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Légendaire

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- Et là, je peux arrêter ?
- Non.
- Mais ça fait bizarre, j'ai l'impression que tout le monde peut me sentir à des kilomètres.
- C'est parce que c'est le cas, couillon.
- Oui mais...
- Tais-toi et mange !

Junior avait extrêmement faim, sans doute le fait d'avoir sublimé son cosmos. Il s'était pourtant goinfré à midi, mais son ventre criait famine. Mais alors qu'il portait la nourriture à sa bouche, il s'effondra par terre.

- Eh ben il aura tenu presque une heure. Pas mal pour une première fois. Pour Bigleux on verra demain. De toute façon dès qu'il a senti son frangin y avait plus rien à en tirer.

Darina était soulagée. Malgré la brutalité de l'épreuve, ses deux apprentis avaient su atteindre le septième sens. Ils allaient maintenant devoir s'habituer à y faire appel quotidiennement, et bientôt l'utiliser deviendrait naturel pour eux, une chose que seule l'élite de la chevalerie savait faire. Elle était ravie d'avoir su amener ses apprentis jusqu'à ce niveau. Comme aimait le dire autrefois son propre maitre, "y a pas à tortiller, chuis la meilleure des prof !". La modestie n'avait jamais été son fort, par contre. Maintenant qu'elle y repensait, elle se rappelait avoir entendu Gigas l'appeler Sa Majesté Athéna N°2. Elle hissa Junior sur son lit et sortit chercher Bigleux, espérant qu'il n'avait pas causé de soucis aux gardes. Les éclats de voix qu'elle perçut en s'approchant de l'arène l'incitèrent à penser le contraire. Elle sut que sa journée finirait comme elle avait commencé en entendant la voix de Gigas.

- Non non et non ! Ce n'est pas à toi de décider, maintenant retourne auprès de ton maître !
- Non. Je pars pas sans lui.
- Ne m'oblige pas à avoir recours à la force !
- Je pars pas sans lui.
- Divine Athéna... Sergent, vous voulez bien... Non ? Et pourquoi donc ?
- C'est peut-être un apprenti mais je sais qui l'a formé, alors non merci. La garde a la responsabilité du maintien de l'ordre au sein des novices et des membres communs du Sanctuaire. Les apprentis relèvent de leur maitre, et leur maitre relèvent de leur ordre d'une manière générale.
- Vous me désobéissez ?
- Vous demanderiez à une fourmi de porter un éléphant ?
- Bon, je vois que tu as retrouvé ton frère, Bigleux. Que se passe-t-il, ici ?
- VOUS !
- Oui, moi, Gigas... Vous n'avez pas la bouche sèche à force de postillonner en permanence ? Bigleux, qu'est-ce qui se passe ?
- Il se passe qu'il...
- La ferme, vous ! Occupez-vous de votre séant fripé ! Bigleux ?

Bigleux se cramponnait à un petit garçon qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, et regardait Gigas avec hostilité.

- Je voudrais qu'il vienne avec nous. C'est mon frère. Celui que vous m'avez pas dit qu'il était là.
- Je l'ignorais, Bigleux. Je me doutais qu'il finirait ici, mais je ne savais pas quand. Pourquoi viendrait-il avec nous ?
- Mais...
- Tu veux le faire assister à nos entrainements, peut-être ?
- Ben...
- Tu te rends bien compte que si ça arrive tu as de fortes chances de tuer ton propre frère parce qu'il ne peut pas voir tes attaques, encore moins les éviter ?
- Je...
- En faisant ça, tu vas le couper de son groupe et compromettre ses capacités d'apprentissage.
- Non m...
- Par contre, tu pourras aller le voir autant de fois que tu veux en dehors des entrainements. Les tiens comme les siens, bien entendu. Si tu interromps ses séances je t'empêcherais d'aller le voir.
- Oui m...
- Maintenant dépêche-toi de rentrer, on a encore à parler et plus vite tu auras mangé, plus vite tu pourras revenir le voir.
- ... Heu... D'accord. Je reviens très vite ! Promis !

Bigleux partit en courant vers la maison, sans se retourner. Darina pivota et croisa les bras pour bien signifier à Gigas à quel point elle le méprisait.

- Vous avez toujours été nul en psychologie, Gigas. En fait vous avez toujours été nul en tout. Je suis un peu fatiguée de devoir régler vos problèmes.

Gigas était livide de colère et en pleine ébullition comme en témoignaient les tremblements de ses lèvres.

- Oh, et tant que j'y pense, ce serait bien que vous vous arrangiez pour que les tours de garde ne finissent pas en coucheries, le Sanctuaire est au-dessus de ça.

Darina repartit avec un grand éclat de rire et, apercevant seulement maintenant son cher Dionys, le frôla sensuellement en laissant sa main courir sur son torse. Elle pivota brusquement pour regarder Gigas qui avait désormais atteint le septième sens de la rage et caressa ostensiblement le fessier de son amant avant de repartir.

- Je la briserai. Je jure que je la briserai.
- Voilà qui est fort peu respectueux des idéaux d'Athéna, monsieur.
- Dionys ! Votre... harpie est étrangère à l'idée même de respect. Comment pouvez-vous la supporter ?
- C'est un excellent chevalier, et un maître accompli si j'en crois les cosmos que j'ai senti récemment. Bref, quelqu'un d'indispensable à la bonne marche du Sanctuaire, quand bien même ses manières laisseraient à désirer.
- Je... je vais aller dans mon bureau. J'ai besoin de me calmer. Je vais continuer mon Dewoitine. Voilà, ça va me faire du bien.
- Souhaitez-vous que je vous accompagne, monsieur ?
- Non. Non, merci, c'est bien aimable. Ça va aller, ça va aller.

Dionys, les gardes et les novices encore présents le regardèrent s'éloigner en marmonnant des termes d'aéronautique.

- Un jour elle va vraiment avoir des problèmes, ta demoiselle.
- Je sais. Mais j'aime sa personnalité sans concession. Elle reste fidèle à elle-même.
- Elle te reste fidèle à toi aussi, j'imagine.
- Je ne pose pas de question, et elle ne m'en pose pas. Ça nous va bien comme ça. Mais je crois que c'est le cas, en effet.
- À ce que disent les gars, vous faites beaucoup de bruit, la nuit.
- Sergent, si t'étais pas toi je t'aurais collé une correction.
- Si j'étais pas moi, tu serais à ma place et moi à la tienne. D'ailleurs si tu m'en as pas collé une, c'est que tu as passé une nuit merveilleuse.
- Il y a de ça.
- C'est pas plus mal, on te sentait tendu, ces derniers temps.
- Et sinon on peut renvoyer les gamins, ou pas ?
- Hein ? Ah oui, c'est bon. Il est l'heure d'aller manger, de toute façon.

Darina avait décidément géré ça d'une main de maître et revenait chez elle d'humeur guillerette, en ne s'arrêtant que pour ramasser un Bigleux évanoui en plein milieu du chemin. Entre une chevauchée absolument fantastique, un bain coquin, des élèves brillants (mais idiots) et la joie de pisser sur les chausses de Gigas, la journée avait été parfaite de bout en bout. Elle arriva vite chez elle et lâcha sa charge sur le lit à coté de Junior avant d'aller s'allonger confortablement. Elle avait besoin de dormir, mais le sommeil ne tarderait certainement pas. Gigas, de son coté, resta dans son bureau jusqu'à une heure avancée de la nuit à pester sur une maquette d'avion dont un des trains d'atterrissage se coinça dans une fissure du sol. En dépit de ses espoirs, sa frustration et sa colère ne s'apaisèrent pas. Pour la première fois de sa vie il sentait qu'il haïssait totalement quelqu'un et que cette personne serait son ennemie jusqu'à la fin des temps. Il en aurait presque regretté d'être dans le même camp qu'elle si elle n'avait pas été aussi puissante et lui si vieux.

Le lendemain, Darina et ses apprentis retournèrent à leur entrainement, mais une heure plus tard que prévu afin que Bigleux puisse aller voir son frère. À son retour Darina lui rappela la règle qu'elle avait énoncé la veille. Le moindre manquement entrainerait l'éloignement de son cadet. Une menace terriblement efficace vu le sérieux avec lequel il l'avait pris. De retour en forêt, Darina les pria de s'asseoir et de se détendre.

- On va faire quoi, maintenant qu'on maîtrise le septième sens ?
- Le maîtriser ? Faut pas prendre ses rêves pour la réalité, hein.
- Mais hier...
- Hier vous avez juste atteint le septième sens. Vous ne le maîtrisez absolument pas. Junior s'est évanoui au bout d'une heure, ce qui est considérable, et Bigleux a laissé tomber dès qu'il a perçu la présence d'une certaine personne. Donc la suite de l'entrainement, c'est durer de plus en plus longtemps dans cet état, afin qu'y faire appel soit aussi naturel pour vous que respirer.
- Ah bon...
- Donc là, vous allez méditer. Installez vous comme vous le souhaitez. Allongé, assis, peu importe. Vous allez oublier vos sens comme quand je vous en ai privé hier.
- Oui d'ailleurs merci, c'était très sympa d...
- La ferme ! On ferme les yeux, on oublie ses perceptions physiques et on fait lentement brûler le cosmos. Essayez de revenir à votre état mental au moment où vous avez atteint le septième sens. Et pas de commentaire débile !

Guidés par Darina, ses apprentis restèrent plusieurs heures à tenter de reproduire leur exploit de la veille. Se souvenant de sa colère, Bigleux eut moins de mal à revenir à ce stade. Il sentit en effet comme une explosion en lui qui eut pour effet d'augmenter son cosmos sans qu'il se fatigue.

- Voilà. Maintenant, essaie de maintenir cette explosion et de le contenir en même temps. Il ne faut pas que tout ton cosmos jaillisse d'un coup, où tu risques de mourir.
- Il va exploser s'il fait ça ?
- Oui. C'est la base de plusieurs techniques interdites. Et j'insiste sur le mot interdite. De nombreux apprentis ont voulu se faire mousser en poussant leur cosmos à leur paroxysme, mais tout ce qu'ils y ont gagné, c'est de mourir. Parfois en emportant un adversaire. Certains explosent littéralement. D'autres utilisent ce surplus d'énergie pour lancer une attaque incontrôlée et incontrôlable qui les emporte aussi. Maintenant concentre-toi.

Darina observa avec inquiétude son apprenti approcher du point critique, mais à son grand soulagement il réussit à contrôler l'afflux de puissance et s'efforça de rester dans cet état le plus longtemps possible, mais la concentration que ça exigeait de lui l'épuisa vite et il s'évanouit au bout de vingt minutes. Junior avait certes tenu plus longtemps, mais il n'arrivait pas à retrouver le chemin du septième sens et épuisait son cosmos pour rien.

- Et si tu me refais le truc d'hier ?
- Non. C'est dangereux, ça peut provoquer des lésions irréversibles. Ça va juste te prendre du temps, c'est tout. Essaye de te concentrer sur toi-même, sur le flux de cosmos. Je ne peux que te dire ça.

Junior passa le reste de la journée à chercher, en vain. Bigleux finit par se réveiller, et voulut recommencer, mais Darina l'en empêcha car il ne devait pas éreinter son corps. Les jours suivants suivirent le même schéma, causant une certaine frustration à Junior. Bigleux était en train de le dépasser, lentement mais sûrement. Certes le cosmos immédiat de Junior était plus intense, mais Bigleux parvenait à faire appel de plus en plus longtemps au septième sens et le laissait loin derrière. Quel changement par rapport à leurs débuts ! Le blocage de Junior était probablement psychologique. Encore un problème de motivation, quand bien même son orgueil semblait touché par cet écart qui se creusait. Bigleux progressant seul, Darina lui demanda de continuer le même exercice de son coté pendant qu'elle tenterait de stimuler Junior à l'écart. Quelques semaines passèrent donc au cours desquelles Junior et elle s'isolèrent pour pratiquer la méditation de combat, une technique d'origine chinoise. La jeune Darina avait aussi eu un peu de mal à maîtriser le septième sens, et son maître l'avait autrefois emmenée voir le chevalier de la Balance pour apprendre toutes deux cette méthode. Connectés par la pensée, Darina et Junior échangeaient et s'entrainaient virtuellement, mais elle comprenait bien que son apprenti n'avait tout simplement aucune envie de maîtriser le septième sens ni de devenir chevalier un jour. Quand bien même il comprenait et reconnaissait le bien fondé de cette formation, son lui profond refusait d'aller plus loin. Ce pouvait n'être que passager, mais Darina pressentait un échec. Plus d'un mois après l'épreuve du Jour et de la Nuit, Darina fut convoquée un matin auprès du Pope. Il sut qu'elle était arrivée en entendant les invectives qu'elle échangeait avec Gigas dans le couloir menant à son bureau.

- ...llez vous faire foutre, Gigas ! ... Non je vous parle comme je veux ! ... Quoi Dionys ? Dionys n'est pas concerné et n'a pas à l'ê... Ho ! Mais allez vous taper un garde si vous aimez tant les hommes obéissants, vieil emmerdeur refoulé ! ... QUOI ? Mais vient t'battre, papy, viens ! On verra bien qui tapissera le mur en premier, allez je suis prête là, hein !

Exaspéré, Shion jeta rageusement son crayon et se leva pour trainer Darina dans son bureau sans rien dire, claquant la porte pour bien signifier son profond agacement. À cause d'elle Gigas serait insupportable aujourd'hui et il devrait assurer lui-même une partie des charges administratives pour que Sa Seigneur le Chancelier du Sanctuaire se calme un peu.

- Non mais vous vous rendez compte ce qu'il...

Un seul regard de Shion suffit à couper définitivement la chique à Darina. Un petit privilège bien utile. Surtout en ce qui la concernait. Il préféra ne pas s'attarder, ces deux-là ne faisaient que l'empêcher de former correctement deux apprentis.

- Darina, nous avons un petit problème.
- Hem. De quel genre, Grand Pope ?
- Du genre qui nécessite un chevalier d'or. Denrée hélas trop rare ces derniers temps.
- Bien. De quoi s'agit-il exactement ?
- D'un souci d'approvisionnement. Et de sécurité.
- Heu... oui mais encore.
- Un des rares gisements de gammanium dont nous avons besoin pour réparer les armures se trouve juste à coté d'un site de prospection minière. Lequel est en cours d'étude par les autorités chinoises.
- Mais... vous voulez que je les élimine ?
- Non, l'équipe et les installations chinoises ont déjà été détruites par ce qu'ils ont déterré.
- À savoir ?
- Il semblerait que ce soit un ancien temple où le Titan Prométhée avait vécu aux temps mythologiques. Nos ressources sont fragmentaires, mais il semblerait que des... ébauches d'êtres humains se trouvent à l'intérieur de ce temple. Si j'en crois les rapports que l'URSS nous a transmis...
- Parce qu'ils nous transmettent des infos, eux ?
- La Chine est tombée sur un problème qui la dépasse complètement et qu'elle ne sait pas comment étouffer. Elle s'est donc tournée vers le grand frère russe honni, lequel a déjà pu constater que les humains normaux ne pouvaient gérer seuls les vestiges de l'ère mythologique. Et eux, contrairement au gouvernement grec, savent que nous n'intervenons pas dans les affaires humaines. Quoi qu'il en soit, d'après leurs rapports, les Chinois ET les Russes ont bombardé les créatures qui sont sorties du temple, en pure perte. Ils ont même largué une bombe atomique qui n'a fait qu'agrandir l'entrée du temple.
- ... Où se trouve ce temple, exactement ?
- Pas très loin au sud-ouest du Lob Nor. À environ cinquante kilomètres.
- Là où ils testent leurs bombes atomiques, c'est ça ?
- Exactement. De là à envisager que leurs explosions ont créé une brèche dans le temple, lequel fut en prime dégagé lors de la prospection, il n'y a qu'un pas.
- Est-ce que la menace se répand ?
- Non, pas pour le moment. Le milieu est désertique et aride. Apparemment, ces créatures errent un peu autour de l'entrée du temple, mais rien ne dit qu'elles ne vont pas se lasser du décor.
- Fort bien. Puis-je constituer une équipe ?
- Non. Le Sanctuaire est trop affaibli. Je ne peux pas le dégarnir d'avantage. Déjà que nous ne pourrons compter que sur le jeune Saga en ton absence.
- ... Verriez-vous un problème à ce que j'emmène mes apprentis ?
- C'est extrêmement dangereux !
- Ça ne le serait pas tellement moins même s'ils avaient une armure.
- Et s'ils se font tuer tous les deux ?
- Vous avez senti leurs cosmos, non ? Ils ont le niveau pour affronter ce genre de menaces.

Shion soupira. Elle n'en ferait qu'à sa tête, de toute façon. Et lui-même avait autrefois suivi cette tête brûlée de Dohko dans l'espoir de stopper la dernière guerre sainte avant même qu'elle ne commence.

- Très bien. Leurs vies sont entre tes mains. Ah, autre chose.
- Oui ?
- Nous ne voulons pas que les Chinois reviennent fouiller dans ce coin. Si possible, efface tout ce qui pourrait attirer leur attention. Et ramenez autant de gammanium que possible. Partez dès aujourd'hui.
- Bien.

Darina repartit, non sans épingler un mot d'insulte sur la porte du bureau du chancelier. En traversant les Maisons, elle se dit qu'elle avait peut-être impliqué ses apprentis trop vite. Seraient-ils capables de faire face à une menace de la sorte ? Elle-même ne s'était pas sentie très bien ce matin, pourvu que ça ne soit pas une nouvelle intoxication alimentaire... Darina passa quand même voir Dionys pour l'avertir qu'elle partait en mission. Il ne fut pas enchanté mais ne montra pas non d'inquiétude particulière. Sans doute la masquait-il, mais il savait que Darina était bien plus puissante que lui. Elle aurait bien fait un petit câlin, mais elle n'avait pas le temps. Ce serait pour après son retour. Maintenant il allait falloir expliquer à ses apprentis que l'affaire était extrêmement sérieuse, ce qu'elle fit aussi vite que possible et le plus simplement possible.

- Nous n'avons pas de temps à perdre. Est-ce que vous avez bien compris le danger de cette mission ?
- ... Mais en fait ça va être comme dans Jason et les Argonautes !
- Han ouais ! Nous aussi on va affronter Talos !
- ... Je vais peut-être vous laisser ici, en fait.
- Oh non !
- LA FERME !

Le sursaut des apprentis lui indiqua qu'ils avaient été surpris. C'était le moment d'enfoncer le clou.

- Vous allez probablement mourir, espèce de débiles ! Arrêtez de prendre ça pour un voyage rigolo ! Si ça se trouve moi aussi je vais me faire tuer !
- Mais... t'es chevalier !
- Justement, pourquoi tu crois qu'on meure facilement ? Parce qu'en face on tombe parfois, si ce n'est souvent, sur plus fort que soi.
- Mais t'es super forte !
- Et alors... Je suis pas une déesse, je suis pas immortelle ni toute puissante. Allez, on y va !
- On y va comment ?

Grondant d'agacement, Darina souleva ses deux apprentis par la taille et disparut de sa maison.