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Nous méritions mieux.

Chapter Text

Tyrion sursauta brusquement en apercevant le mercenaire se balader tranquillement dans les couloirs de Winterfell.

 

« Je peux savoir ce que tu fais là ?

 

- Là, dans le château, ou là, dans le couloir ?

 

Le nain fronça les sourcils.

 

- Heu... les deux, je dirais.

 

- Hé bien, je suis présentement dans le château parce que je cherche ton frère. Et je suis dans ce couloir parce que... je cherche ton frère. Depuis au moins trois quarts d’heure, je pense. Où peut bien être sa putain de chambre, c’est un véritable labyrinthe ce truc !

 

- Pourquoi tu veux le voir au juste ?

 

Bronn haussa les épaules.

 

- A la base, j’étais censé venir te tuer toi et ton frangin, vu que l’ancienne reine avait promis de faire ma fortune, mais comme elle s’est faite poignarder par la gamine Stark, ça semble compromis... (Il ignora l’exclamation de surprise de Tyrion : Attends, quoi, Cersei t’as demandé de nous tuer ?, et continua son récit.) De ce fait, je me suis retrouvé là, sans avoir grand-chose à faire. Et puis je me suis brusquement souvenu que toi et ton frère, vous me devez un château !

 

- Je doute que tu l’ais jamais oublié, grimaça Tyrion.

 

- Donc, je me suis dit que, comme la guerre est finie, que vous avez terrassé les affreux machins aux yeux bleus, mais aussi battu cette garce tarée qui te faisait office de sœur autrefois, et que j’y ai un petit peu contribué vu que j’ai sauvé ton cul et celui de ton frère de nombreuses fois, j’estime que je le mérite quant même un peu mon château !

 

Se sentant soudainement très fatigué, Tyrion ferma les yeux et se frotta les tempes en soupirant.

 

- Ne t’en fait pas, tu auras ton foutu château. Un Lannister paye toujours...

 

- Ta gueule Tyrion. Ferme ta putain de gueule, et ne finit surtout pas cette phrase. Sinon, je te pète le nez, c’est clair ?

 

- Pourquoi tu n’as pas pensé à aller me voir en premier au fait ?

 

Bronn haussa les épaules.

 

- J’ignorais que la Main de la reine se trouvait encore à Winterfell, je pensais qu’après la fin de la guerre, tu serais resté à Port-Réal. Et puis, j’ai sauvé ton frère d’un dragon, il est sûrement celui de vous deux qui me doit le plus !

 

- Mon frère doit être en train de boire un coup avec Podrick et Ser Brienne, pour célébrer le fait d’être encore en vie.

 

- Ouais, j’ai entendu parler de ça, apparemment, ton cher frère a fait d’elle un chevalier, l’a adoubée devant cinq ou six personnes, la totale quoi... Et sinon, l’interrogea-t-il avec nonchalance, ils ont enfin fini par baiser ensemble ces deux-là ?

 

Tyrion cligna des yeux, abasourdi.

 

Comment diable était-il au courant de l’attirance/béguin/amour fou (absolument pas bien dissimulé) de son frère pour Brienne de Torth ?

 

Et surtout... comment pouvait-il être sûr que c’était réciproque ?

 

Cette femme ne laissait jamais rien transparaître, ou peut-être que c’était dû au fait qu’il la connaissait à peine, mais en tout cas, ça ne répondait pas à la question.

 

- Attends, quoi ?

 

- Oh, allez ! S’exclama Bronn. Dis-moi au moins un truc croustillant sur ces deux-là, histoire que je m’emmerde moins. Ça fait des semaines que j’ai pas baisé, se plaignit-il, ça m’intéressait de savoir si d’autres s’en sont mieux sortis que moi. Même à Port-Réal j’ai absolument rien fait, t’imagine ! Quoi que, se ravisa-t-il soudainement, ça valait mieux en fin de compte. Alors ?

 

- Mais... mais j’en sais rien ! Qu’est-ce que ça peut me faire de si mon frère baise, ou même encore d’avec qui il baise ! Et puis... pourquoi tu me demandes ça d’abord ? Tu te doutes bien que je ne suis pas vraiment au courant d’avec qui mon frère couche.

 

Le mercenaire hocha alors la tête.

 

- T’as raison, acquiesça-t-il, je ferais mieux d’aller demander au principal intéressé. Allez, à plus Tyrion, c’était sympa de te revoir, et je suis content que tu sois en vie, fit-il avant de s’éloigner vers une des nombreuses pièces du château, où le Régicide se trouvait, et dont Tyrion lui avait montré la porte du doigt quelques secondes auparavant. »

 

Tyrion resta figé, se demandant ce qu’il venait de se passer.

 

Il ne saurait sans doute jamais.

 

§§§§

 

En voyant Bronn entrer dans la pièce qu’il occupait actuellement avec Brienne et Podrick, Jaime ne sut sur le moment s’il devait être agacé ou amusé que le mercenaire surgisse là justement au moment où on l’attendait le moins.

 

« Ser Bronn de la Néra ! Le salua-t-il avec amusement. Bienvenue à Winterfell. Je peux savoir ce que tu fais ici ?

 

Le chevalier décida de ne pas y aller par quatre chemins.

 

- Pour parler de ce château que toi et ton frère me devez tout les deux. Il me semble que j’attends depuis suffisamment longtemps. »

 

Le sourire de Jaime s’effaça brutalement, et il se leva immédiatement, avant de saluer ses deux autres interlocuteurs.

 

- Ser Brienne, Podrick, je suis navré, mais je dois vous quitter. Son sourire réapparut sur son visage. J’ai bien peur que cet énergumène ici présent ne me gâche la soirée si je ne lui donne pas ce qu’il veut.

 

(Jaime pensa après coup au fait que sa phrase était formulée bizarrement.)

 

- Tu sais, si tu me trouves casse-couilles, déclara Bronn avec sa finesse habituelle, tu peux le dire. »

 

Brienne, perdant sa contenance habituelle, ne put s’empêcher de légèrement pouffer d’amusement, sans doute à cause du vin qu’elle avait ingurgité, qui lui permettait de trouver drôle ce qu’elle n’aurait sans doute pas trouvé amusant dans d’autres circonstances.

 

Le regard de Jaime se posa sur elle et son sourire s’adoucit, chose que seul Bronn remarqua, et il comprit alors qu’il s’était en réalité à moitié planté.

 

D’accord, donc en fait, il ne veut pas juste se la faire, il en est carrément amoureux.

 

Si ça ce concrétise pas entre eux, il va être imbuvable dans les jours qui vont venir, prédit-il.

 

Les deux hommes sortirent dans un silence quasi-complet, avant de se diriger vers la salle où les banquets étaient organisés, qui était désormais vide de monde, puisque tout le monde s’était déjà retiré dans sa chambre pour boire/parler/dormir/baiser/insérer un autre exemple aléatoire d’une quelconque activité possible dans une chambre.

 

« Pour être honnête, fit Bronn, je ne suis pas là pour te parler de mon futur château. J’en ai déjà cause avec ton petit frère, et je pense que cette affaire est réglée pour de bon.

 

Jaime fronça les sourcils.

 

- Et... pourquoi tu voulais me parler du coup ? Et de quoi ?

 

- De toi et de Ser Brienne. »

 

Le visage du Régicide se teinta d’une rougeur impossible à cacher, et Bronn eut un rictus en constatant qu’il avait visé juste.

 

« C’est bien ce que je pensais, ricana-t-il. Alors c’est bon ? Ça y est, vous avez enfin baisé ? Vue toute la frustration que vous vous trimballez depuis le temps, je suis soulagé d’apprendre que c’est enfin fait.

 

- Bronn... je pense que tu te méprends à ce sujet. Moi et Brienne, nous n’avons pas ce genre de... relation.

 

Le silence qui suivit ces paroles était très pesant, avant que Bronn ne tourne sa tête dans sa direction.

 

- Tu te fous de ma gueule j’espère ?

 

Jaime tourna la tête en signe de dénégation.

 

- Non. Absolument pas.

 

- Mais... tu l’as adoubée ! Tu as fait d’elle un chevalier, tu as réalisé son plus grand rêve, tu l’as légitimée aux yeux de tout le monde ! (Non pas qu’elle en ai réellement besoin, mais quant même, c’est pas rien !) Si ce n’est pas une preuve d’amour, je ne sais pas ce que je sais.

 

- Rien à voir, mentit Jaime avec peu de conviction. Si je l’ai fait, c’est parce que je l’admire profondément, que c’est une grande guerrière, et qu’elle le mérite parfaitement.

 

- Et en plus, si j’ai bien tout suivit, tu l’as fait juste avant que la Longue Nuit ne commence (et ne finisse quelques heures plus tard.) Je veux dire, c’était la parfaite occasion pour te rapprocher d’elle, ce n’est pas comme si elle n’avait pas envie de te baiser non plus ! Donc rien ne s’est passé, nada ?

 

- Non, répéta Jaime. Je n’ai rien fait, et à vrai dire, je ne vois pas en quoi ça te concerne.

 

- C’est de la logique élémentaire. Si tu es heureux, tu me payes mieux, tout simplement. Ou tu es plus indulgent si je fais des conneries. Enfin quant même, tu as bien dû lui dire quelque chose à ce sujet, non ?

 

- Non, rien, dit Jaime pour la troisième fois. »

 

Bronn le regarda alors comme s’il était le plus grand crétin de l’univers.

 

« Attends un peu, que je vois si je comprends tout. Donc, vous étiez tout les deux là, dans ce château, la nuit juste avant que les morts ne foncent sur vous. C’était la fin du monde, il y avait 100 % de chance pour que vous ne vous en sortiez pas... Et toi, tu n’as rien tenté ?

 

- Exact...

 

- Vous les Lannister, je vous comprendrai jamais... Entre ton frère qui est tombé amoureux d’une prostituée qui l’a trahi et toi qui est beaucoup trop coincé pour avouer tes sentiments à la femme que tu aimes, à défaut d’essayer de coucher avec elle... Vraiment, tu me sidères... Enfin bref, moi je vais me coucher, je suis trop fatigué pour ces conneries. Bonne nuit ! »

 

Alors qu’il entendait les pas de Bronn résonner dans le château, Jaime crut entendre le mercenaire murmurer un « Espèce de crétin » dans sa barbe.

 

§§§§

 

« Les amis, déclara Bronn avec un sérieux terrible juste devant Tyrion Lannister et Podrick Payne, l’heure est grave. »

 

Ces derniers levèrent la tête, et le nain haussa un sourcil circonspect avant de se mettre à ricaner.

 

« Quoi ? Lui demanda-t-il. Le fantôme de Cersei est sur le point d’attaquer le château pour se venger de moi et de Jaime ?

 

- Ton frère et lady... pardon, Ser Brienne n’ont toujours pas baisé ensemble. Ou du moins ils ne se sont toujours pas parlés du fait qu’ils ont envie l’un de l’autre. Et c’est un problème.

 

- Oui, en effet, c’est un souci capital ! Se moqua ouvertement Tyrion. Et ça mérite qu’on en fasse toute une histoire ?

 

Le mercenaire se tourna vers lui.

 

- Je te signalerai mon cher, que oui. Pour moi en tout cas, je te ferai dire que ce n’est pas toi qui est censé travailler pour lui. Jusqu’à ce que j’ai mon château du moins. Tu ne vas donc pas avoir à supporter continuellement ses jérémiades.

 

- Jaime est mon frère. Je doit le supporter tout le temps. Et toi au moins, tu es payé pour faire ça.

 

- Sans vouloir vous interrompre, Ser, fit timidement Podrick, je pense que Ser Bronn a raison à ce sujet. »

 

Face à cette remarque, Bronn se mit à sourire de façon éclatante et envoya un clin d’œil tout sauf subtil à l’écuyer de vingt-cinq ans, qui se mit à furieusement rougir.

 

Tyrion se figea, interdit, et comprenant qu’il avait sûrement raté un épisode...

 

Et peut-être que c’était le vin qui lui faisait mal lire les signes, mais...

 

Depuis quand est-ce que Bronn draguait ouvertement Podrick ?

 

Et surtout, pourquoi est-ce que personne ne lui disait jamais rien ?

 

Quoi que, là, il n’avait peut-être tout bonnement pas envie de savoir.

 

« Soit, peut-être, mais comment...

 

- Ser Brienne est définitivement amoureuse de votre frère, lui affirma Podrick avec plus d’assurance. Et votre frère l’aime également, c’est sûr, je pense qu’ils sont les deux seules personnes de ce château à ne pas l’avoir encore compris.

 

- Et pourquoi est-ce que ce serait à nous de gérer ça ? »

 

Il venait à peine de traverser la guerre contre les marcheurs blancs, et la guerre contre sa sœur, il ne pouvait pas avoir un peu de temps à lui, merde ?

 

« Parce que ça te fera quelque chose à faire. Une distraction autre que le vin, les putes ou les livres. Et aussi parce que ces deux là sont des putains d’handicapés sentimentaux.

 

- Je ne l’aurais pas dit dans ces termes, mais je suis plutôt d’accord.

 

Tyrion se mit alors à soupirer.

 

- Très bien. On fait quoi du coup ? »

 

Un sourire machiavélique prit place sur le visage de Bronn.

 

« J’ai un plan. »

 

§§§§

 

« Ser Tyrion... Que me vaut le plaisir de votre présence ici, à cette heure ? »

 

Plus il y réfléchissait, plus il se disait que le « plan » de Bronn n’avait absolument aucun sens pour lui.

 

Il n’était probablement pas assez ivre ou fatigué pour penser que c’était une bonne idée, ce qui expliquait plus ou moins qu’il ait fini par dire oui quelques heures plus tôt, quand il était encore dans cet état.

 

Et il sentait qu’il allait bientôt s’en repentir.

 

Aller voir Brienne pour lui parler directement d’un truc privé qui n’était supposé la concerner qu’elle et Jaime ?

 

Disons qu’il n’avait pas spécialement envie que la femme chevalier ne...

 

Oui, bon, c’était Brienne, donc elle n’allait probablement pas le frapper juste pour ça, mais quant même, vous voyez l’idée générale.

 

Pour faire court, disons que le nain n’avait pas la moindre envie d’énerver une femme qui faisait trois fois sa taille (au moins), et qui risquait de facilement l’emplafonner dans le mur le plus proche s’il lui en prenait l’envie, et ce, sans absolument aucun effort à faire.

 

« Je suis venu pour vous parler de votre relation avec mon frère.

 

La jeune femme l’avait alors regardé avec surprise, mais aussi avec un air tendu et inquiet, ce qui semblait plus ou moins confirmer la théorie de Bronn, enfin, pour ce que Tyrion pouvait en conclure après avoir regardé la femme chevalier pendant seulement deux petites secondes.

 

- Quelle relation ? Et puis-je savoir en quoi cela vous concerne ?

 

- Oh, en rien du tout ! Déclara Tyrion avec une grande franchise. Mais il se trouve que moi, Bronn et Podrick, nous vous avons observé vous et mon frère, et nous sommes tout les trois parvenus à une conclusion.

 

- Que vous deviez vous mêler de vos affaires ? Lui demanda la blonde, acide.

 

- Et accessoirement me la fermer, je le sais, ajouta le Gnome, nullement atteint par sa remarque. Non, en réalité, nous sommes désormais fermement convaincus que vous en êtes tombée amoureuse.

 

Elle le fusilla du regard.

 

- Quant bien même ce serait vrai, à nouveau, en quoi cela peut-il bien vous concerner ? »

 

Elle ne niait pas.

 

C’était une bonne chose, enfin, il le supposait.

 

« Mon frère vous aime, annonça-t-il cash. Depuis longtemps je crois.

 

- Non, le contredit-elle. Votre frère aime Cersei. Et sa mort ne change rien à cet état de fait.

 

C’est en la regardant dans les yeux et en voyant la douleur dans son regard que Tyrion réalisa alors que Bronn avait parfaitement raison à son sujet.

 

- Ma sœur est une garce doublée d’un monstre. Enfin, était. Elle a envoyé un mercenaire pour nous tuer, mon frère et moi. Je pense que c’est plutôt clair, non ?

 

- Je n’arrive toujours pas à saisir où vous voulez en venir.

 

- Vous aimez mon frère et il vous aime. Il vous a adoubée, bon sang ! Ça doit bien vouloir dire quelque chose, vous ne pensez pas ? Comptez-vous faire quelque chose à ce sujet ?

 

- Non, je vous le répète, votre frère ne m’aime pas ! Il me respecte, et ça me suffit.

 

Tyrion se mit alors à sourire.

 

- Vous êtes une femme admirable, Brienne. Seulement, vous pourriez aussi être heureuse, vous ne croyez pas ?

 

- Cette conversation est terminée Ser, finit-elle par dire avec froideur. Je vous prierais donc de sortir. »

 

Il regarda ses mains, et s’aperçut alors que celles-ci tremblaient.

 

De colère, de rage ?

 

Sans doute pensait-elle qu’il ne faisait que rire d’elle.

 

Il hocha la tête, avant de se lever, et de sortir.

 

La Main de la reine soupira alors, espérant que Podrick s’en sortait mieux de son côté.

 

§§§§

 

A vrai dire, il ne faisait pas vraiment mieux.

 

« Depuis quand ma vie amoureuse ou sexuelle intéresse-t-elle mon frère ?

 

Podrick haussa les épaules.

 

- Vous savez, je ne suis que le messager, et tout comme Ser Bronn et Ser Tyrion, j’ai bien remarqué votre intérêt pour Ser Brienne.

 

Oui, effectivement, tout le monde à Winterfell – à part la principale intéressée – s’en était rendu compte.

 

Enfin, ce n’était pas comme si il le cachait bien.

 

- Et donc ?

 

- Votre frère veut votre bonheur, c’est tout.

 

Jaime ricana.

 

- Et il croit réellement que Brienne de Tarth a vraiment envie de faire quoi que ce soit avec moi ? »

 

(Bordel, il devait vraiment arrêter de dire des phrases à double-sens, ça devenait n’importe quoi.)

 

Podrick cligna des yeux, comme si il trouvait la question parfaitement absurde.

 

« Hé bien... oui. Elle vous aime, donc ça me paraît évident.

 

- Je suis le Régicide. L’incestueux. L’homme sans honneur. Tu crois sincèrement qu’une femme aussi honorable qu’elle pourrait vouloir d’un homme comme moi ? »

 

Non mais, quel idiot.

 

Cette fois-ci l’écuyer ne put s’en empêcher, et éclata carrément de rire, tandis que Jaime, lui, le regardait avec circonspection.

 

Le jeune homme se mit à sourire, réalisant avec stupeur que non, le chevalier n’avait toujours rien compris.

 

« Sans vouloir vous offenser, Ser, fit-il avec amusement, vous êtes un crétin. »

 

Puis, afin d’éviter de se prendre une claque derrière le crâne, il prit la fuite, ratant de ce fait l’air abasourdi de Jaime Lannister (qui ne s’attendait clairement pas à ça), avant qu’il ne finisse par en sourire.

 

§§§§

 

Quelques jours plus tard.

 

Passant devant la chambre de Jaime, Tyrion fronça les sourcils en voyant que Bronn et Podrick étaient postés devant la porte en question.

 

« Je peux savoir ce que vous faites ici ?

 

Il eut sa réponse quelques secondes après.

 

- BRONN ! Ouvre cette foutue porte par les Sept Enfers ! Hurla Jaime depuis l’intérieur de la chambre.

 

Un sourire goguenard aux lèvres, Bronn se permit de faire voler la clé de la chambre en l’air, avant de la rattraper juste après.

 

- Alors là, mon seigneur, ne compte pas sur moi pour faire une chose pareille ! S’exclama-t-il.

 

Une lueur de compréhension apparut immédiatement dans les yeux de Tyrion.

 

- Vous les avez enfermés dans la chambre de Jaime ? Chuchota-t-il au mercenaire et à l’écuyer.

 

Bronn hocha la tête.

 

- Oui, et plutôt deux fois qu’une ! Et à double tour, d’ailleurs. Si tu veux mon avis, lui dit Bronn, quelques heures là-dedans, c’est le meilleur moyen pour leur permettre de crever l’abcès.

 

Tyrion se prit la tête dans les mains, et soupira, atterré.

 

- Dis-moi, est-ce que tu as conscience que ça risque de les bloquer encore plus si on les force à rester ensemble, dans la même pièce, comme ça ?

 

- C’est pas mon problème ! Du moment que je n’ai pas à supporter la vue de ton frère et son air de chien battu dès que cette chère Brienne se trouve dans la même pièce que lui. Et je fais d’une pierre deux coups en même temps, c’est positif, non ? Allez, fit-il comme si de rien n’était, rangeant la clé dans sa poche, et si on allait boire un coup ? Que je te raconte comme j’ai pondu ce plan brillant.

 

- Laisse-moi deviner, lui répondit Tyrion avec ironie, ça t’as prit deux secondes de réflexion, c’est ça ?

 

- Hé ! S’indigna Bronn, faussement vexé. Absolument pas ! Au moins deux minutes, reconnut-il.

 

- La véritable question que je me pose, c’est plutôt, comment as-tu réussi à les piéger tout les deux dans cette pièce ? Je dois avouer que je suis plutôt impressionné.

 

- Oh, mais c’est très simple. Tout a commencé quand Podrick... »

 

§§§§

 

Derrière la porte, Jaime ne s’était toujours pas calmé.

 

« BRONN ! Répéta-t-il avec fureur. Ouvre-moi ! »

 

Utilisant sa dernière main valide, il frappa sur la porte à deux ou trois reprises, au risque de manquer de se faire mal.

 

Puis, en entendant le bruit des pas des trois hommes s’éloigner, il comprit que c’était peine perdue.

 

Il s’assit sur son lit et, enfouissant sa tête dans ses mains, il se mit à soupirer lourdement.

 

De l’autre côté de la pièce, Brienne, appuyée au mur derrière elle, avait les bras croisés, décidée qu’elle était à prendre son mal en patience.

 

« Dites-moi Ser, être en ma présence vous est-il à ce point insupportable ? Lui demanda-t-elle, agitée par une sourde colère. »

 

Les mots de Tyrion Lannister résonnaient à nouveau à ses oreilles, des mots qu’elle avait failli croire, mais la manière dont Jaime réagissait à la situation lui montrait bien que le frère du Régicide s’était bien trompé.

 

Et ça lui faisait terriblement mal.

 

Le chevalier releva la tête, et la regarda avec incrédulité.

 

« Quoi ?

 

- Hé bien, cela fait à peine quelques secondes que nous voilà seuls pour de bon, et vous piaffez déjà d’impatience à l’idée de sortir de cette pièce. Ça en dit long...

 

- Pardon ? Mais, enfin, absolument pas, ça n’a... Il ferma les yeux, avant de prendre une profonde inspiration. Ça n’a rien à voir avec vous, ni même avec ce que... Il ne termina pas sa phrase, et termina son discours par un grognement. Maudit Podrick et ses suggestions... marmonna-t-il avec aigreur.

 

Maudit écuyer qui, par ses simples mots, avait réussi à le faire espérer.

 

Son cœur se serra, et il tourna la tête, gêné, bien décidé à tout regarder dans la pièce excepté le visage de Brienne.

 

- Qu’est-ce que Podrick a à faire là-dedans ?

 

- Il est venu me voir il y a quelques jours pour me parler de... Il eut un sourire las. Ça n’a aucune importance de toute façon... »

 

Absurdement, le cœur de Brienne commença à lentement s’emballer, tandis qu’un espoir qu’elle s’était refusée de ressentir jusqu’à ce moment précis commençait à naître de nouveau en elle.

 

Serait-il possible que...

 

Tyrion lui avait bien dit que Podrick faisait parti du groupe persuadé qu’elle et Jaime étaient faits l’un pour l’autre, pas vrai ?

 

Et si Tyrion lui avait dit la vérité ?

 

Lentement, elle se rapprocha de lui, tandis que Jaime, lui, esquivait toujours son regard.

 

Il manqua donc le superbe sourire qui prit place sur son visage, le même sourire que le jour de son adoubement.

 

Elle s’assit à ses côtés, à sa gauche, et posa sa main sur la sienne.

 

« Votre frère m’a dit que vous m’aimiez... fit-elle, la gorge nouée à la fois par l’espoir et par la peur.

 

Jaime sursauta comme si il avait été brûlé, et en ne l’entendant pas se récrier, nier ce fait ou même se moquer d’elle, elle sentit son espoir grandir d’autant plus, et son sourire se fit tendre.

 

Il la regarda, et tressaillit en voyant la manière dont elle le regardait, la manière dont elle souriait, et il la trouva plus belle que jamais.

 

Dieux, il avait tellement envie de l’embrasser.

 

Mais il n’en avait pas le droit, pas vrai ?

 

Le sourire de la jeune femme se fit plus hésitant.

 

- Jaime, fit-elle avec douceur. Est-ce que... est-ce que c’est vrai ? Est-ce que tu m’aimes ?

 

Pour la première fois, il réussit à sourire.

 

- Oui, lui répondit-il sans aucune hésitation.

 

Le regard de Brienne se fit ému, et son sourire s’agrandit.

 

- Tu sais ce que je suis, ajouta-t-il immédiatement. Tu sais ce que j’ai fait, ce que j’ai commit pour... »

 

Le nom de Cersei flotta entre eux deux sans jamais être prononcé, tel un fantôme qui ne disparaîtrait jamais complètement.

 

Il lui avait dit ce qu’il avait fait à Bran Stark, à son cousin, à tout les autres, il lui avait parlé de ses crimes, que ce soit pendant la guerre ou non, il avait longuement évoqué sa relation avec Cersei, et tout ce qui avait pu en ressortir, de bien comme de mal.

 

Et pourtant, malgré ça, la femme chevalier ne l’avait pas accusé d’être un monstre.

 

« Vous êtes un homme bien Jaime Lannister. Meilleur que beaucoup d’autres hommes que j’ai connu. Vous vous êtes rachetés, vous avez refusé de vous ranger aux côtés de votre sœur au moment où celle-ci a faillit condamner l’humanité en refusant de se battre contre les marcheurs blancs. Vos remords seuls montrent votre humanité. Malgré vos erreurs, et vos crimes. Vous m’avez sauvé tellement de fois... Vous avez changé, en bien. »

 

Brienne se contenta de sourire de plus belle.

 

Elle prit son visage entre ses mains.

 

- Je le sais, oui. Je sais qui tu es. Et je t’aime pour ça. Parce que tu as réussi à devenir un homme bon. Tu es un meilleur homme aujourd’hui que tu ne l’as jamais été. Dieux, je t’aime depuis tellement longtemps ! As-tu la moindre idée d’à quel point ça m’a fait mal de te laisser à Port-Réal pour partir à la recherche de Sansa Stark ? Avoua-t-elle alors, soulagée de voir qu’ils pouvaient véritablement se parler à cœur ouvert désormais.

 

- Ça ne change rien à ce que j’ai fait. Je... ne suis pas digne de toi. Je ne te mérite pas.

 

Et, à sa grande surprise, la jeune femme se rapprocha de lui pour l’embrasser.

 

- Tais-toi s’il te plaît, dit-elle, le sourire toujours aux lèvres. Par les sept, tais-toi ! Je t’aime, murmura-t-elle, en continuant à l’embrasser. Je t’aime, je t’aime, je t’aime. Je t’aime tellement... »

 

Quand la femme chevalier le fit basculer sur le lit qu’ils occupaient tout deux, Jaime décida que le mieux à faire pour lui était de se taire.

 

§§§§

 

Podrick, qui avait été envoyé en reconnaissance devant la chambre des deux amants (Pas encore ! Aurait dit Tyrion. Ce n’est qu’une question de temps ! Aurait répondu Bronn) parce que lui au moins, il était discret, contrairement aux deux autres (Moi aussi je sais être discret ! - Ta gueule Bronn !), écouta pendant quelques secondes à la porte, avant de décider qu’il en avait assez entendu, et de décarrer en vitesse.

 

Il rejoignit ses deux compères, tout deux terrés dans la grande salle, attendant son rapport.

 

« Alors ? Lui demanda Tyrion en le voyant arriver. »

 

Le sourire épanouit sur le visage de l’écuyer en disait assez long sur l’issue de la « conversation » entre Jaime et Brienne.

 

« Youhou ! S’exclamèrent-ils alors en levant le poing en l’air en signe de victoire. »

 

Heureusement qu’ils étaient seuls à être présents dans la pièce, sinon on les aurait sûrement chassés à cause du bruit...

 

« Qu’est-ce que je disais ! S’exclama Bronn avec suffisance. Il suffisait de les enfermer ensemble dans une pièce pendant assez longtemps, et ça y est, tout est réglé ! Je suis sûr qu’ils doivent être en train de baiser en ce moment-même...

 

- Pitié Bronn, pas de détails ! J’en ai assez entendu à propos de toi et Podrick, je n’ai pas envie d’en savoir plus au sujet des prouesses sexuelles de mon frère. Ou de Ser Brienne.

 

L’écuyer eut la décence de rougir, contrairement à son amant, qui se mit à sourire.

 

- Dommage, j’aurais pu te dire ce que ce cher Podrick a fait aux trois prostituées, si jamais ça t’intéresse de savoir...

 

- BRONN ! Ta gueule ! Sincèrement.

 

Bronn se tut pendant quelques secondes, avant de hausser les épaules, et de se saisir de son verre de vin.

 

- En tout cas, si avec ça j’ai pas mon château, je sais définitivement pas ce que je suis supposé faire pour l’avoir. »

 

Tyrion leva les yeux au ciel.

 

Au moins, son frère avait trouvé l’amour.

 

C’était déjà ça.

 

FIN.

 

ND’A : Alors, pour les personnes dont le cerveau a explosé suite au niveau de crack dangereusement élevé présent dans ce texte et qui se demandent pourquoi le Bronn/Podrick, je répondrais : parce que le fandom anglais ! Et parce que je voulais caser Bronn avec quelqu’un, que j’ai pensé à Podrick, que j’ai vu que ce ship existait (six textes sur AO3) et que je me suis dit pourquoi pas ! Et parce qu’il était tard au moment où j’ai choisi d’exploiter ce couple, et que mon cerveau a totalement pété les plombs à ce moment-là.

 

PS : Si jamais quelqu’un a envie que j’écrive un vrai Podrick/Bronn, j’ai envie de dire, pourquoi pas !