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Foire à l'OS

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Portugal était dans la cuisine, sifflotant gaiement. Il faisait un temps superbe, le soleil brillait, les oiseaux sifflaient et son anglais préféré dormait encore. Une magnifique journée, donc !

Matteo adorait sa cuisine. Il serait capable d'y rester la journée si il n'avait pas à éloigner son amant de cet antre...

Réprimant un frisson à l'image de sa cuisine dévastée, Matteo glissa le bacon dans les assiettes et versa le thé. Il n'était pas très friand de ce petit-déjeuner, mais lorsqu'il voyait les yeux de Arthur briller à chaque bouchée, il se disait qu'il pouvait bien faire ce genre de sacrifice de temps en temps, vu le peu de fois qu'ils se voyaient...

-'Morning my dear... bâilla-t-on derrière lui.

Pas besoin de se retourner pour imaginer le blond se frotta les yeux, les cheveux en tous sens et un bas de pyjama enfilé en tâtonnant. Dans l'intimité, il perdait son masque de froide autorité mais ce n'était pas tout à fait ça...

-Olà meu amor, tu as passé une bonne nuit ?

-Tu es sorti bien tôt du lit...

-Ne tente pas de me faire croire que tu as froid... Tu es au Portugal, pas dans ton pays tellement au Nord... Brr ! Fit-il en mimant un frisson.

Cueillant un baiser au passage, il s'installa devant son assiette débordante de victuailles, un petit sourire aux lèvres. Matteo prit la chaise à côté, emmêlant ses pieds aux siens pour le faire grogner, ce qui ne manqua pas d'arriver.

Il adorait l'embêter, sans que ça en soit aussi violent qu'avec USA ou France. Il pourrait alors être sûr que ça occupait son anglais et qu'il laissait ses papiers dans sa sacoche le temps d'une journée. À chacun sa victoire.

-Arthur ? Ça te dirait d'aller te promener ?

Son amant prit un air songeur au point qu'il ne put s'empêcher de se demander s’il avait été attendu. Mais il eut bien vite une réponse positive qui fut récompensée d'un baiser tendre.

-Je vais me préparer ! Lui signala-t-il en sortant de la cuisine.

Resté seul, Arthur savoura ses œufs.

X

-Le paysage est magnifique, tu ne trouves pas ?

Matteo se tourna vers son compagnon qui grognait contre les orties qui cherchaient à s'accrocher à ses chevilles. Il rit en l'entendant maudire la plante.

-Laisse-la, et viens plutôt voir ! La civilisation a certes planté ses pierres, mais ça reste une jolie vue !

Il l'attira à lui, mêlant leurs doigts, et posa sa tête sur son épaule. Il pouvait le sentir tendu contre sa joue.

Malgré la durée de leur relation, Arthur ne se faisait toujours pas aux contacts tendres qu'il lui adressait. Ça ne le peinait pas. Depuis le temps, il s'y était habitué. Bon, le temps et une bonne conversation, aussi.

-C'est une très belle vue...

Tournant un peu la tête, Matteo préféra observer son compagnon qui semblait absorber dans sa contemplation. Le soleil avait doré sa peau et éclairci sa chevelure. L'éloignement de sa patrie apaisait ses traits. Qu'il était beau son anglais !

-La mienne n'est pas mal non plus... souffla-t-il à son oreille.

Le regard vert croisa le sien, étonné, avant d'étinceler d'amusement et qu'un doigt vienne lui tapoter le nez.

-Charmeur.

-Avec toi, toujours.

Le Portugais pressa ses lèvres contre sa mâchoire avant de se redresser puis de le tirer après lui.

-Continuons la promenade...

Arthur le suivit sans protester, son imagination travaillait à plein régime. Est-ce qu'il avait compris ou son voisin d'outre-manche avait fini par déteindre sur lui ?

Des images plus excitantes les unes que les autres traversaient l'esprit alors que les minutes passaient en silence.

-Nous voilà arrivé ! Le prévint subitement Matteo en s'arrêtant brusquement.

Tournant la tête pour observer les environs, Arthur passa l’extrémité de sa langue sur ses lèvres subitement sèches. C'était un endroit tout à fait propice à...

-On va pouvoir pique-niquer, maintenant ! S'exclama son amant.

Il étala un grand drap où les plats furent installés, le tout sous le regard figé d’Arthur. Pique-niquer ? Mais il n'y avait qu'un mot sur les deux qui l'intéressait, lui !

Chassant les rougeurs qui lui chauffaient les joues, il s'assit à son tour sur le drap, captant le regard joyeux de Matteo qui le servit.

La nourriture était bonne, la température était agréable, la vue était belle, et il était avec celui qu'il aimait... Après tout, que demander de plus ?

Matteo lui vola ses lèvres entre deux plats, faisant sursauter son cœur.

C'était bien, finalement, de demander plus.