Actions

Work Header

Red Blood Love (VF) [Complet]

Chapter Text

Gael n’est rentré chez lui que le dimanche soir. L’accueil maternelle a été plus que frileux. La tension à la maison était palpable et asphyxiante. Une fois dans sa chambre, Gael a regardé partout autour de lui. Comme la dernière fois il note que sa chambre est restée telle qu’elle était il y a dix ans. Même lit une place, même papier peint bleu avec des ballons, même poster... Cela le dégoute. Pourquoi maintenant ? qu’est ce qui a changé ? Il a un hoquet de dérision. Tout a changé. Tout. Médéric est entré dans sa vie comme un rayon de soleil après une vie en hiver. Il s’est épanouie grâce à lui, grâce au Centre et il s’était enfin réalisé. Gael s’approche d’un poster et le déchire d’un coup. Il continu avec celui d’à-côté. Ce n’est plus sa vie. Sa vie est ailleurs. Loin de cette maison. Il ouvre son armoire, attrape le sac de voyage et commence à y ranger ses vêtements et autres affaires. Après une demi-heure intensive, il se rend compte que sa vie ne tient que dans deux sacs et un plus petit.  Pendant cette demi-heure il a réfléchi encore et encore. Faire le bilan de sa vie alors que dehors le ciel se dégageait sur une nuit limpide. Cette vie ne lui convient plus. Il ne veut plus ne pas être lui-même. Il ne veut plus rester figer dans l’image que sa mère se fait de lui. Il n’est plus comme cela... l’a-t-il déjà été ? au fond de lui il s’avoue que ce qu’il est maintenant est loin de la victime qui a été. Il a subi plus que de raison le harcèlement de ses camarades mais au final c’était peut-être justement parce que ceux-ci voyaient qui il était vraiment. Á l’intérieur de son cœur il n’y a de la place que pour Médéric et la violence rageuse. Il ne ressent aucun remords d’avoir tué. Il ne ressent aucune honte à aimer cela. Il ne ressent aucune empathie véritable ni pour ses victimes ni pour Noah. Noah... alors pourquoi a-t-il voulu l’aider ? pendant un bref instant il s’est revu en lui alors qu’il se faisait battre et humilier... peut-être s’est-il projeté vers le gamin, peut-être est-il encore assez humain pour vouloir que personne ne soit comme lui ? Gael s’approche de son bureau pour trier ses affaires d’école reprenant le fil de ses pensées. Bien sûr elles sont toutes dirigées vers Médéric. Sa beauté, son animalité, sa froideur... cet homme tellement ambivalent, son esprit analytique si sexy, et surtout la croyance absolue dans ses mots lorsqu’il dit qu’il prendra soin de lui. Gael sait pourtant qu’il n’est pas invincible et que ses faiblesses et ses failles sont ce qui lui plait le plus. Gael sait que pour Médéric il est un pilier au même titre que Médéric l’est pour lui. Gael rit doucement. Si le monde pouvait se limiter qu’à eux seulement... personne d’autre ne compte. Personne d’autre n’est important. Il remplit son dernier sac avec ses livres et son ordinateur puis envoie un message à Médéric. « Viens me chercher. » Court, concis froid...

Il sort de sa chambre, trainant ses valises derrière lui. Il a une demi-heure avant que son amant arrive. Il pose ses sacs dans l’entrée. Sa mère ouvre de grands yeux.

— Mais qu’est-ce que tu fais ?

— Je vais vivre chez Médéric.

— Quoi ? qu’est-ce que tu racontes ? Qu’est-ce qui te prends ?

Gael hausse les épaules.

— C’est comme ça.

Sa mère s’approche pour le détaillé. Elle lui prend le visage entre les mains.

— Tu es malade... oui c’est ça. Tu ne t’es pas encore remis de ton passage à l’hôpital. Tu...

Gael repousse sa mère doucement.

— Non, tout va bien.

— Mais tu ne peux pas partir comme ça, tu es rentré il y a quelques heures ! Oh, je sais ! c’est de sa faute, hein ? c’est lui qui t’a mis des idées stupides dans la tête ! je le savais, cet homme n’est pas bon pour toi ! Je ne sais même pas pourquoi ils ont laissé cet...ce... pervers entrer dans l’institut. Il t’a complètement tourné la tête... non, c’est le Centre ! avec leurs thérapies bizarres et leurs drogues ! Je... je vais te sortir de là, tu resteras avec maman. Je prendrais soin de toi... nous n’avons pas besoin d’eux. Tu n’as besoin que de ta mère... tu...

— STOP ! Stop maman, c’est toi qui délires.

La femme le regarde, tortillant ses mains, au bord des larmes.  Malgré lui et toutes ses belles paroles, Gael a le cœur qui se serre. Il aime sa mère. C’est sa mère... il a un flash envers Noah qui n’aura plus la sienne et son cœur se serre encore plus. Il lui caresse la joue, s’apercevant qu’il est bien plus grand qu’elle. Il lui sourit.

— Tout va bien maman. Ce n’est pas un coup de folie. Je vais bien. Je veux juste... juste essayer de vivre ma vie.

Il se pince les lèvres. Jouant son rôle encore une fois et s’en voulant de le faire.

— Je suis assez fort à présent. Médéric veillera sur moi. Il prendra soin de moi. Je reviendrais souvent... et si cela ne marche pas, tu viendras me chercher. Je ne pars qu’à quelques kilomètres, pas sur une autre planète.

— Mais pourquoi maintenant ? En plus tu n’as pas de travail, tu n’as pas d’argent... tu seras un poids pour lui...Il est pauvre !

Gael pince les lèvres une autre fois, ravalant son impatience.

— Nous savons ce que nous faisons.

—Tu n’es qu’un gamin ! et lui... il a beau être plus âgé que toi, il n’a rien dans la tête ! vous êtes malade... vous...

— Ça suffit.

Gael relève brusquement la tête vers son père qui vient d’entrer. Il va pour parler mais son père continue.

— C’est son choix. Laisse-le faire ce choix car c’est le premier qu’il fait de son propre chef. S’il est assez fort pour le faire, il sera assez fort pour mener à bien ce projet.

Gael ouvre la bouche. Son père appuie sa décision, il ne l’aurait jamais pensé. L’homme sourit rapidement en posant une main apaisant sur l’épaule de sa femme.

— Je suis fier de toi. De tes progrès.

Le téléphone de Gael retenti. Après un coup d’œil, Gael sourit.

— Il est devant. J’y vais.

Son père le retient.

— Tu ne veux pas nous le présenter ?

Gael frémit. Il ne veut pas partager Médéric. Il finit par hocher la tête et taper un message rapide. Une minute plus tard, la sonnette retentie. Gael va ouvrir la porte sur un Médéric au visage inquiet.

— Qu’est ce qui se passe, Dao ? Tout va bien ?

Gael lui sourit et ouvre la porte en grand.

— Mes parents veulent te voir.

Á cette mention, Médéric se redresse avant de regarder les parents de son amant. Gael le tire par la main.

— Médéric voici mon père et ma mère. Papa, maman voici Médéric mon partenaire.

Médéric incline la tête.

— Bonsoir.

Sa mère fronce les sourcils et fait une moue tandis que le père l’observe longuement. Gael continue.

— Médéric est professeur assistant en astronomie. Il finit sa thèse. C’est aussi mon binôme au Centre. Il prend soin de moi.

Le père regarde les deux hommes et hoche la tête sèchement.

— Je ne suis pas stupide au point de ne pas comprendre ce que tu me dis à demi-mot, fils. Soit. C’est ainsi. C’est peut-être la meilleure solution, au fond. Tant que ta vie privée reste privée, et que je n’en sois pas témoin, ça me va. Médéric...

Le père le jauge et hoche une nouvelle fois la tête avant de retourner dans le salon. La mère croise les bras mais au bord des larmes. Gael se passe la main dans les cheveux et embrasse sa mère qui ne réagit pas. Il donne deux sacs à Médéric et prend les deux autres.

— On y va.

— Heu... ok... Bonsoir Madame.

Sans chercher à comprendre plus, Médéric prend les bagages et emboite le pas à Gael qui attend déjà près de la voiture. Médéric la déverrouille et Gael charge le coffre. Médéric lui passe les sacs.

— Tu peux m’expliquer ce qui se passe ?

— Je vais vivre chez toi.

— Quoi ? comme ça ? mais on n’en a pas parlé encore. Ça ne peut pas se faire...

Gael claque le coffre.

— Tu ne veux pas de moi ?

— Bien sûr que je veux de toi. Mais chez moi c’est petit et vétuste et...

— On trouvera une autre maison. Médéric.

Gael saisi Médéric par le cou et le regarde intensément. Médéric lui rend son regard. Gael sourit lentement, les yeux toujours sérieux.

— Je sais que ce que je fais parait insensé... pourtant...

Médéric lui prend lui aussi le cou, front contre front.

— Mais tu as besoin d’air. Je l’ai bien compris. Dao, tu es en train d’évoluer et pour que tu puisses y arriver tu as besoin d’un environnement adapté.

Sans comprendre pourquoi, les larmes montent aux yeux de Gael. Il resserre ses mains autour du cou de l’autre.

— Je t’aime tellement...J’ai eu tords. Tu me comprends... tu me comprends...

Médéric rit doucement, attendri.

— Il me faut parfois du temps mais oui.

— Donc tu veux bien qu’on vive ensemble ?

— Oui.