours plus.

-Moi qui pensais que tu serais encore plus enthousiaste que d'habitude en étant dans un endroit privé et non public... grogna Jökull.

-Oui, enfin chez toi, c'est peut-être un peu plus risqué ! Couina Søren en réponse. Alors que chez moi...

-Alors que chez toi, ton colloc' est tellement expansif qu'on ne sait si il est là ou pas !

Søren baissa les yeux et lâcha l'affaire. Son petit-ami était décidé à franchir le pas ici et maintenant, plus qu'à espérer qu'ils puissent rejoindre son lit avant l'irréparable !

Oui, ce genre d'irréparable là. De celui qui laisse des tâches sur le sol et sur les meubles, qui pourrit l'ambiance de l'entourage et de la famille et qui vous poursuit jusqu'à votre lit de mort.

-Tu préfères visiter ma chambre ?

Le relança Jökull d'une voix sensuelle.

Il n'en fallut pas plus pour qu'il se relève, attrape le plus jeune et disparaisse dans l'escalier à l'étage à la recherche de ladite chambre.

Lorsque cela fut fait, le lit fut aussitôt investi, au plus grand plaisir de son propriétaire qui ne le montra que d'un petit sourire en coin, vite disparu sous les lèvres du Danois.

-La bête semble se réveiller, commenta-t-il.

Aussitôt, ladite bête se figea et lui offrit un regard inquiet.

-Tu es sûr que Nils ne va pas survenir ? Non pas que j'ai peur de lui, mais je comprendrais tout à fait que...

Soupirant et roulant des yeux, il se maudit de lui avoir laissé une seconde de réflexion qui lui avait suffi pour penser à mal et trop. Il l'attrapa de nouveau par la nuque, l'embrassa presque avec violence et se pressa contre lui, s'amusant de sa réaction alors que son érection se collait contre son bas-ventre. Il avait envie, lui ! Il avait envie de sauter le pas, d'offrir cette soi-disant virginité à son petit-ami, depuis le temps qu'ils s'attendaient et en parlaient à voix basse !

Ledit petit-ami se trouvait bien trop occupé par toutes les sensations qui le submergeaient, pour réfléchir correctement et occulta peu à peu sa peur du grand-frère surprotecteur dont l'ombre planait au-dessus d'eux.

Leurs gestes furent maladroits, entravés par leur soudaine timidité ainsi que par l'excitation qui faisait bouillir leurs veines. La lampe gisait sur le sol, au même titre qu'une partie des couvertures, mais ils n'en avaient cure. Il y avait ce corps inconnu en face du sien qu'il fallait découvrir et faire sien. Et ils avaient si peu de temps...

Les vêtements se bloquaient aux articulations, les faisant gronder et s'impatienter. L'excitation leur brûlait le bas-ventre de manière douloureuse. Ils s'attaquaient au moindre morceau de peau découverte, s'amusant de la réaction de l'autre.

Des halètements succédaient aux gémissements. Les supplications répondaient aux grognements alors que les membres étaient enfin libérés de leurs entraves de tissus, permettant un plus grand champ d'actions.

Le lit craquait doucement au rythme de leurs ébats, accompagnés de leurs voix mêlés qui tour-à-tour chuchotaient et criaient, donnaient des ordres, suppliaient ou déclamaient leurs sentiments.

La porte était restée ouverte, laissant l'air s'échapper et évitant ainsi à la température d'augmenter plus que ça n'était déjà le cas.

Ils n'entendirent pas la porte d'entrée s'ouvrir, encore moins claquer doucement afin d'être fermée correctement. Pas plus de la vaisselle entrechoquée dans la cuisine. Ou le craquement des marches de l'escalier en bois.

Par contre, la tasse s'écrasant sur le parquet ciré fit un bruit assez assourdissant pour figer le petit couple s'ébattant qui se tourna alors dans la direction du son.

-N... Nils, glapit Søren de manière peu virile.

Ledit Nils semblait encore moins expressif que d'habitude, ce qui était en soi un exploit, observant son petit-frère adoré dont l'entrejambe n'était caché que par les muscles développés du bras du Danois.

-Je vais chercher de la soude, déclara-t-il finalement.