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Trouver son foyer

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— Je ne vous veux aucun mal!

Lae togruta ne répondit pas. De l'autre côté de la porte blindée, La twi’lek ne pouvait pas lae voir, ni être certaine qu’iel l’entendait. Elle jura en Huth, la meilleure langue pour ça selon elle. Elle avait su que la réputation des Jedi avait été sabotée avec application depuis l'avènement de l’Empire, mais elle ne s’était pas attendu à une telle réaction. Elle fut bientôt rejointe par la capitaine et une sélonienne qu’elle reconnue comme la pilote du speeder qu’elle avait poursuivi plus tôt dans la journée. Cette dernière s’arrêta nette quand elle la vu. Son expression le laissa presque rien paraître, mais ses poils se hérissèrent. La capitaine s’était approchée et parla d’une voix forte :

— Bon! Est-ce que je peux savoir ce qu’il se passe ici?
— Je vous pris de m’excuser. Je crains qu’il n’y ait un affreux malentendu.
— Un malentendu, hein? Le genre de malentendu qui peut pousser un·e imbécile à s'éjecter en hyperespace?

Du coin de l’œil, la twi’lek aperçu la sélonienne sursauter comme si on l’avait giflé.

— La version courte, c’est que vos passagers semblent penser que je leur veux du mal. Je vous livrerais volontiers la version longue quand la situation sera résolue.
— Je peux voir ça de moi-même. J’ai votre parole que vous ne cherchez pas à les capturer ou à leur nuire en aucun cas?
— Bien sûr.
— Parfait. Maintenant, si vous voulez bien tous vous rendre dans la salle commune, je vous servirais un truc à boire et vous pourrez me raconter tout ça. Laissez-moi parler à lae Togruta.

La twi’lek hocha la tête et suivit le couloir, passant à côté de la sélonienne qui se pressa contre la paroi, visiblement peu rassurée. Avant longtemps, la twi’lek l’entendit la suivre.

À l’intérieur de la capsule, Ambre avait entendu toute la conversation et se sentait misérable. Iel avait agit dans la panique et s’était piégé·e tout·e seul·e. Le genre de chose qui aurait pu la tuer sur Nar Shaddaa. En plus, il s’en était fallu de peu pour qu’iel abandonne Porrim, sans aucun espoir de la revoir un jour. Mais ce n’était rien à côté de la réalisation que cette fois… Iel l’aurait regretté instantanément. C’était la première fois qu’iel regretterait vraiment quelqu’un et iel en avait la certitude, et iel ne savait pas du tout comment gérer cette information. Iel se demandait si Porrim avait entendu l’échange aussi. Probablement. Ce vaisseau n’était pas si grand, et la voix de Falaa portait beaucoup trop bien. Cette même voix l’appelait maintenant beaucoup plus doucement.

— Je vais ouvrir maintenant, OK?

Ambre voulu répondre, mais les mots étaient coincés dans sa gorge. Falaa prit visiblement le manque de protestation pour un oui. La porte disparue dans une des murs.

— Tu peux sortir, nous sommes seul·e·s, tenta Falaa pour lae rassurer.

Ambre prit une inspiration et sortie. La honte ne partit pas, mais elle pouvait à nouveau bouger. C’était la base de sa survie. Évidemment dans un vaisseau, sa liberté de mouvement était toute relative, mais c’était toujours mieux que les cinq mètres carrés de la capsule.

— Tu as ma parole que ma passagère ne vous fera rien tant que vous serez dans mon vaisseau, continua la capitaine. Et pour la suite, et bien… on trouvera un arrangement.

Ambre la regarda d’un air dubitatif, mais ses mots refusaient toujours de sortir. Falaa soupira.

— Bon, allez, viens avec nous. Même si tu es muette, tu pourra toujours entendre ce que Maître Kita a à raconter.

Ambre hocha la tête piteusement. Iel suivit Falaa jusqu’à la salle commune. C’est là qu’elle vit Porrim, visiblement peu à l’aise assise à la même table que la Jedi qui avait précipité tout leur plan. Mais quand leur regarde se croisèrent, Ambre vit de la colère dans le visage de son amie malgré les efforts de celle-ci pour la dissimulé.

— Porrim… J… Désolé·e… parvint-iel à bredouiller, avant de s’enfuir à nouveau mais dans sa cabine cette fois-ci.

Iel ne pouvait pas écouter Kita, gérer ses sentiments pour Porrim, et subir sa colère silencieuse et méritée en même temps. Iel savait qu’iel devrait faire face à chacun de ces problèmes, mais un à la fois était plus que suffisant. Iel s'allongea sur sa couchette face au mur, tournant le dos à l’entrée.

Il ne fallut pas longtemps pour que Porrim entre à son tour. Ambre n’eut pas besoin de se retourner pour le savoir. Iel sentait sa présence. Iel sentait de la colère, de la confusion et de la frustration venant d’elle, mais aussi autre chose. Des sentiments plus chaleureux, moins intenses mais plus profond. Iel ne comprenait pas vraiment ce qu’iel percevait, mais pour le moment, c’était le cadet de ses soucis.

— Je suis désolé·e, répéta-t’iel, plus nettement cette fois, tandis qu’iel s’autorisait enfin à laisser couler ses larmes.
— J’espère bien! répliqua sèchement Porrim.
— Je ne voulais pas t'abandonner.

Porrim hésita. Elle connaissait Ambre suffisamment pour savoir qu’iel ne s’attachait jamais à personne, ni à quoi que ce soit de matériel. Jusque là, elle était resté avec iel en se disant que tant que leur partenariat pouvait se terminer d’un jour à l’autre. Elle y était préparée, mais l’expérience n’en était pas moins amère. Elle n’avait jamais eu le détachement de son amie. Sa voix se fit moins acerbe :

— Tu veux dire m'abandonner à la merci de la terrible Jedi vengeresse? J’aimerais vraiment que ça n’arrive plus en effet.
— Non… Enfin, si, aussi. Mais je veux dire… Je…

Cette fois-ci, ce n’était pas que les mots refusaient de sortir, c’est qu’ils étaient totalement introuvable.

— Oui? l’encouragea Porrim.
— Je veux qu’on reste ensemble, finit par dire Ambre maladroitement.

Iel sentit la colère de son amie être soudain submergée par ces sentiments plus chaleureux et profonds qu'iel n'arrivait toujours pas à interpréter, tandis qu’elle s'allongea derrière iel et lae pris dans ses bras.

— Moi aussi, idiot·e.

Iels restèrent allongé·e·s ainsi plusieurs minutes en silence.

— Ne crois pas que tu vas t’en tirer si facilement, avertie Porrim, je suis toujours fâchée.
— Je sais, soupira Ambre.

La crise était passée et iel se sentait épuisée, mais beaucoup mieux.

— Tu penses qu’on ferait mieux de sortir maintenant, pour avoir une chance d’entendre l’histoire de maître Kita?
— Ah, on t’a présenté?
— Falaa l’a nommé tout à l’heure après m’avoir… euh, fait sortir de ma cachette.
— Je vois. Et bien pour te répondre, je pense que ce dont tu as le plus besoin maintenant, c’est de dormir. Et moi aussi. Tout Jedi qu’elle puisse être, elle ne peut pas plus que toi fuir le vaisseau tant que nous somme en hyperespace, donc elle pourra encore nous raconter son histoire demain, si elle y tient. Je vais leur demander de nous excuser et je reviens.

Porrim n’avait pas encore franchit la porte de la cabine qu’Ambre sombrait déjà dans un sommeil profond.