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Foire à l'OS

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Depuis une bonne heure, Islande observait le fier représentant des États-Unis se geler dans son jardin, arrosant la neige de ses éternuements alors qu'il tentant d'inviter Jökull à sortir pour jouer avec lui.

Mais celui-ci préférait amplement le regarder devenir lentement bleu de froid et perdre la sensation dans ses membres. C'était marrant.

Face à ses fenêtres au triple vitrage, portant un beau pull fait main, et buvant un chocolat chaud à petites gorgées, il continuait de profiter de son petit spectacle « Fredo chez les glaçons », répété presque toutes les semaines, ces derniers temps. Soit la maison blanche comptait le prendre sous son aile, soit son représentant s'ennuyait franchement. Ou il n'avait toujours pas compris que la neige, c'était froid et qu'un pays proche du cercle arctique, c'était pas la Floride.

Jetant un œil à une horloge proche, il se mot à décompter intérieurement avec une impatience réprimée. Arrivé à zéro, il prit une nouvelle gorgée alors que ce cher héros tournait les talons, vexé.

Bien fait.

Une fois sûr du départ de la nation, Jökull sortit de sa maison douillette, frissonnant à peine, une pelle à la main, et commença à effacer la trace du passage de l'importun qui n'avait aucune manière et pourrissait sa belle allée aux bordures glacées en aplatissant les monticules gelées sous ses semelles en cuir.

Quel mufle !

Une fois le passage déblayé, il rangea l'outil et alla chercher son blouson, dans le but d'aller se promener, maintenant que sa distraction était finie.

Quelque chose qu'il aimait beaucoup chez lui c'était la tranquillité. Sa population n'était pas assez importante pour recouvrir la surface de son territoire, éloignant ainsi les bourgades les unes des autres de plusieurs dizaines de kilomètres.

Bien utile quand on voulait se promener dans la nature.

Il se fit héler par son macareux qui vint se poser sur son épaule, bien décidé à emplir l'air froid de ses phrases moqueuses et de son ton agaçant.

Jökull ne réagit pas à ses piques, habitué à la longue, ignorant ses propos, ses pieds s'enfonçant dans la neige craquante, plissant les yeux à cause de la réverbération du soleil.

Sa promenade n'avait aucun but particulier, alors ses pas le ramenèrent chez lui. Sauf qu'au lieu de pouvoir tranquillement retourner épousseter ses bibelots, il devait faire face à l'autre imbécile de blond.

Non, pas Danemark. L'autre accro au fast-food.

Et ouais, Alfred était revenu, changeant ses habitudes d'une visite par jour, le surprenant par cette étincelle de génie.

Comme quoi, l'évolution n'était peut-être pas tant foutue que ça. On pouvait avoir encore un espoir pour l'humanité. Et pour Alfred, surtout.

-Te voilà enfin ! Je te cherche depuis un bout de temps ! s'exclama-t-il. Tu étais en vacances ?

La naïveté du blond était parfois bien pratique…

Mais à la place de lui répondre, Jökull le dépassa et sortit ses clés de sa poche, déverrouilla sa porte et la claqua derrière lui dans une attitude prouvant le manque d'envie de converser.

N'importe qui s'en rendait compte. Mais pas Alfred. Surtout pas Alfred. Alfred était au-dessus de tout.

Donc, c'est tout naturellement qu'il toqua à la porte fermée, s'attendant à ce que le propriétaire des lieux lui ouvre, et même lui propose une part de gâteau.

Tout le monde avait du gâteau dans ses placards ! Même Angleterre ! Mais lui, on évitait d'en manger.

Par contre, il eut beau tambouriner, l'entrée lui fut refusée.

Au bout d'une heure, il aperçut même Jökull savourer une tasse derrière la vitre juste à côté, l'air aussi blasé qu'à l'ordinaire bien qu'une très légère courbure au niveau de ses lèvres était visible.

Un semblant de sourire, en somme.

À court d'idée, Alfred lui fit une moue de chien battu mais ça ne parut pas le déstabiliser. Quel coeur de pierre. Il en avait fait une de ses plus grandes armes depuis son plus jeune âge !

Pour la peine, il s'assit à l'entrée, bras croisés, joues gonflées. Mais pas trop longtemps, non plus. Il faisait outrageusement froid !

Alors, il resauta sur ses pieds et reprit son manège.

Il avait pu se rendre compte que les nations les plus vieilles avaient juste un peu plus de patience que les plus jeunes, et que lui avait plus d'énergie encore ! Il l'aurait à l'usure, comme tous les autres !

-Qu'est-ce que tu veux, à la fin ? Soupira Jökull.

Pas fou, il avait ouvert la fenêtre et non la porte, le toisant depuis son intérieur chauffé, les bras croisés.

Alfred se colla le plus près possible, son sourire s'agrandissant encore, alors qu'il fouillait dans sa poche avant de tendre son bras au-dessus d'eux, se penchant sur l'Islandais bien trop rapidement.

Et plus encore lorsqu'il l'embrassa, agitant son brin de gui.