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Sois égoïste, ma belle guerrière

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Un cri me tira de mon sommeil. Ces crétins de gosses faisaient une fois de plus une bataille de boules de neige juste devant mes fenêtres ! Ce qu'ils pouvaient m'énerver...
Je me levai, d'un pied encore plus gauche que d'habitude, me dirigeai vers la fenêtre face à mon lit et l'ouvris à la volée.

- C'est pas bientôt fini ce bordel ! Dégagez de là où je sors vous botter les fesses !

- Essaie un peu pour voir ! me répondit un des gamins en me faisant une grimace et en me tirant la langue. Tu sais très bien que l'anbu te tombera dessus avant que tu réussisses à nous touché !

Sa remarque me fit grincer des dents : il avait raison, l'anbu me surveillait nuit et jour et avait ordre de m'arrêter au moindre mouvement agressif ou suspect. Mais je n'eus pas à mettre ma menace à exécution. Les mômes partaient déjà en courant vers l'académie sans pour autant cesser de chahuter.

Je refermai la fenêtre en soupirant d'exaspération. Décidément, la journée commençait mal...
Je me retournai et avisai le réveil sur ma table de chevet : 8h15.
Je devais retrouver Naruto et Sakura plus tard, je décidai donc de sortir faire un jogging en attendant.

La neige tombait paresseusement, comme si elle ne voulait pas toucher le sol. L'air était froid et me fouettait le visage. Cela n'avait rien d'étonnant pour une mi-janvier.
Bien que je ne courais pas à un rythme très soutenu, j'étais parvenu à me vider la tête. La course me faisait un bien fou, elle me permettait de ne pas trop perdre pied, de rester patient avec les autres, autant que faire se pouvait, mais surtout : c'était mon exutoire.

Depuis la fin de la Grande Guerre Shinobi, il y a maintenant plus de deux ans, Tsunade avait décidé de me proposer de réintégrer le village sous certaines conditions : interdiction de m'entraîner aux arts shinobi, interdiction d'activer mon sharingan, interdiction de sortir après le coucher du soleil, interdiction de partir en mission et interdiction de quitter le village.
Une liberté toute relative en somme !
Il m'était néanmoins possible de braver ces interdits mais uniquement lorsque Naruto était avec moi.

À la bonne heure ! Ce crétin avait été désigné pour succéder à la sannin légendaire et passait la majorité de son temps en sa compagnie pour préparer « le passage de flambeau ».
De plus, la dernière condition consistait à ce que je sois surveillé 24/7 par l'anbu afin de s'assurer que je respecte bien mes engagements et que je ne cherche pas à faire de coup d'état.
L'idée de devenir Hokage ne m'était toujours pas sortie de la tête et je comptais bien y parvenir d'une manière ou d'une autre. Le problème, c'est que je ne savais pas encore comment...

Je terminai mon footing vers 11h30 et après une douche bien chaude pour essayer de me réchauffer quelque peu, je ressortis direction de l'Ichiraku Ramen pour y retrouver Naruto et Sakura. Nous mangions souvent ensemble le midi et s'ils étaient trop occupés par leur travail pour prendre une pause, j'allais m'acheter un bentô que je mangeais au bord de la rivière quand il faisait assez beau.

Comme on ne me laissait pas faire grand chose pour aider au bon fonctionnement du village et que je n'avais aucune envie de me rabattre sur un métier de seconde zone, il a fallu que je trouve une occupation pour ne pas devenir complètement cinglé.
Alors j'ai pris la décision d'élargir mes connaissances générales.
C'est ainsi, qu'après avoir quitté les deux autres membres de l'équipe sept, je me rendis à la bibliothèque. J'y empruntai un livre, sur la fabrication des baumes cette fois-ci, puis partis à la recherche d'un endroit calme où le dévorer avant de revenir le rendre peu avant la fermeture.

Venait ensuite le moment critique de la journée : trouver où se planquer pour lire tranquillement et ainsi éviter les rencontres désagréables.
Pour moi, il existait trois type de personnes à Konoha : les groupies bourrées d'oestrogènes qui ne rêvait que de m'épouser et de porter mes enfants, les habitants qui m'étaient reconnaissants de les avoir sauver et qui se répandaient en remerciements et en cadeaux, et ceux qui voulaient tout simplement me tuer car j'avais directement ou indirectement contribué à la mort d'un de leur proche ou qu'ils considéraient que la guerre était ma faute.

Afin de me couper de tout ce petit monde, le toit de l'hôpital était devenu mon « coin lecture » favori car il y avait de quoi se dissimuler facilement.
Sakura était la seule à venir perturber ma lecture. Elle montait sur le toit pour prendre ses pauses et boire son thé. Elle ne restait pas longtemps et je prenais grand soin à me tenir en dehors de son champ de vision. De ce fait, elle ne m'avait jamais remarqué.

Je ne lui prêtais pas plus attention que ça, juste quelques petits coups d'oeil de temps à autre pour vérifier qu'elle ne me voyait pas. Mais j'ai vite remarqué que je n'étais pas le seul à être prisonnier d'un train-train quotidien : je la voyais perdre son sourire dès que la porte s'était refermée derrière elle, laissant place à un air lasse et fatigué sur son visage.
Gorgées après gorgées, elle buvait sa boisson dans le plus grand silence, laissant son regard errer sur les toits de Konoha comme si elle souhaitait être ailleurs. Elle posait ensuite sa tasse vide, se donnait deux claques sur les joues, comme pour se réveiller, se recomposait une expression enjouée et souriante puis repartait.

Cette routine commençait à me taper sur le système.
Pourquoi se forçait-elle à paraître heureuse et en forme alors qu'il était clair qu'elle ne l'était pas !
L'envie de lui mettre deux baffes et de la secouer en lui disant d'arrêter ce cinéma s'imposait de plus en plus souvent à moi.
J'en aurais eu maintes fois l'occasion les dimanches lorsque je me rendais avec elle et Naruto sur la tombe de Kakashi. Mais ce n'est pas mon genre de me préoccuper des autres alors je n'en fis rien.

Pourtant je l'ai vu ! Nous l'avons tous vu ! Cette femme incroyable, cette magnifique guerrière !
Lors de la Grande Guerre, elle nous l'a montré. Elle nous a montré combien elle pouvait être forte, courageuse, avec une volonté d'acier. J'ai cru qu'elle avait changé.
Mais c'est la Sakura de toujours qui est rentrée au village, la guerrière était restée sur le champ de bataille.

Sakura...
Plus je la voyais sur ce toit, plus elle occupait mon esprit.
Sakura, toujours souriante...
Sakura, toujours à faire plaisir aux autres...
Sakura, à se préoccuper plus du bien-être d'autrui que du sien...
Sakura, qui dit toujours ce que l'on souhaite entendre...
Sakura, l'altruiste...

Comment arrivait-elle à vivre et à se supporter en ayant un tel comportement ?
Je n'arrive toujours pas à le comprendre.
Comment peut-on être aussi malléable et conciliant ?
Ça m'exaspère !

Moi, je voulais ma vengeance sur Itachi.
Je voulais ma vengeance sur Konoha qui m'a poussé à tuer mon propre frère lorsque je le croyais nukenin alors qu'il était un héros.
Mais surtout je veux devenir Hokage, pour en finir avec toutes ces trahisons et ces manipulations, pour en finir avec ce système pourri jusqu'à l'os !
Madara et Itachi se sont servis de moi pour arriver à leurs fins et j'en ai fait de même avec Taka.
Au final, je n'ai jamais pensé qu'à moi. Parce que ce que je désire est la seule chose qui a de l'importance à mes yeux.
Parce c'est ce que je suis : égoïste.