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Emotional Context (tr)

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Les semaines passèrent et Mycroft comme Molly souffrirent de différentes façons. Mycroft découvrit qu’il désespérait de revenir vers elle et rêvait d’elle pendant les rares nuits où il pouvait dormir. Il devait maîtriser chaque once de son self control pour ne pas quitter Sherrinford et retourner vers elle. Il savait qu’une fois qu’il réapparaitrait les choses ne seraient plus jamais les mêmes. Il avait l’impression de l’avoir déjà perdue, qu’il n’y aurait aucun pardon pour lui. Il savait que son amour se transformerait en haine quand elle découvrirait ce que lui et Sherlock avaient fait. Il n’avait aucun doute, il l’aimerait pour toujours et vénérerait le sol sur lequel elle marcherait pour le reste de sa vie. Pour quelqu’un comme Mycroft ce fut une découverte surprenante qu’il puisse ressentir cela pour une autre personne vivante.

Quant à Molly, elle était heureuse et triste en même temps. La moitié de son cœur se languissait de Mycroft et de son amour. Elle n’avait aucun doute qu’il l’avait aimé. Les garçons Holmes avaient verbalement déclaré leur manque de cœur et d’émotions attachés au dit organe, mais elle savait la vérité. Elle savait que Sherlock aimait ses amis, sinon pourquoi aurait-il fait un saut de l’ange du toit de Bart’s. Elle savait aussi qu’elle avait découvert le cœur de Mycroft et qu’il lui appartenait à elle et à elle seule. L’autre moitié du cœur blessé de Molly était remplie de joie. Il y avait une vie qui grandissait en elle. C’était l’enfant du bref amour qu’ils avaient partagé.

Sherlock et John avaient insisté pour qu’elle reste à Baker Street jusqu’à nouvel ordre. D’abord elle avait objecté, mais Sherlock ne voulait rien entendre. Il était inflexible elle resterait à Baker Street indéfiniment.

- Molly, la personne responsable de ce qui est arrivé à Mycroft est toujours dehors. Tu crois vraiment qu’une fois que tout le monde saura pour votre enfant, la personne derrière l’attaque ne viendra pas mettre un terme à la vie de l’enfant de Mycroft ? Non, tu resteras ici. Pas besoin de discuter, c’est décidé.

- Sherlock a raison Molly.

Elle son regard alterna de Sherlock à John.

- Tu es plus en sécurité ici et nous pouvons aussi aider quand ce sera le moment pour la naissance de l’enfant.

- Bien ! Siffla Molly et retourna dans sa chambre d’adoption, celle de Sherlock, et claqua la porte.

Elle s’assit sur le bord du lit et les larmes coulèrent.

- Mycroft… Mycroft, tu as dit que tu reviendrais toujours vers moi. Je, nous avons besoin toi ici. Pourquoi ?

Elle tomba sur son oreiller pour étouffer les sanglots de son chagrin.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Trois semaines de plus passèrent, Sherlock tout comme Mycroft travaillaient secrètement pour trouver le poseur de bombe manquant. Addison Greenberg n’avait été d’aucune aide pour trouver son complice volontaire. Chaque semaine Sherlock volait jusqu’à Sherrinford en prétextant rendre visite à sa sœur, mais à la place il complotait avec Mycroft. Ils passèrent en revue les images de tous les attentats et lurent des centaines de pages de documents. Les deux firent un brainstorming et essayèrent de trouver à qui Greenberg était liée. Lors d’une de ces visites, Mycroft lisaient de nouvelles notes tandis que Sherlock se promenait dans son Palais Mental. Mycroft fut légèrement surpris lorsque Sherlock se leva brusquement et regarda par la fenêtre la mer en dessous.

- Mycroft qu’est-ce qui a fait que tu as découvert ton cœur ?

- Sherlock, je n’ai pas la patiente…

Il s’arrêta quand il vit l’expression sur le visage de son frère. Quelque chose s’était enclenchée et il savait que Sherlock était sur quelque chose.

- Qu’est-ce qui ferait que l’homme de glace dégèle et poursuive une femme ? Hmm ? Qu’est-ce qui te ferait soudainement prendre conscience que tu as un cœur ? Demanda Sherlock en le regardant avec attention.

- Molly, elle a tout rendu possible, dit Mycroft en détournant le regard de celui de son frère.

- Oui, l’amour d’une femme a décongelé ton cœur. Cet amour t’a forcé à faire des choses que tu n’aurais jamais pensé être capable de faire. Pourquoi ?

- Parce que j’aime Molly et que je ferais n’importe quoi pour elle ! Dit Mycroft en se levant et en rencontrant à nouveau le regard de son frère.

- Si un tel amour dégèle ton vieux cœur froid que peut faire la promesse d’un amour entre un homme et une femme ? Un homme pourrait-il tuer pour une femme qui lui a promis son amour ?

Sherlock commença à faire des aller-retours.

- Nous avons vérifié ses finances et elle n’a fait aucun gros dépôt ou retrait dans les dernières quatre années depuis qu’elle est arrivée en Amérique, dit Mycroft en observant Sherlock faire les cent pas.

- Exactement, donc si l’argent n’a pas poussé le complice à faire exploser ta voiture alors quoi d’autre ? Le sexe ou la promesse de son amour.

- Ou les deux ! Tu dois contacter Anthea, dit Mycroft avec urgence.

Sherlock sortit son téléphone de sa poche et composa le numéro d’Anthea. Il fallut deux sonneries et elle répondit.

- Anthea j’ai besoin de votre aide. Pouvez-vous s’il vous plait regarder les informations sur l’unité militaire de Greenberg. Pouvez-vous voir s’il manque quelqu’un d’autre dans cette unité ou cette base depuis environ la même période qu’Addison Greenberg. Anthea, c’est urgent, s’il vous plait laissez tout tomber et envoyer le moi.

Sherlock écouta quand elle accepta et raccrocha.

Presque une heure plus tard son téléphone sonna avec un message d’Anthea. Il attrapa son ordinateur et ouvrit le dossier joint qu’elle avait envoyé. Mycroft se pencha sur son épaule et lu. Il y avait cinq noms sur la liste.

- Nous devons voir les fichiers de tous ces cinq noms, dit Sherlock.

- Non, seulement quatre ! Regarde les yeux du numéro trois, indiqua Mycroft.

- Ah, oui, toxicomane, définitivement pas prêt à venir ici et comploter avec Greenberg.

Sherlock ouvrit les quatre autres dossiers et ils commencèrent à lire. Un par un ils les éliminèrent jusqu’à ce qu’il ne reste que le dernier.

- Premier Sergent Timothy Falston, il a un bon dossier et est là depuis près de 16 ans. Mais, il a disparu une semaine après Greenberg. Ils étaient dans la même unité et il apparait qu’il était son entraineur, observa Mycroft.

- Je crois que c’est notre homme, dit Sherlock en faisant défiler les pages.

- Sherlock stop ! Sherlock se figea. Reviens deux pages en arrière.

Sherlock fit ce que Mycroft demandait et vit les photos des tatouages qu’avait le Premier Sergent.

- Zoom sur celui sur le poignet, dit Mycroft en se penchant plus près.

- C’est lui.

- Tu es sûr Myc ?

- Utilise mon nom complet ! Oui, j’en suis sûr. Je me souviens maintenant. Je me souviens quand j’ai vu le poseur de bombe attaché la bombe à la fenêtre j’ai vu ce symbole. Je l’avais oublié jusqu’à ce que je le revoie juste maintenant. Seigneur pourquoi je ne m’en suis pas rappelé plus tôt.

Mycroft se mit en colère.

- Mycroft sois un peu plus indulgent avec toi-même. Tu es resté dans le coma pendant deux semaines. C’est un miracle que l’explosion ne t’ait pas tué. C’est un miracle que tu te souviennes de tout cela maintenant.

- Nous devons trouver ce Falston. Nous devons découvrir s’il est aussi dans le pays.

Sherlock était prêt à renvoyer un mail à Anthea et à requérir le fichier des passeports et les comptes à son nom.

- Il est plus que probable qu’il soit encore là à comploter pour faire sortir Greenberg ou m’achever, dit Sherlock en souriant tandis qu’il regardait la réponse d’Anthea apparaitre.

- Ah, il semble qu’il n’est pas aussi minutieux qu’Addison, regarde, dit Sherlock en pointant un relevé de banque pour le débit d’une carte.

- Il semble qu’il reste dans un hôtel près du lieu de détention d’Addison. Sherlock, si elle a fait autant de dommages avec seulement quatre ans d’entrainement en tant qu’experte en explosifs, imagine combien de dommages il peut faire puisque c’est lui qui l’a entrainé. Sans mentionner qu’il a été un formateur pendant dix ans. Beaucoup de personnes pourraient être sérieusement blessées s’il déclenche quelque chose en centre-ville.

Mycroft se rassit et autorisa son esprit à se taire et à passer en revue toutes les nouvelles informations.

- Après avoir été si prudent, pourquoi tout faire foirer avec une facture d’hôtel ? Demanda Mycroft toujours assis les yeux fermés.

- Un fil d’Arianne délibéré ?

- Hmm, fut la seule réponse que Mycroft fourni à la question de Sherlock.

Après une autre heure de silence Mycroft se leva et mit sa veste.

- Il est temps que je quitte cette île et que j’aille à Londres. Tu prendras soin du problème Falston. Je vais voir Addison Greenberg. Je crois qu’il est temps que je revienne d’outre-tombe et que je secoue un peu sa cage.

- Très bien, dit Sherlock en rassemblant ses affaires.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Addison Greenberg avait été à l’isolement depuis qu’elle était entrée dans la prison. Elle fut plus qu’un peu choquée quand ils lui dire qu’elle avait un visiteur. Elle marcha avec les gardes, mais la panique s’installa quand elle dépassa la zone habituelle pour les visiteurs et fut conduite le long d’un couloir assez long. Elle se battit pour cacher sa nervosité lorsqu’ils s’arrêtèrent devant une grande porte. La porte s’ouvrit et elle fut conduite à l’intérieur. Elle fut menottée à la chaise et son cœur s’arrêta quand l’un des gardes leva la main et déconnecta la caméra de sécurité. Beaucoup de scénarios fusèrent dans son esprit, mais la seule chose à laquelle elle n’avait pas pensé fut l’ouverture de la porte et le passage de Mycroft Holmes.

- Bonjour Miss Greenberg, dit-il d’une voix froide et détachée.

- Vous… Vous êtes censés être mort ! Hurla-elle.

- Oh, je l’étais presque, mais comme vous pouvez le voir je suis plus que résistant. Alors, bavardons un peu.

Il s’assit en face d’elle et l’observa pendant quelques instants.

- Vous savez une fois que mes partenaires découvriront que vous êtes toujours en vie ils ne s’arrêteront pas jusqu’à ce qu’ils réussissent.

Elle lui sourit

- Oh vous voulez dire le Premier Sergent Falston ? Oh, j’ose dire qu’il ne blessera personne… dans une avenir proche.

Mycroft sentit son portable vibrer, il le sortit calmement et observa l’écran.

- Que lui avez-vous fait ? Demanda-elle en jetant ses bras en avant et en grimaçant quand les menottes blessèrent ses poignets.

- Oh, je n’ai absolument rien fait de lui. Mon frère est en chemin pour son hôtel au moment où nous parlons.

Il leva les yeux du téléphone et vit à nouveau son sourire, elle se détendit et se rassit sur sa chaise.

- Il y est maintenant ?

Son sourire s’élargit.

- Oh n’ayez crainte, nous savons que la pièce était truquée. Notre équipe a déjà été dans la chambre et a pris soin de tous les explosifs. Non Sherlock n’y va que pour ramasser ce que Falston a laissé derrière lui. Je dois vous féliciter d’avoir laissé la seule miette de pain que vous saviez que mon frère trouverait.

Son sourire se fana un peu.

- Tim est trop intelligent, il ne vous laissera pas vous ou votre frère l’attraper.

- Ah, eh bien vous avez raison, mais malheureusement il n’a pas pu échapper aux balles des snipers. Il a été abattu alors qu’il quittait l’hôtel il y a environ deux heures. Non, comme je l’ai dit le Premier Sergent ne blessera à l’avenir plus personne. C’est un peu dur de le faire quand on a une balle dans le cerveau.

Il la regarda alors qu’elle s’enfonçait davantage sur la chaise. Elle commença à trembler et quelques larmes s’échappèrent de ses yeux.

- Je n’aurais de repos jusqu’à ce que vous soyez mort. Vous pensez que m’avoir ici m’arrêtera. Quelle rigolade !

- Miss Greenberg, avez-vous déjà entendu parler d’un petit endroit appelé Sherrinford ? Demanda-t-il en se levant et en baissant à nouveau le regard sur son téléphone.

Elle ne répondit pas, mais le fixa simplement.

- C’est notre établissement le plus sûr pour les personnes comme vous. Vous serez envoyez là-bas et vous n’en partirez jamais. Vous n’aurez plus aucun contact avec l’extérieur, pas plus que vous aurez de contact avec les autres prisonniers. Une fois que vous serez là-bas croyez-moi, je ne penserai plus jamais à vous.

Il rangea son téléphone dans sa poche.

- Vous ne pouvez pas faire ça, j’ai des droits !

- En fait non, vous n’en avez pas. Miss Greenberg vous vous en êtes pris au Gouvernement Britannique et croyez-moi quand je dis que personne n’aura la moindre objection à ma ligne de conduite lorsqu’il s’agira de vous. Vous serez prête à partir pour Sherrinford dans les prochaines heures. Dites au revoir à Londres quand vous partirez, vous ne la reverrez plus jamais.

Sur ce, Mycroft quitta la pièce et ne regarda jamais en arrière. Quelques heures plus tard il était assis dans son bureau. Sherlock entra et ferma la porte derrière lui.

- Eh bien, je crois que c’est fini, dit Sherlock en s’effondrant sur une des chaises libres.

- Oui, je suppose que ça l’est.

Mycroft prit une profonde inspiration

- Oh, allez Mycroft, tu devrais être ravi que ce fiasco soit derrière toi maintenant.

- Je le suis Sherlock, c’est juste, et bien…

- Molly… Sherlock termina la phrase pour lui. Ecoute Mycroft, cette femme t’aime ! Nom de dieu, pourquoi elle t’aime je ne le comprendrai jamais, mais le fait est qu’elle t’aime. Elle va être en colère et blessée, mais je crois honnêtement qu’une fois qu’elle aura eu le temps de réfléchir à tout ça elle te pardonnera et reprendra ta triste excuse comme étant humaine !

- Sherlock, je suis inquiet de lui dire. Elle est à trois mois et j’ai peur que le choc de tout ça ne la blesse elle et le bébé. Si quelque chose leur arrivait je…

Mycroft se leva et marcha dans son bureau.

- Mycroft, Dieu seul sait pourquoi je propose ça mais j’ai un plan…

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Ça avait été une très longue journée au travail et Molly était très fatiguée. Elle ouvrit la porte du 221b et s’arrêta sous le choc le plus complet. Il y avait son OB.

- Dr. Riverton, qu’est-ce que vous faites là ?

- Ah, Molly, je sais que c’est peu orthodoxe, mais on m’a demandé de venir, dit-il en semblant un peu mal à l’aise.

- Par qui ? Demanda Molly dans le confusion la plus totale.

- Par moi.

Elle se tourna et vit Sherlock entrer depuis la cuisine.

- Sherlock tu m’as fait peur, que se passe-t-il ?

Elle l’observa quand il s’approcha d’elle, prit son sac et son manteau et les posa sur le canapé.

- Molly, je crois que ce serait une bonne idée que tu t’assois.

Elle ne dit rien mais acquiesça tandis qu’elle se glissait dans le fauteuil de John.

- Que se passe-t-il Sherlock ?

Elle ne put cacher le désespoir dans sa voix.

- J’ai quelque chose à te dire. Nous avons trouvé le second poseur de bombe et il a été éliminé. Addison Greenberg a été envoyé à Sherrinford. C’est fini Molly.

Il observa alors qu’elle prenait une profonde inspiration et son visage se détendit.

- Molly, il y a quelque chose de plus que je dois te dire, mais d’abord j’ai besoin que tu me promettes quelque chose, dit Sherlock en s’asseyant dans sa chaise à l’opposé d’elle.

- Ok, de quoi as-tu besoin ?

- J’ai besoin que tu te souviennes de respirer et peu importe ce qu’il se passe, s’il te plait, rappelle-toi que tout ce que Mycroft a fait il l’a fait parce qu’il t’aime toi et le bébé, dit Sherlock en pointant son petit ventre gonflé.

- Sherlock, tu sais que Mycroft ne savait pas pour le bébé avant qu’il meure.

- Non, mais je l’ai découvert un jour après toi.

Elle se figea complètement. Cette voix la secoua jusqu’au cœur. Elle ferma les yeux et commença à trembler. Quelques secondes plus tard elle sentit quelqu’un prendre ses mains dans les siennes. Elle prit une inspiration tremblante et ouvrit les yeux. Là, se tenait Mycroft à genoux devant elle. Il sourit et elle put presque se noyer dans ses yeux bleus.

- Oh mon Dieu ! murmura-t-elle et continua de trembler.

- Molly, vous allez bien ? Demanda le Dr. Riverton avec hésitation.

Elle hocha simplement la tête tout en baissant les yeux sur les mains de Mycroft entrelacées avec les siennes. Elle n’avait jamais pensé qu’elle aurait cette chance à nouveau. Elle sentit son cœur commencer à s’accélérer et sa respiration devint plus rapide. Elle voulut sourire à l’homme qu’elle aimait, mais toute la peine des derniers mois revint en elle. Il l’avait quitté et dans ses yeux il n’y avait aucune excuse possible. Elle entendit les mots de Sherlock qu’il avait dit quelques minutes plus tôt, mais elle pouvait ressentir la peine et colère bouillonner. Comment avait-il pu la mettre dans cette position ?

Mycroft regarda les divers émotions traverser son visage. Quand il vit la colère dans ses yeux, son cœur s’arrêta.

- Molly, s’il te plait…

- NON ! Dit-elle en repoussant ses mains. Non, as-tu la moindre idée de ce que tu m’as fait subir ?

Elle réussit à se lever et à s’éloigner de lui.

- Molly, s’il te plait chérie.

Mycroft se releva et la rejoignit.

- Ne t’avise même pas de me toucher !

Elle recula en faisant des gestes de main.

Le visage peiné de Mycroft fut presque trop pour elle à supporter.

- Molly, s’il te plait donne à Mycroft le bénéfice du doute. Il a fait ce qu’il a fait pour te protéger.

- Oh mon dieu, tu savais, pas vrai ? Tout ce temps tu savais !

Elle pouvait sentir son cœur accélérer et elle prit appuie contre le mur.

Sherlock et Mycroft firent une tentative pour se rapprocher d’elle.

- Ne vous avisez même pas de vous approcher de moi ! Je ne peux pas croire que tu m’aies fait subir ça Mycroft Holmes ! Je me serais attendu à quelque chose comme ça de la part de Sherlock, mais pas de toi. Comment as-tu pu me laisser souffrir à penser que je t’avais perdu pour de bon.

- Molly.

Sa tête se souleva au ton de sa voix. Sa voix était brisée par la douleur, quelque chose qu’elle n’avait jamais entendu avant.

- Molly, je t’aime, je l’ai fait pour te protéger. Je savais que si Greenberg découvrait que j’avais survécu à l’attaque ils continueraient à essayer jusqu’à ce que l’un d’entre nous ou les deux soient morts ! Je ne pouvais pas risquer de te perdre de cette façon !

- Je ne peux pas, je ne peux pas faire ça ! Je ne veux plus jamais te revoir Mycroft Holmes.

Elle se tourna et se dirigea vers sa chambre en claquant la porte derrière elle. Sherlock observa son frère s’asseoir dans le fauteuil de John et revint à lui-même. Pendant plusieurs heures, il resta assis là à pour voir si elle sortirait et au moins lui parlerait. Quand il fut clair qu’elle pensait ce qu’elle avait dit, il partit dans un échec total. Sherlock n’avait jamais vu son frère comme ça. Oui, quand Molly avait rejeté Sherlock des mois auparavant, Sherlock avait ressenti quelque chose qu’il avait pris pour un mal de cœur, mais c’était quelque chose d’un niveau très différent. Mycroft était perdu et il avait peur de rester perdu sans Molly dans sa vie. Pour la première fois de sa vie Sherlock eut mal pour son frère.

Molly pleura pendant des heures, la douleur était telle qu’elle avait l’impression de ne pas pouvoir respirer parfois. Comment, comment diable Mycroft avait pu lui faire ça à elle. Il l’avait laissé gérer la douleur de sa mort et la perte de leur amour. Savait-il à quel point elle avait souffert, avait-il réalisé qu’elle avait été prête à s’ôter la vie avant de découvrir la précieuse vie qu’elle portait en elle. Comment pouvait-elle le regarder à nouveau. Elle était en colère et elle ne voulait rien de plus que pleurer et crier jusqu’à l’épuisement.

Il était un peu après 2 heures du matin quand Molly sortit finalement de sa chambre et se dirigea vers la cuisine. Sherlock l’observa lorsqu’elle entra dans la cuisine et se versa du lait. Elle le sirota et prit appui sur le comptoir. Une fois qu’elle eut fini elle la plaça dans l’évier et alla dans le salon.

- Très bien Sherlock, écoutons ta version.

Elle mit ses pieds sous elle et se mit à l’aise dans le fauteuil de John. Il observa ses yeux gonflés et son visage rouge.

- Quand vous avez tous les deux été attaqué vous avez été emmené dans le même hôpital. Tu étais dans un sale état, mais Mycroft, eh bien ils ne pensaient vraiment pas qu’il allait s’en sortir. Il avait beaucoup de traumatismes dans le dos et à la tête là où il t’a protégé.

Molly sentit son cœur s’arrêter. Dans les dernières heures elle avait laissé la colère guidée ses pensées. Pas une fois elle ne s’était souvenue que Mycroft avait en effet sauvé sa vie cette nuit-là. Elle ferma ses yeux, prit une profonde inspiration et fit un signe à Sherlock pour qu’il continue.

- Quand j’ai vu à quel point Mycroft était mal j’ai su que je devais prendre une décision, une à laquelle je savais que Mycroft serait d’accord. La personne responsable était toujours dehors attendant de découvrir si elle avait réussi ou pas. Alors j’ai décidé que s’il vivait après la chirurgie cette nuit je le ferais transférer tôt dans la matinée et annoncerait qu’il est mort sur la table d’opération.

Sherlock observa le visage de Molly tandis que les larmes commençaient déjà à se former dans ses yeux gonflés.

- Molly c’était le seul moyen que je connaissais pour vous protéger tous les deux. Il a été dans le coma pendant deux semaines après ça. On se demandait même s’il s’en remettrait, et alors il s’est réveillé. Dès qu’il en a été capable je l’ai transféré dans une chambre à Sherrinford. C’était le meilleur endroit pour garder notre secret et il aurait toujours accès à son réseau. Quelques semaines après sa guérison nous avons commencé à travailler pour trouver l’autre poseur de bombe. Tu connais la suite de l’histoire.

- Je ne sais pas si je pourrais un jour vous pardonner, toi comme lui, dit-elle à peine au-dessus d’un murmure douloureux.

- Molly si tu dois te mettre en colère contre quelqu’un, que ce soit contre moi.

Sa tête se releva brusquement et elle lui lança un regard choqué.

- C’était mon plan et mes actions. Je pensais avoir fait la bonne chose considérant les circonstances. Molly, Mycroft t’aime et j’ai peur qu’il ne se remette jamais de te perdre. Je peux vivre en sachant que tu ne me pardonneras jamais et je peux même supporter ta colère, mais Mycroft a assez souffert Molly. Il a souffert chaque jour où il a été loin de toi, et ça a seulement redoublé quand je l’ai informé de ta grossesse.

Sherlock bougea un peu dans son fauteuil. Tout son discours sur les émotions n’était pas vraiment son truc, mais il y avait des choses qui avaient besoin d’être dites.

- Molly il est presque mort en te protégeant. Si ce n’est pas de l’amour, je ne sais pas ce que c’est. Ça compte sûrement !

Leurs yeux se rencontrèrent et elle hocha de la tête. Il la regarda tandis qu’elle quittait la pièce et retournait dans sa chambre.

- Molly Hooper, tu as l’amour non pas d’un Holmes mais des deux et je jure de faire tout ce que je pourrai pour vous protéger toi et Mycroft même si ça signifie que tu dois me détester pour ça, dit-il à voix basse en fixant la porte.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Mycroft n’avait pas dormi de la nuit. Il avait bu la moitié d’une bouteille de scotch et laissé son esprit tourner en boucle avec les images de Molly. Il ne sentira plus jamais sa peau contre ses lèvres. Il savait qu’il l’avait perdu pour de bon ; elle ne pouvait pas lui pardonner pour ça. A un moment, dans la nuit, il délaissa sa bouteille de scotch et son verre dans son étude et se dirigea à l’étage. Il ne pouvait pas dormir dans leur lit, alors il opta pour celui d’une chambre d’amis.

Des heures à être allongé là, il ne se souvenait de rien sauf de la sensation de son corps sous le sien, la façon dont elle gémissait quand il l’embrassait et à quoi sa voix ressemblait quand elle lui disait qu’elle l’aimait. Pour la première fois de sa vie d’adulte Mycroft Holmes pleura. Des heures plus tard il sombra dans un sommeil épuisé seulement pour être réveillé par son portable qui sonnait.

Il l’attrapa sur la table de nuit et laissa ses yeux s’adapter à l’écran. Son cœur s’arrêta quand il lut le texte.

Je suis en bas, laisse-moi entrer. On doit parler ! – Molly

Son cœur commença à s’accélérer et il se dirigea rapidement au rez-de-chaussée. En ouvrant la porte il vit une Molly tout aussi épuisée. Ils se regardèrent l’un et l’autre et elle s’avança vers lui. Il la laissa entrer et ferma la porte derrière eux. Elle resta dos à lui.

- Mycroft Holmes ne nous refait jamais une chose pareille ! Je te préviens maintenant je ne te pardonnerais pas une seconde fois.

Il sentit son cœur s’arrêter. Elle se tourna et le regarda.

- Nous allons avoir un enfant et j’attends de toi que tu sois là pour tout ça, dit-elle en pointant du doigt son ventre gonflé.

Elle haleta quand elle vit Mycroft tomber à genoux devant elle. Il plaça une main sur son ventre et caressa tendrement en cercle dessus. Molly avait vu de la tendresse venant de lui avant mais jamais comme ça. L’expression sur son visage était un pur émerveillement et de l’amour alors qu’il se penchait et embrassait son ventre. A cet instant elle relâcha ses émotions et autorisa ses larmes à tomber.

- Molly, je t’aime et j’aime notre enfant. Je ne sais pas quelle sorte de père je serai mais je veux essayer. Si tu veux de moi.

Elle l’observa pendant un moment et se recula. Elle tendit sa main et l’aida à se relever. Elle le guida à l’étage dans leur chambre. Ils ne dirent pas un mot tandis qu’ils s’allongeaient simplement dans le lit et se prenaient dans les bras.

- Je t’aime aussi Mycroft, murmura-t-elle et en quelques minutes ils furent tous les deux endormis.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

Le matin suivant il se réveilla et sourit alors qu’il baissait les yeux sur son visage endormi. Il glissa sa main sur son ventre et prit une profonde inspiration. Il remercia un Dieu auquel il ne croyait pas parce qu’il ne l’avait pas perdu. Il se détacha lentement d’elle et se dirigea vers sa table de toilette. Il ouvrit un tiroir, en retira une petite boîte de velours et retourna vers le lit. Il se réinstalla contre elle et elle se lova contre lui sans se réveiller. Il retira la bague de la boîte et la glissa à son annulaire, embrassa le haut de sa tête et se rendormit.

Après quelques heures il se surprit à être réveillé par de tous petits baisers et il rit à haute voix.

- Molly, arrête les chatouilles ! Dit-il toujours en riant légèrement.

- Oh, donc l’Homme de Glace a une faiblesse !

Il ouvrit les yeux et la regarda dans les siens.

- Oui, ma faiblesse sont deux jolis yeux marrons qui appartiennent à une certaine pathologiste !

- Hmmm, pourrais-tu me dire d’où ça vient ? Demanda-t-elle en levant sa main gauche et admirant la plus splendide bague qu’elle n’ait jamais vu.

- Je ne laisserai plus aucun de vous partir, dit-il avec un sourire diabolique et Molly couina en roulant sur le dos en faisant très attention à son ventre.

- Molly, dit-il à mi- plaidant, mi-douloureusement.

- Shhh, dit-elle à son oreille et enroula ses bras autour de lui.

Plus aucun mots ne furent prononcés. Il fit l’amour à la femme qu’il aimait, la femme qu’il aurait pour épouse et la mère de son enfant à naître. Il ne prendrait jamais rien pour acquis. Plus tard, tous les deux furent épuisés et se retrouvèrent dans les bras l’un de l’autre, il réalisa qu’il ne sentait plus seul, pour la première fois de sa vie Mycroft Holmes sut ce que signifiait être heureux.

MHMHMHMHMHMHMHMH

Deux mois plus tard pendant un chaud soir d’été, Mycroft retint sa respiration tandis qu’il regardait Molly avancer jusqu’à lui. Elle était vêtue d’une robe vintage de couleur crème qui flottait doucement autour de son ventre grossissant et tombait autour de ses chevilles. Elle portait un simple bouquet de lavande et le sourire le plus rayonnant.

Elle était tout simplement la créature la plus formidable qu’il ait jamais vu. Il n’en avait rien à faire qu’il affiche un large sourire à la vue de tous. L’ancien Mycroft était mort et enterré, le nouveau Mycroft était déterminé à vivre et à aimer sa vie avec Molly et leur petite famille.

Molly jeta un regard au marié et eut le souffle coupé tellement il était magnifique. Son costume était impeccable mais son sourire était ce qui fit chavirer Molly. Alors qu’elle faisait les derniers pas vers lui elle réfléchit à tout ce qu’ils avaient vécu et à quel point ils avaient grandi au cours de cette année. Si quelqu’un lui avait dit deux ans plus tôt qu’elle se tiendrait là, prête à épouser Mycroft Holmes elle l’aurait cru fou. Mais voilà qu’elle fixait les yeux de Mycroft et se sentait complètement amoureuse.

La cérémonie fut courte et la liste des invités était en dessous de vingt-cinq. La réception était au centre d’un jardin de roses et c’était merveilleux. La mariée comme le marié ne pouvaient pas ôter leurs yeux l’un de l’autre. Après quelques musiques de slow en tenant Molly dans ses bras, il grommela en autorisant à contrecœur Sherlock à les interrompre.

- Ok, ma nouvelle sœur, montrons au vieil homme comment valser correctement, dit-il en passant un bras autour d’elle.

- Sherlock garde à l’esprit que je suis enceinte de six mois. Je ne bouge pas aussi bien que d’habitude.

- Oh ne t’inquiète pas, je te tiens.

Sherlock l’observa et eut un sourire narquois pour un Mycroft faisant la tête.

- Regarde ce que tu as fait de lui !

Sherlock la fit tourbillonner pour qu’elle observe son mari aimant.

- Quoi, l’avoir rendu humain ? Elle gloussa lorsqu’elle observa le dédain sur le visage de Sherlock.

- Oui, humainnnnnn. Qu’est-ce qu’il est barbant maintenant !

- Sherlock arrête d’être un idiot et danse.

Il baissa les yeux sur elle faisant semblant d’être blessé.

- Eh bien, il semble que le vieux garçon déteint sur toi aussi. Mon Dieu !

Il leva les yeux au ciel et elle eut un autre gloussement.

- Ok, c’est assez Sherlock, dit Mycroft en posant une main sur l’épaule de son frère.

- Oh Mycroft, déjà jaloux ! Dit Sherlock en essayant de pousser à bout son frère pour faire bonne mesure.

- Non, pas jaloux, je veux juste danser avec ma femme, encore, dit-il en lui souriant alors qu’elle quittait l’étreinte de Sherlock et venait dans ses bras qui l’attendaient.

- Allez, trouve-toi ton propre poisson rouge Sherlock ! Crois-moi quand je dis que ce sera sans aucun doute la meilleure chose qui puisse t’arriver, dit Mycroft en dansant avec son épouse.

- Peut-être que je vais le faire mon frère, dit-il si doucement que Mycroft et Molly ne l’entendirent pas.

Il poussa un profond soupir et quitta la piste.

- Heureuse, Mrs. Holmes ?

Mycroft se pencha et embrassa son nez.

- Très heureuse, elle soupira doucement et posa sa tête sur sa poitrine et lui permit de la guider sur la piste comme s’ils faisaient ça depuis des années.

Ils allaient bien ensemble l’un et l’autre et tout le monde pouvait le voir.

MHMHMHMHMHMHMHMHMHMHMH

8 Mois plus tard…

Elle se blottit dans ses bras, satisfaite après leur ébats amoureux. Ses mains reposaient sur son torse et sa main recouvraient les siennes.

- Alors dites-moi Mr Holmes, aucun regret ?

- En fait si ma chère.

Elle s’écarta de lui et le regarda avec surprise. Il lui lança ce sourire qu’il avait toujours quand il était sur quelque chose.

- Mycroft Holmes, si tu ne développes pas cette déclaration dès maintenant…

Il l’attrapa et elle rit alors qu’il la renversa sur le dos. Il se pencha sur elle et l’embrassa passionnément. S’écartant d’un centimètre de ses lèvres il dit:

- Je regrette de ne pas t’avoir rencontré plus tôt.

- Mon Dieu je t’aime Mycroft.

- Et je t’aime aussi.

Il était sur le point de l’embrasser à nouveau quand un cri dans l’interphone perça l’air.

- Je crois que notre fils s’oppose déjà à ce que nous fassions des démonstrations d’affection, dit Mycroft sa tête tombant sur sa poitrine s’avouant vaincu.

- Hmm, on dirait son père !

- Oui, il semble plutôt intelligent et puissant, non ? Rit Mycroft en se levant du lit.

- Oh, toi… dit-elle en lui lançant un coussin et elle rit tandis qu’il se dirigeait vers la porte.

Elle se leva du lit et sourit quand il passa la porte en portant bébé Alexander.

- Oh, voilà maman. Oui, elle est prête à te nourrir au milieu de la nuit mon petit garçon. Et voilà, dit-il d’une voix tendre en le tendant à Molly

Il observa tandis qu’Alex prenait le sein et tétait. Molly lança un regard à Mycroft et sourit. Mycroft avança lentement sur le lit et embrassa le sommet de la tête de son fils puis se releva et embrassa les lèvres de Molly. Il s’allongea sur son dos et réfléchit aux deux dernières années. Il repensa à l’homme qu’il avait été quand il avait parlé la première fois avec Molly. Il était brisé, blessé, seul et dans le déni. Maintenant il était heureux, content et prêt à vivre sa vie avec sa nouvelle petite famille. Seulement une chose avait pu provoquer ce changement radicale, une seule chose avait pu dégeler l’Homme de Glace et cette chose s’appelait l’AMOUR.