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Foire à l'OS

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Inde avait l'air soucieux, se grattant la tête avec son crayon.

Tout était bon. Du plus ridicule détail au plus gigantesque ensemble. Tout.

Bref, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, à première vue.

-C'est pas possible, c'est pas possible, marmonnait-il.

Mais non, rien n'y faisait, il manquait la pièce principale. L'attraction la plus importante. Le clou du spectacle.

Les éléphants.

Il manquait les éléphants.

Lorsqu'il s'en était rendu compte, il avait sauté sur son téléphone et son carnet d'adresses, harcelant son large-très large-cercle de connaissances afin de dénicher ces animaux qu'il aimait tant.

Mais rien. Nul n'avait de pachyderme à lui louer. C'était aussi étrange que préoccupant. Mais ce n'était pas vraiment le moment de se pencher dessus, peut-être plus tard. Genre, lorsqu'il aura autre chose à réfléchir. Et qu'il aura du temps à perdre.

-Une fête n'en est pas une sans éléphant, se plaignit-il à son entourage.

Il ne reçut que des encouragements et des petits sourires.

Certes, un éléphant était un incontournable, mais ce n'était pas si grave non plus… Du moins, aux yeux des autres. Pour Kalpesh, c'était une autre histoire.

-Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à Thaïlande ? Demanda Vietnam.

Pour le coup, il se sentit très bête. Comment avait-il pu l'oublier dans une affaire pareille ? De tous, Sanouk était celui avec lequel il s'entendait le mieux.

Peut-être était-ce parce qu'ils partageaient le même amour pour les éléphants ou le fait qu'ils soient les deux aînés de la fratrie asiatique (Chine, c'était le papa). Aucun des deux n'avait vraiment fouillé ou cherché à savoir, c'était ainsi et puis c'était tout.

Alors vite, il quitta sa sœur plus jeune aussi poliment que possible-mais elle se contenta de lever les yeux au ciel-et il fonça compulser de nouveau son répertoire afin d'y retrouver le numéro du frère sauveur.

Là, si ça ratait… Autant tout annuler et se cacher sous sa couette jusqu'au Nirvanâ ! Au moins. De toutes façons, difficile d'aller plus loin.

Contre son oreille, la tonalité résonna. Longuement. Et merde…

Le fuseau horaire, évidemment.

Ce n'était rien, une heure cinquante, mais quand il était déjà plus de vingt et une heures ici… Eh bah c'était déjà trop tard ! Il allait se faire verbalement tuer. Oups.

En se rappelant cette information, il n'en voulut pas à Sanouk de grogner au téléphone d'une voix basse et menaçante. Vive la distance ! Surtout que, de souvenir, il avait toujours une arme sous son oreiller.

Difficile d'oublier ce lendemain de fête où, voulant surprendre le Thaïlandais, il s'était jeté sur lui-accompagné d'autres membres de leur fratrie-pour lui faire peur, initialement. La frousse, finalement, c'est lui qui l'eut, se retrouvant avec une lame bien aiguisée un peu trop près de sa gorge. Bien trop près.

Réveiller Sanouk était mauvais pour la santé.

D'une voix peu assurée, Kalpish lui présenta la raison de son appel, croisant les doigts. Pour que sa-future-mort lui soit au moins fructueuse. Ce sera toujours ça de bien.

-Alors ? Tu es d'accord ?

La tonalité lui répondit, lui faisant comprendre que soit son interlocuteur lui avait raccroché au nez, soit il s'était endormi pendant son discours.

Chouette.

C'est donc à moitié geignant qu'il alla se coucher. Le monde entier était contre lui. Lui et ses fêtes. Bah tant pis, il la fera quand même, et tant pis pour ces empêcheurs de tourner en rond.

Et aussi tant pis pour les éléphants.

Il fut tout aussi râleur lorsque sa sonnerie de portable le réveilla en sursaut au petit matin. Mais toute trace de sommeil parut disparaître lorsque « Sanouk » apparut sur l'écran. Vengeance de l'appel trop tard ou véritable réponse ?

-Je ne te réveille pas trop tôt, j'espère ? Ricana sa voix dans le téléphone.

Okay, vengeance.

C'était revanchard ces petites bestioles, fallait pas croire.

-Ta gueule, râla l'Indien. Si t'as pas d'éléphant à me prêter, oublie ce numéro de téléphone jusqu'à la fin du mois.

Un barrissement plus que violent le fit sursauter.

-Je ne laisserais jamais mon petit-frère chéri sans éléphant, voyons.

-Garde ta voix mielleuse et aboule les éléphants ! Et c'est moi l'aîné !

Sautillant sur son lit et mettant à bas sa couette, Kalpish maudit l'amour du dramatique de son frère qui s'amusait de son impatience.

-J'ai passé quelques appels à des connaissances, tu vois… Et, il se pourrait, il se pourrait bien qu'une d'entre elles avait la possibilité de te fournir ce que tu cherches.

La conversation se poursuivit mais Inde n'écoutait déjà plus, plus qu'enthousiaste.

Il le fut moins lorsqu'il accusa réception d'une énorme peluche d'éléphant.