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Trouver son foyer

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Une des choses qu'il fallait comprendre pour survivre sur Nar Shaddaa, plus que la plupart des trous paumés de la galaxie, c'est que rien n'y était éternel. Certes, les Huths dominaient ce monde depuis des millénaires, mais même leur influence était mouvante. Même eux avaient dûs s’adapter. Par exemple, Ambre avait grandi dans une zone gouvernée par l’un d’eux. Dans ses plus vieux souvenirs, iel habitait dans un appartement, avec des parents aimants. Puis sans qu’iel ne se souvienne vraiment ce qui était arrivé, iel avait vécu·e dans la rue, à voler les passants pour le compte d’un adulte, dont iel avait également oublié le nom. Iels étaient une demi-douzaine d’enfants. L’adulte appelait le squat où iels dormaient l’orphelinat. Iels ne se souvenait pas vraiment d’eux non plus, à part peut être ce petit rodien qu’elle aimait bien. En revanche, Iel se souvient bien de ce soir où iel était rentré pour trouver l’orphelinat occupé par un groupe d'inconnus. La première chose qui l’avait alerté, c’était les voix. Des voix d’adultes qu’iel ne connaissait pas. Iel était entré·e dans le bâtiment par une des issues de secours. Il y avait une odeur d’ozone à l'intérieur, et des impacts de blaster. Iel ne vit pas de trace de sang ou de cadavres qui l’aurait renseigné sur le sort de ses camarades et n’osa pas risquer d’être vu·e par les nouveau occupants des lieux. Iel ne savait pas non plus si ceux-ci étaient responsable de la disparition de son seul cercle social ou s’iels s’étaient juste installé après. Peu importait, vraiment. Ce n’était pas comme s’iels avaient été vraiment proche. Iel se demandait de temps en temps ce qu’iels étaient tous devenus. Rarement. Après ça, iel avait survécu·e seul·le pendant quelque temps, volant ce dont elle avait besoin, payant parfois quand elle avait les moyens. Iel avait fini par rejoindre une bande. Iel se souvenait de la bande. Iel y avait rencontré Porrim, une Sélonienne, un genre de grande loutre humanoïde. La bande n’avait pas survécu longtemps. Leur chef était un chiss, un humanoïde bleu au yeux complètement rouge. Un bon leader, mais trop arrogant. Seuls Porrim et Ambre avaient survécu·e·s. Comme leur chef avait un accord avec une des mafias locale, iels avaient été recruté·e·s par défaut. Ça leur permit de recevoir des soins grandement nécessaires sur le moment. Évidemment, en contrepartie, iels avaient contracté une dette. Le genre de dette en principe impossible à rembourser en une seule vie…

Ce qui amenait Ambre et Porrim au moment présent.

— C’est un foutu musée! déclara Porrim.

Elle embrassait du regard la salle rempli de trophées posés sans ordres particuliers sur des armoires surchargées. Très peu d’objets avait une réelle valeurs marchande. Ambre supposait que la plus grande partie avait été récupéré en guise de paiement d’une dette ou d’une autre, par principe. Il y avait une étagère complète réservée à des prothèses cybernétique. Toutes semblaient en bon état à première vu, mais Ambre n’avait pas envie de trouver de quoi confirmer ses soupçons.

— J’ai jamais visité un musée, déclara Ambre, mais je suis certain·e qu’ils sont mieux rangés que ça.
— Évidemment que tu n’as pas visité de musée. Il n’y a rien de suffisamment permanent sur cette planète pour qu’on puisse y mettre un musée de quoi que ce soit. Le truc le plus proche d’un musée qu’on a c’est… ben ça.

Porrim fit un ample geste du bras pour désigner l’ensemble de la pièce, mais Ambre ne la regardait pas. Son attention était occupée par quelque chose au fond de la pièce. Une vieille boîte poussiéreuse était seule sur son étagère. L’idée que ce fût un piège lui traversa l’esprit. : Vraiment? Un objet isolé dans un capharnaüm pareil? La boîte en elle-même pouvait bien être d’une banalité affligeante, la disposition criait presque que le contenu était important. Iel s’approcha prudemment.

— Ambre? Tu sais que ce n’est pas prudent de voler plus que ce qu’on est venu chercher!
— Connerie de conte pour enfant! Si on ne faisait pas un peu d’à côté, on serait tout·e·s les deux mort·e·s de faim.
— Oui, ok, mais d’habitude on ne pille pas un parrain de la mafia. Et surtout pas notre parrain. Tu voudrais pas t’en tenir au plan juste pour aujourd’hui?
— Ouai, comme si ça nous avait porté chance la dernière fois!

Porrim ouvrit la bouche pour répliquer et la ferma sans rien dire. La dernière fois dont parlait Ambre, c’était la nuit où leur ancien gang avait été littéralement volatilisé. Leur regretté chef avait insisté que son plan ne souffrait aucune déviation, et que le timing était cruciale. Tout le monde avait jouer la partition avec précision, même quand les choses avaient commencées à déraper. Ambre avait perdu ses jambes et Porrim avait eu la colonne vertébrale brisée, sans parler des dégâts fait à son épiderme. Leur nouveau patron avait payé les soins, les prothèses cybernétique et même la réimplantation de fourrure. Ambre et Porrim auraient pu être véritablement reconnaissant·e·s s’il ne s’était pas avéré être un tel connard arriviste qui leur rappelait tout le temps ce qu’iels leur devaient. Plutôt que de perdre du temps à discuter avec Ambre sur le sujet, elle commença à poser les explosifs. Iels avaient toutes deux appris beaucoup à propos de leur utilisation depuis l’accident. L’idée était de détruire les trophées de leur “bien-aimé” chef, d’une part en guise de rétribution, d’autre part pour couvrir le vol d’un objet de valeur dont la vente leur permettrait de quitter cette maudite planète, pas de faire effondrer les 30 étages supérieur sur leur tête.

Ambre entre temps, semblait avoir écouté la voix de la sûreté et avait entrepris de passer en revu les butins visibles. Deux armes particulièrement travaillés retinrent son attention. Iels pourraient en tirer un bon prix, même bradées, mais probablement pas assez pour leur projet. Iel les glissa à sa ceinture quoiqu’il en soit. Une boîte cubique avec des motifs étranges… Iel ne vit aucun moyen évident de l’ouvrir. Iel la prit pour faire expertiser plus tard, on ne savait jamais. Iel trouva finalement ce qu’iels étaient venu chercher : Un casque Mandalorien. Juste avec ce qu’il représentait en matière première, Iel pourrait trouver se payer un voyage vers n’importe où dans la galaxie. Et celui-ci, si on en croyait son actuel propriétaire, avait au moins deux siècles d’histoire. Mais surtout, le vol du casque avait été commandé par un mandalorien, qui pour des raisons politiques ne pouvait agir lui-même. Sur Nar Shaddaa, même les mandaloriens devaient changer.

— Je l’ai! dit-elle triomphante en brandissant le casque.
— Super! J’ai presque fini aussi. Essaye de ne rien faire de stupide en attendant.
— Oui maman…
— Et tu rangeras ta chambre en rentrant!
— Bien sûr!

La vieille boîte moche et isolée appelait Ambre à nouveau. Ou plutôt elle continuait à appeler Ambre qui n’avait plus rien de mieux à faire pour s’occuper l’esprit. Iel s’avança et prit quelques instant pour chercher d’éventuels pièges. Mais non, c’était juste une vieille boîte poussiéreuse. Iel jeta un coup d’œil coupable vers Porrim. Elle était encore occupée. Ambre ouvrit la boîte. A l'intérieur iel vit un objet cylindrique, long comme deux mains et demi. Iel l’empoigna.

Avant qu’elle ai pu inspecter plus en détail le curieux objet, la porte de la salle s’ouvrit. Ambre et Porrim se tournèrent pour voir leur “bienfaiteur” s'avancer.

Ceci m’appartient, dit-il simplement à l’intention d’Ambre.

Il leva une main, et Ambre senti l’objet cylindrique tirer en direction de son propriétaire autoproclamé. Elle lutta, plus par principe qu’autre chose, mais le cylindre tirait de plus en plus fort. Finalement, elle lâcha, sous peine de se faire emporter. Son doigt toucha une aspérité de l’objet, qui dévia légèrement de sa trajectoire, tandis qu’une barre de lumière verte s'échappait d’un des bouts, terminant sa course en traversant la poitrine d’un “bienfaiteur” très surpris. Il s'effondra sans un mot, tandis qu’Ambre et Porrim restèrent figées quelques secondes. Finalement, Iels se précipitèrent pour tirer le corp à l’intérieur et fermé la porte avant que quelqu’un d’autre de passe dans les environs.

— C’est un sabre laser, dit Porrim.
— A l’évidence.
— Et il a utilisé la force.
— On dirait bien.
— Je croyais que les Jedi étaient une légende!
— Baisse le ton! Tu veux nous faire repérer? On continu le plan comme prévu. Avec lui en plus, il se peut même qu’on croit à un suicide.
— Tu as tué un Jedi!

Ambre claqua des doigts juste devant le nez de Porrim qui sursauta.

— On en parlera quand on sera sortie de là, OK ? Je ne suis même pas sûr de ce que j’ai fais. Tu as finis de poser les explosif, ou presque. J’ai ce qu’on est venu chercher. On se tire, on fait exploser la salle comme prévu, ok ?

Porrim ne put que hocher la tête.

— Bien, alors passe devant, je te couvre.

La sélonienne ne se fit pas prier et couru jusqu’à la fenêtre. Ambre pris quelque instant pour récupérer l’arme légendaire avant de la suivre. La rue se trouvait une bonne centaine de mètres plus bas, heureusement, Porrim et Ambre étaient équipé·e·s de gants et de chaussures spéciales, leur permettant de ramper rapidement sur les parois lisses de l’immeuble jusqu’à la ruelle sur le côté, puis de descendre dans une relative discrétion. Porrim attendis qu’Ambre soit à Terre avant de sortir la commande des détonateurs. Ambre hocha la tête. Porrim Appuya et l’explosion retentit. Iels se fondirent dans la foule en calquant leur attitude sur les passants les moins téméraires.