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Trouver son foyer

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— Ah Parfait! Vous êtes toujours là!

Ambre tourna la tête pour voir arriver Falaa. Ça faisait à peine deux heures qu’elle était partie faire ses affaires.

— Cette endroit est aussi bien qu’un autre pour attendre, fit remarquer Porrim.

En vérité, elle et Ambre avait préféré minimiser les chances d’être vu et reconnu en ne parcourant pas le spatioport en long, en large et en travers. Le risque que quelqu’un soit déjà en train de remonter leur piste devenait plus bas à mesure que le temps passait. En d’autre circonstance, iels auraient probablement profité de l’occasion pour vendre le reste de leur butin, et peut-être se périmètres quelques achats de luxes. Des vêtements neufs et à leur taille, peut-être? Ou de la nourriture en provenance d’un coin quelconque de la galaxie? Mais non, iels s’étaient contentés des boissons les moins cher dans un bar louche.

— Eh bien, on n’attends plus. J’ai une cargaison qui n’attends pas, et vous avez de la chance qu’elle soit plus riche que vous.
— Une cargaison?
— C’est pas vos affaires. Alors, vous voulez toujours partir ou pas?

Ambre et Porrim se levèrent en guise d'assentiment et suivirent la contrebandière. Le trajet jusqu’au hangar fut plus long que ce qu’Ambre avait imaginé, ou peut être était-iel à ce point sur les nerfs, à force d’attendre en risquant que quelqu’un les retrouve, que son appréciation du temps était particulièrement altérée. Porrim à ses côtés ne semblait pas particulièrement inquiète, mais c’était difficile d’être sûr·e sans la regarder directement, ce qui n’aurait pas manqué de dévoiler sa propre nervosité. Ambre ne pouvait empêcher son esprit d’imaginer une multitude de scénarios catastrophes. Et si on avait remarqué leur absence dans l'organisation? Est-ce qu’un indice menant à elleux avait survécu à l’explosion? Est-ce qu’on les avait vu·e·s sortir par la fenêtre avant l’explosion? Un·e togruta et une sélonienne ensembles passaient difficilement inaperçu·e·s, même dans la foule de Nar Shaddaa. Est-ce que la Jedi les poursuivait toujours? Si oui, ne risquait-elle pas de surgir au détour d’un couloir? Et Falaa? Elle était revenue les chercher beaucoup plus tôt que prévu. Avait-elle eu vent de l’accident ? Les avait-elle vendu·e·s ? Son histoire de cargaison inespérée était trop belle pour être vrai… Tout en ruminant et en se préparant à mille scénario, Ambre continuait de suivre en silence.

Iels arrivèrent enfin. Constatant qu’iels n’avaient pas été attaqué·e·s en chemin et que le hangar contenait effectivement un vaisseau cargo, Ambre se détendit un petit peu. C’était un vieux modèle qui avait visiblement vu des jours meilleurs, mais Ambre était surtout pressé·e de quitter la planète, peut importait que ce rafiot fasse le trajet en une semaine ou en un mois. Iel se retint de tout commentaires. Porrim, en revanche, siffla d’admiration.

— Un authentique YT-1000? Je ne pensais pas qu’il en restait encore en état de marche. Je suis certaine que vous en tireriez un bon prix auprès d’un collectionneur.
— Ça, c’est rien. À la passe des contrebandiers, certains furieux organisent des courses avec des YG ou des classes Barloz. Il parait même qu’un furieux à voulu présenter un cargo XS datant de plus de mille ans! Enfin, c’est ce qu’il se raconte. À côté, mon vieux vaisseau est tout à fait banal. Enfin, il le serait si je ne l’avais pas fait amélioré.

Ambre sentait une réelle passion dans les paroles de la contrebandière, et sentait qu’au moins, Porrim et elle auraient l’occasion de créer des liens pendant le voyage. C’était très bien car avec un peu de chance, Falaa pourrait leur donner un coup de pouce à l’arrivée à Bakura. En revanche, iel commençait à considérer qu’un mois enfermé·e dans cette boîte de conserve risquait d’être un peu plus pénible que prévu, s’iel ne trouvait pas elle-même quelque chose à faire pendant que son amie échangerait des savoirs ésotériques avec Falaa.

La rampe du vaisseau s’abaissa, coupant ainsi la discussion en cours et les réflexions d’Ambre. Un droid humanoïde, visiblement constitué de plusieurs châssis n’ayant jamais eu vocation à fonctionner ensemble, descendit les accueillir. Ambre espéra qu’il ait une conversation intéressante.

— Kai, je te présente nos derniers passagers, dit Falaa en faisant les gestes d’usage. Mes amis, je vous présente Kai, mon copilote.

Le droid émit une série de bip et de sifflements. Les espoirs d’Ambre en matière de conversation s’envolèrent.

— Ne sois pas grossier Kail. Non, je n’ai pas trouvé un nouveau vocalisateur pour toi, je n’ai pas eu le temps.

Kai émit une nouvelle volée de sons stridents. Il semblait plutôt mécontent.

— Qu’est-ce que tu en sais qu’iels ne comprennent pas? Iels n’y sont pour rien. Et n’insulte pas notre autre hôte. Vu le prix de la course, tu peux bien attendre un peu. Et tu pourras même te payer le luxe d’être sûr que ton nouveau vocalisateur n’aura servi à personne avant toi.

Kai répondit et se retourna pour remonter la rampe. Ambre aurait pu juré l’entendre maugréer.

— Désolée pour ça, dit Falaa. Kai est en général de bonne compagnie, mais sa momentané incapacité à s’exprimer normalement le rend irritable. Voyez-vous, d’habitude, il est plutôt bavard.

Cette fois, Ambre était certain·e que c’était de l’agacement profond qu’elle décelait dans la voix de Kai venant de l’intérieur du vaisseau.

— Oui, oui, on arrive, répondit Falaa. Bon, après vous, dit-elle à l’intention de Porrim et d’Ambre.

L’intérieur du vaisseau semblait aussi vétuste que l’extérieur, mais il était propre. Falaa montra la porte directement à droite après la rampe :

— Ce sera votre chambre pendant la durée du voyage. Les deux autres chambres se trouve à l’opposé du vaisseau : La première est la mienne et celle de Kai, la seconde est réservé par la personne qui nous permet de partir plus tôt. Pour des raisons évidentes je vous demande aimablement de ne pas y fourrer vos nasaux. C’est également le cas pour les soutes, de chaque côtés du couloir menant au cockpit. Si vous respectez ces règles, je resterais aimable avec vous. C’est bon pour vous ?
— Aucun problème capitaine, répondit Porrim.

Ambre resta muette. Iel sentait quelque chose de confus qu’iel n’arrivait pas à identifier, et plus iel se concentrait, plus ça lui échappait. Tout d’un coup, le visage de Falaa se matérialisa à 2 centimètres de son visage. Iel sursauta.

— C’est bon pour vous? répéta-t’elle.
— Heu oui, aucun soucis. Pardon, j’avais la tête ailleurs.
— Bien, on va pouvoir y aller. Vous êtes bienvenu·e·s dans le cockpit si vous voulez assister au décollage.
— Avec beaucoup de plaisir, capitaine.