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Que faire de tes sentiments ?

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Kei passait pas mal de temps à observer Kunisaki. Ce dernier l'avait de nombreuses fois aidé, il l'avait tant encouragé qu'une relation plus intime s'était créée entre les deux lycéens. Enfin, ça c'est ce que Kei croyait...

— Mitsuhashi, tu peux me passer la bouteille ? demanda Kunisaki en tendant le bras. 

L’intéressé lui tendit l'objet en faisant une moue boudeuse. Son aîné ne parut pas la remarquer. 
"Mitsuhashi" ? Kei fronça les sourcils. Depuis quand leur relation avait-elle régressée à ce point ?
Et pourquoi avait-elle régressée ? Pourquoi Kunisaki avait-il subitement arrêté de l'appeler par son surnom ?
En se rapprochant de Kunisaki, il avait réussi à cerner un peu mieux la personnalité de jeune homme au caractère affirmé. Ce revirement de comportement semblait bien mal coller avec l'image que  Kei se faisait de lui. Il savait que Kunisaki était quelqu'un d'honnête, toujours prêt à dire ce qu'il pense de telle ou telle chose et des fois pas de la manière la plus tendre. Alors pourquoi réagissait-il ainsi ?
Il se leva et alla faire quelques shiko pour se calmer. C'était décidé, après l’entraînement il irait demander des explications à Kunisaki ! Il avait essayé de chercher par lui-même ce qu'il avait pu faire qui aurait contrarié son ami, mais rien ne lui venait à l'esprit. 

— On s'arrête là pour aujourd'hui, déclara Kirihito. 

Comme depuis quelques jours, Kunisaki partit en premier de l’entraînement. Kei dut courir pour le rattraper. Il était en mawashi mais cela importait peu, il devait à tout prit éclaircir la situation. 


— Kunisaki ! appela-t-il pour faire s'arrêter le jeune homme.

— Hmm ? 

Kei se positionna devant lui et planta ses yeux dans ceux de son aîné.

— Hum...j'ai fait quelque chose qui t'a déplu ? 

Kunisaki détourna le regard et se passa une main sur la nuque. Le sang de Kei se glaça. C'était comme si il se retenait de dire "oui". Il n'aurait peut-être pas dut poser la question...
La situation était gênante de son point de vue, mais peut-être que du côté de Kunisaki tout allait parfaitement bien...

— Euh, non pourquoi ? répliqua le plus grand sans plus de conviction dans la voix. 

— Je te trouve...plus distant avec moi...

Il avait beau avoir retourné la phrase encore et encore dans sa tête durant l'entraînement, cette formulation était étrange. 
Kunisaki l'observa en clignant des yeux, la bouche ouverte. 

— Mitsuhashi ? appela Kirihito en passant sa tête au dehors.

L'intéressé se retourna.

— J'ai besoin de te parler à propos de ton entraînement spécial.

— J'a...

Kunisaki se pencha et murmura à son oreille :
"Je te dirai tout demain". 
Le grand brun se détourna vite de son ami. Ce dernier mit sa main sur son oreille. Cette proximité soudaine l'avait perturbé. Ses jambes l'avaient porté jusqu'à l'intérieur de la salle sans qu'il ne sache vraiment comment. D'une oreille distraite il écouta les consignes de Kirihito. La scène vécue avec son ami lui revint en mémoire. Kunisaki avait-il été gêné ? Avait-il...rougit ? Kei avait eu l'impression que son visage était devenu pivoine lorsqu'il s'était redressé.
Kirihito finit ses explications, Kei prit congé. Il salua Inomaru qui continuait de s'entraîner. 
Les mots de Kunisaki tournaient et retournaient dans sa tête. Il ne savait quel sens leur donné. Devait-il s'inquiéter ? 
A l'heure du couché, pas moyen de fermer les yeux. Il voulait avancer le temps. Il voulait savoir.
Le lendemain, Kei ne croisa pas Kunisaki de la journée. Sûrement avait-il été occupé. Kei savait que son ami n'était pas du genre à se défiler de la sorte. De toute façon, ils se retrouveraient au club après les cours. Kei avait était impatient de le voir, de savoir. Il n'eut pas à attendre la fin de la journée. À la pause de midi, Kunisaki vint le chercher et l'emmena dans un endroit où il n'y avait personne. C'était une salle vide qu'un club avait quitté il y a quelques jours, faute de membres. L'endroit était un peu poussiéreux mais il ne sentait pas encore le renfermé. On pouvait voir les petits grains de poussière danser dans les halos de lumière. Il faisait un temps radieux aujourd'hui. Kunisaki se tenait près de la fenêtre. Il n'avait pas encore croisé le regard de son ami. Il semblait perdu au loin, ses sourcils froncés. Il semblait très soucieux. Allait-il lui annoncer une mauvaise nouvelle ? Le cœur de Kei se mit à battre plus vite, il n'en pouvait plus d'attendre. 

— Kunisaki...commença-t-il.

— Je t'aime, lâcha simplement le brun en posant enfin ses yeux sur Kei. 

Le plus petit accusa la nouvelle. Il ne savait pas quoi répondre. Son corps se raidit. Il vit dans les yeux de Kunisaki qu'il était plus que sérieux.

— Je suis amoureux de toi, clarifia-t-il. C'est pour ça que je t'ai paru un peu distant. Je suis désolé. Je ne voulais pas faire ou dire des choses qui ne signifiaient pas la même chose pour toi que pour moi. 

Les épaules de Kei se relâchèrent, son cœur se calma. Les mots de son amis résonnaient dans sa tête, se répétant sans cesse. Au dehors, on pouvait entendre des cris d'encouragements et des rires. Il y avait des élèves sur le terrain de foot. Dans la salle, rien. Juste le tic tac irrégulier de la vieille horloge oubliée là. Le silence se faisait pesant.

— Ne met pas de distance entre nous s'il te plaît, implora Kei après un moment. Je t'apprécie beaucoup. Je...je ne peux pas répondre positivement à ta déclaration...désolé...

Sa voix mourre tandis que la tête de Kunisaki se baissa. Un sourire triste naquit sur ses lèvres.

— Je veux qu'on reste ami...

Il savait qu'il était un peu égoïste, mais il appréciait vraiment Kunisaki. Il l'appréciait comme un frère. Il le soutenait, il l'aidait énormément. Sans lui, pas sûr qu'il aurait pu contenir de faire du sumo longtemps. 

— Enfin...si c'est possible pour toi. Si tu ne veux pas...

— Je le veux ! objecta son aîné. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait crié.

Son corps entier s'était déplacé en direction de Kei. Son regard était brûlant, son poitrail se soulevait avec force, ses poings étaient serrés, si serrés que les veines ressortaient sous sa peau. Bien sûr qu'il voulait rester près de lui, il le souhaitait de tout son cœur ! Kunisaki avait pensé que s'il se déclarait, Kei serait peut-être dégoûté qu'il le regarde avec ces yeux, cette envie. Il avait peur d'être rejeté, qu'il paraisse dégoûtant. 
Kei lui sourit. Le malaise s'était quelque peu dissipé entre eux. Il se sentait plus léger et il espérait que Kunisaki se sente mieux même si tout ne se finissait pas comme il l'aurait voulu. 

— Te crois pas sortit d'affaire, sourit Kunisaki en souriant de toutes ses dents. Vu que je ne te dégoûte pas, je vais tenter de te séduire ! 

Le plus petit se mit à rire devant la pose exagérée de son ami. Il était heureux de voir Kunisaki agir comme à l’accoutumée. 

— J'attends de voir ça, répliqua-t-il faisant rougir son aîné. 

— Hum...il vaudrait mieux qu'on retourne dans nos classes pour manger, lança le brun en passant la main sur sa nuque.

Kei acquiesça. Il fut surpris que Kunisaki ne propose pas qu'ils mangent ensemble. Peut-être était-ce beaucoup à assimiler.
Il se rattrapa à l’entraînement le soir-même en proposant à Kei un rendez-vous au cinéma. 

 

La séance n'était que dans une heure mais Kei avait peur d'être en retard. Il était un peu stressé. Comment Kunisaki allait réagir, est-ce que ça n'allait pas être gênant entre eux vu qu'il l'avait rejeté...toutes ces questions trottaient dans sa tête à mesure que l'aiguille avançait dans le cadran de la grosse horloge près de la gare. Comme il faisait bon, Kei attendait dehors. Le vent lui chatouillait la joue tandis que le soleil caressait son visage. 

— Eh Luciole ! 

Kei sortit de sa rêverie et agita sa main en direction d'un Kunisaki qui arrivait vers lui presque en courant. Il fut ravi de constater que son surnom était revenu sur les lèvres de son ami. Ils avaient convenu du film qu'ils allaient voir par message, Kunisaki avait même pensé à réserver les billets. Avant de rentrer dans la salle, Kei ne put s'empêcher de détailler la tenue de son ami. Il le trouvait très apprêté et lui fit remarquer. Kunisaki rougit et glissa une main sur sa nuque.

— J'ai demandé à ma mère...commença-t-il en rougissant.

Kei sourit. Son cœur se gonfla tant il était ému. Puis, une douleur sourde lui soutira une grimace que Kunisaki ne vit heureusement pas. Le brun se donnait tellement de mal pour tenter de le séduire. 

— J'aime beaucoup ta tenue ! le complimenta-t-il en portant son attention sur la veste bleue ciel que son aîné portait. Elle était cintrée de manière à montrer ses muscles sans qu'il ne paraisse à l'étroit dans l'habit. 

— Ah..merci...Tu es très beau aussi...enfin...bredouilla l'intéressé en rougissant. 

— Merci, se contenta de répondre Kei. 

Il n'osa pas lui faire d'autres compliments. Il ne devait pas donner de faux espoirs à son ami. Tout ceci était assez difficile à gérer pour Kei. Il sentait que même s'il avait accepté la réponse de Kei, il n'en restait pas moins peiné. 
La séance lui fit oublier pendant un temps ses tracas. Les deux garçons apprécièrent le film, chuchotant pour partager leurs ressentis. Kunisaki proposa qu'ils aillent boire un café après le film. Le malaise était définitivement parti, la conversation était légère et dériva vers d'autres sujets que le film. Jetant un coup d'oeil à l'horloge du café, Kunisaki invita Kei à sortir et lui proposa de le raccompagner chez lui. Kei pensa un instant à refuser mais cela blesserait davantage son aîné pensa-t-il. Ils arrivèrent devant chez Kei. Ils échangèrent encore quelques mots avant que Kunisaki ne  face demi-tour. Il salua Kunisaki d'un geste de la main. Lorsque le brun se retourna, sa main tomba mollement, son visage s’assombrit. Il espérait secrètement que Kunisaki tombe amoureux de quelqu'un qui l'aime en retour. Il se sentait triste pour son ami.

 

***

 

Les semaines suivantes, Kunisaki ne cessait de se montrer attentionné. Kei ne pouvait lui refuser les sorties qu'il préparait. Leur complicité grandissait de jours en jours. Que ce soit à l'école, au club de sumo ou en privé, Kei et Kunisaki s'entendaient bien, se parlaient plus, aimaient être avec l'autre. Cependant leurs sentiments n'étaient pas les mêmes. Kei ne voulait pas reparler de ça à son ami de peur de le faire souffrir. Il ne voulait que son bonheur. Kunisaki était précieux pour lui, il ne pouvait plus imaginer une journée sans le voir et encore moins sans lui parler. 
Il était là, pour l'inviter à sortir et se faire bien voir. Pour l'aider à s'entraîner et l'encourager. Pour rester à ses côtés lorsqu'il était malade, pour le raccompagner à la sortie des cours. Pour parler avec passion de cette série qu'ils regardaient, pour le complimenter, tout gêné. Il était là simplement, si simplement que sa présence était naturelle. Kei appréciait de découvrir plus de ses facettes et de ses manières. Il appréciait et acceptait tout. Ses changements d'humeur, ses envies de solitude, ses sourires, ses excès, ses silences.
De petits rituels s'étaient installés entre eux. Au moins une fois par mois, ils allaient voir un film, ou bien il testait différents cafés et ses pâtisseries. 
Peut-être que ces gestes signifiaient autre chose pour Kei désormais...

— Luciole, ça va ? demanda Kunisaki d'une voix douce faisant sortir Kei de sa rêverie. 

— Hmm...répondit le petit en regardant Kunisaki.

Il laissa son manga de côté et se tourna vers son aîné. Ils étaient tous deux installés sur le lit de Kei et ils lisaient en silence. Cependant, Kunisaki avait remarquer que l'attention de Kei était ailleurs. Il posa à son tour son tome et se mit en face du blond.  Il attrapa la main de Kei et l'embrassa. Geste anodin et léger qu'il faisait parfois sans s'en rendre compte. Kei avait apprit à accepter ces contacts sans sourciller. C'était devenu si naturel. 

— A quoi tu penses ? murmura-t-il presque.

Kei aurai voulu répondre "à toi", mais il se retint. Il sourit à Kunisaki. 

 

***

 

Depuis combien de temps. Depuis combien de temps ses sentiments envers Kunisaki s'étaient renforcés. Depuis combien de temps était-il sensible à son sourire radieux, son odeur enivrante lorsqu'il passait à côté de lui, ses yeux d'un bleu profond posés sur lui. Il déglutit difficilement. Son cœur battait plus vite et plus fort si bien qu'il ne pouvait faire mine de l'ignorer. Tout s'était transformer dans son cœur petit à petit. Toutes ces sorties, tous ces moments simples avaient une autre signification pour lui. Kunisaki avait pris de plus en plus de place dans sa vie et son cœur. Il lui était vital. Il voulait rester à ses côtés et être encore plus proche de lui. Il voulait vivre autre chose, une chose plus intime, cette chose plus intime. Son imagination avait joué avec lui, lui proposant des tableaux idylliques qu'il voulait voir se réaliser. Leurs doigts enlacés, leurs lèvres scellées, leurs corps l'un contre l'autre. Un jour, il ne put ignorer la voix qui lui criait le nom de la maladie dont il souffrait. "Amour". Il posa sa tête contre le mur. Un sourire élargit son visage. Il était rassuré quelque part que Kunisaki lui ait avoué ses sentiments. C'était plus simple de savoir que son amour était réciproque. Comment Kunisaki avait pu gérer tous ces sentiments angoissants ? 
Malgré cela, Kei était stressé à l'idée de devoir se confesser. Comment devait-il s'y prendre, par sms...non Kunisaki lui avait déclaré ses sentiments en s'attendant à être rejeté, il ne pouvait pas lui faire ça. Il devait lui faire face. Il se voyait déjà bafouiller, rougir. Il se redressa et bomba le torse. Cela ne serait qu'une petit moment gênant à passer car rien ne pourrait l'empêcher d'être auprès de Kunisaki. Plus rien n'avait d'importance si ce n'est eux . Il trouva Kunisaki qui parlait avec ses camarades dans le couloir. Kei s'arrêta net pour l'observer. Son large sourire, son rire éclatant, ses mains si larges. Il les voulait pour lui. Il avala difficilement sa salive et s'avança distraitement vers le brun. Il lui saisit la manche sans rien dire. 

— Luciole ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda le plus grand d'un air joyeux.

— Je dois...te parler...articula difficilement Kei en baissant la tête.

Il ressentait une telle chaleur dans les joues. Des gouttes de sueurs perlaient à la surface de sa peau.
Kunisaki le suivit sans rien dire, un peu perplexe quant à la mine de son ami. Kei l’entraîna dans leur salle. Cela avait l'air un peu cliché mais c'était un des seuls endroits où aucune oreille indiscrète ne pourrait l'entendre. Cela l'arrangea d'autant plus que c'était tout proche de là où ils se trouvaient. Pourtant, il lui sembla que le trajet dura des heures. Il voulait au plus vite dire ce qu'il avait sur le cœur, ce qui lui pesait depuis plusieurs jours. Il sentait que son cœur allait exploser d'une minute à l'autre, son sang battait furieusement contre ses tympans. L'air qu'il respirait paraissait épais, son corps tremblait légèrement. Kunisaki se tenait près de la fenêtre comme lorsqu'il s'était déclaré. Un rai de lumière vint éclairer la peau mate de son visage et de son cou. Son attitude était calme, quoique un peu inquiète comme l'indiquait son sourcil faiblement relevé.
Kei resta planté un moment devant lui sans rien dire. Il sentait tout son être trembler. Il se força à agripper sa veste pour se tenir tranquille. Il ne savait pas comment s'y prendre, par quoi il fallait commencer. Il se sentait minuscule.
La peur devait se lire dans ses yeux car Kunisaki fit un pas vers lui, ses sourcils davantage froncés.

— Je suis amoureux de toi, parvint difficilement à articuler Kei. 

Il n'avait pas entendu sa voix chevrotante lorsqu'il prononça ces mots. Avait-il seulement ouvert la bouche ? N'avait-il pas imaginé la scène ? À en croire le changement d'expression de Kunisaki, tout ceci était réel. Il l'avait fait. Il sentit les larmes perler aux coins de ses yeux. Il ravala un sanglot, tendant inconsciemment la main vers le brun. Ce dernier resta quelque secondes interdit avant de prendre Kei dans ses bras. Un long soupir quitta ses lèvres lorsqu'il sentit ce petit corps contre le sien. Il se sentait heureux, léger, complet. 

— Je t'aime, murmura-t-il en glissant une main dans les cheveux de Kei. 

Le blond glissa ses bras autour du large torse de Kunisaki, posant délicatement les mains sur son dos. Il s'imprégna de son odeur, de sa chaleur. Son oreille était collée contre son cœur dont il ne perçut pas clairement les battements tant le sien était agité. Il savoura la sensation des bras du brun autour de son corps. Un long soupir quitta ses lèvres étirées en un large sourire. Lentement, il se libéra de cette douce étreinte, plantant son regard, un peu vacillant, dans celui de Kunisaki. Ce dernier maintient ses bras autour du petit corps du blond. Kei se hissa sur la pointe des pieds pour poser ses lèvres contre celles de son amant. Kunisaki posa délicatement sa large main chaude sur sa joue brûlante. Des papillons s'agitèrent fiévreusement dans son ventre. Ses doigts se mêlèrent à ceux du brun qui s'empressa de resserrer son étreinte comme pour vérifier que tout ceci était bien réel. Kunisaki glissa doucement sa langue entre ses lèvres et attendit pour aller plus loin. Kei froissa la chemise de son aîné dans son poing et entrouvrit la bouche. Lorsque leur muscle se rencontrèrent, un courant passa dans le corps de Kei. Il sut que son petit ami vivait la même chose lorsque ses doigts se raffermirent contre sa peau.
Au fur et à mesure qu'ils s'embrassaient, Kei sentit ses jambes flageoler. Kunisaki le retint fermement de son bras puissant, souriant dans le baiser. Sa main glissa de la joue du blond, à ses hanches pour atterrir sur le dos de Kei. Il y fit des petits cercles, le décrispant légèrement. Le coeur de Kei cognait furieusement contre sa poitrine. La sensation étrange d'un corps étranger dans sa bouche avait laissé place à une vague de chaleur et de doux picotements dans tout son buste. Kunisaki menait le baiser, il enroulait impatiemment sa langue autour de celle de son cadet. Il parcourait chaque recoins de cette bouche qu'il avait tant rêver d'embrasser. Il rompit le baiser à contre coeur pour s'assurer que Kei n'allait pas s'évanouir. 

— Je te fais tant d'effet que ça ? se moqua-t-il. 

Kei rougit et se cacha le visage en se blottissant contre son aîné. Il se mit à sangloter faiblement. Ses épaules tremblaient. Ses mains agrippèrent fermement la chemise de Kunisaki. 

— Pardon je ne voulais pas...ne pleure pas ! paniqua le brun. 

— Je suis si content...pleurnicha le plus petit.

Kunisaki déposa un baiser au milieu des cheveux de son petit ami. Ses lèvres s'étirèrent. 

— Moi aussi...