Actions

Work Header

L'union des âmes

Chapter Text

Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !

Lundi 24 mars 2008 !

Forks !

Trois semaines que Bella était arrivé à Forks pour y vivre avec son père. La grisaille et la pluie n’était pas du tout ce qu’elle aimait le plus, elle qui était habitué au soleil et à la chaleur de Phoenix. La ville était plus petite aussi, et elle avait eu peur de ne pas réussir à se faire une place dans son nouveau lycée. C’est vrai qu’arriver alors que l’année scolaire était presque terminée n’aidait pas. Ça n’avait pas loupé. Les garçons avaient essayé de la draguer, et sa timidité naturelle avait pris le dessus. Les garçons de cette école ne lui plaisaient pas du tout. Heureusement pour elle, parmi les filles de sa classe, il y en avait une avec qui elle s’entendait très bien. Angela Weber était peut-être même la fille la plus gentille de tout le bahut. Bon, elle avait essayé de la prendre en photo pour le journal de l’école au début, mais les choses s’étaient arrangés, et aujourd’hui, trois semaines après son arrivée, elles s’entendaient à merveille. Elles étaient même devenues encore plus proches qu’Angela ne l’avait jamais été des autres filles, qu’elle connaissait pourtant depuis toujours. Leur amitié a été des plus naturelles.

Et elles se trouvaient là, un samedi après-midi, à sillonner les rayons du supermarché. Après avoir pris ses marques dans sa nouvelle maison, Bella avait décidé de prendre la cuisine en main. Son père ne se nourrissant pratiquement que de pizzas et de restaurant, elle avait décrété qu’elle irait faire les courses chaque samedi, et qu’elle cuisinerait tous les soirs afin que son père mange plus sainement. On pouvait se faire de bons petits plats tout en mangeant sainement. Alors qu’Angela poussait le charriot, Bella émit un puissant bâillement, qu’elle tenta de masquer dans sa main. Peine perdue !

  • « Ouh la, t’as pas assez dormi, ou quoi ? » lui demanda Angela.
  • « Je dors mal depuis quelques jours. » répondit simplement Bella en haussant les épaules. « Merci de m’avoir accompagné. »

Elle mit deux sachets de sucres dans le caddie, qu’elle barra ensuite de sa liste.

  • « Oh, t’avais besoin d’une voiture avec un coffre, et j’avais besoin d’un prétexte pour ne pas aller chez Jessica. » dit Angela. « Elle s’est mise en tête de me caser avec Eric. »
  • « Et, où serait le problème ? » demanda Bella. « Tu l’aimes bien, non ? »
  • « Oui, c’est mon ami, et je préfère que ça reste comme ça. » répondit Angela. « Je n’aimerais pas que les choses changent si on sort ensemble et que ça vienne à foirer. Ça deviendrait bizarre entre nous. »
  • « Oui, je comprends ton point de vue ! » acquiesça Bella en soupirant. « Quant à moi, je crois qu’elle veut m’arranger le coup avec Tyler. »
  • « Cette fille ne sait que jouer les entremetteuses. C’est l’influence de Lauren. » dit Angela. « Elle fait ça uniquement pour te garder loin de Mike. »
  • « Elle n’a aucun souci à se faire à ce sujet. Il n’est pas du tout mon genre. » dit Bella. « D’ailleurs aucun autre garçon de l’école n’est mon genre. »
  • « Pas même Edward Cullen ? »

Bella fusilla son amie du regard à l’évocation de ce nom. Edward Cullen semblait fasciné par elle, même s’il ne lui adressait jamais la parole en dehors du cours de Sciences, puisqu’il était son partenaire de labo. Elle ignorait qu’elle était son problème, et elle n’avait pas l’intention de chercher à comprendre.

  • « Oh allez, reconnais qu’il est plus beau que la plupart des garçons de l’école ! » dit Angela. « Toutes les filles de l’école le trouvent canon. Elles sont toutes littéralement jalouse que tu aies attiré son attention. »
  • « Ok, il est mignon, mais il est trop bizarre. » dit Bella en remplissant le caddie au fur et à mesure qu’elle tombait sur un article de sa liste. « La façon dont il me regarde me met mal à l’aise. On dirait qu’il se retient de se jeter sur moi pour me bouffer. Non, ce n’est pas un mec pour moi. »
  • « C’est vrai qu’il te regarde comme si t’étais un morceau de steak bien juteux. » lui accorda Angela.
  • « Ouais ! » souffla Bella, qui regarda sa liste. « Bon, il me manque la farine, et ensuite je dois acheter des légumes. Mon père mange trop de cochonneries. »
  • « Je ne savais pas que tu savais cuisiner. » dit Angela.
  • « Ma mère n’étant pas très douée dans ce domaine, il a bien fallu que je nous nourrisse d’autre chose que de plats à emporter. » dit Bella.

Bella regarda sa liste, puis, chercha la farine sur les étagères. Elle la repéra mais sur l’étagère la plus haute.

  • « Bien évidemment, je ne peux pas l’attraper. »
  • « Tu veux que je te fasse la courte échelle ? » la taquina Angela.

Bella l’ignora et, s’approchant du côté du rayon où se trouvait la farine, elle se hissa sur la pointe des pieds afin d’essayer d’attraper le paquet, mais en vain. Elle maudissait sa petite taille, quand quelqu’un lui dit :

  • « Attendez, je vais vous aider ! »

Une main d’homme s’empara d’un sac de farine pour elle.

  • « Merci ! » souffla-t-elle en se tournant vers lui.

Oh ! Il était… il était… Ouh la, il était sexy. Elle ne pouvait pas détourner le regard, et pourtant, elle essayait parce que la façon dont il la regardait la déroutait. Elle sentit une profonde chaleur s’insinuer dans tout son corps. Son cœur se mit à battre différemment, elle pourrait le jurer. Ce beau gosse, quel que soit son nom, ne la quittait pas des yeux non plus. Elle le vit même esquisser un sourire.

Angela vit la scène avec amusement. Sa nouvelle amie était littéralement tombée sous le charme de cet étranger. Il était canon, et apparemment, il semblait aussi subjugué que Bella ne l’était. Bien que les voir se regarder – ou plutôt se dévorer du regard au beau milieu du supermarché, l’amusait, Angela décida d’y mettre un terme et secoua légèrement Bella par l’épaule pour la faire sortir de sa transe.

  • « Hein ? Quoi ? » fit Bella en sursautant, comme si on venait de la réveiller d’un sommeil profond.
  • « Contente de te retrouver ! » s’amusa Angela. « T’étais partie où ? Au pays des Bisounours et des licornes ? »
  • « Tu sais que tu n’es pas drôle ? » grommela Bella.

Un raclement de gorge les fit regarder de nouveau l’inconnu, qui leur montra le sac de farine qu’il tenait dans la main.

  • « Il vous faut autre chose que vous ne pouvez pas atteindre ? » demanda-t-il en, posant le sac de farine dans le caddie, et en fixant Bella.

Cette dernière rougie tout en balbutiant un semblant de réponse.

  • « Je… euh, je… je voudrais bien… un autre… euh… »
  • « Un autre paquet, s’il te plaît ! » lui demanda Angela. « Ça ne te dérange pas que je te tutoie ? »
  • « Non, pas du tout ! » la rassura-t-il en souriant. « Et voilà ! »

Il posa un second paquet de farine dans le caddie, sans quitter Bella des yeux.

  • « Je m’appelle Paul Lahote. » se présenta-t-il.
  • « Euh, Bella… Swan ! »
  • « Tu viens de la réserve Quileute ? » lui demanda Angela, après s’être présenté.
  • « Oui ! » répondit Paul, avant de s’adresser à Bella. « Tu es la fille de Charlie ? »
  • « O… oui ! » répondit-elle. « Comment… »
  • « Tout le monde le connait à la réserve. » lui dit-il. « Eh bien, ravi d’avoir fait ta connaissance, Bella. J’aurais adoré continuer de discuter, mais j’ai des courses à finir moi aussi. »

Il lui montra le panier qu’il avait posé à ses pieds, et qu’il ramassa. Il s’éloigna une bonne minute après avoir fixé Bella. Cette dernière laissa échapper un profond soupir.

  • « Ok ! » dit Angela. « Je reconnais que c’est le mec le plus sexy de la ville, et très certainement de la réserve, mais explique-moi pourquoi t’es restée figé ? On aurait dit une collégienne devant le garçon pour qui elle craque en secret. »
  • « Je… je ne sais pas. » dit Bella. « C’est comme si j’étais attirée vers lui comme un aimant sans pouvoir opposer la moindre résistance. »
  • « En même temps, vu le morceau… » dit Angela sans terminer sa phrase.

Bella ne la contredit pas.

  • « Finissons mes courses que je puisse rentrer. »

Elle était totalement perdue. Tout en continuant de remplir le caddie d’articles notés sur sa liste, Bella ne cessait de penser à ce garçon. Paul ! Il était beau à tomber, et c’était la première fois qu’elle le voyait, et en même temps, une part d’elle-même avait l’impression de le connaitre. Le manque de sommeil la faisait divaguer, elle en était sûre. Les deux jeunes filles passèrent en caisse. Deux gros sacs en papier dans chaque bras, elles regagnèrent la voiture d’Angela.

  • « J’aurais dû sortir mes clés plus tôt. » soupira Angela.
  • « Un coup de main ? »

Cette voix envoya une longue nuée de frisson le long du dos de Bella. Paul se trouvait là, devant la portière côté conducteur d’une voiture à leur droite.

  • « Je veux bien, merci ! » lui dit Angela, alors que son amie avait la gorge sèche.

Il était sublime, et il la regardait encore avec insistance, et ce tout en prenant les sacs des bras d’Angela, qui déverrouilla sa voiture aussitôt qu’elle eut les mains libres. Une fois le coffre refermé, Angela prit Bella par les épaules afin de la sortir de sa torpeur, ce qui marcha car elle esquissa un sourire.

  • « Encore merci ! » lui dit Angela.
  • « Ma mère m’a toujours dit d’être galant envers les filles ! » leur dit-il.

Bella ne comprenait toujours pas pourquoi ce beau gosse la regardait comme ça. C’est à peine s’il regardait Angela. Elle se trouvait insignifiante, plus que passable niveau beauté, et pourtant… Lui ne semblait pas voir les imperfections qui faisaient qu’elle s’habillait de jean, de pulls larges et de baskets. Rien en elle ne suintait la moindre féminité. Même pas ses sous-vêtements.

  • « Vous devriez vite rentrer, il ne va pas tarder à pleuvoir. » leur dit-il.
  • « Comme toujours dans notre charmante petite bourgade. » dit Angela. « Bella ne s’est pas encore acclimaté à la pluie. »

Ne voulant pas se montrer puérile devant lui, elle se contenta d’hausser les épaules sans rien dire de plus. Paul fini par leur tourner le dos pour monter dans sa voiture, et en moins de trente secondes il était déjà sorti de sa place de parking. Bella ne pouvait s’en empêcher, alors elle le regarda à travers le pare-brise, et ce fut un regard mutuel, parce que Paul aussi avait les yeux braqués sur elle. Il se passa une minute, peut-être deux, avant que le jeune homme ne quitte le parking du supermarché.

  • « Je te ramène ? » demanda Angela, qui n’avait pas lâché Bella de son bras.
  • « Oui, s’il te plaît ! »

Des questions fusèrent dans l’esprit de Bella, et toutes ne concernaient qu’un seul individu. Sa mère lui dirait sans doute qu’elle a eu le coup de foudre pour cet inconnu, mais il y avait plus que ça derrière toute cette attirance nouvelle. Quoi ? Elle l’ignorait.

La Push !

Les choses n’arrivent jamais par hasard… C’était ce que ses parents lui répétaient toujours. Depuis tout petit, il savait qu’il était destiné à devenir un loup. Quand il avait dix ans, les Anciens avaient consulté la voyante qui vivait parmi les Cullen. Alice. Paul ne l’avait pas souvent rencontré, mais il avait vite compris que derrière sa petite taille et son constant sourire collé au visage, se cachait une redoutable prédatrice qu’il ne fallait pas trop asticoter. Les visions d’Alice avaient permis aux Anciens de la réserve de connaître les noms des futurs gardiens de La Push. Très jeune, on lui avait inculqué l’importance du respect de la vie d’autrui. Il avait appris ce qu’était l’imprégnation, et ses parents lui avaient bien expliqué qu’une personne très particulière l’attendait. Il avait écouté les légendes avec une grande attention, et avec Jared, son meilleur ami, qui s’était transformé deux semaines après lui, ils s’étaient tous les deux mis d’accord de ne jamais céder à la tentation et à leurs hormones d’ados quand le jour viendrait. Il n’y avait qu’une seule fille qui compterait dans leur vie, pour chacun d’entre eux. Et Paul venait de la rencontrer !

Ce n’était pas un hasard s’il s’était transformé un mois plus tôt. La disparition brutale de ses parents avait achevé sa métamorphose en un gigantesque loup au pelage gris. Ça coïncidait avec l’arrivée de Bella en ville, et ça non plus ce n’était pas un hasard. Elle était faite pour lui, il l’avait compris à l’instant même où il posât ses yeux sur elle. Depuis qu’il maîtrisait la colère qui bouillonnait en lui à cause du manque de ses parents, il se sentait chaque jour un peu plus attiré vers Forks. Là encore, ce n’était pas une coïncidence. La légende voulait que le loup et l’homme, une fois en parfaite symbiose, pouvait sentir la proximité de son âme-sœur. Sam, son Alpha, avait senti la présence de son imprégnée à l’instant même où Emily était venue rendre visite à son oncle et sa tante. Tout en conduisant, Paul maîtrisait de son mieux son loup. En fait, il le restreignait depuis qu’il avait plongé son regard dans celui de Bella. Ce regard chocolat allait le hanter, c’était certain. Une fois que l’imprégnation était faite, il y avait toute une flopée d’étape à passer. Un vrai rituel que Paul avait hâte d’expérimenter, et si tout se passait bien, ça commencerait cette nuit. Des gouttes d’eau frappant le pare-brise le firent sourire. Il avait annoncé à Bella et à son amie qu’il allait pleuvoir. Sa nature animale lui permettait de sentir lorsque la pluie, ou bien un orage, allait tomber. Quelques minutes plus tard, il arriva devant une petite maison en bordure de forêt. Il entra après avoir récupéré le sac de courses qu’il avait fait pour Emily.

  • « Tu as tout trouvé ? » lui demanda une jeune femme à la peau mate.

Le côté droit de son visage était barré de cicatrices causées par son loup, qui avait malencontreusement perdu le contrôle quelques temps après leur rencontre. Et Sam s’en voudrait toute sa vie. Paul ressentirait la même chose s’il était à sa place.

  • « Sans problème ! » lui répondit-il. « Sam n’est pas là ? »
  • « Jared et lui ne devraient pas tarder. » dit Emily en allant dans la cuisine. « Sam pense que Jared est prêt à retourner au lycée. »
  • « Il serait temps. » soupira Paul en s’asseyant sur une chaise. « Vu comme il tourne en rond de ne pas pouvoir contempler sa chère Kimberley. »
  • « Je sais que tu t’inquiètes pour lui si jamais il ne s’imprègne pas d’elle. » dit Emily.
  • « Ce n’est pas ça qui m’inquiète le plus. » admit Paul. « Je connais Jared depuis qu’on est gosse, et mes parents m’ont toujours dit que rien n’arrive jamais par hasard. Il ne s’est jamais intéressé à qui que ce soit en dehors de Kim. On savait qu’on allait se transformer quand on serait au lycée, et j’ai dû retenir Jared pour qu’il n’accélère pas les choses avec elle, mais ce qui m’inquiète c’est que ça risque d’arriver. »
  • « Qu’il aille trop vite avec elle ? » demanda Emily.
  • « Il va vouloir forcer les choses. » répondit Paul. « Il va vouloir que je force les choses de mon côté. »

Fronçant les sourcils, Emily regarda Paul. Elle l’observa attentivement. Il était nerveux et inquiet pour son meilleur ami, mais il semblait aussi nerveux pour autre chose. Non, pas nerveux. Impatient. Exalté.

  • « Quoi ? » demanda-t-il.
  • « C’est qui ? » demanda-t-elle en retour.

Il n’eut pas le temps de lui poser une question en retour, que l’Alpha et le meilleur de Paul entrèrent dans la maison, vêtu d’un unique short.

  • « Je vais pouvoir retourner au lycée ! » annonça Jared, un énorme sourire aux lèvres.
  • « Heureuse pour toi. » dit Emily, sans quitter Paul des yeux. « Maintenant, laisse ton copain me dire le nom de son imprégnée. »
  • « Quoi ? Tu t’es imprégné ? » s’exclama Jared. « Quand ça ? »
  • « J’avais espéré que tu me laisses moi-même en faire l’annonce, Emily ! » dit Paul à la jeune femme.
  • « Je suis là alors, dis-nous qui est l’heureuse élue ! » dit Sam. 
  • « Plutôt malheureuse ! » pouffa Jared.

Il se plia en deux lorsqu’il se reçut un coup de poing dans le ventre de la part de Paul. Ce dernier l’ignora, et regarda son Alpha.

  • « Tu te souviens quand je t’ai dit que je ressentais comme un besoin étrange d’aller à Forks ? » demanda Paul.
  • « Oui, je me rappelle ! » acquiesça Sam.
  • « C’est pour ça que j’ai voulu aller faire les courses pour Emily. Je savais que mon imprégné était là-bas. » dit Paul. « J’espérais pouvoir suivre le lien qui m’attirait vers elle. »
  • « T’es sérieux, là ? » dit Jared. « Ton âme-sœur n’est pas une Quileute ? »
  • « Oh loin de là ! » sourit Paul, qui ne les fit pas attendre plus longtemps. « Et je n’ai pas eu à chercher loin, je l’ai rencontré au supermarché. Elle s’appelle Bella, et c’est la fille du shérif. »

Trois paires d’yeux écarquillés le fixèrent. Paul dû se faire violence pour ne pas éclater de rire devant leur tête. Il savait que cette petite nouvelle ferait l’effet d’une bombe, mais leur réaction était vraiment hilarante.

  • « C’est bon les gars, remettez-vous ! » dit-il en souriant. « Vous devriez voir vos têtes. »
  • « Attends ! » dit Sam en tirant une chaise pour s’asseoir. « Tu es vraiment sûr de t’être imprégné de Bella ? »
  • « Si je ne mettais pas toute mon énergie à museler mon loup, à l’heure qu’il est, je serai chez elle pour la marquer. » lui avoua Paul.

Sam ne chercha pas plus loin. Il se souvenait lui-même que les jours qui ont suivis son imprégnation sur Emily ont été particulièrement rudes. Son loup était tout le temps à cran.

  • « Wow ! » souffla Jared. « La fille du shérif. Je veux dire, il connait notre secret mais, est-ce qu’il acceptera que Bella soit la compagne de l’un de nous ? »
  • « J’irais lui parler. » dit Paul. « Je vais laisser le temps faire son œuvre. Le rituel est déjà en marche. »
  • « Si ça se passe de la même façon pour tous les loups, les premiers rêves devraient se manifester cette nuit. » dit Sam.
  • « Oui, et je suis prêt depuis que mes parents m’ont parlé de l’imprégnation. » dit Paul.

Du coin de l’œil, il vit Jared se mordre l’intérieur de la joue, signe chez lui d’impatience. Paul le connaissait par cœur, et il savait ce que cette impatience signifiait chez son ami, surtout avec l’annonce qu’il venait de faire, mais il préféra se taire. Pour l’instant. Il n’hésiterait pas à lui botter le cul à lui et à son loup si jamais il tentait quoi que ce soit pour faire accélérer la mise en place du lien entre Paul et Bella.

  • « Bon, je vais rentrer. » dit-il en se levant.
  • « Tu ne veux pas rester dîner avec nous ? » lui proposa Emily.
  • « Merci, mais j’ai besoin d’être seul. » répondit-il. « Et j’ai une interro de Maths demain. »
  • « Tu ne m’as jamais dit qu’il y avait une interro de maths demain. » répliqua Jared. « Je vais revenir au lycée. »
  • « Tu le saurais si tu ouvrais les cours que je t’apporte tous les jours. » rétorqua Paul.

Et pour appuyer les dires du jeune homme, Sam asséna une claque derrière la tête de Jared.

Forks !

Quand Bella cuisinait, son esprit se vidait de toutes pensées qui ne lui était pas utile à la confection d’un plat. Elle avait préparé un dîner équilibré, tout en gardant les goûts de son père en tête. Ainsi, le dîner se composait d’une salade verte assaisonné à l’huile d’olive, de riz cuit à la vapeur et d’une tranche de steak bien saignante pour son père, et entre les deux pour elle.

  • « Tu es une divine cuisinière, ma fille. » la complimenta Charlie, entre deux bouchées.
  • « Merci ! » sourit-elle. « Il a bien fallu que j’apprenne. Tu connais maman ! »

Charlie concéda ce point à sa fille d’un hochement de tête et d’un froncement de sourcils bien distincts.

  • « J’espère que je pourrais profiter de tes talents culinaires quelques temps. » dit-il.

Charlie pensait que sa fille repartirait une fois que son ex-femme et son mari Phil auraient trouvé une maison à Jacksonville, mais les mots que prononça Bella le surpris.

  • « Je n’ai pas l’intention de repartir. »

Elle-même, intérieurement, s’était surprise à répondre ainsi. En quittant sa mère à cause du départ de Phil pour un autre club de baseball, Bella n’aurait jamais cru rester très longtemps à Forks, mais l’idée de ne plus revoir Angela, sa seule véritable amie dans cette bourgade, la rendait triste. Elle pouvait très bien rester à Forks jusqu’à la fin du lycée. C’était pour une année et demi à rester dans une ville où il pleuvait la plupart du temps, mais ça en valait la peine. Surtout en pensant à Paul. Chaque fois qu’elle repensait au jeune homme, son cœur battait la chamade.

  • « Je suis ravi de l’apprendre. » lui dit Charlie. « Alors, tu te plais dans ton lycée ? »
  • « Ça peut aller. » dit Bella. « Si on met de côté que la moitié des garçons me draguent, et que Jessica veut me caser avec l’un d’eux pour m’éloigner de Mike, oui, ça se passe bien. »
  • « Mike Newton ? » souleva Charlie, une grimace sur le visage.
  • « Rassure-toi, il ne m’intéresse pas le moins du monde ! » s’amusa Bella. « Angela est la seule avec qui je m’entends. »

Charlie souffla de soulagement, ce qui fit rire Bella tout bas. Après un certain silence, elle se hasarda à lui demanda :

  • « Tu connais un certain Paul Lahote ? »

Rien que de prononcer son nom complet lui donna des palpitations dans tout le corps. Son sourire, ses yeux… tout en lui transpirait de séduction.

  • « Oui, je connaissais bien ses parents. » acquiesça Charlie. « Pourquoi ? »
  • « Je l’ai rencontré au supermarché tout à l’heure, et il m’a dit que tout le monde te connaissait à la réserve. » dit Bella, quand elle se souvint du début de la réponse de son père. « Tu connaissais ses parents ? »

Charlie, qui avait terminé son assiette, s’essuya la bouche avec une serviette et, le visage plus sérieux, regarda sa fille et lui dit :

  • « Ses parents sont décédés quelques temps avant que tu ne viennes vivre ici. »

Le cœur se Bella se brisa en deux. Paul avait perdu ses deux parents en même temps ? Elle passa le reste de la soirée à ruminer cette information. Elle n’avait pas cherché à en savoir plus auprès de son père, bien trop triste pour le garçon pour qui elle craquait pour chercher à apprendre quoi que ce soit de plus. Charlie non plus n’avait pas cherché à en savoir plus sur les raisons qui ont poussé sa fille à lui parler de Paul. Il en avait une petite idée, mais il préféra ne pas s’en mêler et devenir insistant. Il était allé se caler devant la télé pendant que Bella rangeait la cuisine, ayant voulu s’en occuper toute seule. Allongée dans son lit bien plus tard, elle se retourna plusieurs fois sans réussir à trouver le sommeil. Elle n’arrêtait pas de penser à Paul, et au fait qu’il était orphelin depuis peu. D’ailleurs, quel âge avait-il ? Vivait-il seul ou bien chez un parent ? Tant de question qui l’obsédait, et qui la fit basculer de plus en plus vers le sommeil.

C’était une sensation grisante. Les yeux fermés, elle avait chaud, mais c’était sans doute à cause de l’homme qui était allongé sur elle. D’ailleurs, elle n’était pas certaine d’être dans son lit. Elle ne ressentait aucune peur, juste un désir encore inconnu jusque-là. Des lèvres chaudes se posèrent sur les siennes alors que des mains puissantes mais douces et dépourvus de méchanceté maintenaient ses propres mains au-dessus de sa tête. Elle entrouvrit les lèvres lorsqu’il lui mordilla la lèvre inférieure, et il en profita pour glisser sa langue à l’intérieur de sa bouche. Elle poussa un gémissement qui mourut dans sa bouche à lui. Comme s’il en aspirait chaque goutte. Il continua de l’embrasser, puis, il ne maintenait plus que ses poignets que d’une seule main. L’autre, il la fit glisser lentement le long de son bras jusqu’à la naissance de ses seins. Elle portait une nuisette en soie. Elle avait les yeux fermés mais elle savait qu’elle portait une tenue légère et d’une matière qu’elle n’avait jamais porté auparavant. Libérant sa bouche alors qu’elle était à bout de souffle, il l’embrassa dans le cou sans cesser d’explorer son corps de sa main. Il effleura un de ses seins à travers le tissu, et se dirigea de plus en plus vers le bas. Elle aimait ce qu’il lui infligeait, et elle voulait lui rendre la pareille mais la poigne qui gardait ses mains en otages l’en empêchait. Soudain, son souffle se bloqua dans sa gorge lorsqu’elle sentit sa main se faufiler entre ses cuisses ouvertes. Il se rapprochait de plus en plus de son intimité. Personne ne s’était jamais aventuré là, mais elle n’avait pas envie de l’arrêter. Sa main caressait sa cuisse tout en remontant vers son sexe, quand elle sentit ses doigts l’effleurer…

Bella ouvrit les yeux, et s’asseya. Le souffle court, un filet de sueur recouvrait sa peau.