Actions

Work Header

Le meilleur des mondes

Chapter Text

Chapitre 1 : Jamais facile

Pourquoi semblait-il toujours finir à l'infirmerie? Il était presque certain qu'il connaissait l'endroit mieux que n'importe quel autre élève, passé ou présent. Il s'étira et fléchit ses bras au-dessus de sa tête, relâchant sa tête d'un côté à l'autre, en se crispant alors qu'une douleur vive descendit le long de sa colonne vertébrale. On lui avait demandé de ne pas quitter son lit pendant au moins une autre journée, mais il commençait déjà à être impatient. L'année scolaire n'avait pas encore commencé et il y avait peu de monde dans les parage, sauf quelques enseignants. Il aurait désespérément souhaité de la compagnie, ne serait-ce que pour éviter de penser aux événements récents.

Les Dursley étaient morts. Du moins, c'est ce qu'on lui avait dit. Il n'arrivait pas vraiment à se souvenir des dernières minutes pendant lesquelles il a été dit qu'ils avaient été tués. L'attaque avait été si soudaine, dévastatrice dans sa précision et inattendue, même par les plus hauts gradés de l'ordre. Harry s'était battu du mieux qu'il avait pu, essayant de se défendre et de défendre sa soi-disant famille, mais à la fin ça n'avait pas suffi. Il avait perdu connaissance juste après avoir vu divers membres de l'ordre entrer par la porte, dont le dernier ayant été Rogue, dont il avait un vague souvenir de le voir marcher entre lui et un mange-mort qui avançait. Il s'était réveillé un jour plus tard dans l'infirmerie pour voir Rémus assis à son chevet, l'inquiétude évidente dans ses traits usés et fatigués. Il avait répondu à ses questions, celles qu'on lui avait permis de poser en tout cas, et Harry n'était pas très satisfait des explications de l'homme.

Apparemment Rogue avait perdu sa couverture d'Espion, l'attaque avait été si soudaine, si complètement inattendue, qu'il avait dû agir sur-le-champ, avouant inéluctablement que son allégeance allait à Harry et à l'Ordre. L'attaque de Privet Drive n'avait été, semble-t-il, connue que de Voldemort lui-même, et Rogue n'avait pu alerter l'Ordre que lorsqu'ils arrivaient presque à Little Whinging. L'homme s'attendait à un châtiment quelconque et l'Ordre était sur le qui-vive et s'attendait à des représailles terribles pour la perte que Voldemort avait subie à cause de la trahison de Rogue. Il n'avait pas vu l'homme depuis l'incident, mais il ne s'en plaignait pas vraiment.

Il se sentait encore engourdi, la nouvelle de la mort de sa famille l'affectant encore. Il n » s'attendait pas vraiment à ce que les vannes s'ouvrent, mais il s'attendait à ressentir quelque chose, n'importe quoi. Il n'avait pas encore décortiqué l'information, n'y avait pas pensé profondément, mais si il était honnête, il n'avait pas particulièrement envie d'examiner ses sentiments de trop près.

« Bonjour Harry, on se sent mieux? » il entendit la voix de Remus depuis la porte et se retourna pour voir l'homme à l'air fatigué qui se dirigeait vers le lit.

« Encore quelques douleurs et courbatures, mais je vivrai », répondit Harry, sa voix enrouée de ne pas avoir été utilisée. « Tu as l'air affreux », dit-il sans détour.

« Toujours aussi charmeur », rétorqua sèchement Rémus, prenant place à côté du lit. « J'ai eu quelques jours difficiles c'est tout – des missions pour l'Ordre et ce genre de choses, il y a beaucoup de nettoyage à faire à la suite de cette dernière attaque », dit-il en agitant la main d'un air dédaigneux.

« Rien dont tu me parleras, j'en suis sûr », murmura Harry, puis voyant que Remus était sur le point de lui faire des remontrances, il dit: « Désolé, ne fais pas attention à moi, je suis juste un peu frustré, c'est tout, j'ai été enfermé ici trop longtemps. »

Remus lui fit un sourire doux et attrapa sa main, lui donnant une pression réconfortante. « Je comprends Harry, nous essayons tous de faire au mieux. »

Harry hocha simplement la tête en réponse, son amour et son affection pour l'homme en face de lui l'empêchant de dire que ce que les autres pensaient être le mieux, s'était avéré avoir des conséquences désastreuses pour lui. « Remus? » Harry dit tranquillement, voyant enfin l'occasion de poser la question qui le tracassait depuis qu'il avait appris la mort des Dursley. « Que va-t-il se passer maintenant que les Dursley sont morts? Techniquement, je n'ai pas de tuteur légal, n'est-ce pas ? »

« C'est quelque chose à laquelle nous avons beaucoup réfléchi. Tu sais que je t'emmènerai demain si je pouvais, mais la loi me l'interdit, donc on va devoir penser à autre chose. »

« C'est dommage. » dit Harry tranquillement, « ça aurait été bien de venir vivre avec toi. Quoi qu'il en soit, je suppose que tout serait mieux que de vivre avec les Dursley. »

Remus eut l'air mal à l'aise pendant un moment, ne sachant quoi dire. Harry décida d'être généreux et de lui épargner le malaise, en lui donnant un coup de coude et en disant: « Je suis sûr que tout va s'arranger. Tu penses que je pourrais me lever et aller marcher? Je suis en train de devenir fou ici. »

« Du moment que tu t'en sens capable, et aussi longtemps que je n'en suis pas tenu responsable devant Poppy. Reviens dans une heure. »

Harry erra sans but autour du château, jetant parfois un coup d'oeil par la fenêtre ou s'arrêtant pour prendre un bref repos. Il se fatiguait facilement et il savait qu'il n'aurait probablement pas dû sortir du lit, mais au moins il était hors de cette maudite infirmerie, ne serait-ce que pour une heure ou deux.

Il s'arrêta juste à l'extérieur de la Grande Salle et s'affaissa sur la marche la plus basse de l'escalier. Il aimait assez Poudlard sans les élèves; il est vrai que c'était étrange et il y avait un écho inhabituel, mais il y avait plus d'espace pour respirer, plus de temps pour simplement s'asseoir et apprécier les choses, et le mieux de tout, pas de grands yeux de premières années qui le regardait alternant entre peur et émerveillement.

Il passa une main dans ses cheveux et a étira ses jambes devant lui, sentant ses muscles maltraités se plaindre du mouvement. Pauvre Rémus, se sentir comme ça tous les mois et devoir faire avec. Il dû s'avouer qu'il était déçu d'apprendre que Remus n'était pas autorisé à devenir son tuteur. Il en était devenu proche, au cours des deux dernières années, et il le considérait presque comme un père. Si ça ne tenait qu'à lui, il serait là en un instant.

« Vous donnez une impression désordonnée à cet endroit, Potter. » , une voix vint de derrière lui et il se retourna pour voir Rogue descendre l'escalier, venant s'arrêter sur la marche sur laquelle Harry était assis.

« Je ne savais pas que vous étiez si méticuleux à du ménage, Professeur. » répliqua Harry, oubliant tenir sa langue. Rogue leva simplement un sourcil, son expression disant tout ce qu'il avait besoin de savoir.

« Vous m'avez évitez un voyage inutile Potter, j'allais vers l'infirmerie pour vous apporter cela » dit-il, remettant à Harry un flacon contenant une liquide de couleur lavande. En voyant son regard interrogateur, il expliqua, « Relaxant Musculaire, pour soulager ces maux et douleurs, » dit-il avec un rictus moqueur. Harry roula les yeux mais le remercia néanmoins, reconnaissant d'avoir quelque chose pour soulager sa douleur.

« Je vous suggère de retourner à l’infirmerie, les gens doivent savoir où vous êtes. »

« Et ainsi périt la pensée d'avoir le plus petit contrôle sur ma vie, même pour une heure. » dit-il amèrement.

« Epargnez-moi l'apitoiement sur vous-même, Potter. Vous n'aimez peut-être pas ça et personnellement, je m'en fiche si vous tombez du haut d'une falaise, mais il y a des gens qui ont investi beaucoup de temps et d'efforts pour vous garder en sécurité. Je pense que vous pourriez leur faire la courtoisie de récompenser leurs efforts. »

Harry allait riposter, mais s'en empêcha; Rogue avait raison, qu'il le veuille ou non. « Oui professeur », murmura-t-il en réponse, éprouvant une sorte de plaisir tordu à voir le regard de Rogue quand il réalisa qu'Harry n'allait pas argumenter.

« Retournez à l'infirmerie et évitez à tout le monde de courir pour partout pour vous trouver », dit Rogue, allant dans la direction opposée.

« Bâtard. »

Pour la troisième fois cet après-midi-là, Harry jeta son livre sur son lit, frustré. Il avait été enfermé dans l'infirmerie toute la journée et tout le monde avait apparemment disparu, le laissant pour se divertir tout seul...toute cette bon sang de journée. Il soupira et plia les bras derrière la tête, regardant le plafond. Il voulait juste que les gens lui racontent ce qui se passait dans sa propre vie, au lieu de bourdonner autour de lui, de faire des arrangements et de prendre des décisions sans même penser à le consulter ou à l'informer de ce qui se passait.

Il entendit les portes s'ouvrir et il leva la tête, espérant avoir enfin de la compagnie, mais se laissa rapidement retomber sur le lit quand il vit Rogue s'approcher de lui. L'homme jeta une fiole sur le lit et dit, « Une potion pour renforcer votre sang, prenez-la maintenant et avant d'aller au lit. Si vous la renversez, je n'en referai pas, alors essayez de ne pas être maladroit comme d'habitude et de faire attention. »

«Ouah...merci Professeur, c'est toujours agréable de savoir que vous vous souciez de moi. »

« Faites attention à ce que vous dites et prenez cette potion. »

Harry murmura un juron, presque certain que Snape pouvait l'entendre, et ouvrit la fiole, son nez se fronçant, assailli par l'odeur. Il retint son souffle et en avala la moitié, la refermant avec gratitude alors qu'il frissonna de dégoût. « Est-ce que vous rendez le goût encore pire quand vous savez que c'est moi qui le boira? »

« Ne vous flattez que je vous prête telle attention. Soyez reconnaissant que j'ai pris le temps de vous en faire une », répliqua Rogue avec acidité.

« Merci Professeur, » répondit Harry avec une douceur forcée, le regrettant presque quand Rogue lui lança un regard à faire glacer ses os.

« Je serais très prudent si j'étais vous Potter; ma main pourrait glisser la prochaine fois, et qui sait ce qui pourrait tomber dans une potion qui vous serait destinée » dit Rogue, la voix basse et les yeux rétrécis dangereusement.

Harry fut reconnaissant d'entendre les portes l'infirmerie et la voix de Dumbledore dire, « Ah Severus, je me demandais où vous étiez allé, je voulais vous parler, mais cela peut attendre un moment car j'ai besoin de parler avec M. Potter aussi. »

« Potter d'abord, bien sûr », dit Rogue avec un ricanement, se déplaçant pour se tenir à côté de la fenêtre. Harry ignora cette dernière remarque, soucieux de voir Remus se frayer un chemin jusqu'à son lit. L'homme avait l'air troublé, et cela signifiait habituellement de mauvaises nouvelles pour Harry. Il ne manqua pas de remarquer que Remus évitait soigneusement de le regarder dans les yeux, ce qui lui donnait plus qu'un petit motif d'inquiétude.

« Harry, » fit la voix de Dumbledore, brisant sa concentration. Il leva les yeux vers le visage du vieil homme, son cœur s'arrêtant quand il vit l'inquiétude de Remus reflétée dans ses yeux bleus. « Harry, comme tu le sais, la mort des Dursley signifie que tu n'as maintenant aucun tuteur légal. Je ne pensais pas que cela poserait trop de problème, mais… »

« Mais? »Harry a demandé, commence à s'inquiéter.

« Harry, »Remus reprit là où Dumbledore s'était arrêté « Il y a...une tradition parmi les vieilles familles sorcières. Si un sorcier ou une sorcière mineure est laissée sans tuteur légal, une sorcière ou un sorcier d'âge majeur peut faire une requête pour en gagner...un droit de propriété en quelque sorte. »

« Un droit de propriété? Comment peut-on avoir le droit de propriété sur une personne? » demanda Harry , le dégoût évident dans sa voix.

« C'est une très vieille loi, Harry, qui trouve son origine dans une époque où l'esclavage et la propriété d'être humain étaient monnaie courante. La loi est tombée en désuétude, mais alors que les gens l'ont oublié, rien n'a été fait pour l'abroger, donc elle peut encore être utilisée par ceux qui connaissent son existence. »

« Mais je viens tout juste d'avoir 17 ans », soutint Harry, « Ça ne peut pas s'applique à moi, non ? »

Rémus se déplaça avec l'air mal à l’aise et dit, « La loi vient d'une époque la majorité était à 21 ans. Elle l'emporte sur toute autre loi qui te reconnaîtrait comme un adulte. »

Harry poussa un soupir et dit avec insistance: « Je suppose que la prochaine chose que vous allez me dire, c'est que quelqu'un a déjà fait une telle requête ? »

Dumbledore se présenta devant Harry, les yeux pleins d'excuses et de regrets. « Malheureusement, c'est le cas, mon cher garçon. Un homme appelé Aldrington a soumis sa requête. »

« Aldrington? »Harry demanda, le nom inconnu pour lui.

« Une vieille famille, imprégnée de magie noire, » fit la voix de Rogue, c'était la première fois qu'il parlait depuis qu'il se cachait dans l'ombre. Il avança et fixa Harry avec une expression qui montrait l'amusement tordu que l'homme tirait de la situation. « Je dirais que vous avez un problème, Potter. »

Harry jeta un regard méprisant sur le professeur, haïssant l'homme pour s'amuser de sa situation difficile. « Et que suggérez-vous, monsieur? » demanda-t-il, mettant un accent sarcastique sur le titre de l'homme.

« Harry » , fit la voix apaisante de Remus, accompagnée d'une main douce sur son épaule, « ça ne va pas t'aider. »

« Et qu'est-ce qui va aider alors ? » demanda Harry, se tournant pour lui faire face.

Il y eut une longue pause, la plus longue de la vie d'Harry, puis finalement Remus dit, « Le mariage Harry. La requête peut être déclarée nulle et non avenue seulement si tu te maries. »