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Ton souffle sous ma peau

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Il y avait quelque chose de presque hypnotique dans la façon dont la bouche de Loki épousait parfaitement la forme du bâillon. Dans le contraste saisissant des couleurs ; le rouge vif de ses lèvres, le blanc précieux de ses joues et le noir intense du cuir. Cette vision seule était indécente, magnifique. Mais c’était sans compter sur le vert sombre de ses yeux qui le fixait entre ses cils lourds. Le fixait, le suppliait, le remerciait. Et tellement plus encore.

Tony n’avait jamais manqué d’être estomaqué par l’expressivité de ces deux orbes d’un émeraude qui tirait tantôt sur le saphir, tantôt sur l’obsidienne. Et elles ne l’étaient jamais davantage que lorsqu’il était privé de la parole, lorsqu’il n’avait qu’elles pour exprimer ce qu’il ne pouvait plus formuler. Dans ces moments-là, il était tout simplement à couper le souffle et le super-héros se retrouvait bien trop souvent à en admirer chacun de ses traits, à en savourer chacun de ses gémissements étouffés.

Cependant, rien ne valait l’instant où il le libérait enfin, détachant et éloignant le bâillon de son visage avec une infinie douceur. Alors ils prenaient tous deux conscience du monde qui les entourait tandis que l’euphorie retombait lentement. La bouche abîmée, le menton couvert de salive et la respiration rauque, Loki peinait à lever le voile qui embuait son regard. Mais Tony était là et le couvrait de ses mains, de ses baisers, embrassant son front perlé de sueur, ses joues marquées par les lanières, sa gorge enrouée des râles qu’il avait poussé encore quelques minutes plus tôt. Il l’embrassait et, peu à peu, son amant revenait à lui, répondait aux caresses.

Tout son corps s’électrisait à nouveau sous les louanges de son humain et de la promesse implicite qu’il le réduirait de nouveau très bientôt au silence.

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« Est-ce que c’est ta façon de me dire que je passe trop de temps ici ? interrogea Tony en agitant les sourcils, un rictus aux lèvres. »

Torse contre torse, les mains de son amant sur ses hanches l’obligeaient d’une pression ferme à reculer lentement à travers son atelier en désordre. Il n’en était pas sorti depuis trente-deux heures et vingt-sept minutes, si son compte était bon. Il n’avait évidemment pas dormi, ni mangé durant ce même laps de temps, s’était contenté d’avaler du café par litres pour rester concentré. Il ne s’arrêta que lorsque ses reins rencontrèrent le bord d’un des nombreux bureaux sur lesquels régnait un chaos sans nom.

« C’est ma façon, répliqua Loki d’un ton calme, se retenant de lever les yeux au ciel, de te dire que tu as besoin de sommeil. » Il courba l’échine pour embrasser son humain, frottant leur nez l’un contre l’autre. « Maintenant, penche-toi et écarte les jambes.

– Oui, mon dieu. »

Le dieu en question renifla, amusé de la vigueur du mortel à obéir. Il le regarda débarrasser la surface du bureau comme il put, empilant des croquis dans un coin, éloignant les nombreuses tasses vides où stagnait encore un fond de café froid, avant de s’installer enfin sur les coudes. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, il remua son bassin. Cette fois, Loki ne parvint pas à se retenir de lever les yeux au ciel.

« Il n’y a bien que dans ces moments-là que je suis ton dieu, remarqua-t-il tandis que ses mains attrapèrent le t-shirt de Tony et glissèrent dessous, effleurant la peau tiède qui se couvrit instantanément de frissons.

– Tu sais bien que tu l’es tout le temps. »

Sa voix était plus basse, déjà, et le mage laissa un sourire traverser son visage.

« Je tâcherai de te le rappeler en temps voulu dans ce cas. »

La réplique du super-héros, quelle qu’elle fût, mourut dans sa gorge quand Loki fit déraper ses ongles le long de son ventre jusqu’à sa gorge en prenant bien soin de toucher chaque endroit particulièrement sensible au passage. Tony gigota sous lui. Il se figea néanmoins en sentant l’érection du dieu épouser la courbe de ses fesses. Le sourire qui naquit au coin de sa bouche disparut dans le dos de sa main, qu’il mordit pour contenir un gémissement en sentant les dents de son amant agripper son t-shirt et le remonter sur ses omoplates.

Sa langue fut sur sa peau en un éclair et Tony poussa un peu plus son corps contre le sien. Il sourit davantage en sentant Loki lui répondre et se frotter contre lui, ses ongles reprenant leur course cruelle et délicieuse au travers de son torse. Le front sur le bureau, il apprécia la fraîcheur qu’il lui apportait tandis que le reste de son corps paraissait sur le point de s’embraser.

Il sursauta en réalisant que la bouche de Loki n’était plus sur son dos, mais contre son oreille.

« Consens-tu à aller au lit désormais ? »

Tony eut à peine le temps d’acquiescer avec force que, déjà, il sentait le picotement désagréable de la magie du dieu l’envelopper et la dureté du bureau être remplacée par la douceur de ses draps. Peut-être qu’un peu de sommeil ne lui ferait pas de mal, en effet.

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Le visage princier et magnifique de Loki entre ses jambes ne cesserait jamais de l’émerveiller, sa concentration évidente sur son front plissé et ses sourcils froncés tandis que sa bouche s’activait un peu partout à l’intérieur de ses cuisses. Parfois, un mince sourire venait la rehausser timidement quand le corps de Tony s’arquait ou qu’un frisson particulièrement violent le traversait de part en part. Alors, ses doigts se refermaient avec plus de force sur ses hanches, pas assez pour laisser des marques, mais suffisamment pour lui rappeler qu’il le pouvait s’il voulait. Il pouvait même le briser si l’envie lui prenait. Qu’est-ce que Tony pourrait faire ? Il n’avait pas le moindre espoir face à un dieu.

C’était sûrement cette raison précise qui faisait courir des décharges d’adrénaline le long de ses muscles. Le génie avait toujours aimé le danger, aussi insensé et suicidaire cela pouvait-il être. Et être à la merci du Dieu du Chaos en personne ? C’était un danger étourdissant qui avait tendance à l’exciter un peu trop pour son propre bien.

Une paire de mâchoires se referma et s’enfonça dans la chair fragile près de son sexe et Tony bondit, chercha à échapper à l’éclair de douleur qui lui fit voir des étoiles l’espace d’une seconde, mais les épaules de Loki l’empêchèrent de resserrer ses genoux. Un son guttural fusa de ses lèvres entrouvertes. Un instant, il crut que l’orgasme l’avait frappé de plein fouet, mais il réalisa rapidement qu’il était toujours aussi dur contre son ventre, si ce n’était plus encore. Il s’obligea à respirer pour faire remonter un peu de sang à son cerveau et ainsi articuler les quelques mots qu’il avait sur le bout de la langue.

« Quand tu disais vouloir me dévorer, je pensais pas que tu parlais au sens propre.

– C’est pourtant bien plus intéressant que le sens figuré, répliqua son amant à travers son sourire on ne peut plus satisfait. Tu es délicieux, Anthony, te l’ai-je déjà dit ?

– Pas le souvenir, marmonna l’intéressé alors que la langue – d’argent – reprenait son cruel traitement à l’endroit même où des traces de dents devaient apparaître. »

Il avait hâte de les voir de lui-même et de les effleurer. Peut-être même qu’il appuierait dessus pour sentir de nouveau cette sensation de douleur et plaisir mêlés.

« Eh bien voilà une nouvelle injustice que je vais devoir venger. Qu’en penses-tu, Avenger ? »

Tony n’était plus tout à fait en état de penser à l’heure actuelle, même s’il se garda bien de le lui faire remarquer. Tendu d’appréhension, il attendait le moment où Loki le mordrait une nouvelle fois. Parce qu’il le ferait. Il n’était pas du genre à se contenter d’un seul essai et comme le génie ne l’avait pas repoussé ou ordonné d’arrêter, il n’avait aucune raison de ne pas recommencer. Et il priait pour qu’il recommence dans la prochaine minute sans quoi il était à peu près certain de se mettre à hurler.

Évidemment, Loki, dans son infinie bonté, s’exécuta presque aussitôt, un peu plus bas sur sa cuisse, à un endroit où la peau n’était pas moins sensible, mais qu’il mordit pourtant avec plus de vigueur. Tony gémit, une longue plainte tout droit venue du fond de sa gorge. Une partie encore plus ou moins cohérente de son esprit se demanda s’il avait réussi à déchirer la chair. S’il saignait. Cette seule pensée envoya un autre frisson sur son échine et il se mit à avoir du mal à respirer.

« Anthony ? s’inquiéta le dieu, les dents maintenant remplacées par la douceur de ses lèvres.

– Continue, lâcha le super-héros dans un râle. Lokes, continue. »

Il sentit le sourire de son amant tandis qu’il déposait un dernier baiser près de son genou.

Loki n’eut besoin de le mordre que trois fois de plus avant que Tony fût enfin secoué par un orgasme qui le laissa tremblant des pieds à la tête, le goût du sang explosant dans sa bouche quand celle du dieu vint lui voler son souffle.

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C’était probablement un cliché du plus mauvais goût, mais Tony commençait à y connaître un rayon en matière de clichés qui, fut une époque, lui auraient fait lever les yeux au ciel et qui, désormais, rythmaient son quotidien. Preuve en était du dieu s’étalant au milieu des draps de soie et dont les derniers rayons du soleil s’écrasaient en une mosaïque d’ombres et de lumières sur son visage. Les reflets fauves se confondaient avec le rougissement qui dévorait ses joues jusqu’à la pointe de ses oreilles, que le super-héros se faisait un plaisir d’embrasser.

Ils étaient si proches qu’ils partageaient le même air, échangeaient leurs respirations comme ils s’échangeaient des regards amusés éclairés de tendresse. Les doigts de Loki n’en finissaient plus de caresser le dos de Tony, de ses reins et escaladant ses côtes pour atteindre ses épaules et sa nuque auxquelles il s’agrippa avec force quand le génie poussa un peu en lui. Ce dernier se figea et s’empressa de poser ses lèvres sur le menton de son amant.

« Ça fait longtemps ? demanda-t-il, par curiosité et surtout pour le distraire.

– Plus que tu ne l’imagines. »

La réponse lui plut et déplut tout à la fois. Il préféra néanmoins ne pas trop s’y attarder, ils auraient tout le temps d’en discuter plus tard.

« OK. Dis-moi si tu veux arrêter.

– Je veux que tu te taises et que tu m’embrasses un peu mieux que cela. »

Tony ricana, mais obtempéra avec joie. Les avant-bras de part et d’autre de la nuque de l’immortel, il n’eut qu’à incliner le front pour rencontrer sa bouche tendue vers lui. Aussitôt, les longues jambes se resserrèrent plus fermement autour de sa taille et les bras, tout aussi longs, emprisonnèrent son cou en une prison dont il était le plus heureux des prisonniers. Il était certain que si le nectar et l’ambroisie devaient avoir un goût, ce serait celui de Loki.

Il mit fin au baiser à contre-cœur – il n’était qu’un piètre humain et il avait le besoin primitif et odieux de respirer.

« Beaucoup d’exigences, articula-t-il, essoufflé.

– Je suis un dieu, répliqua Loki de son rictus aussi insupportable qu’irrésistible.

– Difficile de l’oublier. »

Les doigts dans ses cheveux l’obligèrent à courber l’échine pour l’embrasser de nouveau. Cette fois, quand il roula des hanches, le dieu gémit dans sa bouche et appuya sur ses fesses avec ses mollets. Loki était parfait. Tony n’en avait jamais réellement douté, mais, à présent, c’était plutôt évident. Du genre évident-avec-inscription-sur-grand-écran-lumineux-et-clignotant-de-toutes-les-couleurs. Éblouissant. Il enfouit son nez dans le cou de son amant, tentant de reprendre son souffle et de s’empêcher de jouir en même temps. Ce qui était sans doute la mission la plus compliquée de toute sa carrière.

« Putain de merde... Lokes.

– Ne sois pas vulgaire, Anthony.

– T’en demandes vraiment trop là par contre. »

Il soupira et, même sans le voir, il l’imagina aisément rouler des yeux.

« Très bien, dans ce cas si tu pouvais avoir l’obligeance de bouger. Je ne me souviens pas t’avoir demandé de rester là à m’écraser.

– T’écraser. Je croyais que t’étais un dieu. Tu fais genre trois cents kilos.

– Deux cent trente huit.

– Donc je t’écrase pas.

– Mais tu ne bouges pas non plus. »

Et parce que Tony détestait avoir tort, il s’enfonça jusqu’à la garde d’un seul mouvement, tirant un petit bruit aigu à Loki, qui s’arqua et exposa sa gorge à la bouche du génie. Il ne perdit pas un instant pour la couvrir de baisers, une de ses mains caressant son front, écartant les mèches de cheveux qui traînaient là et le dieu se détendit aussi vite qu’il s’était tendu. Les mouvements du mortel étaient lents, pas tout à fait réguliers, mais contrôlés, touchant leur but chaque fois que leurs hanches se retrouvaient.

« Je vais t’écraser avec le poids de mon amour, t’auras le droit de te plaindre à ce moment-là.

– Si tu ne m’écrases pas avec le poids de ton ego avant. »

Le rire de Tony atterrit directement sur le sourire de Loki.

« Pourquoi tu me laisses jamais être romantique ?

– Sûrement parce que je n’ai pas l’habitude.

– Ou peut-être parce que ça te gêne ? devina-t-il en effleurant la délicate nuance de rouge sur ses joues. » Le dieu ne répondit pas, ce qui était une réponse on ne peut plus suffisante pour le génie. Il embrassa sa pommette. « De savoir que le poids de mon amour pour toi est plus lourd que le poids de mon ego. C’est pas une mince affaire. »

Il sut avec certitude qu’il avait raison quand le rouge vira au cramoisi et que son amant tenta de cacher son visage dans l’oreiller. Il ne lui en laissa pas le temps cependant, saisissant sa bouche d’un baiser fiévreux et accélérant le rythme de son bassin. Les mains de Loki ne le lâchèrent pas une seule seconde, cramponnées à lui comme s’il avait peur qu’il ne s’évapore ou qu’il ne soit qu’un rêve.

Et peut-être que ce n’était encore qu’un cliché digne des comédies romantiques les plus mièvres, mais Tony sentit son cœur imploser d’amour lorsqu’ils jouirent ensemble et que son prénom franchit les lèvres tremblantes de Loki.

Si c’était ça, il acceptait volontiers de vivre dans un cliché.

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Loki baissa les paupières un court instant et, quand il les releva, l’illusion s’estompa, révélant autour de sa nuque pâle un collier de cuir noir. Il était simple, seulement agrémenté d’une chaîne sur le devant et d’un anneau que Tony s’empressa d’attraper pour l’attirer à lui, clamant sa bouche en un baiser possessif. Le dieu se laissa faire, pliant contre son amant, se courbant volontiers pour épouser sa silhouette plus petite.

« Je savais qu’il t’irait bien, murmura-t-il sans toutefois se détacher, mais je pensais pas à ce point-là. C’est encore mieux que ce que j’imaginais. » Ses lèvres migrèrent sur sa joue, sa mâchoire, s’attardant un instant dessous, à l’endroit où la chair était si facile à déchirer, puis le long de sa nuque. Loki ne put que basculer la tête en arrière, lui donnant plus d’espace. « Merci de l’avoir porté toute la soirée. »

C’était la première fois qu’il le portait en-dehors de leurs jeux bien à l’abri de leur chambre à coucher. Mais c’était aussi lui qui avait amené l’idée au détour d’une conversation, hésitant quant à la réaction de Tony. Quelle n’avait pas été sa surprise – et son soulagement – de voir le regard d’ordinaire déjà si sombre se noircir encore un peu plus de désir avant de l’embrasser jusqu’à le rendre pantelant et gémissant entre ses bras. Il fut ainsi décidé qu’il le porterait, recouvert d’une illusion, à la prochaine réception organisée par Stark Industries.

Bien sûr, personne n’avait été au courant, mais ce n’était pas l’important. Ils n’avaient pas besoin que les autres le vissent. Ils n’avaient même pas besoin de le voir eux-mêmes. Parce qu’ils savaient. Il était là. Chaque fois que Loki déglutissait, il le sentait, la brûlure insatiable du cuir sur sa nuque et la fraîcheur électrisante de la chaîne sous sa pomme d’Adam, comme un rappel constant qu’il était la propriété de Tony Stark. Ce petit mortel qui s’assurait de le dévisager depuis l’autre bout de la pièce, de garder ses yeux prédateurs rivés sur lui, même quand il tenait une conversation des plus sérieuses.

Très vite, il lui avait fallu lutter contre le tournis qui n’avait pourtant rien eu à voir avec les maigres gorgées d’alcool qu’il avalait du bout des lèvres. Aucune liqueur des Neuf Royaumes réunis ne saurait lui faire tourner la tête comme le faisait son amant.

Ce dernier profita de son moment d’égarement pour s’emparer de ses mains et les poser sur sa gorge. Loki revint à lui immédiatement, ouvrant la bouche pour mieux respirer, plongeant son regard dans celui de Tony, refusant de manquer la moindre étincelle qui y brillait, le moindre de ses souffles. Il voulait tout voir, tout sentir, tout toucher, tout goûter, tout entendre. Il voulait se fondre en lui et le garder contre son âme jusqu’à la fin des temps et bien au-delà encore.

Une main à l’arrière de son crâne, l’autre sous sa mâchoire, le mortel était prisonnier de son emprise. Il ne serrait pas. Pas encore. Pas tout le temps que Tony ne lui en aurait pas donné l’autorisation. Ses doigts autour du poignet de Loki, c’était lui qui donnerait le signal. En attendant, ils profitaient du calme avant la tempête, inspiraient l’air que l’autre expirait, tentaient de déchiffrer les secrets de l’univers au fond de leurs pupilles dilatées.

Et quand, enfin, Tony pressait son poignet, Loki pressait sa gorge et avalait le long gémissement qu’il ne manquait jamais de lui dérober. Ils possédaient chacun leur collier bien à eux et pour rien au monde ils ne l’auraient échangé.

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Langue d’Argent ; est-ce qu’il était seulement possible, décemment acceptable même, de mériter un surnom à ce point ? C’était ce que Tony se demandait, du moins essayait, entre deux courts-circuits de son cerveau, et bientôt de son cœur, il en aurait mis sa main à couper tant il se sentait défaillir à chaque seconde qui s’écoulait et le réduisait à une marionnette désarticulée, tandis que la langue, la langue, de Loki s’activait le long de son sexe. Cette langue était le vice incarné. Le péché dans tout ce qu’il avait de plus cruel et archaïque. La tentation à l’état brut.

Et Tony n’était pas homme à résister à la tentation, quelle qu’elle fût. N’était pas homme à ne serait-ce que songer à y résister. Il s’y précipitait tête la première et avisait ensuite pour en assumer les conséquences.

Pourtant, il ne se souvenait pas avoir jamais connu conséquences plus agréables que celles qui se diffusaient dans ses veines à cet instant et faisaient exploser un feu d’artifices, spectaculaire et étourdissant, au creux de son ventre. Et chaque coup de cette merveilleuse langue l’envoyait toujours un peu plus loin dans une galaxie où les Étoiles lui souriaient et où la Lune et le Soleil dansaient une valse éternelle.

Il aimait recevoir des fellations, c’était indéniable, il y avait toujours pris beaucoup de plaisir, mais jamais autant que depuis que Loki était entré dans sa vie et s’était fait un malin plaisir, une jouissance presque sadique, de bousculer ses certitudes et renverser tout son monde. Il y avait eu les fellations avant Loki et puis il y avait les fellations depuis Loki.

Et il espérait que personne n’attendait de lui qu’il parvînt de nouveau à se contenter d’autre chose que ce que Loki lui offrait, parce qu’il n’en serait pas capable. Même avec tout la bonne volonté de l’univers, même si on lui mettait un couteau sous la gorge, qu’on le menaçait de tous les plus atroces supplices, il n’en serait pas capable. Les lèvres, fines et rouges et parfaites, se refermèrent avec plus de vigueur autour de la base de son sexe comme pour en approuver sa pensée et ses reins se cambrèrent, ses doigts s’accrochèrent à l’oreiller où son crâne s’enfonçait avec toujours plus d’abandon.

Impossible. C’était beaucoup trop bon pour vouloir aller voir ailleurs.

Le souffle court, il croisa le regard, terriblement satisfait de lui-même, de son amant, qui avait en prime l’audace de sourire. Et Tony sut que sa perte était dans ce sourire. Elle l’avait toujours été. S’installant un peu plus confortablement entre ses cuisses écartées, il se mit à embrasser chaque parcelle d’épiderme à sa disposition. À la couvrir de baisers et de morsures et de rires discrets et de mots tendres et de promesses absolument scandaleuses et enfin de sa langue si talentueuse qui le fit trembler de tout son être.

Il était si proche qu’il ne fallut pas grand-chose pour venir à bout de sa résistance. Loki, dans toute sa grâce naturelle qui en paraissait presque innocente tant il la portait avec magnificence, avala jusqu’à la dernière goutte de son plaisir qui séchait déjà sur son ventre.

Tony reconnut à peine sa voix éraillée quand il parla, le cœur en désordre et la respiration au bord de la noyade.

« J’adore ce nouveau piercing, bordel. »

Tout près de lui, le matelas s’affaissa et la bouche de Loki fut sur la sienne dans l’instant. Contre sa langue, la petite perle d’argent lui déclencha un nouveau frisson alors qu’ils souriaient tous les deux.

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Tony détestait quand Loki devait s’absenter pour plusieurs semaines à Asgard. Plusieurs semaines qui, pour le dieu, n’apparaissaient que comme quelques jours qui plus est. Et c’était encore plus injuste. Pourquoi le temps ne fonctionnait-il pas de la même manière sur sa maudite planète ? Pourquoi devait-il l’abandonner aussi longtemps ? Bien sûr, il était ravi que les choses se fussent arrangées avec son père et son frère et qu’il fût désormais admis aux conseils importants qui devaient décider du futur de son royaume. Il ne pouvait pas ne pas l’être, pas quand le visage de Loki rayonnait de bonheur et qu’il passait des heures à lui raconter chaque minute passée là-bas dans le moindre détail.

Mais il ne l’en détestait pas moins pour autant. Parce que, pendant qu’il s’amusait en famille, lui était tout seul et c’était une situation qu’il ne voulait plus revivre. Il avait été seul une grande partie de son existence, il avait connu la solitude jusqu’à pouvoir en dessiner ses contours, il ne voulait plus la recroiser, ne voulait plus y songer.

Les premiers jours étaient faciles. Comme un enfant, il les passait à s’épuiser dans son atelier nuit et jour, sans dormir, sans manger, sans voir une autre lumière que celles des néons et de son chalumeau. Et c’était bon, c’était tellement bon, il se sentait vivant, le bruissement de la création emplissant ses oreilles et inondant ses sens.

Sauf que, très vite, cela n’était plus suffisant. Bien plus vite qu’il ne le souhaitait d’ailleurs. Un peu plus vite à chaque absence de Loki. Alors il s’enfermait dans sa chambre, dormait et mangeait tout et n’importe quoi à n’importe quelle heure jusqu’à ce que l’ennui l’écrasât et qu’il retournât dans son atelier en traînant des pieds.

Parfois, Natasha venait regarder un film avec lui ou Sam l’emmenait courir ou Clint lui racontait des histoires farfelues parsemées de blagues qui ne manquaient jamais de le faire rire, même si elles n’étaient pas drôles – et elles l’étaient rarement. Il ne leur disait jamais, mais il leur en était reconnaissant et, au fond, il se doutait qu’ils savaient. Tout comme il se doutait que Thor devait les prévenir des départs de Loki, ce qui expliquait qu’ils savaient toujours quand le génie était seul.

Il y avait une chose dont il s’était aperçu et contre laquelle il ne pouvait rien. C’était que le mage ne sortait jamais de ses pensées. Même courbé au-dessus de ses machines, alors que d’ordinaire rien ne pouvait le perturber, il se surprenait à songer à lui, à visualiser son sourire et ses yeux verts et ses mains pâles qui s’agitaient dans l’air quand il parlait et ses longs cheveux noirs qui camouflaient son visage chaque fois qu’il baissait un peu le menton lorsque Tony parvenait à le déstabiliser. Et alors plus rien ne comptait que l’image du dieu derrière ses paupières, son souvenir au creux du cœur.

Serait-ce donc mentir que de dire qu’il s’empressait de prendre en main le problème ? La tête sur l’oreiller qui portait encore l’odeur fruité de son amant, Tony passait le temps en comptant chacun de ses soupirs comme un grain de sable perdu dans le sablier trop grand qui le rapprochait du moment de leurs retrouvailles. Il était si seul et il avait tant envie de lui que ça faisait mal. Lui dont le prénom maintes et maintes fois répété avait fini par lui écorcher les lèvres.

« J’espère que c’est à moi et à moi seul que tu penses. »

Il s’étrangla en découvrant le visage, plus vrai que nature, de Loki penché sur lui. Son instinct lui hurla de stopper tout mouvement et de lui sauter au cou, comme il en mourait d’envie, mais le sourire amusé et le lac sombre au fond des yeux émeraude lui intimèrent de continuer.

« Loki, souffla-t-il, la joie de le revoir explosant dans ses veines et le désir de le savoir si proche désormais rendant ses gestes laborieux.

– J’ai bien fait de rentrer plus tôt. Quel spectacle aurais-je raté. Tu me gâtes, Anthony, mais je t’en prie, fais comme si je n’étais pas là. Montre-moi comme tu prends du plaisir à imaginer ma main à la place de la tienne. C’est bien ce que tu fais, n’est-ce pas ? »

Tony acquiesça vivement, se mordant l’intérieur de la joue pour se retenir de gémir éhontément. Il lui semblait que sa main prenait réellement les courbes et la texture de celle de Loki. Mais il était trop pris dans les voiles d’un orgasme grandissant pour y réfléchir davantage. Il le sentait se rapprocher, l’envahir petit à petit, gagner chacun des muscles de son corps, s’enrouler autour de chacun de ses os, déferler dans chacune de ses veines, crépiter au bout de ses doigts. Il était partout, tout près, et pourtant trop loin encore. Il s’arqua fébrilement, accélérant le mouvement de son poignet.

Il hoqueta lorsque la main de Loki, celle-là, il était sûr que c’était bien la sienne, s’enroula autour de son coude pour l’obliger à ralentir.

« Loki…, geignit-il faiblement.

– Uh-uh. Je te laisserai jouir si tu me supplies. »

Tony ne prit le temps que de s’humecter les lèvres avant de s’exécuter aussitôt.

« S’il te plaît, Loki.

– Oooh. » Il frissonna. Cette voix grave, semblable à du miel brûlant dans sa gorge, courait dans ses veines et le précipitait un peu plus près de l’abîme. « Nous savons tous les deux que tu supplies bien mieux que cela. Dans mon souvenir, tu étais même très doué. N’est-ce pas d’ailleurs une de tes spécialités ? Tomber à genoux à mes pieds et me supplier de te donner ce dont tu as désespérément besoin ? » Besoin. Pas envie. Parce que Tony n’avait pas envie de Loki, pas seulement. Il en avait besoin, comme jamais il n’avait eu besoin de quoi ou de qui que ce soit. Un besoin viscéral qui rongeait la moindre de ses cellules. « Ravive mon souvenir, Anthony chéri, rappelle-moi comme tu supplies si bien. »

Tenter de résister aurait été vain, un espoir condamné à être soufflé à peine né, et face à son dieu, Tony n’avait plus la moindre volonté. Alors, il obéit. Quiconque le connaissait se serait offusqué de le voir si facilement plier, guidé par les plus viles péchés, mais, heureusement, son secret était enfermé entre les quatre murs cloisonnés de sa chambre et protégé par son amant aux yeux enflammés. Ses paroles s’écoulèrent de sa bouche comme l’eau d’une fontaine ; sans qu’il en eût le contrôle.

« S’il te plaît, Lo, ça fait si longtemps, je crois pas que je pourrai tenir plus longtemps, tu m’as tellement manqué, t’imagines pas comme ça a été un calvaire sans toi, j’arrêtais pas de penser à toi et au moment où tu reviendrais, j’attendais que ça, s’il te plaît, je t’en prie, j’ai besoin de toi, tu le sais bien, besoin que tu me laisses jouir, besoin de toi, Loki, Loki, Loki-

– Mmmh, parfait, susurra ce dernier, ravi par les supplications désespérées du mortel. Très bien, je pense que tu l’as amplement mérité. Je te regarde maintenant. Ne me déçois pas. »

Un baiser déposé du bout des lèvres au coin de sa mâchoire, juste sous l’oreille, finit d’abattre ses dernières résistances et son poignet s’emballa, tout comme son pouls, sa respiration, son cœur, son esprit. Il devint un chaos tandis que son orgasme le submergeait. Et, s’il se laissa chuter de cette façon, s’il s’y abandonna avec tant de facilité, c’était parce qu’il savait que Loki le rattraperait.

Et Loki, en effet, le rattrapa. Fauché en plein vol par un ange vengeur à la peau blanche comme le lait et aux cheveux sombres comme l’oubli, Tony revint à lui.

Il était rentré à la maison. Sa bouche contre la sienne avait la douceur du velours et le goût des toujours.

« Tu m’as manqué aussi, mon aimé. »

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Loki ne l’écoutait pas. Il y avait bien longtemps, en réalité, qu’il ne l’écoutait plus. Il avait arrêté à peu près au moment où Tony s’était lancé dans une explication détaillée de son dernier prototype ultra sophistiqué pour améliorer son armure. Ce n’était pas rare, le dieu l’écoutait rarement déblatérer sur sa si précieuse technologie à laquelle il ne comprenait rien. Il était juste très doué pour faire semblant. Et, même si en cet instant il ne faisait pas le moindre effort pour ne serait-ce que prétendre tendre l’oreille, ce n’était pas ce qui dérangeait Tony. Ce qui le dérangeait, l’inquiétait, qui tordait son cœur de manière très désagréable, c’était que Loki paraissait totalement ailleurs.

Et il l’était, Tony pouvait même dire avec exactitude où il se trouvait au lieu d’être avec lui. Il était au plus profond de ses pensées, dans les recoins les plus sombres de son cerveau alien qui adorait tordre la réalité pour la rendre plus cruelle qu’elle ne l’était déjà. Il était en train de se rejouer les images horribles de son passé et les projeter, d’une façon ou d’une autre, dans un futur imaginaire.

Tony détestait quand il lui glissait des mains comme ça et l’abandonnait. Mais, en tant que génie de renommée mondiale, il avait plus d’un tour dans sa manche pour le ramener dans leur réalité.

« Lokes ? » Son changement soudain d’intonation, qui devint aussi douce que de la soie, chassa le brouillard des yeux du dieu et le fit tourner la tête vers lui. Un semblant de sourire rehaussa le coin de ses lèvres. Un sourire qui ne trompa pas le moins du monde son vis-à-vis. « Approche, trésor, viens là. »

L’intéressé n’y réfléchit pas à deux fois et s’élança aussitôt à travers la pièce, sa haute silhouette épousant celle, plus petite, de Tony quand il vint s’asseoir entre ses cuisses, au bord du lit, son visage retrouvant la chaleur familière de la nuque du super-héros. Il l’attira en une étreinte plus serrée et ils restèrent ainsi durant de longues minutes, le silence seulement rompu par leurs respirations régulières et les frottements des mains de Tony sur le dos, la nuque, les bras et les épaules, partout où il pouvait, de Loki.

Il sentit ce dernier se détendre et attendit jusqu’à ce qu’il fût suffisamment à l’aise pour relever le menton et chercher ses lèvres en un baiser presque timide.

« Merci, y murmura-t-il tout bas.

– Mhmh, de rien. Tu sais que tu peux juste me le dire quand ce que je raconte t’emmerde ? »

Loki baissa le menton pour pouffer de rire, mais Tony l’en empêcha en l’attrapant entre ses doigts et le ramenant contre sa bouche. Le baiser restait chaste, mais n’avait plus rien de timide. Il était ferme, assuré, contenait tous les mots que le génie ne savait pas prononcer.

« Ce n’était pas toi. Même si tu sais pertinemment que tout cela me dépasse.

– Je sais, lui assura-t-il en l’embrassant encore une fois, sur les lèvres, puis juste en-dessous, puis sous la mâchoire. Je sais. Tu es avec moi maintenant ?

– Je crois. Mais je suis certain que tu peux te montrer un peu plus convaincant pour me garder avec toi. »

Tony écrasa son large sourire contre la joue du dieu, qui se mit à sourire lui aussi. Un vrai sourire, cette fois.

« Sans doute. »

Et, en un mouvement expert, les cuisses de Loki se retrouvèrent sur les siennes, ses genoux, à l’extérieur des siens, le laissant délicieusement à la merci de ses mains qui, déjà, erraient en terre connue. Tony aimait la facilité avec laquelle la nuque du dieu épousait à merveille le creux de son épaule, comme si elle y avait toujours eu sa place, comme s’il n’existait pas meilleur endroit pour elle. La pluie de soupirs qui s’écoula directement dans son oreille ne put que lui donner raison.

Ses doigts ne mirent qu’une minute à se débarrasser du pantalon et du sous-vêtement qui lui barraient la route avant de s’emparer du sexe à moitié gorgé qui ne demandait qu’un peu d’attention. Les reins contre son ventre se cambrèrent. La main de Loki recouvra la sienne. Pas pour l’arrêter, ni même pour l’encourager, elle était juste là et elle le resterait jusqu’à la fin, parce qu’il avait besoin de sentir le pouls battre avec fureur sous la peau du super-héros. Parce qu’il avait besoin de se raccrocher à lui, pour ne pas se détourner vers les abysses qui n’étaient jamais bien loin.

« Reste avec moi, mon ange. »

Tony avait appris à le savoir au fil du temps. Aussi, il accéléra le rythme, sa paume sèche et rude contre la chair sensible, ses ongles taquinant la tête d’une jolie nuance de rose foncé, la même qui s’épanouissait en roseraie sur ses joues. Loki gémit plus fort. Il était là, avec lui, le mortel n’avait pas le moindre doute à ce sujet. Pas quand il commençait déjà à trembler entre ses bras et à soulever ses hanches dans l’espoir qu’il le laissât jouir plus vite.

« Tony. »

Du coin de l’œil, le génie le vit ravaler son sanglot et mordre sa lèvre pour empêcher les larmes de couler, mais elles étaient trop nombreuses, trop lourdes entre ses cils. Elles ne purent que lui échapper et dévaler silencieusement sur son visage froissé. Tony le sentait au bord de la rupture, si proche qu’il se demandait comment il n’avait pas encore éclaté en mille morceaux. Mais peu importait, il le maintint en suspens aussi longtemps que possible et joua de son poignet jusqu’à ce que le dieu ne pût plus lutter et qu’il se répandît sur leurs mains enlacées, qui ne s’arrêtèrent que lorsqu’elles furent certaines de l’avoir mené à la frontière entre douleur et plaisir.

Frissonnant, le dieu se recroquevilla contre son torse et pressa ses derniers sanglots dans le t-shirt à l’effigie d’un groupe de rock. Tony le berça, embrassant son front, sa tempe, son oreille, y chuchotant une averse de mots tendres qui finit par calmer l’immortel. Sa respiration s’apaisa, ses muscles cessèrent de trembler et il parvint même à les nettoyer d’un sort informulé – Tony ne se lasserait jamais de la magie.

Les doigts dans ses cheveux, il fut soulagé de croiser enfin le regard, fatigué mais satisfait, de Loki.

« Mieux ?

– Beaucoup mieux. Merci.

– Dodo maintenant. »

Mais pas avant un long baiser qu’ils firent tous deux traîner autant qu’ils purent.

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« À genoux et ouvre la bouche pour moi, mon bien-aimé. »

Il ne fallut qu’un battement de paupières à Tony pour obéir et il remercia silencieusement son amant d’avoir pensé à installer un coussin sur le sol trop dur qui ne manquait jamais de lui rappeler qu’il n’avait plus vingt ans. Il prit un moment pour trouver une position confortable, sous le regard attentif – et un brin prédateur – du dieu. Lorsque ce fut fait, il s’humecta les lèvres et ouvrit la bouche, comme demandé. Là, le temps sembla s’étirer et disparaître de l’autre côté de la porte verrouillée. Il retourna dans le monde dont le mortel et l’immortel ne faisaient désormais plus partie.

Loki continua de le détailler encore durant de longues minutes, ses doigts traçant les contours de son visage avant de se perdre dans la masse désordonnée des cheveux bruns. Enfin, avec un mélange de fermeté et de précaution que lui seul était capable de manier à la perfection, il approcha le nez du super-héros de son sexe fièrement dressé contre son ventre. Tony n’attendit pas une seconde pour y donner un coup de langue joueur, son sourire débordant de ses yeux pétillant de malice. L’autre lui sourit en retour, le rassurant qu’aucune limite n’avait été franchie. Car, s’il aimait avoir le contrôle sur leurs jeux, et sur son partenaire plus particulièrement, il aimait d’autant plus la spontanéité de cet humain aux surprises aussi multiples que ses talents. Il le laissa donc s’échapper légèrement de son emprise pour embrasser la chair sensible qui s’offrait à lui.

Ses mains toutefois reprirent leur autorité quand il sentit le fourmillement familier du plaisir frémir dans ses os. Il maintint le visage aux joues rosies et à la bouche luisante de salive immobile près de sa cuisse, les yeux aux pupilles noires comme l’abysse soutenant les siens.

« Tes mains sur mes chevilles. Deux coups si tu veux arrêter, un coup si tu veux ralentir. Entendu ? »

Toujours la même question et peut-être que Tony aurait pu trouver la prévenance du dieu agaçante, ou au moins redondante, mais à la place il lui trouvait une forme de réconfort et de tendresse, une preuve que Loki gardait son bien-être au premier plan et qu’il lui faisait confiance pour ne pas le laisser le blesser. Il s’humecta les lèvres une fois de plus et déglutit, forçant sa voix à sortir de sa gorge déjà enrouée.

« Oui. »

Le sourire de Loki était tout ce dont il avait besoin en cet instant et il s’y noya tandis que sa bouche se remplissait merveilleusement. Le poids de son sexe sur sa langue envoya une décharge électrique le long de son échine. Il gémit avant d’entendre son amant l’imiter, le son se répercutant dans l’air, et dans son corps. À partir de ce moment, il força sa gorge à s’ouvrir, força sa respiration à rester calme et régulière, ses muscles à ne pas tressauter ou se débattre contre l’intrusion de plus en plus insistante. Parfois, il fermait les yeux, mais les pouces du dieu au coin de ses paupières les lui faisaient les rouvrir et, au fond, il n’avait aucune envie de les fermer. N’avait aucune envie de ne pas voir ce sourire, ces lèvres qui remuaient pour lui rappeler combien il l’aimait et combien il était incroyable et parfait et magnifique et ces yeux rivés dans les siens avec une intensité qui le faisait trembler.

Une intensité telle qu’il en oubliait sa propre érection douloureuse.

Lorsqu’il sentit que Loki était proche de la délivrance, il l’encouragea d’une caresse sur ses jambes et le goût semblable à de la neige fondue explosa dans sa bouche, qui se vida instantanément pour être recouverte par celle de son amant. Il le laissa l’embrasser avec avidité, lécher ses lèvres et son menton, où coulait les dernières traces de son plaisir, le laissa l’attirer tout contre lui, le serrer dans ses bras et l’embrasser toujours un peu plus fort, murmurant des louanges que Tony ne saisissait pas mais qu’il n’avait pas besoin de saisir pour comprendre, parce qu’elles raisonnaient en lui au rythme des battements de son cœur.

Il referma ses bras autour de son cou et lui rendit ses baisers avec autant de force.

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Si Loki se plaignait souvent que Tony n’était pas capable de garder ses mains pour lui, il n’en menait pas large non plus. Enfin… elle. La déesse avait fait son entrée dans l’atelier du génie quelques minutes plus tôt, vêtue d’un des costumes les plus chers de son amant, roulant des hanches et se collant tout contre lui, son intention plus qu’évidente. Et Tony… eh bien Tony n’était qu’un homme et il n’avait pu que répondre au baiser langoureux qu’elle lui offrait pendant que ses mains exploraient son corps qu’elle connaissait pourtant déjà par cœur.

Quand elle entreprit de déboutonner son pantalon pour passer dessous, le super-héros rompit le baiser, essoufflé, et tenta d’articuler quelques mots hésitants. L’excitation rendait sa diction pâteuse, comme si tous les muscles de sa mâchoire étaient engourdis.

« J’ai- hum quelque chose en-dessous.

– Oui, un sous-vêtement j’imagine, roucoula-t-elle en mordillant sa joue. »

Elle avait la voix presque aussi grave que sous sa forme masculine et Tony ne put s’empêcher de frissonner. Cette voix finirait par être sa perte, un jour ou l’autre.

« Euh ouais, mais hm probablement pas celui que t’imagines. Et j’ai euh... pas que ça. »

Qu’il détestait être incapable d’aligner trois mots sans sentir son cerveau court-circuiter et l’abandonner. Il avait une réputation à tenir, bon sang ! Même si cette réputation à laquelle il tenait tant avait été depuis longtemps réduite en morceaux par les mains expertes de Loki, son ego aimait à penser qu’elle était encore intacte.

Il vit le moment exact où l’immortelle réalisa ce qu’il essayait tant bien que mal de lui dire. Au lieu de trouver le tissu tiède et doux de son caleçon, ses doigts rencontrèrent une matière beaucoup plus rêche, moins agréable au toucher, mais qui envoya aussitôt une vague de chaleur directement dans le bas de son ventre. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement.

D’un mouvement de poignet, elle fit disparaître le pantalon et découvrit, non sans un hoquet de surprise, le spectacle que son amant lui avait préparé. Il portait une petite culotte – une des siennes, elle pouvait la reconnaître – d’un vert sombre semblable à ses yeux, ainsi qu’une paire de bas d’un noir transparent attachée par des porte-jarretelles soigneusement dissimulés sous ses vêtements. La vue était splendide et Loki ne se priva pas de le détailler sous toutes les coutures.

Peut-être que Tony se sentit rougir, mais il était trop occupé à gonfler le torse de fierté pour s’en apercevoir.

« Anthony Stark. » Son débit était lent, contemplatif. Du bout des doigts, elle apprécia la texture de la dentelle. « N’as-tu donc jamais fini de me surprendre ?

– Je voudrais pas que tu te lasses. Tu sais, t’es une déesse, je suis un mortel, tout ça.

– Oh ne t’en fais pas. » Elle se courba pour l’embrasser, sa main épousant à merveille la forme de son sexe à travers la lingerie. Tony expira bruyamment dans sa bouche. « Me lasser de toi n’est pas dans mes projets. Depuis quand te promènes-tu ainsi ?

– Ce matin. »

La déesse se contenta de grogner, mordant la lèvre du super-héros au passage.

« Je devrais te punir pour ne pas me l’avoir dit.

– Tu piques mes fringues, je pique les tiennes. Ça me semble équitable.

– Et depuis quand t’es-tu découvert un sens de l’équité exactement ?

– Depuis que je trouve ce costume beaucoup plus sexy sur toi que sur moi, et je le trouvais déjà vachement sexy sur moi.

– Hm. Peut-être que cette culotte est en effet plus attrayante sur toi également. J’imagine que tu vas devoir la porter régulièrement pour que je me décide.

– Évidemment, répliqua Tony en roulant des yeux. Qu’est-ce que je ferais pas pour tes beaux yeux.

– Comme si tu n’y trouvais pas ton compte. »

Le génie s’empara de la cravate rouge et mit un terme à la conversation en écrasant ses lèvres sur celles, déjà entrouvertes, de Loki. Sa petite surprise était un franc succès.

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Au début de leur relation, Tony n’avait aucune idée de comment faire une tresse – il n’arrivait déjà pas à faire une queue-de-cheval à peu près correcte sans qu’elle eût l’air d’avoir traversé une nuit de cauchemar. Quelques mois plus tard, il pouvait affirmer, non sans un sentiment de fierté, qu’il s’en sortait plutôt bien. Suffisamment bien en tout cas pour que Loki le laissât lui tresser les cheveux à sa place. Cela arrivait rarement. La plupart du temps, le dieu portait ses cheveux détachés sur ses épaules ou, au pire, rassemblés dans un chignon bas qu’il nouait à l’aide d’un ruban de soie. Mais, éventuellement, il aimait arborer une coiffure traditionnelle de sa planète, un entrelacs complexe de nattes de différentes épaisseurs et ornées de fins bijoux.

Cela prenait des heures à réaliser, ce qui avait été une des raisons pour lesquelles Tony avait refusé la première fois que Loki le lui avait demandé. Le génie n’avait jamais été quelqu’un de très patient. Pourtant, il n’avait pu s’empêcher d’être intrigué et, pendant que l’immortel s’était résigné à se coiffer seul, il était revenu l’observer et avait fini par l’aider, ignorant soigneusement le petit sourire en coin de son amant.

Installés dans le canapé, bercés par les bruits de la ville en bas de la Tour, ils profitaient de ce moment à deux. Souvent, Tony jetait un coup d’œil au visage de Loki, juste pour voir s’il ne tirait pas trop, s’il ne lui faisait pas mal ou simplement s’il ne s’ennuyait pas – perdu dans sa concentration, il laissait souvent le silence les envelopper, ce qui n’avait pas manqué de les surprendre au début. Il avait les yeux mi-clos, comme s’il dormait. Il y avait un apaisement qui se dégageait de ses traits détendus et le mortel sourit, ressentant la même sérénité se diffuser dans ses muscles. C’était comme une étreinte. Agréablement tiède et réconfortante.

Juste pour l’embêter, il restait Tony Stark tout de même, il tira gentiment sur la tresse qu’il venait de finir et fut surpris – stupéfait, vraiment – d’entendre son amant gémir. Il resta de longues secondes interdit avant de sentir un rictus redresser le coin de ses lèvres, qu’il posa sur la nuque dégagée de l’immortel.

« Et c’était quoi ça ?

– C’était…hum inattendu.

– Un peu ouais. Mais je mentirais si je te disais que ça m’a pas plu.

– Dans ce cas, qu’attends-tu pour recommencer ? »

Il ne le laissa pas achever sa phrase et tira de nouveau, un peu plus fort cette fois. Loki ne gémit pas, y étant préparé, mais sa respiration se coupa un instant. Lorsqu’elle reprit, ce fut sur un rythme irrégulier, la bouche entrouverte, une légère rougeur s’étendant sur sa gorge. Le génie embrassa son oreille.

« Encore ? »

Loki acquiesça vigoureusement, ses prunelles vertes cherchant après celles de Tony, qui lui sourit. Il empoigna la masse de ses cheveux et força sa tête à basculer en arrière, jusqu’à ce que sa bouche fût à la hauteur de la sienne et qu’il pût la faire sienne.

« Viens là. »

De la main qui ne tenait pas sa coiffure soignée, il l’aida à se retourner et s’installer sur ses genoux. Torse contre torse, il lui était impossible d’ignorer l’érection coincée contre son ventre. Il l’invita d’une pression de ses doigts sur sa hanche à remuer pour obtenir un peu de friction et Loki y consentit volontiers, balançant son bassin d’avant en arrière comme il savait si bien le faire. Tony le regarda, subjugué par l’expression sur son visage incroyablement expressif. Il tira sur une autre tresse, juste pour voir, et fut récompensé par un long gémissement. Le dieu accéléra ses mouvements de va-et-vient, ses doigts prisonniers dans le t-shirt du super-héros pour garder l’équilibre.

Tandis qu’il l’admirait se rapprocher de l’orgasme à chaque tension sur son crâne, Tony se dit qu’il ne lui tresserait plus jamais les cheveux de la même manière.

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Les doigts de Loki s’accrochaient, s’agrippaient comme s’ils s’agrippaient à leur propre vie, comme des noyés s’agrippaient à leur ultime bouée de survie, à sa taille, serrant la chair dans ses paumes moites et il avait mal.

Loki, tu me fais mal, tu serres trop fort, Loki, je t’en prie, relâche-moi, tiens-moi moins fort.

Il n’en dit rien cependant, il n’avait plus assez d’oxygène dans ses poumons pour articuler autant de mots. Il n’en avait même plus assez pour articuler le prénom du dieu en entier. Il ne sortait de sa gorge qu’en hoquets morcelés.

Lo… Ok… Ki… L-… -I…

Et même ainsi, même aussi écorché, même aussi désarticulé, il ne pouvait s’empêcher d’adorer ce prénom qu’il ne se lassait plus de soupirer.

Un coup de reins particulièrement puissant trouva ce point en lui, ce point que peu de ses amants avait eu le mérite de trouver auparavant, et l’envoya valser au milieu du néant. Il ferma les yeux, fort et longtemps. Il voulut fermer ses cuisses aussi, mais le corps de Loki l’en empêchait. Pire, il passa ses bras sous ses genoux et il se retrouva ouvert, pliant, soumis à sa force inhumaine.

Ses hanches s’abattaient contre les siennes à un rythme à la fois affreusement régulier et douloureusement brutal.

Loki, Loki, pitié, c’est trop, Loki, je peux pas, Loki.

« Loki. »

Il parvint enfin à le dire et, vraiment, cela relevait du miracle, car, moins d’une seconde plus tard, tout son souffle se vit subtilisé de ses poumons une nouvelle fois tandis que le dieu s’allongeait sur lui, son sourire en coin taquinant son oreille. Les ongles dessinèrent des croissants de lune au-dessus des os de ses hanches.

« Mon Anthony. »

Il était profondément enfoui en lui, bien plus que personne ne l’avait jamais été, et Tony était sur le point de s’évanouir, les muscles de tout son corps se tendant et détendant en une série de spasmes incontrôlable.

« N’est-ce pas ? Mon Anthony. À moi. »

Son dernier mot fut accompagné, accentué, amplifié, par un roulement de ses hanches et la tête de son sexe frotta ce point merveilleux en Tony qui le fit se tortiller et gémir bruyamment contre le dos de sa main. D’un mouvement sec, Loki claqua son poignet pour l’éloigner. Ses doigts s’emparèrent de sa mâchoire, qu’il serra, comme les doigts de son autre main continuaient de serrer la chair écarlate de son bassin.

La douleur virevoltait en étoiles pourpres sur sa rétine.

« Dis-le. Je veux t’entendre dire à qui tu appartiens.

– Toi, bredouilla-t-il, même s’il n’était pas sûr d’y avoir réellement réussi. »

Son rire vibra contre sa pomme d’Adam.

« Mieux que cela, Anthony. Je sais que tu es capable de bien mieux. Montre-moi comme tu es si loquace. »

Il déglutit une fois, deux, cinq, mais sa gorge restait toujours aussi sèche, aussi serrée, ses poumons, aussi désespérément vides d’oxygène. Comble de son supplice, les pénétrations de Loki reprirent de plus belle. Il s’extirpa presque entièrement pour mieux replonger jusqu’à la garde et le silence fut soudain déchiré par les claquements obscènes de leur peau et les gémissements de bête de Tony.

« À toi, articula-t-il, semblant retrouver l’utilisation de sa voix. Rien qu’à toi. Loki, je suis à toi, à toi, à toi, à toi, à toi-

– Exactement, approuva le dieu, son rictus dégoulinant de son timbre grave et dangereux. Rien qu’à moi. »

Lorsqu’il le laissa enfin jouir, au bout de vingt minutes ou d’une éternité, le temps ayant depuis longtemps cessé d’exister, un intime mélange de douleur et de plaisir dans les veines, Tony se dit que la jalousie n’avait jamais eu un aussi beau visage que celui de son amant.

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Contrairement à la croyance populaire, il arrivait à Tony de dormir. De plus en plus souvent avec l’âge d’ailleurs. Pas qu’il se sentait vieux à proprement parler, il se sentait juste moins dans la frénésie constante de la jeunesse, dans l’impatience étourdissante d’inventer et de créer et d’expérimenter et de vivre, comme si demain n’existait pas, comme si tout allait s’écrouler à la fin de journée. Il avait aussi découvert la merveilleuse activité qu’était la grasse matinée et il devait avouer qu’il la pratiquait régulièrement.

Quand son petit-ami alien le lui permettait, bien entendu.

« Loki, gronda-t-il dans l’épaule de ce dernier en un semblant d’avertissement un peu blasé. »

Mais l’intéressé prenait rarement, pour ne pas dire jamais, les avertissements de son mortel en compte. Il était un dieu, par les Nornes, il n’allait tout de même pas se plier aux exigences d’un humain. Il était surtout particulièrement déterminé à l’embêter dès que l’occasion se présentait. Et quelle meilleure occasion que le réveiller en se frottant de manière non-équivoque contre lui de bon matin ? Il laissa échapper un son qui ressemblait à s’y méprendre à un gloussement quand Tony le mordit à la jonction de la nuque et de l’épaule.

« Ça t’amuse ?

– Un peu, avoua-t-il en reculant encore davantage ses hanches, bien qu’il ne restât plus le moindre centimètre entre eux. Tu es si réactif.

– Tu frottes ton cul sur ma queue, t’espérais quoi au juste ?

– C’était précisément ce que j’espérais. Et un câlin, si ce n’est pas trop te demander, monsieur ronchon.

– Un câlin habillé ou un câlin tout nu ? »

Loki roula des yeux.

« Tu n’as donc aucun romantisme.

– Dit celui qui frotte son cul-

– J’ai compris, le coupa-t-il en lui lançant un regard noir par-dessus son épaule. Un câlin comme tu veux. Juste un câlin. S’il te plaît, ajouta-t-il après quelques secondes. »

Aussitôt, les bras de Tony s’enroulèrent avec plus de force autour du dieu, une de ses jambes passant sur sa taille, le piégeant dans son étreinte, ses lèvres déposant une pluie de baisers sur sa nuque. Sans le voir, il entendit le léger rire de son amant, qui bascula la tête en arrière et s’abandonna un peu plus contre lui. Il pouvait sentir le cœur du mortel battre entre ses omoplates. Il lui semblait qu’il battait au même rythme que le sien et cela le fit soupirer d’aise.

« J’aime bien quand tu demandes gentiment comme ça. Ça te va bien.

– C’est juste pour que tu m’obéisses plus vite.

– Laisse-moi t’embrasser, Ta Majesté. »

Le menton de Loki entre ses doigts, Tony captura sa bouche en un lent baiser où il retrouva le goût familier de sa langue sur la sienne, les faisant gémir à l’unisson. La main du dieu se mit à caresser le genou du génie, remontant jusqu’à sa cuisse et effleurant le dessous de sa fesse tandis que les siennes recommençaient leur tentation sur le bas de son ventre. Il sourit en avalant son grognement, le prolongeant un peu en éraflant l’arrière de sa cuisse de ses ongles. Tony se frotta à son tour contre ses reins.

« Puisque t’as l’air de vouloir les mettre à contribution, j’ai très envie de les utiliser, dit-il en glissant une main sous l’élastique du pyjama de Loki et caressant une de ses fesses. Qu’est-ce que t’en dis ?

– Vas-tu mettre à contribution tes mains sur moi ?

– Évidemment.

– Cela me paraît acceptable. »

Laborieusement, Tony s’arrangea pour les libérer tous deux de leurs vêtements, riant dans le creux du cou de son amant quand il se retrouva un instant coincé dans les draps, et reprenant leur position d’origine en un rien de temps. Loki posa sa tête de sorte à pouvoir observer le visage du super-héros pendant qu’il caressait son torse. Leurs yeux se trouvèrent et il sourit. La lumière du jour illuminait ses mèches brunes où perçaient quelques cheveux blancs. Il les regarda s’emmêler autour de ses doigts.

Puis, il s’empara d’une des mains de Tony, en lécha consciencieusement la paume avant de la placer entre ses cuisses, tout droit sur son sexe délaissé depuis trop longtemps. Son gémissement atterrit directement dans la bouche du génie, lui murmurant déjà des louanges qui le firent durcir un peu plus si c’était possible. Cette fois, quand il recula ses hanches, il rencontra la chair brûlante et nue de son amant, tout aussi intéressée que la sienne. À l’aide de ses doigts, il se débrouilla pour que l’érection de Tony vînt reposer entre ses fesses, glissant sur son intimité à chacun de leurs mouvements, accélérant leur souffle et la cadence du poignet du mortel.

Loki ouvrit la bouche pour aspirer un peu d’air, sentant la pression dans son bas-ventre augmenter trop vite.

« Mh- Tony…

– Avec moi, Lo. »

Il acquiesça comme il put, se concentrant pour respecter la demande de son amant.

« Embrasse-moi encore. »

Tony ne se lassait jamais de l’embrasser. Il pouvait le lui demander autant de fois qu’il le désirait dans la journée et, chaque fois, son amant y consentait, un sourire aux lèvres, ses yeux bruns chaleureux l’enveloppant de son amour. Même quand il était dans son atelier, occupé à travailler, à calculer, les mains couvertes d’huile ou de coupures, il tendait la nuque et accédait à la requête du dieu. Et ce dernier, discrètement, utilisait sa magie pour l’aider dans ce qu’il était en train de faire pour le remercier. Sa langue s’enroula autour de la sienne et il gémit.

Parce qu’il était certain de ne plus pouvoir tenir davantage, il contracta ses muscles, appuyant sur tous les endroits sensibles du sexe de Tony avec ses fesses, et cela suffit à les envoyer tous deux en orbite. Les doigts du génie se serrèrent dans un spasme tandis qu’il se répandait entre les cuisses de Loki et sur les draps. La tête prise dans un ballet étourdissant, l’immortel sourit à travers les dernières vagues de son orgasme, le souffle brûlant de son amant s’écrasant sur sa joue.

Alors que le jour s’insinuait de plus en plus dans leur chambre, il se retourna entre les bras de Tony pour s’y nicher et embrasser sa gorge, son épaule, le haut de son torse. Le super-héros soupira d’aise, raffermissant son étreinte autour de sa taille. Loki leva le menton vers lui, admirant son expression encore endormie.

« Bonjour, mon aimé.

– Tu parles que c’est une bonne journée qui commence. »

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La bouche de Loki contre la sienne était un piège duquel il eut toutes les peines du monde à se tirer. Quand le dieu l’embrassait de cette manière, avec sa langue et ses dents, avec ses mains partout sur lui, il avait tendance à perdre la notion du temps et de l’espace. Le grondement de désapprobation qu’il reçut en retour le fit sourire et il l’apaisa d’un baiser appuyé à l’endroit où son cœur battait la chamade.

« Attends, j’ai quelque chose pour toi.

– Pour moi ?

– Enfin pour moi, mais pour toi.

– Tu te rends compte que cela n’a aucun sens ?

– Oui ben fallait y penser avant de me cramer le cerveau en m’embrassant comme ça. »

Loki ne répondit que par un ricanement satisfait et Tony ne perdit pas un instant pour s’extraire du lit – et trébucher dans les draps qui s’étaient enroulés autour de sa cheville – et disparaître une poignée de minutes. Le dieu l’entendit courir dans le couloir jusqu’à l’escalier qui menait à son atelier avant de remonter tout aussi rapidement et réapparaître dans leur chambre, essoufflé, mais on ne peut plus fier de lui. Et il n’eut aucun mal à comprendre pourquoi.

Au bout de son bras, la lame étincelait dans la faible luminosité de la pièce, attirant l’œil de l’immortel comme une flamme attirait un papillon. Aussitôt, il sentit sa gorge s’assécher et son ventre se tordre d’excitation.

« Une épée ?

– Quoi ? » Tony se mouva près du lit, faisant exprès de traîner l’arme derrière lui, et se mit à grimper sur le matelas. Son regard était sombre, presque noir. Instinctivement, Loki se rallongea au fur et à mesure que le super-héros s’approchait jusqu’à le surplomber, les cuisses écartées pour lui laisser de la place. Il se lécha les lèvres en observant celles qui lui faisaient face. « Toi tu fais joujou avec tes petites dagues, moi je préfère le modèle au-dessus.

– Tu as donc- » Il déglutit dans l’espoir d’amplifier sa voix, qui paraissait minuscule tandis qu’il se noyait dans l’abîme sans fond des yeux de Tony. « l’intention de me sectionner un membre ?

– Je suis sûr que t’es capable de le faire repousser avec ta super magie », s’amusa le génie en caressant de sa main qui ne tenait pas l’épée la mâchoire du dieu. Sa bouche fut soudain tout contre la sienne. Pourtant, il ne l’embrassait pas. Il observait la moindre de ses réactions, et il ne devait pas être déçu, car Loki sentait la température exploser sur ses joues et sa gorge. « Qui plus est, elle est beaucoup plus légère qu’elle en a l’air et je me suis un peu entraîné à la manier. »

La seule idée du mortel s’entraînant pendant des heures, ses bras puissants couverts de sueur et d’égratignures, la détermination baignant ses traits, la lame dansant et virevoltant entre ses mains, suffit à le réduire au silence tandis qu’il luttait pour rester immobile. Il savait que c’était ainsi que Tony le voulait. Et il fut récompensé par un large sourire qui s’écrasa enfin contre ses lèvres et entreprit de les dévorer. Loki gémit. Tony se recula et s’installa sur ses talons pour admirer le corps pâle de son amant à sa disposition. Il laissa l’épée errer sur ses épaules, frôlant à peine la peau, mettant les sens du dieu à vif.

Il ne parvenait plus à s’en détacher.

« Elle est magnifique, murmura-t-il dans un souffle.

– Un peu comme toi, répondit le super-héros, ce qui suffit à ramener son attention sur lui. Majestueuse, élégante, tranchante, et pourtant si docile quand on sait s’y prendre pour la faire chanter.

Anthony. »

L’entaille sous sa clavicule n’était pas plus large qu’un ongle, pourtant la piqûre d’adrénaline courut dans tout le corps de Loki. Il ferma ses paupières sur un ballet d’étoiles blanches. La main de Tony abandonna sa mâchoire et descendit sur son torse, pinçant la chair ici et là, lui arrachant un soupir à chaque fois.

« Si réceptif. J’ai hâte de tailler mon nom un peu partout dans ta peau. Ça te plairait, mon amour, d’avoir le nom de ton mortel sur toi ? »

L’épée suivit le même chemin que la main, avec plus de pression qu’auparavant. Ce n’était plus un avant-goût de ce qui l’attendait, c’était un avertissement. À tout instant, elle pouvait le marquer de son passage. Loki frissonna. La nuit promettait d’être longue et magique.

« Oui. »

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« Est-ce que t’es pas magnifique comme ça ? »

Oh et, magnifique, il l’était. Il était même bien plus que cela. Il était à couper le souffle, à vendre son âme au Diable, à se damner, vraiment, littéralement. Tony avait souvent l’impression que c’était précisément ce qu’il avait fait le jour où il avait consenti à entamer cette liaison avec Loki. Il s’était damné. Il avait abandonné tout bon sens, avec sa raison et son cœur, aux pieds du dieu. Et, tous les jours, il le regardait s’en servir comme bon lui semblait, un rictus aux lèvres, pas inquiet pour un sou, n’ayant pas même l’ombre d’un regret. Pourquoi en aurait-il eu ? Il était exactement où il voulait.

Dans son lit avec cette créature tout droit descendue du Valhalla rien que pour lui. Cette créature qui se tordait et geignait un peu plus tandis que ses doigts ondulaient dans sa chaleur suffocante.

Bien sûr, il ne répondit pas. Tony n’attendait pas de réponse. Il la connaissait de toute façon. Loki, s’il avait été en état, lui aurait répondu qu’il ne l’était pas et qu’il ferait mieux d’aller chercher ces lunettes qu’il refusait de porter. Et le mortel soupirerait et roulerait des yeux comme il savait si bien le faire. Ils avaient déjà eu cette conversation des dizaines de fois. Elle allait d’ailleurs aussi bien dans un sens que dans l’autre. C’était sans doute pour cela qu’il n’insistait pas et changeait de sujet.

Il posa sa bouche ouverte sous sa clavicule, y laissa un baiser humide, avant de se reculer et d’admirer le spectacle offert à son intention.

« Avec mes doigts à l’intérieur de toi, tes cuisses écartées, ta tête renversée, ne demandant que plus encore. Jamais rassasié. On peut tout te donner et tu continueras de demander. Non, d’exiger. Petit prince capricieux que tu es. S’ils te voyaient. Tous ces gens pour qui tu es ce Dieu du Chaos, ce Dieu intouchable et invincible et terrifiant et cruel. Comme tu n’es en réalité qu’un jouet docile entre mes mains. »

Nouveau geignement du dieu. Qui se rapprochait déjà du gémissement qu’il ne tarderait pas à lui décrocher. Il crocheta ses doigts, faisant tressauter les hanches pâles sous sa paume. Le sexe rouge et gorgé de Loki pleurait de grosses larmes opalines sur son ventre. Tony s’humecta les lèvres. Il pouvait en sentir le goût sur sa langue.

« Comme tu es si avide de te faire déshabiller et prendre, quel que soit l’endroit ou le moment. Ça mériterait presque une vidéo, non ? Regardez votre Dieu ! Regardez comme il est somptueux. Le voilà ! Sa langue d’argent bien inutile maintenant qu’il s’étouffe avec ses gémissements. »

Et les gémissements étaient là, discrets encore, avalés comme pour les étouffer, mais le génie les entendait. Il sourit, rendit ses mouvements plus lascifs, mais plus profonds. Il ne rêvait que de s’enfoncer en lui et de s’y perdre, de s’accrocher à ses épaules, à ses cheveux, et de tirer, de lui tirer tous ces sons délicieux dont il ne manquait jamais de le gratifier. De plonger entre ses cuisses et de les sentir se resserrer autour de sa taille, de sentir ses ongles déchirer sa chair, ses dents claquer contre les siennes en un baiser qui n’en aurait que le nom et qui serait davantage un concours de celui qui aurait le pouvoir. Cependant, pour cette fois, il avait d’autres projets.

« Oh ça, pour sûr, impossible de te faire taire. Même quand je m’enfonce dans ta gorge, tu n’es pas capable de te taire, hein, Loki ? »

Les yeux émeraude furent dans les siens si tôt qu’il eût achevé sa phrase. Vitreux, mais intenses. Désespérés. Ses lèvres roses ouvertes tentaient d’aspirer un peu d’air, pour mieux l’expirer en longs soupirs. Et Tony, rien qu’en les regardant, savait minutieusement ce dont elles avaient l’air étirées autour de son sexe. Il cligna des yeux pour en chasser l’image insistante.

« Ceci dit, je te comprends, ça serait dommage de pas entendre une si belle voix. Et de si belles plaintes. »

Le bout de ses doigts touchèrent leur but, ravissant un feulement au dieu dont la taille s’arqua dangereusement. Tony recommença aussitôt, sans lui laisser le temps de le voir venir ou de reprendre ses esprits ou même d’accuser le premier choc. Il recommença, encore et encore, et déjà Loki se resserrait autour de lui, déjà sa voix perdait en octaves.

« Ha ! C’est ça, juste comme ça, mh ? Tu vas venir juste comme ça ? Avec mes doigts. Je sais que t’en es capable. Ça prendra le temps qui faut, mais tu y arriveras. N’est-ce pas que tu y arriveras, mon amour ? »

Loki acquiesça. Au point où il en était, Tony était persuadé qu’il aurait acquiescé pour n’importe quoi, n’importe laquelle de ses paroles, de ses envies. Il acquiesça et se laissa tomber sur le matelas, ses bras cédant enfin, l’arrière de son crâne s’enfonçant dans l’oreiller, ses mains tremblant et s’accrochant à ce qu’il pouvait, ce qu’il trouvait. Les draps en l’occurrence. Il les serra de toutes ses forces. Le milliardaire ne comptait plus le nombre de fois où il avait fallu en acheter de nouveaux parce que la poigne surhumaine de son petit-ami avait eu raison des précédents. Il ressentait toujours une excitation étrange et un peu perverse à en admirer les déchirures, comme une preuve que lui était parvenu à rendre suffisamment fou Loki pour qu’il parvînt à cette extrémité.

Ses hanches se mirent à se soulever pour venir à la rencontre de son poignet. Se penchant de tout son long contre le corps couvert de sueur de son amant, il mordit le lobe de son oreille.

« Et quelque chose me dit qu’on va pas avoir à attendre si longtemps. »

Les mains de l’immortel changèrent de cible, préférant le dos de Tony. À la façon dont ses doigts tressautaient et dérapaient en une vaine tentative de garder le contrôle, il sut qu’il était proche. Très proche. Son souffle sur sa joue le lui confirma.

« T-Tony.

– Je te tiens, Loki. Je suis là. »

Et, comme Tony l’avait prédit, il y arriva.

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L’anecdote que Thor lui avait racontée quelques jours plus tôt et qui voulait que Loki s’était transformé en serpent pour lui faire peur quand ils étaient enfants lui revint soudainement en mémoire. Ce n’était clairement pas le moment, il s’en rendait bien compte, il avait tout sauf envie de penser au frère du dieu qui était présentement installé jusqu’à la garde sur lui, ses genoux de part et d’autre de sa taille, ses mains accrochées à son ventre, une expression de pure débauche inscrite sur son visage taillé dans le marbre. Mais il ne pouvait pas ne pas y penser. Ne pouvait pas ne pas être frappé par l’ironie mordante de la situation.

Parce que sur l’épaule de son amant était justement gravé à l’encre noire un magnifique serpent qui le fixait droit dans les yeux. Et si ce n’était que ça, peut-être qu’il aurait pu passer outre et se concentrer sur le nœud de l’action. Sauf que ce n’était pas que ça. C’était bien plus que ça et jamais il n’aurait pensé être aussi excité pour si peu.

Le serpent en question s’enroulait autour de sa nuque, passait sous son aisselle, traversait son torse, disparaissait dans son dos et réapparaissait plus bas sur son ventre, jusqu’à la queue qui s’achevait dans l’aine. Et, pendant que le bassin de Loki ondulait pour traquer son orgasme qui le faisait se resserrer comme un étau autour de lui, c’était tout le tatouage qui semblait prendre vie dans sa chair.

Tony ne pouvait en détourner le regard, il était comme subjugué. Fasciné. Il restait allongé sur le dos, les mains au-dessus de la tête, les yeux écarquillés, le souffle coupé, pendant que l’immortel l’utilisait à sa guise et qu’il ne faisait plus qu’un avec le reptile. C’était facilement un des spectacles les plus érotiques qu’il avait vu de sa vie.

Il gémit quand Loki ralentit.

« Tu vas vraiment me laisser faire tout le travail, feignit-il de se plaindre, un sourire aux lèvres.

– T’arrête pas, souffla Tony, pantois. Loki, continue de bouger.

– Si j’avais su que tu aimerais autant mon tatouage, je te l’aurais montré plus tôt. »

Il obéit néanmoins et reprit un rythme un peu plus soutenu, prenant bien soin de solliciter chacun des muscles que le serpent couvrait. Les yeux du mortel roulèrent dans leur orbite. Il allait le tuer. Et, bordel, il n’aurait pas pu en être plus heureux.

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Le dressing de Tony était immense. Il lui rappelait fortement ceux qui accompagnaient les suites royales à Asgard. Thor en avait eu un similaire. Et c’était tout de même un peu plus justifié, considérant qu’il était un dieu, le prince couronné, futur roi de leurs terres, un guerrier et un être immortel. Il avait besoin de beaucoup de tenues selon les circonstances et ses envies. Mais Tony. Quelle était son excuse si ce n’était son arrogance qui semblait ne pas connaître de fin ?

Loki n’avait pas manqué de ricaner la première fois que le génie l’avait conduit dans la pièce remplie de placards et de penderies et de commodes et de rangements en tous genres et de miroirs. Par les Nornes, autant de miroirs. De cela, le mage en avait néanmoins trouvé son bénéfice. Quel plaisir que de prendre son amant de dos et de le voir s'abandonner entre ses bras, son front tombant contre la surface froide.

Mais puisqu’il était immense, cela voulait aussi dire qu’il y passait des heures pour sélectionner une tenue. Notamment avant ses réceptions qu’il disait de la plus haute importance. En réalité, c’était Pepper qui disait cela, Tony ne faisait que répéter de peur de se faire incendier par la rousse. Il se postait face à ses trop nombreux costumes et attendait, les bras croisés, le menton penché, les reins délicieusement cambrés.

Et, bien sûr, Loki en profitait pour tester sa patience.

« Arrête ça, le prévint le mortel d’une voix que même le dieu jugeait autoritaire. »

Son large sourire étincela dans le miroir. Son pied continua cependant à remonter le long de son mollet, effleurant son genou et grimpa sur sa cuisse. Les muscles tressautaient légèrement à son contact. Il s’arrêta en rencontrant le bas de son caleçon.

« Viens-tu réellement de me donner un ordre ?

– Peut-être bien. »

Au-dessus de son épaule, les yeux bruns pétillaient. Il écarta sa cheville et s’empara enfin d’une chemise blanche, qu’il enfila et entreprit de boutonner. D’un mouvement de poignet, Loki défaisait les boutons derrière son passage. Loin de se décourager, Tony recommença, en le dévisageant à travers le miroir. Le dieu souriait un peu plus. La malice s’étalait sur ses traits. Lui-même installé confortablement dans un fauteuil, il admirait le spectacle du corps de son amant déambulant entre les armoires, choisissant un pantalon, puis des chaussettes, une montre, reposant le pantalon, en prenant un autre, une cravate, rouge ? ou peut-être bleue ? non finalement pas ses chaussettes là.

« Tu es ridicule, Anthony.

– Je trouve ça très ironique venant de toi, princesse. »

Loki roula des yeux, autant pour la remarque que pour le surnom. Au moins, lui avait la décence de ne pas infliger cela à sa moitié. Écartant les genoux, il fixa le mortel avec intensité.

« Viens ici. »

Sa voix ressemblait à un grondement dans la pièce insonorisée. Elle eut tout de même l’effet de capturer l’attention de Tony et de le faire le regarder. Il le détailla une seconde, avisant l’espace évident qui lui était dédié aux pieds du mage, et s’humecta les lèvres.

« Qui donne les ordres maintenant ?

– Je suis un dieu et tu es un mortel.

– Et je déteste qu’on me dise quoi faire à moins d’être à poil, répliqua-t-il aussitôt, plus qu’habitué à cette réponse.

– C’est un problème qui peut tout à fait se résoudre. Si tu. Viens. Ici. »

À chacun de ses mots, son timbre se faisait plus bas. Plus grave. Plus dangereux. De là où il était, il vit un frisson courir sur l’échine du génie. Il détourna le menton, tenta de se raccrocha à quoi que ce soit, n’importe quoi qui l’éloignerait de Loki.

« Je vais être en retard pour- pour la réunion et Pepper va me tuer. »

Il avait déjà perdu de sa sublime assurance.

« Personne ne va tuer personne, car plus vite tu viendras ici et plus vite tu pourras aller à ta chère réunion. »

Dans un soupir, Tony consentit à s’approcher en traînant des pieds, tendant la main, sachant que Loki l’attraperait. Et il l’attrapa. Il le tira à lui, accueillant le corps à moitié habillé de son amant sur ses genoux, son bras autour de son cou. Il sentait ce parfum de luxe qu’il ne mettait qu’en de rares occasions et il ne put résister à l’envie d’enfouir son nez dans le creux de sa gorge, y inspirant à pleins poumons et embrassant la peau juste sous sa mâchoire.

Le mortel gigota, empoigna les mèches noires pour diriger sa bouche directement sur la sienne.

« T’as eu ce que tu voulais, t’es content ? y murmura-t-il, une certaine douceur qui dénotait la rudesse avec laquelle les mots lui échappaient.

– Je serai satisfait lorsque je t’aurai satisfait, Anthony. »

Ce dernier expira longuement et l’embrassa avec plus de force. C’était dans ce genre de situation qu’il se demandait s’il avait plus peur de Pepper ou de Loki et s’il était préférable de couper court au programme alléchant du second en faveur de la première ou de se montrer avec un retard non négligeable à la réunion de la première en faveur du second.

La main du dieu sur le bas de son ventre l’empêcha de pousser la réflexion plus loin. Il oublia même à quoi il était censé réfléchir. Sans doute Loki pourrait-il le protéger face aux réprimandes interminables de Pepper ?

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« Ouvre les yeux, Lokes. »

Le faible éclairage blanchâtre de la salle de bains ne lui rendait pas justice, Tony devait bien l’admettre, et pourtant… Pourtant, il était plus beau qu’il ne l’avait jamais été. Sa peau d’un bleu profond semblait étinceler faiblement autour de lui, comme une aura lumineuse.

Ce n’était pas la première fois que Tony le voyait sous sa forme de Jötunn, même si Loki prenait un grand soin de la dissimuler autant qu’il le pouvait. Elle lui avait malgré tout échappée une ou deux fois. Par mégarde, principalement. Parce qu’il avait laissé ses émotions l’emporter, parce qu’il avait été trop faible physiquement pour maintenir l’illusion. Parce qu’il n’avait pas fait attention. Cela ne durait en général que quelques instants, dix minutes tout au plus. Pas assez pour pleinement l’admirer, mais suffisamment pour que Tony sût qu’il voulait en voir davantage. Qu’il avait besoin d’en voir davantage.

De longues conversations s’en étaient donc suivies. Pas toujours des plus plaisantes, certes, il ne comptait plus les fois où Loki avait juste fini par s’agacer et disparaître pour ne revenir que des heures plus tard, comme si de rien n’était, persuadé que le mortel se jouait de lui et ne faisait cela que pour mieux se débarrasser de lui. Et il était têtu. Mais Tony l’était tout autant.

« Donne-moi une minute, souffla-t-il, pantelant, comme s’il avait couru un marathon.

– Ça fait déjà trois fois que tu me dis ça. »

Il était parvenu à passer un accord avec le dieu ; une fellation en face d’un miroir. Probablement pas sa meilleure idée avec le recul, maintenant qu’il était agenouillé sur le carrelage depuis ce qui lui semblait être des heures, mais il voulait que Loki se vît comme il était, comme lui le voyait. Magnifique, même avec sa peau bleue, ses marques blanches qui le traversaient en un dessin étrange, ses yeux rouges, ses cornes ivoire. Ainsi, il était obligé de se regarder tout en profitant de la bouche de Tony.

Enfin, quand il daignait bien ouvrir les yeux, évidemment.

« Je t’ai dit qu’on était pas obligé.

– Je veux y arriver. »

Le mortel pouffa de rire au ton intransigeant de son amant. Il ressemblait à un enfant entêté. Il l’imaginait presque taper du pied sur le sol.

« Et tu y arriveras. Je sais que tu y arriveras, le rassura-t-il en caressant ses cuisses en un geste tendre. Ça a juste pas besoin d’être aujourd’hui. T’as toute l’éternité pour y arriver.

– Non. »

Il ne s’était pas attendu à la fermeté glaciale de sa voix et ne put retenir son léger tressaillement. Loki dut le sentir, car il baissa aussitôt le menton, ouvrant ses yeux pour trouver ceux de Tony. Malgré leur couleur écarlate, le génie y trouva leur douceur familière. Il sourit, se redressa un peu pour embrasser le ventre du dieu, juste sous le nombril. Les doigts aux griffes d’ébène caressèrent son crâne, tirant gentiment sur ses cheveux.

« Pas l’éternité, précisa Loki. Ta vie. Je veux y arriver avec toi. Avec personne d’autre. »

Tony se mordit la lèvre pour contenir le sourire immense qu’il sentait lui pincer les joues. Il vola un baiser à l’intérieur du poignet du Jötunn avant que celui-ci n’éloignât sa main de son visage.

« OK, OK, mais si tu veux bien éviter de me foutre déjà dans la tombe, y me semble qu’on a encore une paire d’années devant nous. »

Ce fut au tour de Loki de sourire. Ses lèvres noires s’étirèrent, dévoilant des dents de la même couleur que ses cornes. Quelque chose remua dans le bas-ventre de Tony. Il mourait d’envie d’embrasser ce sourire, de le dévorer. De ne jamais plus le voir disparaître.

Une griffe dessina le contour de sa mâchoire, s’arrêta au coin de sa bouche.

« On pourrait en avoir plus. »

Tout son sang se figea. Plus. C’était une conversation qu’ils n’avaient jamais eue, qu’ils avaient frôlée, parfois, de manière hésitante, mais sans toutefois l’approfondir. C’était comme tremper un orteil dans l’étang avant de détaler à toute vitesse. Plus. Ce n’était clairement pas une conversation pour maintenant. Il avait trop mal aux genoux pour ça.

« Une étape à la fois, tu veux. Pour l’instant, je te fais jouir, on verra plus tard pour le mariage et l’immortalité. »

Loki ricana.

« Je parlais seulement de l’immortalité, mais je suis ravi de constater que tu vois plus large. »

Pris la main dans le sac, Tony se sentit virer au rouge. Le même rouge que les prunelles qui le détaillaient avec attention.

« Mh, j’y ai peut-être pensé une ou deux fois, c’est possible, admit-il. »

Et alors qu’il pensait que Loki avait oublié leur accord, ce dernier inspira profondément, presque douloureusement, et releva le menton, dévisageant son propre reflet. Tony sourit, un sentiment de fierté se diffusant dans sa poitrine. Il ne perdit donc pas une seconde de plus pour respecter sa part du marché, trop heureux de pouvoir satisfaire son amant. Entre ses cils, il surveilla les traits du dieu, s’arrêtant tout net chaque fois que ses paupières se refermaient ou se détournaient du miroir face à lui. Alors il grognait et se concentrait de nouveau, non sans jeter un coup d’œil frustré au génie à ses pieds, qui se débrouillait pour lui répondre d’un rictus insolent.

Même s’il s’empressa de retrouver son apparence habituelle une fois l’orgasme atteint, ils considéraient tous deux l’expérience comme une réussite et Loki se mit à se montrer plus souvent sous sa forme natale en présence du mortel. Pour le plus grand bonheur de ce dernier.

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Tony remercia les murs insonorisés de leur chambre en entendant le grommellement provenant de sa propre gorge quand Loki eut le culot de rompre le baiser dans lequel il perdait son souffle et sa raison depuis de longues minutes maintenant. L’imbécile eut en plus l’audace monumentale de pouffer de rire. Il se retint de le gifler. Ou de le mordre. Ou de l’étrangler. Ou les trois à la fois.

« Je t’ai donc tant manqué, Anthony ? »

Pas le moins du monde rassasié de lui, il continua de couvrir sa mâchoire et son cou de ses lèvres entrouvertes. Sous ses doigts, la peau du dieu frissonnait.

« Mmmh tu sais quoi ? Viens t’asseoir sur moi et je vais te montrer à quel point tu m’as manqué. »

Et, juste comme ça, sans attendre de réponse (il attendait rarement de réponse), il déboutonna son pantalon, le laissa tomber le long de ses jambes – Loki découvrit donc, une fois n’était pas coutume, que son amant ne portait pas de sous-vêtement –, passa son t-shirt par-dessus sa tête et s’allongea au milieu du lit sur le dos. La manœuvre n’avait rien d’attrayante, pourtant l’immortel se trouva malgré lui désemparé devant le naturel de son compagnon. Son charme, qui n’en ressortait que plus vivement, alors qu’il ne faisait pas le moindre effort pour ne serait-ce qu’essayer de paraître à son avantage.

Il lui fallut une minute, ou deux, de plus avant de parvenir enfin à retrouver le contrôle de ses jambes et suivre le même chemin, utilisant sa magie pour se débarrasser de ses vêtements et enjambant les hanches du génie pour s’allonger tout contre lui. Le baiser qu’ils échangèrent était lent et un peu laborieux, un mélange de rires et de prénoms murmurés et de soupirs qui les faisaient frémir.

Loki se redressa, surplombant son amant de toute sa sublime hauteur, les mains sur son torse, évitant les cicatrices à l’endroit de son cœur. Déjà, son bassin entamait une danse bien connue.

Tony, cependant, l’arrêta tout net, la voix instable à cause du désir qui prenait de plus en plus de place dans son esprit.

« Non, Lokes, ici. »

Il tapota ses propres épaules et le dieu fronça les sourcils.

« Viens t’asseoir ici, précisa le génie, amusé par l’incompréhension, pourtant si rare dans ce domaine, de l’immortel. Là, tourne-toi, mets tes jambes sous mes bras, voilà, comme ça, baisse toi un peu, parfait. »

Et, bien sûr, la réalisation frappa Loki quand les doigts de Tony se mirent à caresser le bas de ses reins et que son souffle, brûlant et impudique, à la fin de chacun de ses mots s’écrasa à un endroit où il ne s’était encore jamais écrasé auparavant. Il tordit les draps sous ses mains.

« Quelle vue », approuva la voix distraite derrière lui, comme s’il se parlait davantage à lui-même qu’au dieu qui, de toute façon, ne se sentait plus tout à fait en état de lui répondre. Il sentit, littéralement, il sentit sa peau s’enflammer sur l’intégralité de son visage. « Tu sais qu’on arrête tout si tu me le demandes, hein ? » Loki se débrouilla comme il put pour à la fois acquiescer et sortir un son qui ressemblait vaguement à une approbation. « Bien. Garde ça en tête. Et détends-toi, je t’assure que je vais tout faire pour que ça soit aussi plaisant pour toi que ça l’est déjà pour moi. »

Il n’eut pas le temps d’enregistrer ses paroles que la bouche de Tony était sur lui et Loki gémit bruyamment tandis que son corps tenta de se soumettre au contact et de s’y appuyer davantage dans un même mouvement. Ses doigts abandonnèrent les draps et préférèrent les cuisses du mortel, auxquelles il s’accrocha comme à sa propre vie. Ce qui eut l’air de lui plaire, car il l’entendit humer de contentement contre sa chair. Le son vibra à l’intérieur de ses os, se répercuta jusqu’à son crâne où il se mit à s’agiter comme un grelot et lui fit voir des étoiles.

Passé le premier instant de gêne, Loki finit par répondre positivement au traitement de la langue de Tony et se pencha jusqu’à poser sa joue sur le vallon de son aine, son nez taquinant le sexe on ne peut plus intéressé par leurs activités et pourtant douloureusement ignoré. Pour toute réponse, le génie donna une tape ferme sur la fesse du mage. Ce dernier enfouit son rire dans la peau de son amant. S’il avait été sceptique au début, il voyait désormais très clairement l’attrait notoire de cette position et il se trouva haletant en un rien de temps.

« Tony…

– Fais ce que tu veux, mais même si tu viens maintenant, je continue. Je suis loin d’en avoir fini avec toi. »

Loki dut serrer ses paupières pour refouler la vague de plaisir qui déferla en lui à l’idée de la langue de Tony continuant à s’activer en lui – Nornes, cet homme ne connaissait donc aucune limite – après qu’il avait terminé. Il lui sembla entendre quelque chose à propos de ses fesses qui étaient les plus merveilleuses que j’ai jamais connues putain mais sa voix lui parvenait comme enveloppée de coton et il était de toute façon trop préoccupé à contenir son orgasme pour y prêter réellement attention. Le frottement de la barbe du génie lui déclenchait une succession de minuscules décharges électriques dans ses muscles. Il n’était pas certain de pouvoir tenir encore bien longtemps, l’habituel mélange de douleur et de plaisir le jetant au bord du gouffre avec une facilité déconcertante.

Comme animés d’une volonté propre et indépendamment de la sienne, ses doigts trouvèrent et s’emparèrent du sexe tout près de son visage, le caressant, lui donnant toute l’affection qui lui était refusée depuis qu’ils avaient commencé. Tony gémit, enfonça ses pieds dans le matelas pour soulever ses hanches et accompagner le mouvement de Loki. Ce dernier avait du mal à garder un semblant de rythme, mais il parvint, avec sa main et sa bouche, quand elle n’était pas pressée contre la cuisse du génie pour couvrir les gémissements qui s’en écoulaient en torrents, à lui rendre la pareille. Du moins il le supposa lorsqu’une flopée d’injures évinça un instant sa voix. Il sourit distraitement.

Et puis tout se mit à devenir trop. La barbe de Tony, la langue de Tony, les dents de Tony, les lèvres de Tony, les mains de Tony, le souffle de Tony. Le tout concentré au même endroit et sans le moindre répit le propulsa bien au-delà du précipice et il vint dans un râle. Il eut toutefois assez de conscience pour continuer à bouger son poignet et, fort heureusement, le mortel ne tarda pas à le suivre, ses ongles éraflant la chair de ses fesses. Du coin de l’œil, Loki observa, satisfait, leur sperme se mélanger sur le ventre de son amant, qui se mit à se contracter quand ce dernier éclata de rire, bientôt suivi par le dieu.

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Tony savait que Loki était doté d’une force extraordinaire, combinée à une magie puissante et parfaitement maîtrisée, qu’il n’utilisait qu’en cas d’extrêmes urgences, comme la fois où il avait redressé un immeuble – un putain de gratte-ciel d’une centaine d’étages – qui s’apprêtait à s’écraser sur des civils affolés. Il avait au moins eu la décence de paraître un minimum essoufflé après coup, même si cela ne l’empêcha pas de lui sourire et de s’empresser d’aller aider Thor qui déchaînait des éclairs autour d’eux.

Tony savait que la force de Loki était dangereuse. Mortelle. Peut-être même encore plus que celle de Thor. Parce qu’il était évident que Thor était fort, c’était inscrit dans chacun de ses traits, dans ces muscles qu’il exposait à longueur de journée et qui se contractaient au moindre effort. Mais Loki. Loki était fin, élancé, délicat. Certains se risqueraient même à dire fragile. Et c’était là sa plus grande force. Il amenait ses adversaires à le sous-estimer, à croire qu’il n’était pas capable de les combattre, encore moins de les vaincre. Et soudain, toute sa puissance se révélait. Soudain, il était écrit sur son visage qu’il était le vainqueur. Qu’il l’avait toujours été, qu’il s’était seulement arrangé pour porter le masque du vaincu.

Tony savait aussi que Loki n’aimait pas l’utiliser à tort et à travers comme son frère. Il préférait l’implacabilité des mots, la cruauté d’une insulte ou d’une remarque bien placée. Étudiée pour blesser au plus profond des chairs la personne envers qui elle était dirigée. La réduire au silence alors même qu’elle se tenait encore sur ses pieds, sans la moindre égratignure que celle qui suintait en plein cœur.

Et Tony savait que c’était une mauvaise idée – si ce n’était la pire de son existence entière. Qu’il le regretterait tôt ou tard. Que c’était stupide.

Mais il savait qu’il ne pouvait se sortir cette idée de la tête depuis des semaines. Qu’il s’était mis à en rêver. Qu’elle l’empêchait de se concentrer, sur le champ de bataille ou à l’abri de son atelier.

Pourtant, lorsque Loki sourit de ce sourire prédateur et inquiétant, qui aurait fait détaler n’importe qui, mais pas Tony, lorsqu’il enroula ses longs doigts experts autour de ses hanches et qu’il serra, serra de toute sa force, Tony sut que c’était aussi la meilleure idée de sa vie. Il bascula la tête en arrière, laissa le dieu le conduire jusqu’à son lit. Littéralement. Il ne remua pas le moindre orteil, se contenta d’observer cette lueur de supériorité danser dans ses yeux sombres, enflammer le vert d’ordinaire si contrôlé.

Tony savait qu’il n’avait aucun instinct de survie, Pepper le lui avait assez répété, il l’avait lui-même assez prouvé, mais il réalisa que cela n’avait jamais été aussi vrai qu’à chaque fois qu’il demanda à Loki d’utiliser sa force sur lui. Sa force dans tout ce qu’elle avait de brutale et de sauvage et de primitive et de fantastique. Sa force à l’état brut.

Et alors Tony sut qu’il ne pourrait plus jamais vivre sans cette force enveloppée autour de lui, le surplombant, le dominant. Le protégeant.

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Il restait peu de réunions où la présence de Tony était exigée – en partie, parce que ses collaborateurs avaient fini par se lasser de l’attendre pour le voir débarquer avec plus de deux heures de retard, sans un mot d’excuse, des lunettes de soleil sur le nez et son quarante-huitième café de la journée vissé à la main, et parce que le milliardaire s’était arrangé pour tout déléguer et ainsi fuir les salles remplies de types en cravates autant que possible.

Mais il en restait tout de même quelques unes auxquelles il se devait d’assister. Et rappeler par la même occasion qu’il était toujours aux commandes, malgré sa préférence évidente pour la création plutôt que la paperasse.

Ce que Loki semblait avoir une légère difficulté à comprendre, visiblement.

« Tu n’as qu’à dire que tu ne peux pas venir. Que tu es occupé, je ne sais pas, je suis certain que tu es doué pour trouver des excuses.

– Oh oui, tu veux que je leur dise que je suis occupé par un dieu en chaleur qui peut pas prendre sur lui le temps que j’en ai fini avec eux ? Est-ce que tu veux que je joigne une photo avec ? T’es plutôt photogénique comme ça. Cambre juste un peu plus le dos. JARVIS, photo.

– Dois-je réellement prendre la photo, monsieur ?

Évidemment.

Non. »

La première réponse vint de Tony et la seconde, de Loki, qui l’accompagna d’un regard de travers en direction du génie. Ce dernier ricana, fier de lui, ses larges mains englobant les fesses pâles et douces et nues de l’immortel. Nu, il l’était de la tête aux pieds. Nu dans toute sa splendeur, dans toute sa magnificence et sa grâce. Nu comme s’il n’y avait que les yeux de Tony pour l’admirer, les mains de Tony pour le toucher, la bouche de Tony pour l’embrasser. Et c’était le cas. La ville entière pouvait bien faire irruption dans la salle de réunion encore vide, l’attention de Loki n’oscillerait pas d’un cil.

Tony, à l’inverse, était intégralement drapé de son costume gris anthracite qui lui seyait si bien et qui avait été la raison pour laquelle le dieu se tenait désormais à califourchon sur ses cuisses, son souffle s’écrasant sur sa joue tandis que ses dents s’attaquaient à sa mâchoire. La raison pour laquelle le milliardaire se retrouvait à surveiller à la fois la porte, non-verrouillée et qui menaçait de s’ouvrir à tout instant, et sa montre, dont les aiguilles avançaient trop vite à son goût.

Sous ses paumes, les muscles remuèrent, se contractèrent quand Loki donna un nouveau coup de bassin vers l’avant, cherchant un semblant de friction sur son sexe gorgé coincé entre leurs hanches. Les doigts de Tony s’enfoncèrent dans la chair tendre. L’immortel étouffa un grognement en lui volant un baiser où ses dents claquèrent contre les siennes. Le génie finit par lui mordre la langue.

« C’est ça que tu veux ? Venir te frotter sur moi pour avoir un peu d’attention ? »

Loki secoua la tête.

« Alors quoi ? Qu’est-ce que tu veux ?

– Toi. »

Sa voix n’avait plus rien de sa superbe habituelle. Elle n’était qu’un souffle désespéré et c’était la voix préférée de Tony. La voix qui lui promettait des cris à hanter ses songes jusqu’à la fin de sa vie.

« Je suis là. Qu’est-ce que tu veux, Loki ? Mes doigts ? »

Il secoua de nouveau la tête. Ses boucles noires envahirent son visage, s’accrochèrent à ses cils, se collèrent à son front et à ses lèvres entrouvertes.

« Oh non, bien sûr. C’est pas assez pour toi, ça, hein ? Ma queue, alors ? » Quand il n’obtint aucune réponse, aucune réponse extérieure en tout cas, parce que sa réponse était inscrite en lettres capitales dans les pupilles dilatées qui le fixaient de toute leur intensité, Tony relâcha sa prise sur les fesses de Loki pour y abattre ses paumes. Le claquement sembla se répercuter dans la pièce. Le dieu glapit, s’accrocha un peu plus à ses épaules. « Vas-y. Sers-toi, l’encouragea le génie. »

Aussitôt, les doigts tremblant d’impatience déboutonnaient et écartaient les pans de son pantalon, abaissaient l’élastique du caleçon pour révéler l’objet de ses convoitises, dressé vers le ciel et d’un rose semblable à celui qui s’étalait sur les joues divines. Il se lécha les lèvres et, en d’autres circonstances, il n’aurait probablement pas hésité à se mettre à genoux pour le savourer comme il le savourait déjà d’un regard, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, ses priorités étaient tout autres et elles n’incluaient pas de perte de temps inutile.

Tony eut donc le plaisir – ou la torture, la frontière devenait si mince qu’il ne la distinguait plus tout à fait – de sentir la chaleur intoxicante du dieu déjà préparé se refermer autour de lui et l’englober tout entier. C’était bon, beaucoup trop bon, et pourtant loin d’être aussi bon que l’expression sur le visage de Loki. Cette expression un peu satisfaite d’avoir enfin obtenu ce qu’il voulait, mais d’en être submergé parce que c’était bien plus que ce qu’il avait imaginé.

Ce fut au tour du milliardaire de remuer des hanches, juste pour voir la réaction de son amant. Et parce que son immobilité enflammait ses nerfs. Loki pinça les lèvres et gémit.

« Tu comptes rester là toute la journée ? Me tenir chaud pendant que je parle chiffre d’affaires et statistiques ? J’ai rien contre, mais tu vas distraire tout le monde, personne va écouter ce que je raconte et tu sais que je déteste me répéter. Donc, tu l’as voulue, tu l’as. » Il frappa exactement au même endroit sur ses fesses, faisait tressaillir la chair sous ses paumes. « Dépêche-toi, il te reste moins de cinq minutes.

Tony.

– Ah oui, tu fais bien de me le rappeler. Évidemment, il est inenvisageable de ruiner mon costume maintenant, tu vas donc devoir te retenir, mon amour. »

Et oh comme ses yeux s’écarquillèrent quand il réalisa ce qu’il impliquait. Quand il réalisa qu’il n’aurait pas la délivrance qu’il désirait ardemment au point de se cramponner à lui à quelques minutes d’une réunion importante. Tony vit la fureur enflammer ses iris – la fureur de s’être fait avoir, de passer après ses occupations futiles et tellement moins importantes que lui.

Pourtant, Loki ne se priva pas pour continuer ce qu’il avait entamé plus tôt et commença à décrire des ronds lascifs avec son bassin, frottant l’érection de Tony à l’intérieur de lui précisément comme ils en avaient tous deux besoin, les rendant aussi pantelants qu’affamés.

Pressé par le temps, le génie ne chercha pas à prolonger son plaisir, déjà insistant dans le bas de son ventre, et se répandit sur le torse de son amant, qui gémit et chercha ses lèvres pour un baiser rendu maladroit par ses respirations trop courtes. Tony en prit le contrôle, le ralentit, ses doigts s’emmêlant dans les cheveux noirs.

« Interdiction de te nettoyer, de te rhabiller, de te toucher et encore moins de jouir. Tu vas m’attendre dans la chambre. » Et comme Loki était sur le point de se plaindre, le milliardaire enchaîna immédiatement. « Je t’assure que l’attente en vaudra le coup. Une fois la réunion terminée, j’aurais plus besoin de ce costume, tu pourras le ruiner autant que tu veux. Autant que je te ruinerai. Va. »

Au même instant où le dieu s’évapora, la porte de la salle s’ouvrit sur des visages fermés et blasés par ce qui allait suivre. Seul Tony souriait dans son coin, des frissons d’anticipation courant dans ses veines et l’image de son dieu allongé dans leur lit, l’attendant sagement, accompagnant les diaporamas de tableaux des chiffres de l’entreprise sur grand écran.

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Il arrivait à Tony d’autoriser Loki à rester avec lui dans son atelier. Bon, bien sûr, autoriser était un bien grand terme, Loki étant un dieu qui pouvait se montrer terrifiant quand il le voulait, disons qu’il se résignait à le laisser s’installer dans un canapé spécialement aménagé pour lui dans un coin de la pièce. Il était le seul à avoir ce privilège – en-dehors de Bruce, mais si Bruce se trouvait ici avec lui, c’était pour travailler sur un projet commun, pas par visite de courtoisie. Mais l’ingénieur appréciait sa présence. Il était calme et dégageait une aura de confort et de sérénité qui l’apaisait en toutes circonstances. Chaque fois qu’il sentait la frustration grimper dans son ventre à cause de ses mauvais calculs, il n’avait qu’à se tourner vers la silhouette penchée au-dessus d’un livre et, déjà, il lui était plus simple de respirer.

Cependant, la plupart du temps, il était tellement pris dans ses inventions qu’il ne prêtait plus attention à ce qui l’entourait, si bien qu’il lui arrivait d’émerger de sa transe et de découvrir que le mage n’était plus là et qu’il faisait nuit noire. Loki ne lui en tenait jamais rigueur. Il se contentait de s’éclipser distraitement et de l’attendre en haut ou de vaquer à ses occupations. Il savait que le génie pouvait en avoir pour des heures avant de reprendre pied dans la réalité. Il ne lui en voulait pas, au contraire. Il en profitait pour laisser ses yeux explorer ses traits concentrés, ses cheveux en pagaille, les muscles de son dos et de ses épaules danser sous la peau brillante de transpiration. Il ignorait si Tony rentrait dans les critères de beauté de sa planète, même s’il avait remarqué les nombreux regards qu’il attirait, mais il le trouvait magnifique. Il se surprenait souvent à avoir le souffle coupé face à lui.

Et il n’était jamais plus beau que lorsqu’il n’en avait pas la moindre idée. Comme en cet instant.

S’approchant dans son dos en douce, il inspira son odeur un peu âcre de sueur et de café avant de poser ses lèvres sur l’arrondi de son épaule. Comme il s’y était attendu, Tony sursauta et il s’empressa de passer ses bras autour de sa taille pour le serrer contre lui. Le visage fatigué mais heureux de son amant se leva pour quémander un baiser, qu’il lui offrit dans un sourire.

« Tu es splendide, murmura-t-il contre sa bouche. »

Tony pouffa de rire.

« T’as des goûts bien pourris pour un dieu. »

Le dieu en question planta ses dents dans la chair de sa lèvre inférieure.

« Ow ! s’exclama le mortel en se détournant.

– Et tu es bien idiot pour un génie.

– C’est toi qu’es idiot, marmonna-t-il en se léchant la lèvre. »

Il ne lui répondit que par un rire tandis qu’il enfouissait son nez dans son cou, traçant de sa langue la ligne de sa jugulaire. Comme s’il ne s’agissait que d’un morceau de mousseline aussi fragile qu’un pétale, Loki arracha le débardeur de Tony et apprécia la chaleur de sa peau sous ses mains, les muscles et les côtes dont il dessina les contours du bout des doigts, le faisant se tortiller entre ses bras. Pour l’empêcher de s’éloigner et parce qu’il voulait le garder au plus près de lui, si près qu’ils seraient sur le point de fusionner, il le bloqua contre la table sur laquelle il travaillait quelques minutes plus tôt. Avec un rictus insolent, il le vit s’y accrocher au point d’en avoir les jointures blanchies.

Sous ses doigts, les frissons se multiplièrent. Il savait que le playboy ne s’appréciait pas. Et s’il ne pouvait pas le lui reprocher – après tout il n’était pas le meilleur exemple d’amour de soi – il ne perdait jamais une occasion de lui prouver à quel point lui l’aimait pour deux. Agrippant ses hanches avec force, il le força à lui faire face et s’empara de ses lèvres avant qu’il n’eût pu émettre la moindre objection. Les poings fermés de Tony s’ancrèrent à sa chemise dans le bas de son dos. Les yeux fermés, Loki voyait qu’il était doucement en train de s’abandonner. Aussi, il poussa un peu plus loin le vice en roulant ses hanches contre les siennes. Le gémissement qui atterrit tout droit dans sa bouche était la plus délicieuse des récompenses.

« Splendide, répéta-t-il, juste parce que c’était la vérité et qu’il voulait que son humain n’eût plus une trace de doute à ce sujet. »

Ce dernier eut néanmoins l’audace de rouler des yeux. La stupidité des mortels ne cesserait donc jamais de l’étonner. Il approfondit le baiser en sentant sous son index l’ancienne cicatrice à l’endroit de son cœur, où le réacteur avait émis sa douce lueur bleutée durant de longues années et que le génie s’était résigné à retirer. Comme d’habitude, il le perçut se tendre, se figer presque, mais sans interrompre le baiser, sans s’écarter. Loki décida alors qu’il pouvait continuer. Il la caressa un moment, de bas en haut, de haut en bas, tout autour. La peau était incroyablement sensible et il ne se lassait pas des minuscules plaintes qu’il tirait à son amant en une litanie mélodieuse.

Il finit tout de même par migrer au sud, sur son ventre, dont les muscles se crispèrent à son contact en même temps que sa respiration s’entrecoupait. Chacun de ses plus petits sursauts était une merveille que Loki chérissait précieusement et tâchait de graver dans sa mémoire pour s’en souvenir encore à la fin de son éternité. Il pinça la peau avec tendresse, avec amusement aussi, parfois avec cruauté, juste pour la voir rosir et le voir s’impatienter. Tony était probablement l’être le plus impatient qui lui avait été donné de rencontrer – sauf quand il s’agissait de lui rendre la pareille, tout à coup il était doté de la patience la plus extraordinaire des Neuf Royaumes. Enfin, ses doigts suivirent le chemin déjà tracé par les poils sombres qui disparaissaient sous son jean, où ils s’insinuèrent sans mal.

« Lo, gronda Tony contre son épaule. »

Son autre main agrippa une poignée de cheveux bruns et emmêlés et tira de sorte à ce que les yeux d’ambre rencontrèrent ceux d’émeraudes. La bouche entrouverte et luisante de salive, les joues rougies, le front baigné de la lumière des néons, le souffle saccadé, il était une vision. Il était si beau que Loki en eut mal quelque part dans son ventre. Quelque part dans son cœur. Il était beau et il refusait de le reconnaître.

Il l’embrassa encore, mêlant ses gémissements aux siens. Il ne pouvait plus se passer de lui. Ne pourrait plus, même s’il le voulait, même s’il essayait. Il était prisonnier de la toile de ce mortel qui n’avait rien fait et qui avait pourtant réussi à l’attirer dans ses filets. Son poignet accéléra.

« Splendide, asséna-t-il une ultime fois. »

Dans un cri, Tony se répandit sur ses doigts.

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Le brouhaha de la fête s’estompa, devint si lointain qu’il leur sembla qu’il provenait désormais d’un autre immeuble, quand ils refermèrent la porte et que Tony y plaqua la silhouette de la déesse. Loki lui avait lancé des coups d’œil en coin toute la soirée, le fixant droit dans les yeux chaque fois qu’elle s’esclaffait d’une blague d’un invité ou qu’elle avalait une gorgée de son cocktail, chaque fois que quelqu’un se penchait à son oreille pour lui murmurer quelque chose qui restait inaudible pour le génie, mais qui ne manquait pas pour autant de faire bouillir son sang de jalousie.

Et d’envie. De luxure.

Loki était sublime. Enchanteresse, vraiment. Ses longs cheveux cascadant entre ses omoplates, s’échouant au milieu de son dos, virevoltant lorsqu’elle tournait la tête. Sous cette forme, elle était à peine plus petite que sous sa forme masculine, mais les chaussures qu’elle portait ne la faisaient paraître que plus grande encore (pour le malheur de Tony, mais à la fois pour sa fierté, parce que, qui d’autre pouvait se vanter, qui d’autre avait l’infini privilège de se tenir au bras de la plus belle femme des Neuf Royaumes réunis ?)

Il avait attendu la première occasion pour l’attirer à lui et lui voler un baiser qui aurait fait rougir leur cher Captain s’il avait été dans le coin pour les voir. Loki y avait aussitôt répondu, ses mains se faufilant sous la veste de Tony et s’accrochant à sa chemise, ses dents attaquant ses lèvres comme une affamée.

« La chambre ? »

Elle avait roulé des yeux et s’était emparée de son poignet pour le traîner à sa suite. Évidemment, elle n’avait pas été bien loin et, la Tour étant dotée de nombreuses chambres, elle avait choisi la porte la plus proche.

« Je suis sûr que t’as fait exprès de parader dans cette robe pour me rendre fou, vile tentatrice que tu es, accusa Tony en mordillant sa gorge exposée. »

Elle pouffa de rire tandis que ses doigts parvenaient enfin à tirer sur la chemise du mortel pour accéder à sa peau. Cette dernière se couvrit instantanément de frissons, tirant un long gémissement au génie, dont les mains se resserrèrent avec plus de force autour de la taille de l’immortelle, ses pouces s’enfonçant juste au-dessus des os de ses hanches.

« Il fallait bien que je m’assure de garder tes yeux sur moi, déclara-t-elle en trouvant le regard de son amant du sien et en ne le lâchant plus, traçant de sa langue les contours de sa bouche entrouverte. Il paraît que tu es facilement distrait lors de ce genre d’évènements. Je ne voulais pas prendre ce risque inutile. »

Le super-héros grogna avant d’aspirer la langue entre ses lèvres et de faire soupirer et fondre Loki un peu plus contre lui. Elle s’accrocha à ses épaules, à sa nuque, à ses cheveux, à tout ce que ses mains pouvaient trouver et qui laissait des traces de griffures sur son passage. Ils aimaient avoir des preuves de leurs ébats à admirer le lendemain.

« Enlève-la, ordonna-t-il d’une voix rauque.

– Je croyais qu’elle te plaisait, minauda la déesse en baissant le menton pour l’observer de sous ses longs cils noirs.

– Oh oui, beaucoup. Mais tu sais bien que je préfère quand tu portes ta plus belle robe. » Ses doigts autour de ses hanches se firent intransigeants et il la plaqua de nouveau contre la porte, avec plus de force que la première fois, l’arrière de son crâne heurtant le bois avec un gémissement bestial. Le sourire de Loki dévoilait toutes ses dents. Quelque part, ils savaient tous les deux ce qu’il s’apprêtait à dire. « Mes mains. »

Et ils savaient tous les deux ce qu’il ne disait pas derrière ces simples mots. Mes mains, les miennes, et aucunes autres.

« Enlève-la, répéta-t-il. Et prends ton temps. Enlève-la comme si tu étais payée pour le faire.

– Vous avez l’intention de me payer, Monsieur Stark ? »

Tony sourit à l’utilisation formelle de son nom. Il n’y avait bien que dans ces circonstances qu’il n’y voyait pas le moindre inconvénient. Il l’embrassa avec douceur, sentant les longs bras de la déesse se refermer autour de sa nuque, une de ses jambes se glisser entre les siennes.

« Peut-être. Si je suis satisfait de ta performance, pourquoi pas ? Rien n’est trop beau pour ma reine. »

Loki fit ce bruit qui ressemblait à la fois à un gémissement, un ronronnement et un grognement. C’était aussi inquiétant qu’excitant et le génie en profita pour enrouler sa langue autour de sa comparse. Juste pour réitérer le son, l’entendre encore une fois, le graver dans sa mémoire et ainsi pouvoir le rejouer en boucle pendant ses heures solitaires. Le rejouer en boucle aux moments les plus inopportuns. Ses réunions étaient toujours plus intéressantes avec la voix de Loki résonnant dans les tréfonds de son esprit.

Les mains aux ongles parfaitement manucurés abandonnèrent sa nuque pour appuyer sur son torse et le forcer à reculer d’un pas. Elle avait amplement la force de le pousser autant qu’elle le désirait, mais elle aimait prétendre qu’il avait l’avantage. Et puis, en vérité, elle n’avait pas besoin, encore moins envie, qu’il s’éloignât plus que nécessaire. Elle avait assez de place pour débuter son petit spectacle.

Alors, lentement, elle attrapa les fines bretelles de sa robe et les fit tomber de ses épaules, emportant avec elles le décolleté prononcé sur lequel Tony ne cessait de loucher depuis le début de la soirée. Elle chuta jusqu’à sa taille, dévoilant une peau de porcelaine intacte, comme sculptée dans le marbre. La bouche du super-héros s’entrouvrit, ses yeux s’assombrirent. Avec cet irrésistible sourire en coin, elle remua des hanches pour forcer la robe à tomber à ses pieds, où elle s’étala en une mer de jade contre ses pieds d’écume. Elle ne portait rien dessous et, même s’il n’aurait pas dû être étonné outre mesure, Tony ne put s’empêcher de gémir à la vue qui s’offrait à lui.

Il s’humecta les lèvres.

« Magnifique, souffla-t-il autant pour son amante que pour lui-même. Non, laisse les chaussures, ajouta-t-il rapidement quand Loki fit le geste de défaire ses escarpins. Tu es à la hauteur parfaite comme ça. »

Et, sans plus attendre, il attaqua la gorge de la déesse de ses dents affamées. La respiration, juste au-dessus de son oreille, s’entrecoupa et reprit sur un rythme saccadé, s’achevant en un long soupir chaque fois qu’il mordait avec plus d’engouement. Il savait que sur quiconque, la douleur aurait été désagréable, suffisamment peut-être pour lui demander d’arrêter, mais sur elle, ce n’était rien de plus qu’une chatouille, un bref éclat d’adrénaline qui faisait rugir son sang dans ses veines.

Il profita de sa distraction pour insérer une main entre ses cuisses. Loki rua contre ses doigts.

« Tu crois qu’ils font suffisamment de bruit pour couvrir tes cris ?

– Encore faudrait-il que vous me fassiez crier, Monsieur Stark, répliqua-t-elle avec toujours autant d’aplomb même si sa voix n’en menait pas large.

– Hm voilà un challenge à ma taille, roucoula-t-il en s’emparant de sa bouche une nouvelle fois. »

Il sentit plus qu’il ne vit le sourire étirer les lèvres de son amante. Et il sut que la Déesse de la Malice n’était pas loin. Il reconnaissait ce sourire, aurait pu le reconnaître entre mille, juste à sa manière de froncer le nez et d’être satisfaite d’elle-même alors qu’elle n’avait encore rien dit.

« Pas très grand, donc.

– Eh ! »

Il lui pinça le ventre et la cuisse simultanément, la faisant se courber en deux, éclatant de rire. Ce rire qu’il ne parvenait à entendre que lorsqu’ils n’étaient que tous les deux et qu’elle savait qu’elle était en sécurité, que le monde était trop occupé ailleurs pour se soucier d’eux. Aussitôt, elle enroula ses bras autour de la taille de Tony et l’attira à elle, écrasant son sourire contre sa joue. Il caressa les longs cheveux noirs qui lui chatouillaient le flanc.

« C’était trop tentant pour y résister, pardonne-moi, mon amour.

– T’es vraiment la pire petite-amie du monde. »

Il n’en pensait pas un mot, évidemment, et le baiser qu’il déposa sur le bout de son nez le lui prouva bien. Néanmoins, elle fit mine de ne pas comprendre, agrippa son poignet et le guida de nouveau sur le bas de son ventre. Ils gémirent de concert au contact brûlant.

« J’ai rien dit.

– C’est ce qu’il me semblait. Maintenant, si vous le voulez bien, Monsieur Stark, vous m’avez promis des cris.

– Tout de suite, Votre Altesse. »

Et ils se sourirent, impatients déjà de découvrir l’expression scandalisée des invités quand ils en auraient fini. Dans quelques heures.

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À force de vivre sur Midgard aux côtés de son amant, Loki avait peu à peu abandonné l’habitude de se téléporter partout en un claquement de doigts. Il n’en était pas encore à prendre les transports en commun, merci bien, ces choses étaient infestées d’une population grouillante et désagréable et l’hygiène y était infecte. Il se contentait généralement de marcher. Ou de monter dans ces engins que Tony chérissait tant et dont il avait une collection grotesque dans son garage.

Parce que, évidemment, passer ses nuits penché au-dessus de ses chères armures ne lui suffisait pas, il fallait en plus qu’il les passât sous ses tout aussi adorées voitures.

Loki n’en était pas fan, il devait le reconnaître, quand bien même il constatait l’utilité plus que flagrante pour ces individus dépourvus de magie (et dotés en prime d’un sens aigu de la paresse qui les empêchait semblait-il de faire deux pas sans se plaindre). Mais il ne parvenait à y discerner toute la beauté que le super-héros lui dépeignait chaque fois qu’il se lançait dans un monologue interminable sur sa dernière acquisition, qui lui valait immanquablement un haussement de sourcils de la part du dieu.

Haussement de sourcils qui avait d’ailleurs failli lui donner la migraine la plus carabinée de toute son existence quand le génie avait décrété qu’il lui offrait le modèle qu’il venait de garer parmi les autres.

« Et que veux-tu que j’en fasse exactement ?

– Ce que tu veux, Lo. C’est à toi maintenant. »

C’était ridicule. Loki ne savait pas conduire et n’avait pas la moindre intention d’apprendre. Sans compter qu’il avait bien d’autres options à sa portée s’il voulait se déplacer et que Tony savait qu’il ne partageait pas sa passion pour les voitures. Mais le mortel lui souriait et son visage rayonnait. Le cœur du mage s’attendrit. Il lui rendit son sourire, se pencha et l’embrassa, acceptant silencieusement ce cadeau qu’il ne comprenait pas tout à fait.

Des jours plus tard, ils étaient tous deux assis à l’arrière dudit cadeau, les vitres teintées les dissimulant de la foule d’admirateurs – et admiratrices – qui se bousculait autour du véhicule dans l’espoir d’obtenir une photo avec le milliardaire. Ce dernier observait sa montre avant de s’installer un peu plus confortablement dans son siège. Loki attendit que le chaos dehors se tût, la tête appuyée sur la ceinture de sécurité.

Il frémit lorsqu’il sentit un baiser déposé sur son cou exposé, les lèvres du génie souriantes et tièdes contre sa peau. Aussitôt, il tourna le menton dans sa direction. Un nouveau baiser atterrit tout droit sur sa bouche et il se fondit dedans, agrippant les mèches brunes entre ses doigts pour attirer son amant un peu plus près. La caresse se prolongea, les mains s’égarèrent, les soupirs fusèrent dans l’habitacle seulement illuminé des lumières de la ville.

Tony finit par rompre le baiser, mais seulement pour mieux s’attaquer à la mâchoire de Loki.

« Je mentirais si je te disais que j’avais pas pensé à ça en te l’offrant. »

Le dieu pouffa de rire, tira de nouveau sur les cheveux, arrachant un grognement au milliardaire.

« Comme si tes propres voitures ne suffisaient pas.

– J’aurais pas assez de toutes les voitures du monde pour t’aimer. »

L’estomac de l’immortel se retourna, à la fois par l’excitation de sentir le souffle brûlant de Tony s’écraser sur sa nuque, de ses doigts se frayant un chemin sous sa chemise, et par l’affection que ces quelques mots lui déclenchèrent.

« C’était étonnamment sentimental. Es-tu ivre ? »

Il renversa la tête en arrière, un gémissement franchissant ses lèvres, tandis que les dents du mortel s’activaient avec plus d’entrain contre sa gorge, à l’endroit où son pouls s’affolait. Il se tordit un peu pour guider les mains plus bas sur son ventre. Tony y consentit avec joie et traça de son pouce une ligne qui partait de son nombril et qui descendait bien en-dessous de la ceinture de son pantalon.

« J’arrange pas mon cas si je te réponds que je suis ivre d’amour pour toi ? »

Un nouvel éclat de rire remplaça ses soupirs.

« Pas le moins du monde, mais, je t’en prie, continue.

– De parler ou de t’embrasser ?

– Tu ne sais pas t’arrêter de parler, lui rappela Loki d’un regard dont le sérieux était compromis par la pupille dilatée.

– Je sais pas m’arrêter de t’embrasser non plus, répliqua le génie avec un clin d’œil avant d’appuyer ses propos d’un long baiser qui leur vola toute trace de souffle. »

Bien vite, la langue de Tony se mêla à celle de Loki et le monde au-dehors de la voiture n’exista plus. Il n’y avait plus que ce baiser qui s’étirait encore et encore et les mains du génie sous ses vêtements. Ses sourires et la voûte étoilée qui étincelait dans son regard chaque fois qu’il le regardait.

Dans le rétro, Happy avisa la situation et décida qu’un tour de la ville ne ferait de mal à personne. Après tout, la nuit était encore fraîche.

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Les rayons orangés du soleil émergeaient enfin dans la cuisine de la Tour Avengers, inondant la pièce d’une lumière chaleureuse et réconfortante, quand Loki rejoignit son amant aux fourneaux, les cheveux en bataille, écrasant un bâillement que Tony jugeait adorable mais sans toutefois se risquer à le dire de peur de s’attirer les foudres du frère du Dieu du Tonnerre. Loki n’était pas adorable. Même quand il l’était indubitablement. Tony se contenta de lever le menton et de fondre un peu dans le baiser que le dieu déposa sur sa joue, ses longs bras s’enroulant autour de sa taille et son corps épousant la courbe du sien. Distraitement, il remua la poêle qu’il tenait toujours dans une main.

« Je crois que je n’aime pas me réveiller seul dans ton lit. Il fait froid.

– Désolé, Lo, je pensais avoir fini avant que tu te réveilles.

– C’est pour nous ? demanda-t-il enfin en avisant le petit-déjeuner de compétition que le génie préparait.

– Non, pour les voisins. Je me suis dit que j’allais utiliser nos derniers œufs pour leur préparer une omelette et aller leur servir au lit. Évidemment que c’est pour nous, cornes de bouc. »

Pour première réponse, Loki mordit la chair à la jonction de son épaule et de sa nuque, le faisant pouffer de rire, mais, bien vite, il sentit le sourire de son amant s’étendre contre son oreille, qu’il frottait du bout de son nez. Adorable.

« Il y avait longtemps.

– Quoi ? Cornes de bouc ? Je me suis un peu relâché, c’est vrai. J’ai été trop gentil avec toi ces derniers temps, je vais devoir me reprendre.

– Non. Le petit-déjeuner », éclaircit le dieu, ses bras serrant un peu plus la taille du mortel.

Un remerciement silencieux. En attendant de le remercier comme il se devait. Un remerciement en bonne et due forme. C’était une des raisons pour lesquelles Tony adorait sortir avec un prince porté sur la politesse et les bonnes manières. Il y trouvait toujours son compte, d’une manière ou d’une autre.

« C’est parce que t’es tellement parfait que tu me laisses jamais le temps d’aller te faire chauffer un thé.

– Ah, je suis parfait maintenant ?

– Tu sais bien que tu l’es. »

Il l’était bien plus qu’il ne pourrait jamais le lui dire.

« Remettons cette conversation à plus tard, tu veux. »

Et, oui, d’accord, il avait raison. Tony détestait ne pas avoir le dernier mot, mais il devait bien admettre qu’il était beaucoup trop tôt pour avoir un débat sur la perfection évidente de son petit-ami.

Petit-ami. Le terme le faisait toujours ricaner bêtement. Bien sûr, selon les coutumes midgardiennes, Loki était son petit-ami. Mais Loki était également un prince extraterrestre, un géant des glaces et un dieu, tout à la fois. C’était difficile de penser à lui comme un simple petit-ami.

D’autant plus quand, pour Loki, Tony était son aimé.

Ouais, ça avait quand même un peu plus de style.

Les mains sur ses hanches l’obligèrent à faire volte-face et à lever le menton pour recevoir le baiser que le dieu écrasa sur sa bouche. Contre son ventre, la preuve indéniable de son désir le fit frissonner d’anticipation.

« Je vois que t’as déjà une autre idée de conversation.

– J’ai toujours une autre idée de conversation avec toi, mon aimé. »

Mon aimé. Les genoux de Tony se transformaient toujours un peu en gélatine quand Loki l’appelait ainsi. Du bout des doigts, il caressa ses bras et remonta jusqu’à son cou, qu’il agrippa avec force pour initier un nouveau baiser dont toute douceur avait été effacée.

« Et c’est pour ça que je t’aime. »

L’immortel grogna simplement en retour et frotta ses hanches contre celles de son amant. Bientôt, leur bas de pyjama furent sur leurs cuisses, leur érection pressée l’une contre l’autre, intimement enlacées dans la large main de Loki. Tony gémit, fort, avant de se mordre l’intérieur de la joue.

« Le premier à faire du bruit, et donc à alerter nos chers compagnons, a perdu.

– Et qu’est-ce qu’on gagne ?

– Le droit de jouir. »

Avec un mouvement expert du poignet, il envoya une vague de chaleur dans le bas-ventre de Tony, qui dut se concentrer pour ne pas faire le moindre son. Il voulait jouir, il ne voyait pas comment il pourrait tenir toute la journée s’il n’avait pas le droit à la délivrance dans les cinq prochaines minutes. Mais il voulait aussi gémir. Voulait que toute la Tour, toute la ville, sût combien il prenait son pied.

Pourtant, Loki venait de rendre les deux incompatibles, pour son plus grand malheur.

« J’aime pas jouer avec toi, murmura-t-il d’une voix rauque, ses doigts s’accrochant au rebord du plan de travail, ses jointures virant au blanc.

– Ce n’est pas toujours ce que tu dis, Anthony. Les règles sont pourtant simples. Arrange-toi pour ne pas perdre.

– Simples. Comme si tu n’allais pas tout faire pour gagner.

– J’ai dit que les règles étaient simples. Pas la victoire. »

Sur ce, il accéléra le rythme et le génie se fit un devoir de pincer les lèvres pour s’intimer au silence. Autour d’eux, l’odeur du petit-déjeuner emplit l’air. Nul doute que le reste des Avengers descendrait d’une minute à l’autre pour venir fureter dans la cuisine et voir ce qu’il pouvait se mettre sous la dent.

Tony et Loki avaient la ferme intention d’être de retour dans leur lit quand cela serait le cas.

Aussi, le dieu courba l’échine et se mit à dévorer la peau de la gorge du génie, la couvrant de baisers et de morsures plus ou moins appuyées. S’il parvenait à contenir ses gémissements, Tony ne s’en trouvait pas moins bruyant pour autant. Ses expirations résonnaient contre les parois de son crâne et semblaient se décupler dans l’espace de la pièce.

De sa main libre, Loki attrapa une poignée des cheveux du génie et tira afin de renverser sa tête et envahir sa bouche de sa langue brûlante et impétueuse. Alors, tout se passa très vite. Tony sentit l’orgasme le percuter de plein fouet, semblable à un train à grande vitesse, et il s’affala dans les bras de Loki, qui se répandait sur son ventre et le rattrapa, les téléportant dans la chambre, exactement dans la même position, accompagnés de leur petit-déjeuner prêt à être dégusté. Dans la cuisine, il ne devait plus rester la moindre trace de leur présence à l’exception du doux fumet du bacon grillé.

Toujours fermement pressé contre le torse de son amant, Tony tenta de reprendre son souffle.

« J’ai gagné, hein ? »

Loki les nettoya d’un sort informulé et lui tendit son assiette. Ses yeux étaient fermes, mais son sourire abritait toute la tendresse des Neuf Royaumes.

« Mange. »

Et Tony mangea, son genou contre celui de son petit-ami.

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L’avantage de coucher avec un dieu, c’était qu’il pouvait enchaîner les orgasmes sans réellement se fatiguer. En tout cas, beaucoup moins vite que Tony, simple mortel dans la force de l’âge qu’il était. Et ce dernier prenait un malin plaisir à le pousser toujours un peu plus loin dans ses retranchements.

« Combien ? demanda-t-il, le timbre autoritaire, les gestes doux. »

Il savait pertinemment à combien ils étaient. Il le savait on ne peut mieux qu’il les avait regardé un par un s’étaler sur le visage de Loki, humidifier ses yeux, rougir ses joues, briser sa voix. Il les avait regardé le réduire à cette forme désarticulée aux nerfs à fleur de peau. Il était magnifique. Il voulait le garder exactement comme ça pour toujours.

« Combien, Loki ? répéta-t-il plus durement en n’obtenant pas de réponse.

– Onze.

– Onze. » Il fit mine de réfléchir, ses mains errant sur la chair pâle et frissonnante qui s’offrait à lui. Loki gémit. Il en était à un stade où le moindre contact, aussi infime fût-il, l’envoyait valser dans le néant. Il poussa le vice en pinçant l’intérieur de sa cuisse, le faisant se tordre et s’étrangler. « Pas ton meilleur score. Tu penses en avoir encore un pour moi ? »

Il sourit en voyant le dieu se mettre aussitôt à secouer la tête de droite à gauche, ses cheveux noirs s’étalant en une mer d’encre sur l’oreiller. Il sourit, parce que, même s’il secouait la tête, même s’il voulait lui dire non, son regard lui disait tout autre chose. Comme ses bras et ses jambes qui s’accrochèrent à lui quand il se pencha et vola sa bouche en un baiser tendre et langoureux. Un baiser qui servait de distraction. Il l’embrassa jusqu’à le sentir parfaitement détendu, répondant à ses caresses, la respiration à peu près stable malgré son état avancé d’hypersensibilité, et seulement à cet instant, il prit son érection en main.

Loki feula. Un bruit splendide qui résonna en Tony et qu’il pria pour ne jamais oublier. Qu’il pria peut-être pour reproduire. Son pouce traça la veine sous le sexe du dieu, qui referma les cuisses avec force dans une tentative d’éloigner le contact, mais, bien sûr, c’était peine perdue. Le génie embrassa le sommet de son genou.

« Je suis sûr que t’en as encore un pour moi, Lokes.

– Tu… tu es cruel, lâcha ce dernier en souffles saccadés, sa voix ravagée par le plaisir trop fort qui continuait malgré tout de pulser dans ses veines.

– Oh non, dis pas ça, ça me fend le cœur. » Il ne sut réellement si le regard noir que l’immortel lui adressa était de colère ou de désir. Sûrement un savant mélange des deux. Il ricana, joua de son poignet de manière experte et vit aussitôt le regard s’allumer d’une flamme rouge. « Tu crois qu’on pourra arriver à vingt un jour ?

– Je ne suis pas… une de tes petites expériences, Anthony- ngh

– Non, si tu l’étais, crois-moi que je ne te laisserais plus voir la lumière du jour et que je ne serais pas en train de te demander si on peut arriver à vingt, mais plutôt à cinquante. »

Il serra ses doigts de manière intransigeante, appuyant ses propos, les rendant presque menaçants, et Loki ne put que cambrer les reins et serrer les dents tandis qu’un long sanglot lui déchirait la gorge. Aussitôt, son emprise se fit plus tendre, plus câline. Son regard analysa la moindre de ses réactions, s’assurant qu’il ne le poussait pas trop loin. Ils avaient un safeword, mais il était déjà arrivé qu’ils ne fussent plus en condition pour l’utiliser.

« Donc », reprit-il après avoir jugé que tout allait bien, gardant un rythme délibérément lent et régulier. Il n’osait imaginer ce que son amant ressentait en cet instant. Lui-même s’était senti sur le point d’imploser la fois où Loki était parvenu à lui tirer un troisième orgasme alors qu’il se surprenait toujours du deuxième. Chacune de ses terminaisons nerveuses devait être en feu. « Est-ce que tu penses qu’on peut arriver à vingt ? Ou est-ce que tu préfères essayer cinquante ?

– Vingt… Vingt, Tony, pas cinquante, pas cinquante, je t’en prie, vingt, pas- pas cinquante, se mit-il à articuler à toute vitesse, ses mots tremblant tant il essayait du mieux qu’il pouvait de se contenir et de ne pas céder à la panique et à l’excitation qui le faisaient trembler comme une feuille.

– Shhh », l’apaisa le mortel d’une main affectueuse sur sa joue. Loki s’y appuya aussitôt, ses paupières papillonnant, rassuré par le contact familier. « Voyons déjà pour un douzième, hm ? Donne-moi un douzième, Loki. »

Et Loki le lui donna, juste comme ça, comme il lui aurait donné un cadeau pour son anniversaire. Et qu’il fût damné si ce n’était pas le plus beau cadeau qu’on lui avait jamais donné. Tony éloigna instantanément ses mains, s’allongea à son côté et attrapa son corps pour l’amener contre lui, sa respiration erratique dans le creux de sa nuque, ses jambes emmêlées aux siennes. Il voulait le serrer de toutes ses forces, ne jamais le relâcher, mais se retint, sachant que c’était une mauvaise idée et, à la place, le laissa reprendre ses esprits, murmurant contre son front toutes les paroles qui lui passaient par la tête.

Au bout d’un long moment, le dieu cessa de trembler et sembla un peu plus conscient. Il releva le menton pour embrasser Tony.

« Prêt pour un treizième ? demanda celui-ci avec un sourire. »

Loki grogna, mais le génie put dors et déjà sentir son intérêt revenir contre sa cuisse. Avec un peu de patience, peut-être qu’ils arriveraient à vingt, finalement.

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Les muscles sous la peau tannée ressemblaient à des pelotes de nœuds et Loki se mit à les pétrir avec plus de force, tirant des plaintes douloureuses au génie qui avait consenti à s’allonger de mauvaise grâce.

Les dernières semaines avaient été intenses et pénibles, les criminels ayant décidé de reprendre du service et, plus d’une fois, l’armure du super-héros s’était retrouvée en morceaux sur le sol, l’obligeant à non seulement finir le combat à mains nues mais aussi et surtout à passer son peu de temps libre à réparer les dégâts. Son dos et ses épaules le lui faisaient cher payer maintenant que la situation s’était apaisée. Le moindre effort lui tirait une grimace qu’il n’était plus en mesure de dissimuler, quand bien même il était d’ordinaire très doué pour serrer les dents.

Évidemment ce massage s’apparentait pour lui à une espèce de punition et un prétexte du dieu pour l’éloigner de son cher atelier qu’il rêvait déjà de retrouver. Mais ce dernier tint bon, ignorant ses marmonnements et ses tentatives multiples de corruption et de diversion dans l’unique but de s’enfuir.

« Ton dos ne te permettra jamais de courir jusqu’à la porte, Anthony. Sans compter que, dans l’hypothétique éventualité que tu y parviennes, tu devrais traverser toute la salle de vie complètement nu.

– Et tu crois que c’est ça qui m’arrêterait ? Je te rappelle qu’à une époque, je finissais à poil devant des inconnus tous les soirs. »

Ils firent tous les deux mine de ne pas remarquer le tic nerveux qui agita la peau juste sous l’œil de Loki.

« Notre Captain ne s’en remettrait jamais.

– Encore plus drôle. Tu veux vraiment pas me laisser faire ? Je reviens après, c’est juste pour voir sa tête.

– Non. Tiens-toi tranquille. »

La remarque que Tony voulut formuler mourut dans sa gorge quand les longs doigts agiles trouvèrent un endroit particulièrement sensible et appuya avec fermeté, faisant glapir le génie. Il se mordit aussitôt la joue. Le sourire de Loki se fit un brin cruel.

« Ces bruits que tu fais sont délicieux, Anthony. Tu veux bien recommencer pour moi ?

– Dans tes rê- »

Mais il fallait admettre que son dos était couvert de points que l’immortel se fit un plaisir de malaxer, pour le plus grand malheur du super-héros, qui se retrouva à endurer ce calvaire spécialement conçu pour lui et qui lui tirait toutes sortes de plaintes aiguës qu’il était incapable de contenir.

Les mains de Loki quittèrent sa peau un instant et Tony crut que c’en était fini, qu’il allait enfin pouvoir reprendre son souffle, ses vêtements, sa dignité et sortir d’ici pour aller s’enfermer au milieu de ses machines pour le reste de la semaine. Bien sûr, c’était mal connaître son amant. Les mains revinrent, enduites d’huile de massage qui sentait bon la fleur d’oranger. Elles étaient douces, tièdes, précises sur ses reins. Elles ne cherchaient plus à appuyer, simplement à caresser et le mortel soupira d’aise avant d’avoir pu s’en empêcher.

« C’est tout de suite plus agréable pour nous deux quand tu te décides à coopérer. »

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais, une fois de plus, et vraiment cela devenait une habitude, les doigts sur ses fesses lui coupèrent l’herbe sous le pied – ou, en tout cas, lui coupèrent la respiration. Il hoqueta, remua les hanches pour guider les mains exactement où il les voulait. Un grognement de frustration racla le fond de sa gorge en les sentant s’en éloigner et s’emparer de sa taille à la place, le maintenant immobile.

Au-dessus de son épaule, un rire grave courut sur son échine, semblable à du poison brûlant.

« Je ne me lasse jamais de constater comme tu es sensible. Sais-tu à quel point tu es exquis, mon précieux trésor ?

– Lokes…

– Hm ?

– Tu vas pas t’arrêter là, hein ?

– Sois plus précis, Anthony, je ne comprends pas ce que tu me demandes. »

Tony roula des yeux, parce que, si, bien sûr que Loki comprenait parfaitement ce qu’il lui demandait. Sa façon de rouler des hanches et de se frotter contre les draps, humides à présent, était on ne peut plus explicite. Puisqu’il voulait jouer, il allait s’amuser aussi. Il ne répondit pas, apprécia la chaleur des mains épousant la courbe de ses fesses et remontant sur son dos. La chaleur qui enveloppa ses muscles, les rendant pliants et mous et engourdis. Rendant ses respirations tellement plus lourdes.

Agiles, elles suivirent ensuite le chemin inverse, doigts écartés pour couvrir le plus d’espace possible, comme s’il voulait tout toucher, tout posséder. Ses pouces s’insinuèrent à l’endroit précis où Tony le voulait désespérément. Gémissant, il arqua les reins dans l’espoir de les faire revenir.

« Allez, Lokiiiii, geignit-il entre ses dents. Touche-moi.

– Mais je te touche, Anthony. Il y a plus d’une demi-heure que je te touche, viens-tu seulement de le remarquer ? Souhaites-tu que je recommence du début ?

– Non ! »

Il se redressa dans un geste brusque, se hissant sur ses coudes et se tordant le cou pour dévisager son amant. Loki souriait triomphalement derrière lui. Le génie fit la moue.

« Tu t’amuses bien ?

– Assez, oui. Maintenant, préfères-tu jouir sur mes doigts ou ma bouche ? »

Et c’était un des nombreux moments où le super-héros se dit qu’il aurait fallu enfermer le dieu pour oser lui poser une question pareille sur le ton de la conversation. Préfères-tu un ou deux sucres dans ton café, mon amour ? Préfères-tu jouir sur mes doigts ou ma bouche ? Ses paupières se pressèrent d’elles-mêmes, refluant l’intense vague d’excitation qui déferla dans ses veines et lui fit tourner la tête un instant. Sa voix avait disparu. Il était certain qu’il ne pourrait jamais articuler une réponse. Pourtant, il le fallait. Il en allait de sa santé mentale au point où il en était.

Parce que s’il ne répondait pas, Loki le laisserait dans cet état. Il le savait. Le savait si bien qu’il pouvait déjà goûter la frustration sur sa langue.

Il força ses poumons à se remplir, força l’infime partie de son cerveau encore fonctionnelle à produire les deux malheureux mots qui seraient alors sa délivrance.

« Ta- ta bouche.

– Je peux donc te faire confiance pour t’allonger convenablement et te tenir tranquille ? »

Il acquiesça avec énergie, priant pour que le dieu ne l’obligeât pas à répondre. Pas cette fois, il n’y arriverait pas. Et, comme il devait être d’une humeur clémente aujourd’hui, cela suffit.

Cela suffit tellement qu’il gigotait encore quand la bouche de Loki se posa sur lui, à la naissance de ses fesses, en un baiser tendre, un baiser qui ressemblait à ceux qu’il déposait sur son front en public. Un baiser si chaste. Tony frémit. Il adorait ces baisers en particulier, adorait toute la dévotion qui s’en déversait, comme s’il était la chose la plus précieuse au monde.

Et il l’était. Dans le monde de Loki, il était la chose la plus précieuse que le dieu ne cessait jamais d’embrasser et de chérir. Et ce massage n’en avait été qu’une preuve supplémentaire.

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La chambre était trop loin. Elle l’était toujours quand ils revenaient de mission et que les torrents d’adrénaline continuaient de déferler dans leurs veines, rendant leurs souffles erratiques, leurs mouvements désordonnés, leurs baisers chaotiques. Les doigts accrochés, agrippés, dans les vêtements de l’autre, ils se plaquaient contre tous les murs. Ceux de l’ascenseur en premiers. Les quatre. Parfois même le sol quand la chambre leur paraissait vraiment le bout du monde. Puis, à peine les portes ouvertes, toute surface qui se dressait sur leur route. Cela n’avait pas grande importance, pourvu qu’ils fussent pressés en une étreinte intime, presque étouffante, pourvu qu’ils ne fussent plus qu’un avant même de l’être pour de vrai.

Tony grogna quand son dos heurta le mur du couloir qui menait à leur chambre. Ils n’étaient pas si loin, aujourd’hui. Peut-être un jour y parviendraient-ils enfin. Les mains de Loki étaient partout sur lui, autant sur que sous ses vêtements, ses hanches frottant lascivement contre les siennes. Il mordit sa langue, lui décrochant un son à peine humain qui le faisait frissonner à chaque fois. Une vague odeur de sang planait, émanait d’eux. Il y aurait des blessures à panser, mais, pour l’heure, ils ne pouvaient pas réussir à s’en soucier. Il n’y avait aucune douleur, aucun remord, aucun doute. Juste ce désir ardent et primitif qui consumait leur raison. Juste ce besoin de l’autre. Et d’oublier, peut-être.

« N’essaie même pas d’être gentil, souffla Tony dans des râles de bête à l’agonie. Si j’ai pas la trace de tes ongles, de tes doigts ou de tes dents dans ma peau quand on en a fini, je hurle.

– Oh mais tu hurleras dans tous les cas, mon cher amour. »

Le sourire de Loki était terrifiant, tout en dents éclatantes dans la semi-obscurité, et le génie ne se gêna pas pour fondre dessus, le dévorant comme on dévorait un festin après des semaines de jeûne.

Sans aucune délicatesse, son pantalon disparut, ainsi que son caleçon et ses chaussures, le laissant uniquement en t-shirt sale et collé à son torse dans ce qu’il supposait être un mélange de sueur et de sang. Il préférait ne pas trop y penser. Encore moins maintenant. Le dieu s’empara de l’arrière de ses cuisses et pressa. En deux temps trois mouvements, Tony se retrouva coincé entre le mur et le corps de son amant, toujours vêtu de son armure noir, vert et doré. Il l’enlevait rarement et le mortel ne pouvait définitivement pas affirmer en être chagriné. Il roula des hanches, impatient, souriant quand Loki le plaqua avec plus de force, ne lui laissant plus la moindre marche de manœuvre.

Il lécha sa lèvre qu’il s’évertuait pourtant à mordre depuis tout à l’heure, tirant sur ses cheveux emmêlés et couverts de terre. Les yeux de l’immortel le sondait, transcendait son âme dans ses abysses les plus obscurs. Tony lui rendit son regard.

« Je veux la trace de ta queue au plus profond de moi, là où personne n’a jamais été et n’ira jamais, tu m’entends ?

– Cette langue, Anthony ! Je te savais impudique, mais je dois dire que c’est une tout autre mesure. »

Le génie eut une moue satisfaite sous le compliment. Venant de la Langue d’Argent en personne, c’était quelque chose.

« Y a jamais rien eu de pudique chez moi, tu devrais le savoir. Tu veux que je te rappelle où cette langue a été ? »

Ses mains chutèrent le long de son dos pour agripper la chair tendre de ses fesses et les serrer. Sans doute, sans le pantalon de cuir, aurait-il pu y laisser des griffures. Ou au moins en apprécier la douceur. Le rire grave de Loki résonna dans sa bouche quand il l’embrassa.

« Délicieux souvenir, je dois l’admettre.

Délicieux, en effet. On remet ça quand tu veux d’ailleurs.

– Mhmh mais pour le moment, il me semble que nous avons d’autres préoccupations, non ? » Tout en parlant, il laissa une de ses mains tomber entre eux, effleurant à peine le sexe dur comme du roc de Tony, avalant sa plainte, et contournant sa cuisse pour trouver précisément ce qu’il cherchait. Son amant soupira à son contact, frais, sur sa chair brûlante. « N’as-tu pas parler de traces à laisser ? Je vais même faire mieux que cela, Anthony. Je vais marquer mon territoire. » Deux de ses doigts, déjà lubrifiés, merci la magie, s’insinuèrent en lui jusqu’à la garde, lui subtilisant son souffle l’espace de quelques secondes. Secondes qui s’étirèrent lorsqu’il n’attendit pas pour entamer un mouvement lent et profond, en ajoutant un troisième bien trop vite. « Je vais si bien te marquer que non seulement personne ne pourra passer derrière moi, mais en plus personne n’y songera. Tu auras mon odeur sur toi, mes traces, puisque c’est ce que tu voulais.

Loki…

– C’est cela. Répète-le autant que tu le souhaites, car c’est la seule chose que tu seras capable de te souvenir quand j’en aurais fini. »

Les doigts se retirèrent, Tony voulut gémir, mais le sexe de Loki les remplaça aussitôt et, à la place, il cria. Son front s’affaissa sur l’épaule de l’armure qui sentait le métal. Il fronça le nez, crispa ses mains dans les cheveux noirs.

« As-tu mal ? Parce que je n’ai pas l’intention de ralentir. Tu as demandé mes traces, les voilà. »

Et dans un violent coup de reins, il fit exactement ce qu’il avait promis.

Il laissa sa trace au plus profond de Tony.

Et il le fit hurler.

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Tony remuait beaucoup trop sous lui. Sa taille coincée entre ses genoux, ses poignets fermement tenus en place par ses paumes intransigeantes, il secouait les jambes dans tous les sens, essayant sans doute de le percuter comme il pouvait, mais en vain. Et quand bien même il y serait parvenu, sa force ne valait rien face à celle du dieu. Il était impuissant et nu et à sa merci.

Et Loki avait envie de vomir. Cela faisait déjà un moment qu’il avait la nausée en réalité. Elle était apparue lentement, insidieusement, sans qu’il n’y prêtât réellement attention. Elle s’était insinuée pendant qu’il était occupé à jouer la comédie, pendant qu’il maintenait le super-héros contre le matelas, qu’il raffermissait sa prise pour qu’il ne lui échappât pas. Mais à présent elle était là, bien présente, et il avait du mal à l’ignorer. D’autant plus de mal à la refouler.

Tony continuait de se débattre avec toujours plus d’énergie.

« Je te déteste ! »

Les mots fusèrent dans l’air, flèche empoisonnée qui vint se ficher tout droit dans le cœur de l’immortel. Pourtant, ce fut bien le visage de Tony qui s’effondra. Il devint pâle, comme s’il avait été percuté par un train lancé à pleine vitesse, l’ampleur de ce qu’il venait de dire s’épanouissant dans son esprit.

C’en était trop pour Loki. Beaucoup plus qu’il ne pouvait encaisser. Il avait tenté de faire semblant depuis le début, avait prétendu que tout allait bien, mais ces quelques paroles eurent raison de ses dernières résistances.

Il relâcha les poignets de Tony et bondit en arrière, refermant ses bras autour de lui-même en une étreinte solitaire. Le mot qu’il lisait déjà dans le regard brun du génie s’écoula de sa bouche. Une défaite et un soulagement en même temps.

« Rouge. »

Tout s’arrêta. La scène était finie. Tony bondit à son tour en avant et posa ses mains sur les genoux de Loki, attendant un signe pour oser davantage.

« Ouais, je suis désolé, Lo. Désolé. J’aurais pas dû dire ça, c’était nul. »

Le dieu s’inclina et le génie n’hésita pas une seule seconde à lui ouvrir ses bras, serrant le corps de son amant quand celui-ci s’y effondra et s’accrocha à lui comme un désespéré. Il embrassa ses cheveux, y passa ses doigts pour caresser son crâne. Déjà, il se sentait plus léger.

« Ça va, finit-il par articuler d’une voix blanche. Si cela peut te rassurer, tu n’étais pas très convaincant en le disant.

– Ah, pouffa Tony en embrassant son front, ses lèvres frottant sa peau fraîche. Sûrement parce que j’en pensais pas un mot. »

Le parfum du milliardaire avait envahi tous ses sens désormais, évinçant la nausée et la remplaçant par ce sentiment de sérénité qu’il ne ressentait que lorsqu’il était au creux de ses bras, lorsqu’il n’était plus ni ce dieu ni ce prince dont il portait le masque à longueur de journée et qui pesait plus lourd que le monde lui-même, mais simplement la personne dont Tony Stark était tombé amoureux.

Lorsqu’il était Lo. Ou Lokes. Ou tout autre surnom ridicule que le mortel insistait pour l’affubler.

« Sûrement, oui, approuva-t-il avec un sourire, ses doigts s’animant d’eux-mêmes pour tracer les reliefs des veines sur les bras du génie.

– Quand même. Je suis désolé. »

Même s’il savait que c’était nécessaire, il n’aimait pas l’entendre s’excuser, aussi, il releva le menton et l’embrassa. Le baiser était tendre, délicat, tout l’inverse de ce qu’avait été leur scène, de la manière dont Tony avait gesticulé sous lui et avait tenté de se soustraire à son emprise. Il ferma les yeux, chassant les images de son esprit – et de sa mémoire, espérait-il.

« Nous voulions essayer, nous avons essayé et je crois que nous pouvons affirmer sans difficulté que nous n’essayerons plus.

– Nope. Sans façon. »

Il acquiesça et s’installa de nouveau confortablement contre son amant, son front contre sa mâchoire. Tony continua à lui masser la nuque et à jouer avec ses cheveux, comme il en avait l’habitude, et c’était agréable. C’était eux, leur cocon, leur amour. Cet amour qu’ils n’avaient pas prévu, mais qui avait soudain pris toute la place dans leur vie jusqu’à exploser au grand jour. Loki attrapa une des mains du super-héros dans les siennes, la portant à sa joue et à sa bouche.

« Est-ce que tu veux en parler ?

– Non, avoua-t-il tout contre les doigts qu’il embrassa un à un. Je n’ai simplement aucune envie que tu me détestes ou que tu aies à te forcer de quoi que ce soit avec moi. Même si c’est juste pour prétendre. Je ne veux pas. Ça… ça fait trop mal. »

C’était loin d’être la déclaration la plus évidente pour le dieu, si inconfortable quand il s’agissait d’exprimer ses sentiments, mais il y tenait. Il voulait que Tony sût la vérité. Qu’il sût combien rien de tout cela n’était un jeu pour lui.

La main qu’il embrassait si soigneusement vint capturer son menton et lui fit relever la tête, sa bouche volée en un baiser plus appuyé que le précédent.

« Alors c’est une bonne nouvelle que j’ai jamais eu à me forcer et que je t’aime, huh ? »

Il rit. Un rire qui ressemblait un peu trop à un sanglot s’il devait être honnête, mais il n’en avait rien à faire. Parce qu’il s’emmêla à celui de Tony et que tout était parfait.

Il l’aimait. N’était-ce pas tout ce qui importait ?

« Une excellente nouvelle.

– Câlin sous la couette ? »

Il acquiesça en attrapant déjà les couvertures et en les rabattant sur eux, le bras du mortel attirant sa taille pour fondre leur silhouette. Leurs jambes s’emmêlèrent, leurs lèvres se retrouvèrent et si, entre leur ventre, leur intérêt avait disparu, l’amour dans leur cœur, lui, était plus fort que jamais.

Parfois, il n’y avait pas besoin de plus.

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« Tiens, bois. »

Tony força le dieu à attraper le verre d’eau qu’il lui tendait et le regarda sans ciller jusqu’à ce qu’il consentît enfin à l’avaler en entier. Ses mains retournèrent presque aussitôt dans ses cheveux, encore collés à son front et humides de sueur. Son sourire était immense. Il l’était toujours dans le silence assourdissant dont les échos de leurs ébats continuaient de résonner sous leur crâne. Il avait ce sourire immense et cet air un peu béat, un peu idiot, adorable, qui donnait envie à Loki de prendre son visage entre ses mains et de l’embrasser à en perdre le souffle. Pour l’avoir déjà fait, il savait que le super-héros ne s’en plaignait pas.

Pourtant, il y avait quelque chose d’étrange aujourd’hui. Il avait son air d’idiot comme à l’accoutumée, mais il était aussi gentil. Trop gentil. Excessivement prévenant, refusant qu’il quittât le lit ou fît quoi que ce fût d’autre que rester allongé au milieu des draps défaits pendant qu’il le couvrait de caresses on ne peut plus légères. Et, si c’était agréable, il avait beau être un dieu du Chaos et de la Destruction, il n’en aimait pas moins la tendresse, c’était aussi inquiétant. Croyait-il qu’il s’était soudainement transformé en poupée de porcelaine prête à se briser au moindre mouvement brusque ?

Cédant finalement à l’impatience, l’immortel se redressa sur les coudes et laissa la question qu’il retenait depuis de longues minutes fuser entre ses lèvres.

« Que fais-tu au juste ? »

Immédiatement, le regard de Tony fut dans le sien, encore embrumé, encore ailleurs, mais un peu plus concentré tout à coup. Il fronça les sourcils.

« Qu’est-ce que je- c’est une question piège ?

– Non. Je veux seulement comprendre à quoi tout cela rime.

– Je… Je sais même pas quoi te répondre. Je prends soin de toi ?

– Et pourquoi te sens-tu l’obligation de prendre soin de moi ?

– Quoi ? T’aimes pas ? Je peux arrêter si tu préfères, je pensais juste que… après tout ça… enfin, tu aimerais sans doute un peu de douceur… »

Et la réalisation frappa Loki. Tony prenait un soin presque obsessionnel à ne pas regarder sa gorge, où un collier de suçons devait être en train de se former, taches sombres sur sa chair pâle, et qu’il sentait s’étaler et le démanger jusqu’à ses épaules et le haut de son torse. Ils appréciaient tous les deux un brin de sauvagerie au lit, rien de bien extravagant, pas de quoi se retrouver dans un documentaire à la télévision ou en ressentir de la honte au petit matin. Au contraire, ils étaient unanimement fiers de leur vie sexuelle. Cependant, il devait reconnaître qu’ils y avaient sans doute été un peu fort, cette fois-ci.

Même si cela n’expliquait pas réellement le comportement de Tony à ses yeux.

« Anthony, finit-il par le couper, mettant un terme à son débit de paroles insensées.

– Mh ?

– Est-ce cela que l’on nomme « aftercare » dans votre culture ?

– À peu près, ouais.

– Tu réalises tout de même que je vais bien ?

– Mhmh. »

Qu’est-ce qu’il pouvait le détester quand il lui donnait des « mhmh » pour seules réponses. Dans un soupir, il pencha la tête sur le côté, signe que sa patience était mise à rude épreuve.

« Anthony.

– Oui, oui.

– Je vais bien.

– D’accord.

– Est-ce que tu vas bien aussi ? »

Il prit le temps de la réflexion, ce qui fit sourire Loki. Il était si rare de le voir réfléchir avant de parler.

« Je peux continuer à prendre soin de toi ?

– Tu te doutes bien que je ne vais pas te répondre non. Je suis un prince et un dieu.

– Oh, oui, bien sûr, Votre Majesté. » Ses lèvres sur les siennes étaient douces et joueuses et il se surprit à attraper la nuque du super-héros pour l’empêcher de s’éloigner. Son rire s’écrasa en un souffle sur sa peau, ses doigts aussi légers que des plumes sur son ventre. « Je vais très bien. »

Loki soupira d’aise avant de les installer de sorte à ce que la silhouette de Tony se fonde dans la sienne, leurs jambes emmêlées en un geste possessif. Sa nuque sentait la passion et l’éternité.

« Merci de prendre soin de moi, mon aimé.

– Et merci de me laisser faire, Lokes. »

Tony n’eut le temps que d’embrasser le dos de la main de son dieu, car, déjà, le sommeil les enveloppait de ses bras lourds et tièdes.

Chapter Text

Dans les ultimes rayons du soleil de cette journée qui avait été à la fois trop courte et semblait ne jamais vouloir s’achever, la bague sertie d’or et d’émeraudes étincelait plus que jamais à son annulaire lorsqu’il leva la main à hauteur de ses yeux. Il était fatigué. Et euphorique. Et vidé. Et ivre. Et heureux. Ce moment qu’ils avaient planifié, imaginé, rêvé, anticipé pendant des mois, qu’ils avaient tourné et retourné dans leur tête jusqu’à en prévoir chaque petit détail, était enfin arrivé. Ils l’avaient enfin fait. Ils étaient mariés. Et jamais ils n’auraient pu prévoir le bonheur qui déferlerait dans leurs veines à la vue de cette simple bague qui signifiait tant cependant. Qui signifiait bien plus que tous les trésors des Neuf Royaumes réunis.

Tony sourit. Il avait l’impression qu’il n’avait cessé de sourire depuis des jours. Depuis des années, en réalité. Depuis que les doigts d’un dieu venu d’une autre planète et qui avait été son ennemi, qui avait failli le tuer et qu’il avait voulu tuer en retour, s’étaient glissés entre les siens et avaient élus domicile juste là, au creux de sa main. Depuis que Loki lui avait réappris à sourire alors même qu’il n’était pas certain d’avoir jamais appris au départ.

Dans le jardin, les pneus de la dernière voiture crissèrent dans les gravats. Tout le monde était parti et, même s’il avait adoré leur présence, leurs embrassades, leurs rires, leurs félicitations, il était content de retrouver un bout de silence. Le mariage avait eu lieu deux jours plus tôt. Évidemment, la fête s’était éternisée, il y avait eu des restes à manger, des bouteilles à vider, des histoires à raconter, du temps à rattraper et les plus fidèles étaient restés. Jusqu’à ce que la fatigue eût raison de leur envie de continuer à refaire le monde comme si le monde, justement, n’existait pas. Thor avait été le dernier à partir. Tony l’avait aperçu serrer son frère dans ses bras un nombre incalculable de fois avant de monter dans sa voiture, emportant avec lui leur ancienne vie et les laissant enfin dans leur toute nouvelle qui débutait enfin.

Sa lèvre inférieure trembla. Loki remontait la longue allée qui menait au manoir qu’ils avaient loués pour l’occasion, resserrant les pans de son gilet autour de ses épaules. C’était une espèce de château miniature perdu en pleine nature où la seule civilisation alentour était les oiseaux et les écureuils qui couraient dans les branches des arbres près des fenêtres. Depuis toujours, il se targuait que le mariage n’était pas pour lui. Qu’en plus d’être stupide, cela ne l’intéressait pas. Que, de toute façon, jamais personne ne pourrait lui correspondre, le compléter, au point de vouloir lier sa vie à la sienne. Que ce n’était bon que dans les comédies romantiques.

Et voilà qu’il venait non seulement de lier sa vie à celle de Loki, mais il avait également lié son âme.

« Tout va bien, Anthony ? »

La voix grave du dieu le fit frémir et il appuya sa joue sur la main qui venait de se poser sur son épaule. Contre sa peau, il sentit le métal frais et le léger relief de la pierre précieuse de son alliance. Il s’en empara pour l’attirer à lui, le faisant tomber sur ses genoux dans un rire. Aussitôt, les bras de Loki s’enroulèrent autour de sa nuque et il ne résista pas à l’envie de lui voler un baiser.

D’embrasser son mari.

« J’ai épousé l’homme de ma vie, répondit-il doucement, écartant des mèches noires du visage rayonnant de son amant. Je vais on ne peut mieux, Lokes.

– Quel chanceux. J’espère qu’il prend bien soin de toi. »

Il pouffa de rire tout bas, le bout de ses doigts traçant le contour des traits divins. Loki inclinait la tête pour suivre la caresse. Quand il parla, son timbre était un peu distrait.

« C’est le meilleur, t’as pas idée. Il refuse de me croire quand je lui dis qu’il est parfait, mais, vraiment, il l’est. Et il rend ma vie un peu plus parfaite chaque jour. Tu vois, là, par exemple, ça me paraît impensable d’être plus heureux que je le suis en cet instant. Pourtant, je suis sûr qu’il trouvera le moyen de me donner tort. Il adore me donner tort, il est insupportable. Mais c’est aussi la seule personne que je laisse me donner tort avec plaisir. Il est incroyable. J’aimerais qu’il puisse se voir à travers mes yeux, qu’il réalise combien il est exceptionnel en tous points.

– Il l’est forcément, puisqu’il est tien. »

Tony écrasa son gémissement sur la bouche du dieu. Le baiser n’avait plus rien de chaste ou de tendre, c’était un baiser exigeant et désespéré, un baiser qui leur rappelait qu’ils s’étaient à peine touchés ces deux derniers jours alors qu’ils ne rêvaient que de se fondre l’un dans l’autre et de disparaître dans une seule et même enveloppe. Ses mains s’agrippèrent à sa taille avec plus de force.

« Mien. Et je suis tien.

– Toujours. »

Toujours. Loki le lui avait promis et, désormais, sa promesse était exaucée. La pomme avait été délicieuse sur sa langue, un mélange de sucré et d’éternité. Un goût unique qui l’avait fait frissonner. D’autant plus lorsqu’il avait perçu son pouvoir se répandre dans son corps, envahir ses muscles, s’insinuer dans ses cellules. L’univers s’était mis à tanguer agréablement, comme s’il était pris d’un vertige, mais que le vide, au lieu d’être terrifiant comme il l’avait toujours été, lui faisait davantage penser à cet exercice de confiance où il fallait basculer en arrière et tomber tout droit dans les bras tendus de son partenaire.

Son amant ne l’avait pas lâché d’un cil, aussi inquiet que fasciné par le spectacle dont il était le metteur en scène. C’était la première fois qu’il faisait ce cadeau et il ignorait dans quelles mesures l’humain s’adapterait au changement. Tony avait mis un moment à s’habituer à la nouvelle sensation, mais, dès qu’il avait pu tenir sur ses jambes, il s’était jeté au cou de son amant, l’embrassant et le remerciant encore et encore.

Le remerciant de l’avoir choisi, lui. Et de lui faire l’honneur de l’aimer autant qui lui-même l’aimait.

« Mon cher mari – wow ça sonne encore mieux que dans ma tête. » Loki enfouit son sourire dans la joue de Tony, l’embrassant et la mordillant par la même occasion. « Mon cher mari, accepteriez-vous de me laisser vous conduire à notre couche ?

– Rien ne me ferait plus plaisir, mon parfait époux. »

Et, lorsqu’il se dressa sur ses pieds, un bras sous les genoux et l’autre sous le dos de Loki, il fut satisfait de constater qu’il ne pesait presque rien, là où, il y avait encore quelques jours, il aurait été incapable de soulever une seule de ses jambes si le dieu n’avait pas allégé sa masse. Pourquoi n’avait-il pas mangé cette pomme plus tôt, déjà ?

« T’as maigri, trésor ? le taquina-t-il en se mettant en route.

– Si c’est juste pour m’entendre dire que tu es devenu incroyablement puissant, ce n’est pas la peine. Ton ego n’en a pas besoin, Anthony.

– Dommage. J’aurai essayé. »

Il le porta jusqu’à l’immense lit de leur chambre, qu’ils n’avaient donc pas encore eu la chance de tester, s’étant chaque fois endormis dans les canapés du salon aux côtés de leurs invités. Par la fenêtre, ils pouvaient distinguer le lac entre les cimes des arbres. Mais ni l’un ni l’autre ne le remarqua, trop occupés à se noyer dans les yeux de leur amant. Avec toute la délicatesse du monde, Tony déposa le corps de Loki sur le bord du matelas.

« Je veux faire ça plus souvent, c’est pas négociable. »

Le dieu ne répondit que pas un haussement de sourcils.

« Reconnaît quand même que c’est stylé.

– Ce n’est pas désagréable, en effet. Cela le serait encore moins si tu voulais bien me rejoindre et m’embrasser.

– À vos ordres, mon dieu. »

Tony grimpa sur le lit à son tour et enjamba les hanches de Loki, se penchant pour écraser ses lèvres sur les siennes, soupirant d’aise quand les doigts revinrent se perdre au milieu de ses boucles brunes désordonnées. Les ongles sur sa nuque envoyèrent des décharges électriques le long de sa colonne vertébrale qu’il tenta de chasser en remuant le bassin, mais il ne parvint qu’à frotter son érection, plus qu’évidente au travers de son pantalon, contre celle du dieu. Ce dernier gémit, serrant les poings sur des poignées de cheveux. Tony recommença avec plus d’assurance, un léger rictus redressant le coin de sa bouche. Loki finit par rompre le baiser pour basculer la tête en arrière.

« Anthony.

– Mhm ? »

Pour toute réponse, le mage fit disparaître leurs vêtements d’un clignement de paupières et le super-héros eut l’immense plaisir de sentir la peau fraîche sous la sienne quand il amorça un nouveau mouvement de hanches. D’une impulsion maîtrisée, Loki le renversa et se retrouva courbé au-dessus de lui, son souffle tiède couvrant sa gorge de frissons tandis que ses dents exploraient ces terres pourtant on ne peut plus familières. Arrivé à ses clavicules, il mordit et aspira la chair, satisfait de constater qu’elle virait déjà au pourpre sous ses attentions. Tony se tordit entre l’étau de ses cuisses qui peinaient à le tenir en place maintenant que leur force dansait sur un même pied d’égalité.

Le regard de Loki s’assombrit quand il le plongea dans celui de son humain.

« Je te veux.

– Alors prends-moi », répondit-il immédiatement, comme s’il s’y était préparé. Ou comme s’il était si sûr de ce qu’il voulait qu’il n’avait plus besoin d’y réfléchir.N’avait-ce pas toujours été le cas finalement ? Loki avait eu cet effet-là sur lui d’aussi loin qu’il s’en souvenait. Avec lui, les réponses étaient faciles parce qu’elles étaient aussi claires que de l’eau roche. Aussi incontestables que la Lune succédait au Soleil et que le Soleil succédait à la Lune. Loki le voulait ? Eh bien soit. Qu’aurait-il pu avoir à redire à cela ? « Je suis à toi, Lo. Plus que je l’ai jamais été. »

Le dieu semblait littéralement irradier dans la pièce dont la pénombre grandissait de minute en minute. Tony se trouvait bien incapable de détourner les yeux du feu incandescent qui couvait entre ses cils lourds. Bientôt, il ferait noir. Ils n’avaient cependant jamais eu besoin de la moindre lumière pour dessiner de nouveau les contours d’un corps dont ils avaient appris par cœur toutes les plus petites aspérités. Loki l’embrassa encore, presque avec détresse. Une sensation de fin du monde, d’empressement, de frénésie. Ses mains attrapèrent son visage en coupe, ses hanches se mirent à onduler contre les siennes et le génie fut certain d’y perdre sa raison.

Il lui rendit son baiser avec tout autant de brusquerie, ses propres mains dans les cheveux d’encre, s’y accrochant comme à sa vie.

« Mon mari, articula Loki, essoufflé, les mots atterrissant tout droit sur la langue de Tony.

– Mon époux, répliqua celui-ci sur le même ton.

– Mon adoré.

– Mon amour. »

Ils perdaient tous les deux le rythme de leurs ondulations, leur sexe se rencontrant et se frottant et s’apprivoisant comme deux amis de longue date, glissant l’un contre l’autre, réchauffant leurs entrailles sans toutefois leur apporter la délivrance tant espérée. Loki soupirait de frustration, les sourcils froncés de concentration.

À son tour, Tony renversa la situation et admira le soleil noir des cheveux de Loki s’étaler sur l’oreiller, ses joues rougies semblables à deux fruits mûrs prêts à être dévorés, sa bouche entrouverte et ses yeux d’un vert aussi sombre que les forêts les plus denses.

« Anthony, je- Tony. »

Sa voix partit dans les aigus quand le génie s’allongea sur lui, sa bouche ravissant la sienne, leur désir désormais coincé entre leur ventre. Avec un coup de reins hésitant, des étoiles dansèrent devant leur rétine.

« Lokes.

– Je t’aime. »

Oh comme ils étaient rares ces mots et comme il les chérissait plus que tout. Comme il les sentait se déposer sur son âme pour l’enflammer et l’apaiser tout à la fois. Ils lui donnaient envie de hurler au monde entier combien chacun de leurs contacts le rendait fou, mais sa voix et son souffle étaient réduits à une pluie de cendres qu’il regardait s’envoler à l’horizon sans le moindre regret. Pourquoi aurait-il besoin de son souffle s’il avait celui de Loki tout contre sa bouche ? Pourquoi aurait-il besoin de sa voix s’il avait celle de Loki au creux de son oreille, murmurant en une litanie infinie ces mots qui faisaient saigner son cœur tant ils y trouvaient leur écho ?

« Moi aussi, gémit-il. Putain, je t’aime tellement. »

Lorsque le dieu l’embrassa de nouveau, Tony ne put s’empêcher de fermer les yeux et de se laisser tanguer au gré de l’univers qui valsait derrière ses paupières. En les rouvrant, il découvrit qu’il était revenu sur le dos et que Loki paraissait plus près que jamais d’imploser entre ses bras, le menton baissé en direction de leur sexe enlacés. Du bout des doigts, il éloigna les cheveux de son visage, lui décrochant une plainte accompagnée d’un sourire quand il releva son regard embué dans le sien.

Loki accéléra le frottement de ses hanches. Tony haleta et reprit possession de la bouche de son amant ouverte en un cri silencieux. Leurs mains se trouvèrent, s’agrippèrent, leurs doigts s’emmêlèrent. La pression de leur alliance contre leur peau les fit sourire et s’embrasser encore. Ils doutaient d’avoir assez de l’éternité pour s’y habituer.

Parce que l’éternité ne serait jamais suffisamment longue pour se rassasier de leurs traits inondés par le plaisir, de leurs étreintes pantelantes, de leurs baisers tantôt chastes et doux tantôt passionnés et possessifs, de leurs rires étouffés dans la peau de l’autre, de leurs jambes entrelacées sous la couverture. De leurs regards dans lesquels la vérité était inscrite, limpide comme le jour.

Ils étaient bien décidés à passer cette éternité, et les suivantes, à s’aimer.