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J'attendrai ici

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Le français n'est pas ma langue maternelle, je ne l'étudie pas depuis longtemps. Je traduis mes fanfictions seulement pour m'entraîner. J'espère que ce soit au moins compréhensible. Ne soyez pas trop dur avec moi :')

 

J’attendrai ici

 

La nuit laissait transparaître les rayons de la lune dans ma peau.

Je ne savais pas où aller.

J’errais sans but, à la recherche d’un truc dont me nourrir, la soif se serrait autour de ma gorge.

Je ne pouvais pas formuler des pensées cohérentes, je ne sentais que l’instinct me tranches. Je ne m’étais jamais senti tant un animal.  

J’ignore ce que m’attira dans ce pub. Peut-être un léger désir de survivance, penser que là-dedans j’aurais finalement rencontré ce que je cherchais.

Et c’avait été comme ça. J’avais trouvé la raison pour laquelle continuer à exister.

 

*

 

C’était le 1948. Ça fait des décennies, mais le souvenir de ce visage serait resté pour toujours gravé dans mon esprit, perpétuellement cristallisé dans la glace de mon cœur.

Je me demande souvent ce qui a convaincu Alice à faire confiance à cette vision. Elle croit peu aux personnes, elle soutient qu’elles changent trop souvent ses décisions, leur esprit est un dédale noueux de sensations qui peuvent conduire à millions de chemins différents.

Cependant, ce jour elle m’attendait. Je ne lui ai jamais demandé combien de temps elle avait été là, et combien encore elle aurait résisté avant de renoncer.

Probablement, pour l’éternité. En quelque sorte, hors de ses visions, elle savait que tôt ou tard je serais arrivé.

Je l’observe. On est dans notre chambre, en essayant d’occuper l’énième nuit infinie.

Être un vampire a ses avantages, mais je ne nie pas que l’ennui ne fait pas partie de ceux.

Je ne sais pas ce que je ferais sans ma petite Lunatique. Avec son être énervante, presque obsessive, mais incroyablement intense, elle est capable de transformer le lent mouvement de l’horloge en heures qui glissent sur nous sans même qu’on le réalise.

Elle se retourne vers moi, elle voit que je la regarde.

« Qu’est-ce que penses-tu, Whitlock ? » elle me demande ; moi, j’hausse les épaules.

« Je pense à toi, Alice. Sinon quoi ? » je réponds, avec un sourire. Elle lève les yeux au ciel, mais elle ne peut pas cacher le fait qu’elle est ravie.

« Bien sûr. Il y a rien d’autre à faire, donc pourquoi ne penser pas à la petite vampire folle, non ? » elle ironise. Je m’approche d’elle et je la prends dans mes bras.

« En fait, je pensais à un truc qui est arrivé en 48. » je murmure à son oreille. Son visage s’éclaire.

« Ah, le 1948. Très bonne année, je dois dire. »

 

*

 

« Tu dois être Jasper. » elle me dit, avec un sourire. La profondeur de ses yeux, pleines de ces veinures de couleur miel, m’enchantait.

« Oui, c’est moi. Mais vous… » elle ne me laissa pas conclure, et elle éclata de rire.

« Bon sang, ça t’a pris du temps ! Je croyais que tu serais plus arrivé. » elle prit ma main et elle me traîna hors du bar. Je la suivais, comme incapable d’arrêter de marcher.

Je ne comprenais pas bien ce qui m’arrivait ; ma formation militaire m’empêchait de suivre comme ça une étrangère ; la dernière fois que mes sens m’avaient convaincu à suivre une femme, j’étais devenu un vampire.

Mais je savais qu’elle était différente. Elle n’avait rien en commun avec Maria, Lucy et Nettie. Elles représentaient le prototype de la femme fatale, elles existaient pour attirer leurs proies, à l’instar de plantes carnivores.

Alice, plutôt, paraissait presque une enfant. Infantile était son sourire, infantile était sa façon de marcher et cela de parler. Juste ses yeux semblaient ceux d’une femme, d’une femme qui cachait un secret.

Plus en avant dans le temps j’aurais découvert que le secret qu’elle gardait était parfaitement inconnu pour elle aussi.

Je ne pus pas lui refuser ma confiance. Elle ne m’aurait pas fait du mal, j’avais cette sensation jusqu’à mes viscères.

 

*

 

« Je t’ai causé pas de souci. Tu t’es réveillée et j’étais là à t’attendre. » il lui dit, d’un ton enjoué. Elle fronce les sourcils.

« Tout d’abord, c’est pas comme ça. J’ai passé du temps toute seule avant d’avoir cette vision. Et ensuite, j’ai souffert la peine de l’inconnu, j’avais pas rien auquel m’accrocher. Donc je suppose que… eh bien, je te méritais. » elle conclut. Je m’éclate de rire.

« Peut-être. C’est moi qui mérite pas toi, Alice. » je murmure, en la faisant bondir.

« Fais pas le mélodramatique, Jazz. » elle me reproche. Je m’éloigne, pour prendre la place devant la fenêtre qu’elle vient d’occuper.

« Tu peux pas nier que c’est comme ça. D’ailleurs, chaque fois que toi et moi, ou que tous les Cullens ont été en danger, ça a été pour ma faute. À cause de ma soif. » je le fais remarquer, mais je ne change pas son expression.

« Jasper Whitlock, tu es ridicule. Premièrement, il faudrait pas oublier James et Victoria. Je crois qu’ils ont été le plus gros problème. Deuxièmement, ta soif est partie de ce que tu es, et c’est une chose qu’on sent aussi, au cas où tu l’as remarqué pas. » elle adoucit son ton et elle me sourit, en passant sa main dans mon visage. « Et je vais te dire, je te préfère quand tu as les yeux si noirs. Ça me rappelle de la première fois que je t’ai vu. » elle ajoute, doucement.

« Tu as une terrifiante fascination pour les trucs dangereux. » je murmure et elle éclate de dire.

« Si tu t’inclues dans les trucs dangereux… ouais, une fascination viscérale. » elle plaisante. Je m’approche de son visage et je l’embrasse, délicat.

« Je t’aime. » je murmure après, et Alice hoche la tête avec satisfaction.

« Je t’aime aussi. D’ailleurs, c’est la félicité suprême dans la vie : être aimé pour ce qu’on est. » elle laisse échapper un sourire. « En fait : malgré ce qu’on est. »

Je hoche la tête et je lui donne une tape sur l’épaule.

« Le fait que tu m’aimes malgré ce que je suis te rend encore plus folle de ce que je croyais. » je le dis, en grimaçant. Alice se relève et elle embrasse mon front.

« Mais je parlais de moi-même, Whitloch. » elle dit, d’un ton doux, pour ensuite sortir vite de la chambre, en me laissant avec une expression stupéfaite dans le visage.

Je ne peux pas croire à quel point cette fille est insensée. Elle a toujours été capable de renverser la situation en sa faveur, de me faire taire chaque fois que je commence à montrer ma culpabilité.

C’est l’une des raisons qui la rendent si spéciale.

En plus de tout ce qu’elle représente dans ma vie.

 

*

 

« Comment sais-tu qui je suis ? » je le demandai, soudainement intimidé par cette fille, haute près de la moitié de moi, qui toutefois était capable de me faire sentir mal à l’aise.

« Disons que… j’ai une perception déformée de la réalité. » elle me répondit, en réussissant à peine à cacher un sourire.

Je continuai à marcher par inertie, incapable d’arrêter de la regarder. Je pouvais sentir sa désarmante sincérité, mixte à un sentiment de soulagement que je trouvai presque incroyable.

Je ne le savais pas encore, mais j’avais été le salut pour cette jeune vampire incompréhensible, autant qu’elle l’avait été pour moi.

On marcha longtemps, jusqu’à on arriva à cela qu’elle savait qui était chez nous. Je ne lui demandai rien, je lui avais fait confiance une première fois et ça aurait été fou ne le faire pas la deuxième.

Je savais que c’était un nouveau départ, que Jasper Whitlock mourait ce jour.

Je devins Jasper Hale, mari d’Alice Cullen. Une femme qui m’aime, et qui se laisse aimer.

Malgré tout ce qu’on est tous les deux.

Parfaits, l’un pour l’autre.