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A New Era

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Kate inspira le bon air frais de l’Angleterre. Son Angleterre qu’elle n’avait pas revue depuis maintenant presque 10 ans. Elle eut un pincement au cœur…enfin elle rentrait chez elle, ce pays qui l’avait vu naitre il y a 23 ans.

- Il faut reprendre la route Milady ! lui dit le cocher de la voiture qu’elle avait louée à son arrivée à Portsmouth. Le jour va bientôt tomber ! Je propose de s’arrêter à Nottingham pour la nuit c’est plus prudent. Nous terminerons le voyage demain matin.

Elle acquiesça et remonta à l’intérieur. Elle était exténuée du voyage et dormir le plus tôt possible était son seul désir.

Elle passa les heures suivantes à regarder le paysage verdoyant du Nottinghamshire qui défilait sous ses yeux. Non… en fait, elle ne voyait rien. Elle pensait à ce qu’elle venait de quitter, son passé, ses angoisses et un frisson le long de la colonne vertébral la fit revenir à la réalité. Cette réalité qu’elle avait ardemment souhaité toutes ces années. Le passé est le passé ! se dit-elle. Oublie ! Une nouvelle vie s’offre à toi à présent.

C’est alors qu’elle vit le château imposant au loin. Ce château qu’elle avait bien connu et qui lui rappelaient des souvenirs d’enfance : période où elle était encore insouciante et naïve et pas encore meurtrie par la cruauté de la vie. Cette enfance qui, elle se rendit compte, lui avait apportée les seuls moments heureux de son existence.

La ville commençait à devenir paisible à cette heure tardive.

La voiture s’arrêta devant l’auberge et elle en descendit.

Elle poussa la lourde porte en bois et vit un petit homme trapu derrière le comptoir mal éclairé.

- Bonsoir ! J’aimerais deux chambres pour la nuit pour moi et mon cocher s’il vous plait.

L’homme ne lui répondit pas directement et s’adressa en hurlant à une jeune femme derrière elle qu’elle n’avait pas remarquée en entrant et qui nettoyait le sol.

- Louise ! Va préparer deux chambres pour ces messieurs dames.

La jeune femme stoppa aussitôt sa tache et disparut dans une pièce adjacente.

- Je suis désolé mais il va falloir attendre que ma fille ait fait les chambres !

Kate aurait aimé disposer de sa chambre tout de suite mais ne le montra pas. Elle posa trois pièces sur le comptoir et fit un sourire poli à l’hôte en face d’elle.

- Pas de problème on va attendre !

Et elle sortit pour se diriger vers l’étable où Daniel le cocher s’occupait des chevaux.

- Il faut attendre pour les chambres ! lui dit-elle. Je vais faire un tour dans la ville. Vous avez votre soirée Daniel.

- Merci milady ! lui dit-il en se penchant en guise de révérence respectueuse. Mais soyez prudente ! Il va bientôt faire nuit et une femme seule dans les rues peut être la cible de malfrats.

Elle eut un petit rire cristallin devant la gentillesse maladroite de cet homme.

- Ne vous en faites pas Daniel ! Je connais cette ville presque comme ma poche. Et puis je suis une grande fille ! Bonne soirée ! termina-t-elle la conversation.

Et elle quitta l’étable et sa forte odeur.

La plupart des étales étaient vides et les retardataires finissaient de ranger leur marchandise pour la nuit.

Elle se revoyait, enfant, courant dans les rues et se faisant réprimander par les passants qu’elle bousculait. Elle sourit à ce souvenir et arriva aux portes du château sans même s’en rendre compte.

Elle leva la tête et essaya de distinguer son sommet sans fin quand un vacarme la fit sursauter.

Les portes venaient de s’ouvrir à toute volée et des dizaines de gardes en sortirent, visiblement pressés. Elle se fit bousculer par toute cette horde d’hommes en armure et un homme en cuir la fit tomber et continua son chemin sans même se retourner. Il était visiblement leur chef puisqu’il cria des ordres avant de monter sur son cheval et de partir au galop.

- Ahh les hommes vous êtes tous les mêmes ! Vous vous croyez au dessus de tout !

Mais elle ne parla qu’à une vague de poussière qui la fit toussoter et quand elle se dissipa, les cavaliers étaient déjà loin.

- Attendez je vais vous aider à vous relever mademoiselle…Merci bien monsieur…Vous allez bien ?…Oui je crois, vous êtes aimable ! dit-elle en monologue, en se relevant et nettoyant la poussière sur sa robe, exaspérée et excédée par cette homme qui l’avait bousculé et qui visiblement ne s’en était même pas rendu compte.

- Mais où va la noblesse ? se demanda-t-elle à voix haute en secouant la tête, avant de retourner à l’auberge. Une bonne nuit de sommeil ne pouvait lui faire que du bien.