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Red Blood Love (VF) [Complet]

Chapter Text

La pluie s’est transformée en orage, puis en tempête. Gael regarde nerveusement dehors. Il a appelé sa mère avec qui il a eu une discussion houleuse mais la conversation a pris brusquement fin lorsque le réseau a sauté... comme l’électricité. La porte s’est ouverte sur un Médéric trempé et un peu déboussolé. Il leur a appris que les rues étaient inondées à mi-corps d’homme que la digue avait lâchée plus bas dans la ville, emportant les vieux bâtiments du quartier pauvre, que les services de secours étaient débordés et qu’il faudrait peut-être évacuer dans quelques heures. Noah se précipite vers la fenêtre, entre le rideau de pluie, l’eau de la rivière passe par-dessus la digue par vague. Ses yeux s’ouvrent en grand et il commence à avoir mal au cœur.

— Il faut que je retourne chez moi. C’est mon quartier là-bas ! Il y a ma mère et mes amis.

Gael qui frottait les cheveux de Médéric avec une serviette s’immobilise. Il sent la main de Médéric se poser sur sa hanche. Gael se tourne vers le jeune garçon.

— C’est trop dangereux. Tu ne peux pas sortir d’ici.

— Mais... mais... maman et...

Médéric soupire.

— Pour le moment on ne peut que rester ici et attendre les informations. Si le quartier est inondé qu’est-ce que ça changera si tu es sur place ?

— Mais... mais c’est ma maison et...

Gael lui lance un regard perçant.

— Ta maison c’est ici pour l’instant. Tu as déjà oublié ce qu’il s’est passé hier ?

Noah se redresse, le visage fermé et les poings serrés.

— Mais c’est quoi ton problème ? je t’ai demandé de l’aide ? Non, il me semble.  Tu es venu et tu as jugé directement. Qu’est-ce que t’en sait de ma vie ?

Gael se place devant le garçon, dans une position similaire.

— J’en sais que celle qui est ta mère t’a foutu dehors et en traitant pire qu’un chien.

— Ce n’est pas la première fois !

— Et comme un chien, tu rentres la queue entre les jambes ? Ça te plait tant que ça ?

— C’est ma mère ! Je n’ai qu’elle !

— Tu es mieux sans !

Le coup de poing part et s’écrase sur la joue de Gael qui vacille en arrière. Noah et lui se regardent comme s’ils allaient se sauter à la gorge. Noah sert les poings.

— Connard ! T’es qui pour dire ça ! T’es quel genre de mec, hein ? Ça serait ta mère, tu serais déjà là-bas ! Tu te crois meilleur que moi ?  

Noah s’approche et pousse Gael du bout des doigts, sèchement. Il a beau être plus petit que Gael, Noah le défis ouvertement.

— Je ne suis pas un animal qu’on ramasse dans la rue ! Je ne t’ai rien demander. Je me casse !

Gael lui barre le passage.

— Pour aller où ?

— Loin de toi ! Je n’ai pas besoin de ta pitié ! Je n’ai besoin de personne ! Dégage de là !

Médéric intervient enfin.

— Gael je pense...

Le regard colérique que Gael porte à Noah, se déplace sur Médéric. Il lève le menton et fronce les sourcils. Un mauvais gout envahis sa bouche, amère comme la trahison qu’il ressent. Il se raidit, se tourne vers Noah.

— Fais ta vie, tu veux partir, casse-toi ! je... je... merde !

Il quitte la pièce et claque la porte de la chambre. Le bruit est noyé dans le tonnerre qui résonne. Médéric soupire, regarde Noah qui retient ses larmes. Il s’approche doucement sans le toucher.

— Ne fais pas cette bêtise. Tu es en sécurité ici et que quoique dise Gael, tu es le bienvenu. C’est trop dangereux d’y aller. On va suivre les informations et on verra plus tard. Pour le moment reste au chaud. Je ne te dirais pas de ne pas stressé, car c’est impossible mais essaie, d’accord ? Je vais aller voir Gael.

Noah hoche la tête, ses poings se desserrent et ses épaules se relâchent. Médéric le couve encore un peu du regard avant d’aller dans la chambre. Il frissonne dans ses vêtements trempés. Il frappe de coups avant d’entrer.

— Gael ?

Ce dernier est devant la fenêtre. Il regarde sans la voir la pluie qui tombe à flot. Il ne se retourne pas en entendant la voix de Médéric. Médéric s’approche doucement mais les ondes qui émanent de Gael le font ralentir et s’arrêter sans qu’il le touche.

— Dao ?

— Je ne veux pas te parler pour le moment, Médéric.

Médéric soupire et retire ses vêtements trempés. Les seuls sont audibles sont la météo anarchique, leur respiration et le bruit des vêtements qui tombent. Gael ne bouge toujours pas. Médéric s’habille de sec et s’assoit sur le lit. Il regarde le dos de Gael. Le gamin s’était élargi. Il se rappelle le jeune homme trop maigre qu’il avait rencontré pour la première fois lors de la première séance. Son regard de chat et la rage derrière la détresse. Cette rage qui le fascine toujours. Médéric se lève et s’approche derrière Gael. Il est tellement près qu’ils ressentent la chaleur de l’autre. Le souffle de Médéric fait trembler les cheveux de la nuque de Gael. Ce dernier avale sa salive et le « clic » de la pomme d’Adam est parfaitement audible.

— Gael...

La main se pose sur l’épaule et remonte jusqu’au cou. Gael tremble et se retourne. Ils sont face à face, à quelques centimètres l’un de l’autre. Gael serre ses lèvres et, pour la première fois, il se rend compte qu’il est plus grand que Médéric. Sans raison particulière cela lui serre le cœur.

— Recule.

Médéric fronce les sourcils.

— Non.

— Je t’ai dit de reculer.

— Pourquoi ?

Gael le repousse, du plat de ses mains sur le torse de Médéric.

— J’ai besoin d’air. Je n’en peux plus d’être ici !

Médéric lui saisit les poignets.

— Tu es à fleur de peau, Dao. La stimulation fait encore effet. Tu prends tout trop à cœur, tu...

— Lâche-moi ! Putain !

Au contraire Médéric serre plus les poignets de Gael.

— Mais qu’est ce qui t’arrive, Gael !

— Lâche-moi ! Je ne te dois rien ! J’en ai marre ! J’étouffe ! tu m’étouffe ! Je veux...

La lumière revient en clignotant, les surprenants tous les deux. Gael profite de ce moment pour se dégager de la poigne de Médéric d’un coup sec. Il penche la tête sur le côté.

— Est-ce que tu sais qui je suis vraiment ? Est-ce que tu me comprends vraiment ? en est-tu sur ?

Médéric est interloqué. Il n’a pas le temps de répondre que Gael continue

— Tu ne vois, mais tu ne me regardes pas. Tu m’entends mais tu ne m’écoute pas. Tu me sens, mais tu ne me ressens pas.

Médéric lance un coup d’œil inquiet vers la porte de la chambre.

— Ce n’est pas le meilleur moment pour en parler, bébé.

Le sourire de Gael se fait mauvais.

— Pourquoi ? tu as peur qu’il l’apprenne ? Qu’il apprenne que j’ai...

— Tais-toi ! Tu es cinglé !

Le rire de Gael est grinçant.

— C’est maintenant que tu t’en aperçois ? Je suis un monstre Médéric. Un monstre pour de vrai !

Alors qu’il criait, sa voix redevient calme.

— As-tu peur Médéric ? As-tu peur de moi ? De ce que je suis, de ce que nous sommes ? Je ne suis pas comme toi, pas vrai ? Toi tu réfléchis et tu analyse, tu penses à l’avant et à l’après. Moi je m’en fous. Je veux l’extase du moment, je veux la vague, la puissance, les sentiments. Je veux me sentir vivant et rempli ! Je ne veux pas être vide, Médéric... tu entends !

Gael semble se ratatiner sur lui-même alors qui exprime sa pensée profonde. Médéric Le prend dans ses bras, le retenant totalement alors qu’ils glissent ensemble sur le sol. Il s’attendait à le voir pleurer mais non, c’est pire. Gael ne fait que trembler dans ses bras. Il lui caresse le dos lentement, mais son regard dévie une nouvelle fois sur la porte. Si Noah entend, s’il comprend... Médéric envisage sérieusement cette solution. Il sait qu’il en serait parfaitement capable si c’est pour les sauver, Gael et lui. Son esprit lui présente plusieurs scénarios. Il soulève le menton de Gael pour croiser ses yeux.

— Au contraire, Dao. Je t’écoute, je te regarde et je te ressens parfaitement. Nous ne sommes pas identiques et c’est tant mieux. Je suis heureux de pouvoir gérer l’avant et l’après si c’est pour que tu sois en sécurité. Orion a besoin d’une arme. Tu es l’unique. Je te donnerai ce qu’il faut pour que tu ne sois jamais vide.

Gael relâche lentement son souffle. Médéric lui caresse le visage, passant le pouce sous son œil pour effacer les larmes invisibles.

— Elle est sans importance. Elle le méritait. Il comprendra. Il vivra mieux. Mais cela reste un enfant et il a besoin d’une famille. Il a besoin d’un environnement saint. Le centre social où je travaille lui apportera cela. Nous veillerons sur lui, Dao. Il aura ce que tu n’as pas eu mais tu as ce qu’il n’a plus.

Gael ferme les yeux et se détend un peu plus. Il fait la moue.

— Je n’aime pas les femmes. Je n’ai pas aimé lorsque tu l’as touché. Je l’ai fait à cause de ça. Tu lui as donner du plaisir. Je ne voulais pas l’entendre gémir, ça me dégoute. Plus jamais. Ne salie plus les belles mains sur une femme.

Médéric sourit et fond devant cette moue enfantine et ces paroles possessives.

— D’accord.

Gael se love contre Médéric, respirant son odeur au creux de son cou.

— Je suis un monstre.

— J’aime le monstre que tu es. Ne garde pas pour toi lorsque tu ne comprends pas. Ne doute pas de moi. Tu passeras toujours en priorité. Je te rendrais heureux, Gael. Je...hum...

Gael avait commencé à lui butiner le cou de baisers. Encore une fois la comparaison entre Gael un chaton et un tigre effleure l’esprit de Médéric. Il se sent glisser au sol alors que Gael le pousse doucement, lui chevauche les hanches, se frottant langoureusement contre lui. Malgré lui, Médéric réagit favorablement à ce traitement. Il tourne une troisième fois la tête vers la porte.

— On ne va pas faire l’amour alors que... oh putain...

Gael se redresse en grognant. Sa main qui s’était glisser entre eux sur l’entrejambe de Médéric cesse de bouger. Il soupire.

— Ok... c’est bon...

Il souffle sur une mèche de cheveux qui lui tombe devant les yeux et quitte les hanches de Médéric pour se redresser.  A cet instant, il entend son téléphone sonner.

— Le réseau est revenu on dirait.

— C’est la sonnerie de ta mère ?

— Hum.

Gael retourne dans le salon à la recherche de son téléphone. La pièce est vide.

— Noah ?

Il coupe son téléphone alors qu’il remarque un mot sur la table basse.

— Médéric ! Le petit est parti.

Médéric le rejoint. Le mot est court. Il les remercie, dis qu’il part et qu’il reviendra une fois qu’il aura vu sa mère. Les deux hommes se regardent. Gael se mord les lèvres.

— Elle le méritait, hein ?

Médéric hoche la tête.

— Elle oui, lui non. Tu regrettes ?

— Oui... non... je ne sais pas.

Médéric lui prend doucement le cou pour poser son front contre le sien.

— Vas-tu avoir des remords ? Veux-tu arrêter ?

Gael sourit.

— Je n’ai pas pris mon pied comme d’habitude, en ça je suis déçu. Je suis triste que Noah ait perdu sa mère mais je ne la pleurerais pas, si c’est ce dont tu t’inquiètes. Elle a rejoint les déchets. Elle n’est plus importante. Elle ne l’a jamais été. Ils ne le sont jamais.

Gael sourit à Médéric.

— Maintenant que nous sommes seuls, fais-moi l’amour.

— Allumeur.

Gael lui sourit alors que son téléphone sonne une nouvelle fois.

— Tentateur.