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Plus que tout

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Je me retenais difficilement de lever les yeux au ciel et de répondre sèchement à ma petite sœur, Rosalie. D'ailleurs, je n'étais pas la seule, elle avait réussi à exaspérer toute la voiture. Le trajet faisait moins de dix minutes entre chez moi et la maison de Felix, notre frère aîné, mais Rosalie avait réussi à monopoliser la conversation pour exposer son plan parfait. A vrai dire, j'étais plus exaspérée par son manque de maturité. Elle allait fêter ses vingt-trois ans, mais j'avais parfois encore l'impression de voir la petite fille à qui ma mère passait le moindre caprice. Quand Rosalie voulait quelque chose, elle le voulait un point c'est tout. Parfois, je me demandai si ma mère aurait été capable de lui acheter la lune si elle lui avait demandé.

« C'est pour ça les filles, je compte vraiment sur vous pour m'aider à mettre la main sur Emmett Cullen. Je sens que ce soir c'est le bon soir. » Dit-elle pour la troisième fois. « Je veux dire, on serait genre les nouveaux Gisele Bünchen et Tom Brady en beaucoup plus jeune et sexy. »

« Tu es au courant que c'est un être humain et non pas le dernier sac à la mode. » Dit Tanya avec acidité.

« Oh, s'il te plaît, Tani, arrêtes ! Je sais que c'est un être humain, mais c'est genre logique ce que je dis. Je suis mannequin et il est footballeur. Il a besoin d'une femme à sa hauteur à ses côtés et je suis clairement cette personne. »

« Ça fait très femme trophée. » Se moqua Charlotte au volant.

« Et l'amour ? » Demandai-je.

Rosalie se tourna vers moi et secoua la tête en me regardant.

« Bella, Bella, Bella, ma petite romantique et fleur bleue de sœur. L'amour n'existe que dans tes livres, pas dans la vraie vie. Tu devrais peut-être te le mettre en tête, sinon tu ne risques jamais de trouver quelqu'un. » Dit-elle d'une voix docte. « D'ailleurs, tu devrais faire vite, l'horloge tourne. » Ajouta-t-elle avec un coup d'œil critique.

Tanya eut un hoquet de choc face aux mots de ma sœur. Pour ma part, je n'étais pas surprise et ça ne me touchait plus vraiment. J'étais habituée à sa franchise que beaucoup louaient et qu'elle continuait donc fièrement d'entretenir. La diplomatie n'avait jamais fait partie de son éducation. Parfois j'avais du mal à comprendre comment nous pouvions être sœur. Je n'avais que cinq ans de plus qu'elle, mais c'était comme si parfois un monde nous séparait. Certes nous n'avions pas le même père, mais ce n'était pas ça qui pouvait changer la donne puisque nous avions été élevées par les mêmes parents : Jackson Hale avait été un beau-père très présent dans notre vie à Felix et moi, en plus de notre père biologique Charlie Swan. Charlotte détourna la conversation une nouvelle fois avant que Tanya ne puisse en placer une et donc faire tourner la fin de notre voyage en catastrophe.

« Tu ne vas rien dire ? » Chuchota Angela, à côté de moi.

« J'ai bien essayé, mais rien n'y fait. » Soupirais-je sur le même ton.

« Et Emmett ? »

« Il est au courant. Il trouvait ça drôle au début, mais plus maintenant. » Avouais-je.

« Mais elle a bien logé chez vous quand elle est arrivée sur la côte Est ? »

« Oui, mais elle pensait et pense encore que nous sommes colocataires. »

« Non ?! » S'exclama Angela surprise, alors que Charlotte garait sa voiture dans l'allée de la maison de mon frère.

J'acquiesçai ce qui fit rire Angela, et moi aussi par la même occasion, en sortant de la voiture.

« Comment c'est possible ? » Demanda-t-elle en enroulant son bras autour du mien.

« Match en extérieur. Il n'était pas vraiment là et elle n'est pas restée longtemps. »

« Non, mais c'est hallucinant de passer à côté de ça. Surtout vu le nombre de photos de vous deux ensembles qu'il y avait sur le frigo de l'appart'. »

« Et encore tu n'es jamais partie en vacances avec eux. » Intervint Tanya en attrapant mon autre bras. « J'en suis encore traumatisée. » Dit-elle d'une voix faible, nous faisant rire. « En tout cas, je ne sais pas comment tu fais pour supporter Miss Monde ! »

« Bella est une sainte ! » Dit Angela.

« Ouais, une vraie réincarnation de mère Thérèsa. J'espère que tu seras récompensée un jour, ma belle. » Enchaîna-t-elle me faisant franchement rire.

Charlotte se retourna vers nous et me lança un clin d'œil avant de lever les yeux au ciel, me montrant par la même occasion que Rosalie, faisait à nouveau du Rosalie. Tanya et Angela continuèrent de discuter entre elles alors qu'on franchissait la porte de la maison de mon frère et sa femme Heidi. Ils s'étaient achetée cette énorme maison quelques années plus tôt quand Felix avait signé avec les Eagles de Philadelphie. Elle se situait en banlieue de la ville, à moins de trente minutes en voiture, dans un quartier calme et sécurisé. J'avais été tellement séduite par l'endroit que dès que l'opportunité s'était présentée nous avions acheté une maison pas très loin. Maison qui venait enfin de voir ses dernières rénovations terminées.

Je saluai ma belle-sœur avant de filer vers le porche arrière et de trouver refuge sur la balancelle. Mes amies avaient beau affirmer que j'étais une sainte, j'étais sur le point de me transformer en démon et de devenir méchante avec Rosalie. J'avais besoin d'un moment seule pour faire retomber la pression et me détendre si je voulais éviter de gâcher l'anniversaire de mon frère. Le soleil commençait à décliner amenant ainsi dans le ciel des couleurs incroyables et le balancier régulier de la balancelle acheva de me détendre. Celle-ci finit par s'affaisser me surprenant. J'avais le droit finalement à un passager clandestin.

« Pas de scrabble en ligne ce soir ? »

« Nope, tu as vu. Je m'améliore. » Gloussai-je.

« Je suis fier de toi. » Dit-il en étendant son bras sur le dossier. « Comment a été ta journée ? » Finit-il par demander après quelques minutes de silence.

« Intéressante, et toi ton entraînement ? »

« Fatiguant, mais heureusement je suis en vacances. »

« Oh et qu'as-tu prévu pour ces vacances ? »

« Eh bien, je compte partir quelques jours avec ma superbe petite amie, loin d'ici, rien qu'elle et moi. »

« Intéressant ! Et tu sais déjà ce que tu vas faire dans ce lieu mystérieux ? »

« Absolument rien ! Juste du repos et profiter d'elle un maximum. Et peut-être de sa cuisine, si elle veut cuisiner pour moi. Je ne sais pas si tu le sais, mais c'est une sacrée cuisinière. »

« Ah oui ? »

« Ouais ! Et j'oubliai ! Du sexe, beaucoup de sexe. Je compte bien essayer des nouvelles positions du Kamasutra. »

« Emmett ! » Râlai-je. « Tu viens de tout gâcher ! Super mignon et boom tu casses le truc. » Pestai-je le faisant rire.

« Je sais, mais tu aimes ça. »

« Mouais. » Répondis-je septique. « Pour la peine tu dois me dire où se trouve ce lieu mystérieux. »

« T'aimerais bien le savoir, hein ? » Demanda-t-il taquin.

« S'il te plaît, dis-moi. »

« J'aime bien quand tu me supplies, mais tu le ne le sauras pas. » Ricana-t-il fier de lui.

« S'il te plaît, Emmett ? » Demandai-je en m'installant à califourchon sur ses genoux.

Ses mains se posèrent directement sur mes cuisses nues que ma robe avait dévoilées, alors que les miennes s'étaient posées sur ses épaules.

« Nope ! Tu ne le sauras pas ! »

« Tu es sûr ? »

Il acquiesça, je lui offris un sourire sournois avant de faire glisser mes mains contre son torse. J'étais incapable de me lasser du dessin de ses muscles. Je pouvais passer des heures à caresser ce torse, je me demandai d'ailleurs parfois si ça ne relevait pas du fétichisme. À vrai dire, ce que j'aimai surtout c'était de voir ses muscles se contracter sous la sensation de mes mains et sentir son cœur s'accélérer. Ça me prouvait, à chaque fois, que j'étais capable de lui faire de l'effet. Mes mains finirent par se glisser sous son t-shirt blanc et mes ongles grattèrent légèrement sa peau si sensible sous le nombril. Ses mains empoignèrent mes fesses pour m'attirer à lui, faisant remonter ma robe par la même occasion.

« Tu sais que tu joues avec le feu, chaton ? » Dit-il contre mon oreille.

Je le savais pertinemment, mais il m'avait trop manqué aujourd'hui et j'avais besoin de ma dose de lui. Ses lèvres se posèrent contre mon cou pile à l'endroit qu'il savait hyper sensible. En l'espace d'un instant, je me transformai en guimauve et me fondai en lui. Ma tête se cala contre son torse alors qu'il continuait à butiner mon cou et que ses mains caressaient mon corps. Je profitai de sa chaleur et de son odeur qui m'avaient tellement manquées aujourd'hui. Son entraînement avait commencé tôt ce matin et il était donc parti avant même que je ne sois prête pour ma journée de travail. Finalement, il était pile ce dont j'avais besoin pour terminer de me détendre.

« On va devoir rentrer. » Murmura-t-il contre mon cou.

« Je sais, mais encore un peu. » Marmonnai-je en retour le faisant rire.

« Tu commences à avoir froid. »

« Dis plutôt que tu as faim. »

« Aussi. » Avoua-t-il.

Je quittai ma position à regret pour me retrouver face à ses yeux bleus, ses cheveux noirs, mais surtout cette adorable fossette qui apparaissait quand il me souriait. Je me penchai pour embrasser légèrement ses lèvres.

« Tu m'as manqué, aujourd'hui. »

« Toi aussi. Mais ne t'inquiète pas tu vas tellement m'avoir sur le dos ces prochains jours que tu attendras avec hâte que je reparte à l'entraînement.»

J'éclatai de rire alors qu'il se relevait, m'emportant par la même occasion. Il me déposa au sol en s'assurant que je sois bien stable sur mes sandales à talons, avant de m'aider à redescendre le bas de ma robe noire qui avait un peu trop remonté.

« Parfaite, comme toujours. » Dit-il avant de m'embrasser le front et de passer son bras autour de mes épaules.

Je souriais alors qu'il m'attirait vers l'intérieur de la maison. J'avais beau avoir enfilé une paire de talon d'une dizaine de centimètres, je restai toujours aussi petite. Le gène de la grandeur était allé chez Rosalie qui culminait à quasiment un mètre quatre-vingt, alors que moi j'atteignais à peine le mètre soixante-cinq. J'avais l'air d'une crevette à côté de mon armoire à glace de petit ami, mais j'adorai ça et puis j'en avais l'habitude maintenant à force de vivre dans ce milieu depuis l'enfance.

J'avais toujours passé beaucoup plus de temps avec Felix, et donc ses équipiers, qu'avec ma sœur. J'avais été un peu un garçon manqué dans mon enfance ce qui avait légèrement brouillé la relation que j'avais avec ma mère.

Je savais pertinemment qu'elle aurait voulu avoir une petite fille qui adorait le rose et les poupées, plutôt qu'une fille qui adorait construire des cabanes et était fan de football américain. Elle avait donc reporté ses envies de petites princesses sur Rosalie. Ma sœur était donc devenue par conséquences une vraie princesse/diva. Ajouter à cela le gène beauté dont Rosalie avait hérité. J'avais donc passé mon enfance et une partie de mon adolescence à fuir la folie des concours de beauté dans lesquels ma mère et Rosalie étaient investies. À la place, j'avais trouvé refuge dans les gradins des stades de football et à la bibliothèque. J'avais été l'intello de service au collège et au lycée, mais comme mon frère était Felix, je n'avais jamais été embêtée.

« Joyeux anniversaire ! » M'exclamai-je en enlaçant mon grand-frère.

« Merci sœurette. » Dit-il avant de m'embrasser le front. « Et merci pour le cadeau. »

« Tu l'as reçu ? » Demandai-je en me détachant de lui

« Oui, je l'ai ouvert en rentrant ! J'ai hâte de l'installer sur la terrasse. » Dit-il excité.

« Un jour, il faudra m'expliquer ce délire que vous avez avec les barbecues. » Dis-je atterrée.

« C'est notre instinct de chasseur ça, sœurette. Tu ne peux pas comprendre. »

« Votre instinct de chasseur. » Murmurai-je ébahie par sa connerie.

« Ouais, celui qui nous permet de nourrir notre famille. »

J'éclatai de rire face à sa réponse, en fait c'était plutôt le fait que les autres hommes autour de mon frère avaient acquiescé à sa réponse qui me faisait rire. Et Emmett en faisait parti.

« Enfin, si je devais compter sur Emmett pour nous nourrir, je ne vivrais que d'amour et d'eau fraîche. »

« Outch dur, mec. » Dit Embry.

« Mais, j'ai rien fait ! » Râla Emmett au même moment.

« Justement ! Va me chercher de la nourriture, homme ! Et plus vite que ça ! » Répliquai-je les faisant rire.

« Tu vas voir, petite peste. » Dit-il avant de m'emprisonner dans ses bras.

Je gloussai alors que j'étais écrasée contre son torse. L'étreinte aurait pu être désagréable, mais ce n'était pas le cas, car je me retrouvai pile à l'endroit où je voulais être.

« Emmett, j'ai faim. » Dis-je finalement quelques minutes plus tard. « Et soif aussi. »

Il avait continué à discuter avec ses coéquipiers et amis sans se préoccuper de moi. C'était limite si il ne m'avait pas oubliée.

« Tu ne peux pas, chaton. N'oublie pas, tu vis d'amour et d'eau fraîche. »

« Justement, si je pouvais au moins avoir de l'eau fraîche. »

« Pas possible, celle-là. » Pesta-t-il en me libérant de son étreinte, me faisant glousser à nouveau. « Allez, femme, va et apporte-moi de la nourriture. » Ordonna-t-il.

« Dans tes rêves, Emmett Cullen. » Répondis-je en m'éloignant.

« Oh mais tu y es, Isabella Swan. » Dit-il sur un ton un poil lubrique.

« Beurk, c'est ma sœur, mec. J'ai pas envie de savoir ce genre de chose. » Entendis-je Felix râler.

Je secouai la tête amusée, avant de rejoindre mes copines qui se trouvaient dans l'espace cuisine de la pièce ouverte. Heidi me déposa une margarita quand je m'installai sur l'une des chaises de bar de l'îlot centrale.

« Merci pour le barbecue. » Dit-elle.

« J'ai cru comprendre que Felix en était content. Apparemment, ça réveil ses instincts de chasseur qui lui permettent de nourrir sa famille. »

« Oui, enfin si je le laissais faire, on ne se nourrirait que de smoothies protéinés. » Gloussa Heidi.

« Je sais, ma belle. Tu sais que j'ai dû réserver une étagère complète dans le cellier pour ça. » Soufflai-je dépitée. « Je m'imaginais tellement avoir un cellier en mode Pinterest et à la place j'ai ça. Je suis dégoûtée. »

Heidi et les filles éclatèrent de rire face à la situation que je vivais. Bon en vrai, je m'en moquai complètement puisque ça occupait la dernière étagère et donc la plus haute que j'étais incapable d'atteindre sans utiliser un marchepied. Mais quand même, ça me chagrinait de ne pas avoir le cellier totalement comme j'en rêvais.

« Comment se passe l'emménagement ? » Demanda Kate.

« Bien, mais ça occupe tout mon temps. J'espère juste que j'aurai terminé ça pour la pendaison de crémaillère. »

« C'est quand déjà ? » Interrogea Angela.

« Dans deux semaines et toute la famille débarque. D'ailleurs, c'est toujours bon pour vous ? » Demandai-je à Heidi.

Elle avait accepté de loger mon père et sa famille alors que j'avais celle d'Emmett, et ma mère et Jackson qui devaient loger chez nous.

« Toujours. J'ai hâte de voir Sue. »

« Chanceuse. » Soufflai-je.

« Et Rosalie ? Elle va loger chez vous ? » Demanda Charlotte inquiète.

« À ton avis. Je m'attends à tout moment à ce qu'elle me demande de l'aide pour rejoindre la chambre d'Emmett. »

« Elle en serait tellement capable. » Dit Tanya. « Mais sérieux, c'est grave d'être aussi aveugle. »

« Elle a toujours été comme ça. » Répliquai-je. « Tout ce qui ne va pas dans son sens, elle l'occulte. »

« C'est fou quand même. On pourrait limite faire une étude psychologique dessus. » Argua Angela.

« Sûrement, mais si on pouvait parler d'autre chose ça m'arrangerait ! »

Elles acquiescèrent avant de reprendre le sujet sur lequel elles discutaient avant mon arrivée. J'y participai avec plaisir, le tout en grignotant le plateau de charcuteries et de fromages qui était sur l'îlot. Heidi avait commandé chez un traiteur pour ne rien avoir à cuisiner. Ce qui était compréhensible vu le nombre d'invités, mais surtout le nombre d'athlètes présents chez elle.

« Oh, oh ! » Fit Heidi en regardant derrière moi. « Pas bon ça. »

Je me retournai pour voir ma petite sœur coller à mon petit-ami qui était sur le point d'exploser. D'ailleurs, il n'était pas le seul, Felix était lui aussi furax. Je me demandai ce qu'elle avait encore pu inventer pour énerver les deux hommes les plus imperturbables en temps normal. Heidi fit le tour du comptoir avant de m'attraper la main et de m'attirer vers eux. Le visage d'Emmett se détendit légèrement en me voyant arriver.

« Rosalie, qu'est-ce que tu fais ? » Demanda Heidi.

« Rien qui te concerne Heidi. » Répondit-elle sèchement. « Retourne jouer à la petite hôtesse avec tes Desperates Housewives de copines, tu veux ? »

La langue de Rosalie était toujours plus venimeuse quand elle avait un peu d'alcool dans le sang.

« Je pense que tu as trop bu, Rose. » Fis-je. « Tu devrais rentrer chez toi avant de te ridiculiser et que ça tourne sur les réseaux sociaux. »

« Emmett peut me reconduire chez moi, n'est-ce pas ? Je te promets que je vais bien prendre soin de toi. » Roucoula-t-elle.

Emmett lui lança un regard agacé en essayant de décoller les mains de Rosalie de sa personne, mais ma petite sœur s'accrochait à lui comme une moule à son rocher. Je n'étais pas d'un tempérament jaloux mais là, je commençai vraiment à être agacée par son attitude. Je lui avais dit plusieurs fois que Emmett et moi étions ensemble, mais elle prenait à chaque fois ça pour une blague. J'avais fini par me lasser de le lui répéter, mais là j'étais à deux doigts de perdre mon sang froid.

« Tu sais qu'il peut te coller un procès au cul pour harcèlement sexuel si tu n'arrêtes pas, Rosalie ? » Demanda Tanya. « Et je me ferais une joie de porter la plainte et de le défendre. » Ajouta-t-elle avec un sourire mauvais.

Donc il n'y avait pas que nous qui étions réellement agacés par le comportement et l'attitude de Rosalie envers Emmett.

« De toute façon, tu as toujours été jalouse de moi, Taniniania. » Argua Rosalie sur un ton enfantin.

« Bon ça suffit maintenant, Rosalie. » Ordonna Felix avant de l'attraper et de la jeter vulgairement sur son épaule.

Rosalie tenta de se débattre et de descendre, mais rien n'y faisait : Felix tint bon. Il l'emporta vers l'étage, je ne savais pas ce qu'il avait prévu de faire à notre sœur, mais je n'aurais pas aimé être à sa place. Car si Felix intervenait c'était qu'il était à bout de nerfs, je ne connaissais personne de plus calme et tempéré que mon frère.

« Vous devriez rentrer. » Conseilla Heidi.

Je poussai un soupir, encore une fois nous devions fuir un rassemblement, car Rosalie faisait des siennes. Je lançai un coup d'œil à Emmett qui me souriait piteusement, pour lui aussi la situation commençait vraiment à devenir pénible.

« Je suis vraiment désolée, Heidi. »

« Ce n'est pas de ta faute, ma belle. » Dit-elle avant de me prendre dans ses bras. « Passez une bonne soirée, d'accord ? »

J'acquiesçai alors que les bras d'Emmett s'enroulaient autour de ma taille et qu'il me dépose un baiser sur la tête. Nos amis nous saluèrent, avant qu'Emmett nous attire vers l'extérieur.

« Je me demande ce que je vais devoir faire pour lui faire comprendre qu'il ne va jamais rien se passer entre nous. » Pesta Emmett une fois en voiture.

« Je crois que même si elle nous surprenait au lit, elle arriverait encore à trouver une explication logique. »

« Par exemple, compter tes grains de beauté ? » Rigola Emmett.

« Dans ces eaux-là. » Acquiesçai-je. « Ou nous assurer que le lit est solide. » Gloussai-je.

« Eh ! C'est arrivée qu'une seule fois, ça ! »

« Oui, mais chez tes parents, Emmett. Je n'arrivai même plus à regarder ta mère en face le lendemain. »

« Au moins, elle a vu que tu prenais bien soin de son fils. » Dit-il me faisant rire.

Il attrapa ma main avant de la porter à sa bouche et de l'embrasser. Je pouvais comprendre que Rosalie se soit trompée sur notre relation avec Emmett. Nous n'étions pas le couple le plus démonstratif en public, mais nous étions bien ensemble et ce depuis plus de trois ans. Mais ça, elle l'ignorait volontairement. Elle n'avait pas toujours été obsédée par Emmett, seulement depuis qu'elle était arrivée sur la côte Est pour signer avec une agence new-yorkaise de mannequinat.

« Alors on part où ? » Demandai-je.

« Secret. »

« Mais euh ! Tu sais que j'ai besoin de savoir pour faire ma valise. »

« Tu n'auras besoin de rien, je te veux nue pour ces vacances. » Répondit-il du tac au tac.

« Donc un camps nudiste ? »

« Non ! Jamais de la vie ! Je suis le seul à avoir le droit de te voir nue. »

« Donc, tu dois me dire où nous partons. »

« Ou je peux faire ta valise. »

« Je te connais, tu vas prendre tout ce qui ne faut pas. »

« Tu ne me fais pas confiance ? » Demanda-t-il faussement offusqué en se garant dans notre garage.

« Question piège. » Répondis-je en descendant de la voiture.

Je claquai la portière avant de me diriger vers l'entrée de la maison. L'odeur de peinture fraîche me monta directement au nez. C'était en partie pour ça que nous partions quelques jours, pour échapper aux odeurs des dernières peintures. Les mains d'Emmett m'attrapèrent alors que j'allais entrer dans la cuisine, la seconde suivante je me retrouvai sur son épaule.

« Alors, comme ça tu ne me fais pas confiance. » Dit-il avant de me fesser.

« Emmett ! » M'exclamai-je à moitié en riant.

Il grimpa l'escalier secondaire à toute vitesse avant de traverser le couloir, d'entrer dans notre chambre et me jeter sur le lit. Je gigotai dans tous les sens, à moitié hilare et protestante du traitement qu'il me faisait subir.

« Tu vas voir ! » Clama-t-il avant de monter sur le lit à son tour.

Il se plaça au-dessus de moi, m'emprisonnant sous son poids, ses bras de part et d'autre de moi. Parfois, je me demandai comment il faisait pour avoir encore toute cette énergie après ces entraînements de football. Entraînements qui étaient digne de ceux pratiquaient par l'armée parfois. Je posai ma main sur sa joue avant de passer mes doigts dans ses cheveux.

« Je t'aime, Bella. » Dit-il sérieusement.

Je lui souris, émue. Ça me remuait toujours quand il me le disait.

« Et je t'aime aussi, Emmett. »

« Plus que tout. » Ajouta-t-il en m'effleurant les lèvres des siennes.

« Plus que tout. » Répétai-je.

Rosalie avait tort, l'amour existait et n'était pas uniquement réservé aux livres.

XX – Plus que tout - XX

« Ça va bien se passer, chaton. » Murmura Emmett en remontant la fermeture éclair de ma robe.

Ses yeux étaient ancrés dans les miens via le reflet du miroir. J'y lisais tellement de détermination et de confiance que je ne pouvais que le croire. Il se colla contre mon dos alors que je passai une main nerveuse sur ma robe d'un jaune moutarde à petites fleurs blanches.

« Ça devrait être une soirée spéciale pour nous. » Dis-je piteusement.

« Quoi qu'il se passe, c'est une soirée spéciale pour nous, d'accord ? »

J'acquiesçai alors qu'il m'entourait de ses bras et m'embrassait la tempe. Il se détacha de moi avant de me tendre la main que j'attrapai. Nous avions décidé de faire un dîner avant la pendaison de crémaillère pour tous nous retrouver, mais aussi pour célébrer l'anniversaire d'Emmett qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. Ce n'était pas quelque chose d'extraordinaire, mais simplement un moment pour se retrouver en famille et profiter d'eux.

La mère d'Emmett, Esmée, avait pris les choses en main ce dont je lui en étais reconnaissante. Elle m'avait aidé à préparer de quoi manger pour accompagner le barbecue qui allait être fait ce soir. De quoi mettre en pratique les fameux instincts de chasseurs des hommes de ma famille. Ma mère avait un peu aidé aussi, mais elle avait passé plus de temps à compter le nombre de calories de chaque plat, plutôt que de véritablement cuisiner. Mais heureusement pour moi, Alice, la sœur d'Emmett, nous avait véritablement aidée car ma propre sœur avait passé plus de temps dans le jardin à parfaire son bronzage et à parader dans un maillot de bain microscopique, sous l'œil fière de ma mère et admiratif d'Edward, le petit frère d'Emmett. Cependant point agréable, pour le moment Rosalie n'avait pas encore fait une seule tentative de drague à l'encontre d'Emmett. Je me demandai si elle avait enfin compris qu'il ne serait jamais à elle.

« Papa ! » M'exclamai-je ravi en ouvrant la porte sur nos derniers invités.

« Bella. » Dit-il d'un ton bourru avant de me prendre dans ses bras.

Je ne voyais pas beaucoup mon père puisqu'il vivait sur la côte Ouest, à Forks dans l'État de Washington, à trois heures de Seattle. Cependant nous étions proche, chaque semaine on s'appelait pour prendre de nos nouvelles. J'avais passé toute mes vacances scolaires chez lui, j'avais même envisagé d'aller vivre chez lui durant mon adolescence, mais je ne voulais pas lâcher Felix alors j'étais restée jusqu'à finalement aller à la fac à l'Université de Washington où j'avais rencontré Emmett.

« Tu es magnifique, Bella ! » S'exclama Sue en passant à son tour la porte.

« Merci, je suis tellement contente de vous voir ! »

Je l'enlaçai à son tour, je m'entendais merveilleusement bien avec la seconde épouse de mon père. C'était une belle-mère super chouette. Puis je saluai Leah et Seth, ses enfants. Leah faisait sa rentrée à l'université en septembre prochain, ça me faisait bizarre de la voir grandir comme ça. Elle ressemblait de plus en plus à sa mère et allait certainement faire tourner les têtes une fois à la fac. Seth quant à lui était vraiment un garçon simple et joyeux qui vouait un véritable culte à Emmett, ce qui était vraiment mignon à voir. Et ce qui rendait Felix jaloux puisqu'il estimait qu'étant le grand-frère c'était à lui d'avoir les honneurs. Résultat, Emmett et lui passaient leur temps à se chamailler l'attention de Seth au plus grand plaisir de ce dernier.

« Comment ça se passe pour le moment ? » Demanda Felix alors qu'on se dirigeait vers la pièce à vivre.

« Cela pourrait être pire. » Répondis-je en haussant les épaules.

« Tu sais que maman aurait pu loger chez nous à la place de papa. »

« Je ne voulais pas faire ça à Heidi. »

« Tu es une superbe belle-sœur. » Dit Heidi en m'enlaçant la taille.

Heidi et ma mère étaient comme chien et chat. Rien de ce que faisait Heidi convenait à ma mère, alors que c'était la personne la plus adorable et parfaite pour mon frère. Mais ma mère semblait vouloir entretenir le cliché de l'exécrable belle-mère. Heureusement pour moi, Esmée n'était pas comme ça. J'avais été accueilli dans la famille Cullen à bras ouverts.

J'allai finir par croire que l'histoire d'instinct de chasseur de Felix était vraie puisque tous les hommes de nos familles étaient au niveau du barbecue en train de discuter de je ne sais quoi. Heidi misait sur la cuisson de la viande, mais je misai plus sur une discussion par rapport à la prochaine saison de football.

« Vous auriez pu faire quelque chose de beaucoup plus sain. » Critiqua Rosalie au milieu de repas.

« Je peux te servir une assiette d'air si tu veux. » Répondis-je sèchement.

« Bella ! » S'exclama ma mère. « Tu sais très bien que ta sœur doit faire attention à sa ligne, d'ailleurs tu devrais peut-être prendre exemple sur elle. »

« Il est vrai que Bella a beaucoup de poids à perdre. » Dit Heidi avec ironie.

« Je pense que je dois avoir deux trois côtes à enlever. » Gloussai-je malgré moi.

« Elle devrait prendre du poids, je trouve qu'elle est trop facilement kidnappable » Dit Emmett sérieusement ce qui fit rire toute la table. « Non, mais c'est vrai. Elle est aussi légère qu'une brindille parfois j'ai même peur qu'elle s'envole avec le vent. »

« Tu sais que ce n'est pas possible, fils. » Répondit Carlisle, le père d'Emmett.

« Évidemment, mais il n'empêche que Bella n'a pas à perdre du poids, elle est parfaite comme elle est. »

« Hannnn, trop mignon. » Souffla Leah sous le charme.

« C'est normal, il a bien été élevé. » Se vanta Esmée.

« Le plus adorable des petits garçons. » Me moquai-je.

Je me penchais vers lui pour lui pincer la joue comme l'aurait fait une mamie devant son petit fils.

« Continue comme ça et tu finis dans la piscine. » Promit-il.

« Même pas peur, Cullen ! » Le narguai-je.

Les yeux d'Emmett brillèrent de promesse et de malice, me faisant parfaitement comprendre qu'il avait déjà pris sa décision et que j'allai terminer dans la piscine quoi qu'il se passe.

« Hors de question ! Pas au milieu du repas les enfants ! » S'exclama vivement Esmée.

J'éclatai de rire face à sa réaction, mais surtout à la moue boudeuse d'Emmett. Il avait beau avoir trente ans, il venait de se faire réprimander comme un enfant.

« En attendant, je vais aller chercher le gâteau ! » Dis-je en quittant rapidement mon siège.

J'attrapai quelques plats qui avaient besoin d'être replacés au réfrigérateur pour ne pas faire un voyage à vide. Alice et Heidi m'aidèrent puisque j'avais refusé l'aide d'Esmée qui en avait déjà bien trop fait.

« Je n'aime pas vraiment l'attitude que tu as avec Emmett, ce soir, Bella. » Dit Rosalie qui venait d'entrer dans la maison, me surprenant par la même occasion. « Il est à moi, j'espère que tu ne l'as pas oublié. »

Je poussai un soupir avant de sortir le gâteau conservait au réfrigérateur. Alice affichait une expression choquée ce qui me fit involontairement sourire. Elle était au courant, ainsi que toute la famille d'Emmett, de l'attitude de Rosalie, mais elle venait d'en avoir enfin la preuve.

« Tu devrais retourner sur la terrasse, Rosalie. Au lieu de dire des énormités. » Répondit sèchement Heidi.

Rosalie fit un petit bruit de gorge avant de rejeter ses longs cheveux blonds sur son épaule et de partir telle la diva qu'elle était.

« Donc vous n'exagériez pas. » Murmura Alice abasourdit.

Je haussai les épaules avec fatalité. Alice bredouilla encore quelques mots avant de repartir choquée vers la terrasse.

« Il va vraiment falloir faire quelque chose. »

« Je sais, Heidi. Mais mince, on est peut-être pas le couple le plus démonstratif de la planète, mais ça se voit qu'on est ensemble, non ? » Demandai-je en colère. « Sérieux, ça fait maintenant quatre ans que nous sommes ensemble. Il est venu avec moi aux fêtes de famille, nous venons d'acheter ensemble une maison, je l'accompagne dès que je le peux quand il est en extérieur. Ça ne veut rien dire tout ça ? »

J'étais vraiment irritée et le fait de ne pas trouver les bougies, dans le tiroir pour le gâteau d'Emmett, m'agaçait encore plus.

« Ça veut tout dire. » Répondit Emmett en m'enlaçant.

« Emmett ! » Fis-je surprise.

Je refermai rapidement le tiroir avant de me tourner pour lui faire face.

« Tu ne devais pas voir le gâteau. » Marmonnai-je.

« Ce n'est qu'un gâteau, Bella. » Dit-il avant de me soulever pour me poser sur le plan de travail. « Ce qui compte, c'est toi. » Ajouta-t-il en posant son front contre le mien. « Je sais que tu voulais le faire un peu plus tard, mais je ne supporte pas de te voir comme ça. »

Il plongea la main dans la poche de son jeans pour en sortir le secret que nous gardions précieusement depuis deux semaines.

« Je t'aime, chaton. » Déclara-t-il avant d'attraper ma main.

« Plus que tout ? »

« Plus que tout. » Accorda-t-il avant de me passer au doigt ma bague de fiançailles.

Je posai ma main sur sa joue avant de l'embrasser tendrement. Emmett m'avait fait sa demande deux semaines auparavant pendant la petite escapade que nous avions fait. Il m'avait emmené dans un charmant cottage au pied d'un lac au milieu des montagnes du Colorado. Nous avions passé cinq jours tous les deux en totale autarcie. Juste à profiter de la présence l'un de l'autre. Il avait fini par me dire la destination le matin du départ pour que je puisse faire ma valise en conséquence. Et au milieu du séjour, il avait fini par me faire sa demande en mariage un soir alors que le soleil se coucher. C'était un moment parfait et doux comme ma relation avec lui. Ça coïncidait aussi avec la date de notre premier rendez-vous en tant que couple et non plus ami.

J'avais rencontré Emmett lors de sa dernière année à la fac, à l'époque il jouait dans l'équipe de la fac. Je savais qui il était puisqu'il était un excellent joueur et que j'appréciai vraiment d'aller voir jouer l'équipe avec mon père. La rencontre avait eu lieu après un match, Seth était avec nous et il avait insisté pour pouvoir le voir en vrai. Je l'avais donc suivi car je ne pouvais pas laissée mon demi-frère de dix ans seul retrouver son idole. Emmett avait été adorable avec lui. J'avais eu un léger coup de foudre pour lui, comme toutes les filles de la fac. Je l'avais revu plusieurs fois, vraiment par hasard sur le campus et nous étions finalement devenu amis.

Par la suite, il avait été sélectionné par la NLF et avait été recruté par l'équipe de Seattle. Nous avions donc gardé contact et j'avais assisté à plusieurs matchs. Petit à petit, Emmett était devenu mon meilleur ami. Jusqu'au jour où nous nous étions retrouvés par hasard lors de la fête d'anniversaire de Felix, alors déjà à Philadelphie. Emmett avait eu une proposition par l'équipe des Eagles pour les rejoindre et il était allé faire des essais. Je savais qu'il n'était pas à Seattle à ce moment-là, mais jamais je n'aurai pu imaginer le retrouver dans le salon de mon frère.

Nous avions passé la soirée ensemble, ainsi que la nuit, à parler de tout et de rien. C'était la première fois depuis plusieurs mois que nous passions enfin plusieurs heures ensemble et non pas quelques minutes volées dans un café. Il avait finit par m'inviter au restaurant, j'avais pensé naïvement qu'il voulait y aller entre amis, mais il m'avait embrassée à la fin du rendez-vous quand il m'avait raccompagnée jusqu'à l'immeuble de mon frère. Ce soir-là, je découvris que le béguin que j'avais eu pour lui était toujours présent, mais surtout qu'il était réciproque.

Il avait finit par signé avec les Eagles, alors que moi je devais rester à Seattle. Et puis finalement la distance avait eu raison de moi. J'avais donc démissionné de la maison d'édition dans laquelle je travaillai pour le rejoindre à Philadelphie. C'était une décision risquée puisque nous n'étions pas ensemble depuis longtemps, mais je savais que c'était la bonne. Felix m'avait hébergée le temps de me trouver un poste à Philadelphie, ce qui n'avait pas pris beaucoup de temps. Le plus long avait été de trouver un logement, j'avais fini par emménager directement avec Emmett après des jours de supplications de sa part.

Et maintenant, quatre ans après ce premier rendez-vous, nous venions de gravir une marche supplémentaire dans notre histoire. J'allais devenir prochainement Madame Emmett Cullen. J'avais tellement hâte de le devenir et de l'annoncer à mes proches. La seule ombre au tableau restait l'attitude de Rosalie.

« Emmett, Bella ? » Interpella Heidi.

Emmett se détacha de moi, non sans avoir posé un dernier baiser sur le bout de mon nez. Il m'aida à descendre du plan de travail en s'assurant que je sois bien stable sur mes jambes, avant de finalement attraper ma main d'autorité et de m'attirer vers l'extérieur. J'avais juste eu le temps d'attraper les bougies que j'avais réussi à finalement trouver. Les membres de notre famille avaient continué de discuter entre eux et le gâteau avait été placé juste devant la place d'Emmett. Je le poussai vers son siège avant de disposer les bougies sur le gâteau et de les allumer avec les allumettes qui avait déjà été déposées sur la table.

« N'oublie pas de faire un vœu, Emmett. » Dit Esmée un peu émue.

Emmett tourna la tête vers moi avant de me faire un clin d'œil puis il finit par souffler ses bougies sous les applaudissements de notre famille.

« Je n'arrive pas à croire que mon grand bébé ait déjà trente ans. » Ajouta-t-elle.

Je posai ma main sur son épaule avant de la presser doucement.

« Oh mon dieu, j'y crois pas ! » S'écria Alice, soudainement, en me regardant. « C'est ce que je crois que c'est ? » Dit-elle en jetant un coup d'oeil à ma bague.

J'acquiesçai vivement avec un grand sourire alors qu'elle poussait un cri strident et se levait d'un bond. Elle fit le tour de la table avant de m'enlacer tellement fort que j'en avais la respiration coupée. Je me demandai comment elle pouvait avoir autant de force.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Esmée confuse.

Alice attrapa ma main avant de lui montrer. Les yeux d'Esmée s'agrandir d'un coup sous le choc. La seconde suivante elle était aussi debout en train de m'enlacer tout en sanglotant, ce qui rendit la table confuse et Emmett hilare.

« Peux plus respirer. » Dis-je difficilement sous l'étreinte d'ours dans laquelle j'étais coincée.

« Écartez-vous, vous allez me la casser ! » S'exclama Emmett en nous rejoignant.

Sans trop comprendre comment, je me retrouvai coincée entre Emmett, sa mère et sa sœur. Elles ne cessaient du pailler entre deux sanglots de joies, car ça ne pouvait être que ça.

« Esmée chérie, qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Carlisle.

« Ils vont se marier ! » S'écria-t-elle excitée en brandissant ma main comme un trophée.

« C'est pas vrai ?! » S'exclama Heidi.

J'acquiesçai avec un grand sourire alors qu'Emmett passait ses bras autour de moi. Je levai la tête pour le regarder au-dessus de mon épaule, il m'offrait une nouvelle fois un de ses grands sourires que j'adorai avant de me déposer un doux baiser sur les lèvres. Esmée ne cessait d'agiter ma main dans tous les sens pour montrer à tous la bague qui trônait fièrement à mon doigt. Le tout sous les félicitations de nos proches et petits cris de joies de certains.

« Je veux tout savoir ! » S'exclama Sue une fois l'excitation retombait.

Nous avions réussi à reprendre nos places. Alice et Esmée bondissaient encore sur leurs chaises d'excitation.

« Où est Rosalie ? » Demandai-je en voyant sa chaise libre.

« Téléphone avec son agent. » Répondit ma mère. « Mais racontes nous. »

Pendant qu'Emmett s'appliquait à couper les parts de son gâteau, je racontai comment il m'avait fait sa proposition.

« Vous savez quand vous allez le faire ? » Demanda Leah.

« Non pas encore. Mais ça sera après la prochaine saison. »

« Je me suis toujours dit que l'hiver pouvait faire une saison très romantique pour ce genre d'événement. » Déclara Esmée rêveuse.

« Je ne suis pas sûre d'avoir envie de faire ça en été, il fait beaucoup trop chaud ici pour le faire. » Expliquai-je en prenant un morceau de gâteau. « Mais je ne suis pas la seule à prendre la décision. » Ajoutai-je en lançant un clin d'œil à Emmett. « Tu vas adorer devoir choisir les couleurs. » Ricanai-je en me moquant de lui.

« J'ai déjà eu du mal à choisir la couleur de la cuisine. » Pesta-t-il. « En même temps qui peut imaginer qu'il y a autant de teintes de blancs. » Ajouta-t-il faisant rire tout le monde.

J'avais fini par abandonner l'idée de le faire participer à la déco puisqu'il était incapable de voir la différence entre certaines couleurs. Il avait juste approuvé les choix et m'avait ensuite félicitée. La seule chose que je n'avais pas pu choisir était la salle de bain et le dressing. Il avait donc géré cette partie-là d'une main de maître.

« Que se passe-t-il ? » Demanda Rosalie en s'installant à nouveau à sa place.

« Bella et Emmett vont enfin se marier ! » Piailla Leah excitée par la nouvelle.

Rosalie recracha la gorgée de vin qu'elle venait juste de prendre avant de tousser.

« Quoi ? » Croassa-t-elle. « Mais avec qui ? »

« Eh bien entre eux. » Répondit ma mère décontenancée.

« Ah non, non, non, non. Ce n'est pas possible ça. » Dit Rosalie. « Emmett ne va pas se marier avec Bella puisqu'il n'est pas à elle, mais à moi ! »

« Rose ? »

« J'espère que c'est une mauvaise blague, Bella ? » Ajouta-t-elle ignorant totalement notre mère. « Parce que si ce n'est pas une blague, je n'arrive pas à croire que tu oses me faire une chose pareille ! » S'exclama-t-elle avec violence.

« Ça suffit, Rosalie ! » Claqua Felix.

« Tu ne vas pas t'y remettre toi aussi ! » S'écria-t-elle méchamment en se levant d'un bon. « Alors est-ce que c'est une blague, Bella ? »

« Non, Bella a bien accepté de m'épouser, Rosalie. » Répondit calmement Emmett.

« Je n'arrive pas à croire que tu choisisses quelqu'un comme elle plutôt que moi ! Sérieux ? Il se passe quoi dans ta tête pour envisager de faire une telle connerie. » Débita-t-elle. « Tu te rends compte des critiques que tu vas essuyer ? Des contrats que tu vas perdre parce-que tu oses t'afficher avec elle plutôt que moi ? Elle n'est clairement pas à ta hauteur et va ternir ton image de marque. Sérieux tu pourrais avoir un canon et tu choisis ça ! »

« Rosalie ! » S'exclama Jackson choqué. « Tu te rends compte de tes propos ? »

« Je ne dis que la vérité, papa ! »

Notre famille était totalement choquée par la violence des propos de Rosalie. Même ma mère. Felix se leva d'un coup et attrapa Rosalie avant de la percher à nouveau sur son épaule. Il se dirigea à grandes enjambées vers la piscine avant de la jeter dans l'eau. Elle poussa un cri suraigu quand elle rencontra le liquide.

« J'espère que ça pourra te rafraîchir les idées. » Dit-il avant de nous rejoindre.

Il se réinstalla à sa place et reprit la dégustation de son gâteau comme si de rien n'était. Ce qui déclencha mon fou rire. La scène était surréaliste. Je croisai le regard de mon grand-frère qui me fit un clin d'œil complice alors qu'il ignorait totalement les réprimandes de notre mère.

« Ça, c'est mon fils ! » Dit mon père fièrement en portant un toast à son attention.

« Charlie ! » S'exclama ma mère.

« Il a raison, Renée. Ta fille est une peste avec notre Bella. Et c'est encore pire depuis qu'elle a décidé qu'Emmett allait être son nouveau jouet. Mais ça tu t'en moques ! »

« Non ! » S'écria-t-elle. « Comment pouvais-je savoir ça ? »

« Eh bien en m'écoutant quand tu me téléphones, peut-être. »

« Tu ne m'as jamais rien dit, Bella ! »

« Elle vous a demandé d'intervenir, Renée. » Dit Emmett. « Mais vous n'avez jamais rien fait. J'étais là le jour de la conversation. » Précisa-t-il avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche pour protester. « Elle pensait même que vous étiez de son côté. »

« Bien sûr que non, ma chérie. Je suis très heureuse que tu ais trouvé un homme tel qu'Emmett dans ta vie. » Dit ma mère avant de venir vers moi et de m'enlacer le cou. « Si j'avais su ce qui se passait avec Rosalie, j'aurai fait quelque chose. »

Je haussai les épaules sans vraiment répondre. La main d'Emmett se posa sur mon genou pour me soutenir.

« Je suis vraiment désolée. Je vais arranger les choses. » Ajouta-t-elle avant de s'éloigner et de rejoindre la piscine.

Elle traversa la pelouse à grand vitesse pour rejoindre Rosalie qui ne cessait de chouiner du traitement qu'elle venait de subir, alors que ma mère commençait à lui passer un savon peut-être le premier de toute sa vie. J'espérai enfin que là, Rosalie aurait compris que Emmett et moi étions ensemble et que c'était parti pour durer toute la vie.

« Je pensais vraiment que j'allais être celle qui allait terminer dans la piscine ce soir. » Murmurai-je.

« Je peux toujours arranger ça ! » Me dit Emmett.

Je tournai mon visage vers lui. Il affichait son air malicieux qui sentait la bêtise un plein nez. En un mouvement il se sortit de table et me releva.

« Seulement si tu viens avec moi. »

« C'est parti ! » Accorda-t-il avant de me porter vers la piscine.

Je réussi à m'accrocher à lui alors qu'il nous plongeait tous les deux dans l'eau bleu. Ses yeux n'avaient pas quitté une seule fois les miens alors que nous étions sous l'eau. Il me remonta à la surface rapidement et j'enlaçai son corps de mes jambes et son cou de mes bras. Ses mains s'étaient posées sur mes fesses qu'il caressait doucement.

« Tu es complètement fou, Emmett Cullen. »

« C'est pour ça que tu m'aimes. » Gloussa-t-il.

« Plus que tout. » Répondis-je.

« Plus que tout. » Dit-il avant de m'embrasser.