Actions

Work Header

L'Oracle de la Sybille : Livre2, Le Crâne et les Serpents

Chapter Text

Si Severus avait encore été à l'école, ceci aurait été le premier jour de ses vacances d'été - le jour précédent, celui au cours duquel les élèves voyageaient de Poudlard vers Londres, était trop ennuyeux et épuisant pour être compté comme faisant partie des vacances. C'était une sorte de no man's land... Ce jour ci, néanmoins, était spécifique d'une manière très différente. C'était le premier jour de sa vie.

Severus se tenait debout près de la fenêtre ouverte de ce qui semblait être une maison campagnarde, dont il ne connaissait pas l'emplacement, et jusqu'à laquelle il avait voyagé seulement quelques minutes auparavant, non par portoloin mais au moyen de la Marque Sombre de Lestrange, qui les avait amenés à l'actuelle résidence de Lord Voldemort, ou à son quartier général - Severus n'était pas tout à fait sûr de la dénomination. Lestrange l'avait laissé attendre le Seigneur des Ténèbres, et ainsi il était appuyé contre le rebord d'une fenêtre ouverte, encastrée dans un mur si épais que le rebord était presque un siège, à respirer profondément l'air chaud qui était lourd de lavande et de thym, et à se sentir étrangement en paix, bien qu'il sache qu'il aurait dû être nerveux ou du moins excité. D'une certaine manière il l'était, mais s'il existait une telle chose qu'une agitation calme, une nervosité paisible, c'est ce qu'il ressentait maintenant. La faible brise et l'air parfumé l'apaisaient vraiment en une transe légère de bien-être. Il fut interrompu par une main qui vint se poser sur son épaule, et par une voix riche et agréablement rauque de baryton qu'il aurait reconnue parmi un chœur de milliers de voix, même si la dernière fois qu'il l'avait entendue avait été il y a quatre ans.

"Severus!"

Maintenant son cœur commença à battre avec un rythme irrégulier d'une façon exaspérante, si bien qu'il avait des difficultés à respirer - il voulait se jeter dans les bras de l'autre homme, enterrer sa tête sur son épaule et fermer les yeux, savourant le sentiment d'être rentré à la maison, finalement à la maison. Mais d'une manière ou d'une autre il trouva la force de simplement se retourner pour faire face à l'autre et pour dire, avec seulement le plus léger tremblement de voix,

"Mon Seigneur."

Sans jamais se quitter des yeux, Voldemort prit le visage de Severus dans ses deux mains - un contact qui l'aurait fait reculer si quelqu'un d'autre avait été le propriétaire de ces mains - l'embrassa légèrement sur les lèvres, le touchant à peine, juste le contact éphémère d'une plume d'ange et ensuite laissa reposer son front contre celui de Severus un court instant. C'était le contact d'un amant, d'un père, d'un frère, d'un ami, de la mort, de la vie. C'était comme si l'univers entier était concentré au milieu du front de Severus, à l'endroit où leurs têtes se touchaient, endroit d'où il pouvait sentir l'énergie de Voldemort affluer par vagues chaudes et lentes, multipliant par mille le sentiment d'agitation pacifique. Finalement, le contact se brisa, et Voldemort passa son bras autour des épaules du jeune homme, le guidant vers un des fauteuils bas, lui faisant signe de s'asseoir. Il prit le siège en face de celui de Severus et leva les yeux vers lui avec un sourire.

"Il est bon de te voir, Severus. Cela fait longtemps."

Il y avait un nœud dans sa gorge qui ne lui permettait presque pas de parler. "Mon Seigneur, je -"

"Je pense" dit Voldemort, se penchant en arrière et croisant ses longues jambes, "que aujourd'hui, pour la première et la dernière fois, nous devrions faire une exception. Aujourd'hui, mettons les formalités de côté. Appelle-moi Tom. Tu auras une vie entière pour m'appeler 'mon seigneur' après tout. Et tu t'es certainement prouvé digne de cet honneur. Tu m'as déjà servi mieux que la plupart de mes Mangemorts, bien que tu aies à peine dix-huit et sois tout juste sorti de l'école. Comment se sont passées toutes ces années pour toi ? J'ai entendu beaucoup de choses de la part de St. Jean, mais je serais ravi de les entendre de ta bouche."

"Vous avez certainement de meilleures choses à faire que d'écouter -"

"Non, Severus," l'interrompit Voldemort, "cette journée est la tienne. Entièrement la tienne. Nous la passerons ensemble, et ce soir tu retourneras à Londres pour commencer ta nouvelle vie. Maintenant raconte moi, Severus. Raconte-moi tout."

"Puis-je poser une question d'abord ?" Voldemort acquiesça. "Où sommes-nous? Cette odeur dans l'air... il y a de la lavande, et du thym, mais également une note de sel. je dirais en Grèce ou peut-être dans le sud de l'Italie."

"Nous sommes en Albanie. Dans la partie sud, très près de la frontière grecque et pas trop loin de la mer. Alors ta supposition était presque correcte."

Severus acquiesça. "Je ne sais pas où commencer, mon - Tom. Je n'ai aucune idée de ce que vous voulez entendre. Et d'une manière ou d'une autre tout semble si distant maintenant, je sais que cela est une expression terriblement cliché mais cela semble vraiment appartenir à une autre vie. Je sais que tout se remettra en place, après un peu de temps, mais maintenant..." Sa voix s'estompa. Voldemort ne le pressa pas de questions, mais resta calmement assis, sans donner l'impression qu'il attendait.

"Je ne pourrais même pas vous dire" dit Severus, essayant de reprendre le fil de son discours, "si j'étais heureux ou malheureux à Poudlard. Tout dépend de comment on définit le bonheur, je suppose. Je n'ai pas d'amis -"

"Ce qui est une décision très sage," lança Voldemort.

"Exactement. Eh bien, peut-être pourrait-on compter Lestrange comme un ami. Il a été d'un grand soutien et était toujours là pour moi quand j'avais besoin de lui. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans lui. Vous savez cela, n'est-ce pas ?" demanda-t-il, soudain anxieux.

"St. Jean Lestrange est l'un de mes Mangemorts les plus fidèles, oui. Et certainement celui qui se trouve dans la position la plus difficile. Comment jugerais-tu la situation à Poudlard ?"

"Eh bien..." dit lentement Severus, "Du point de vue d'un élève c'est un peu difficile à dire. Tout le monde sait qu'il y a un groupe de résistance qui utilise Poudlard comme quartier général. Mais malgré tout l'espionnage que nous avons fait -"

"Qui est ce 'nous' ?"

"Principalement Lucius et moi. Parfois avec Owen McNair, parfois un de nous tout seul - cela dépendait des circonstances. Ils avaient augmenté la sécurité pendant notre dernière année à cause des attaques à Pré-au-Lard. Les professeurs devaient patrouiller dans le château pendant toute la nuit alors qu'avant il n'y avait que Rusard qui parcourait les corridors, lui et son chat laid. Je suppose qu'ils avaient peur que vous puissiez infiltrer l'école pour l'attaquer. A propos, y a-t-il une raison particulière pour laquelle vous ne l'avez pas fait ?"

"Je n'ai pas attaqué et n'attaquerai jamais Poudlard parce que je ne suis pas un imbécile. Je sais aussi bien que tout le monde que c'est inattaquable, et qu'il pourrait être pris seulement avec d'énormes pertes du côté des agresseurs. En outre, je trouve cela beaucoup plus amusant d'aider activement à répandre la connaissance que Dumbledore utilise une école comme quartier général militaire, risquant ainsi les vies de tous ses élèves. Ces trois attaques à Pré-au-Lard n'ont rien fait pour persuader les parents anxieux du contraire, ce qui était, à propos, la seule raison de ces raids. Tout ce dont j'ai besoin est de patience. Ce vieil imbécile excentrique et sa joyeuse bande d'amoureux des Moldus ramperont hors de leur terrier tôt ou tard, c'est seulement une question de temps. Et j'ai bien plus de temps qu'eux. Alors les membres de ce soi-disant groupe de résistance ne déclarent pas leur identité ? Ils ont plus de cervelle que je ne leur aurais pensé."

"A l'évidence ils en ont, car comme je l'ai dit, malgré toutes nos tentatives d'espionnage, nous n'avons jamais vraiment vu quoi que ce soit ayant de l'intérêt. Peut-être que le groupe ne se réunissait même pas à l'intérieur du château, et même alors vous savez qu'il y a plus de mille possibilités pour se cacher sans que quiconque vous trouve. Vous dérangent-ils beaucoup?"

"Certainement plus que les Aurors. Mais d'un autre côté ils doivent être très prudents, étant donné qu'ils ne fonctionnent peut-être pas contre le ministère mais le font certainement de manière indépendante du ministère. Alors ils ne peuvent pas risquer d'attaques ou d'opérations manifestes. Ils doivent se satisfaire d'essayer d'infiltrer les rangs de mes partisans - et jusqu'ici leurs tentatives ont été tout à fait inutiles et sans succès - et de prévenir ceux qu'ils croient que nous allons attaquer. J'imagine que le vieux Dumbledore devient de plus en plus nerveux."

Severus acquiesça et sourit. "Oh oui vous pouvez dire cela. Son armure brillante a pris quelques fissures, et son attitude bienveillante de grand-père a beaucoup changé. Pas envers ses Gryffondors chéris, attention, et ni, je pense, envers les Poufsouffles. Mais il est certainement devenu plus méfiant envers les Serdaigles et il semble considérer les Serpentards comme la progéniture du diable. Vous pouviez facilement reconnaître cela en voyant comment les contrevenants étaient traités. Il ne prenait jamais la peine d'appeler un Gryffondor ou un Poufsouffle à son bureau, sauf pour des délits majeurs, mais quand un Serpentard ne faisait que mettre un doigt de pied hors de nos quartiers après l'heure, ou osait dire un mot de travers à un professeur, il était immédiatement traîné au bureau du Directeur pour au moins une demi-heure d'interrogatoire et de conversation."

Voldemort secoua lentement la tête. "Vraiment incroyablement idiot. Mais je ne me serais pas attendu à ce qu'il agisse différemment. J'ai été informé que le ministère, bien que je sois sûr que c'était l’œuvre de Dumbledore, avait trouvé mon ancienne identité à un stade assez précoce. Ajoutez le fait que les deux de mes Mangemorts qu'ils ont attrapés jusqu'ici venaient de familles importantes de Serpentard et vous avez une raison parfaite de soupçonner tous les Serpentards. Ce qui," dit-il, croisant ses doigts et souriant, "est bien sûr grandement à notre avantage. Il y a toujours eu un préjugé contre la maison de Serpentard à cause du caractère ambigu de son fondateur, et tout le monde sent maintenant que c'est justifié. Ce que ce vieil imbécile ne voit pas néanmoins, est qu'il est peu probable que discriminer tout un groupe sur la base de superstition et de peur instille des sentiments amicaux - au contraire. Et c'est une autre grave erreur que de croire que des Gryffondors ne se joindraient jamais à moi. Le vieil homme en sait si peu. mais revenons à toi, Severus. Qu'aimerais-tu faire, maintenant que tu es libre de choisir ?"

Ceci était un sujet auquel Severus avait déjà beaucoup pensé, et il en avait parlé avec le Lestrange et les autres. En fait, c'est un des sujets qu'ils avaient le plus discuté au cours de leur dernière année, de manière peu surprenante. "Je crois que le mieux pour moi serait d'étudier les Potions Avancées à Urqhart. Un apprentissage avec le Professeur Lestrange est hors de question -"

"Tu l'as depuis longtemps dépassé, Severus. Je sais - et je dois lui accorder le mérite de ne pas avoir essayé d'usurper ce succès pour lui-même - je sais que la potion d'Imperius est en grande partie de ton invention, pas de la sienne. Et tu étais seulement en cinquième année quand tu as eu ce coup de génie. D'après ce qu'il m'a dit, je sais aussi qu'il t'a enseigné tout ce qu'il savait, ce qui est beaucoup, je l'admets, mais tu es capable d'accomplir beaucoup plus que cela. Urqhart, dis-tu? Et pourquoi ?"

"Eh bien," répondit Severus, un peu étonné, "cela semble être la seule possibilité -"

"Il y a toujours plus qu'une possibilité, Severus. Souviens-toi de cela. Qui est le maître de potions résident, là bas?"

"Jonathan Prewett. J'ai lu beaucoup de ses ouvrages, et ils ne semblent pas mauvais."

"Non, ils ne sont certainement pas mauvais. Tout à fait le contraire, en fait. Après tout, Prewett a étudié avec McLachlan lui-même, comme l'a fait St. Jean."

"Je sais, et honnêtement j'ai pensé que c'était une raison de plus pour -"

Voldemort se pencha en avant et posa sa main gauche sur la main droite de Severus. "Toi, Severus Rogue, tu ne devrais pas faire tes études avec la pâle copie du plus grand maître de potions que la Grande-Bretagne ait vu depuis longtemps. Tu -" il lui donna une brève pression puis se retira de nouveau dans les profondeurs de son fauteuil -" dois faire tes études avec l'original. Sans compter que cette pâle copie n’honorera pas cette terre de sa présence beaucoup plus longtemps. Je le surveille de près depuis assez longtemps maintenant, et je n'aime pas la façon dont il encourage la saleté née de Moldus à faire ses études dans une université qui a déjà trop d'étudiants pour son bien. Non, Severus, tu apprendras du maître lui-même."

"Vous... vous voulez dire McLachlan lui-même ? Mais, Tom, il ne prend plus d'apprentis, il est très vieux maintenant et je doute..." voyant la lueur dans les yeux de Voldemort, il avala. "Vous... vous l'avez déjà contacté, n'est-ce pas ? Et il m'a accepté ?" Voldemort acquiesça en souriant et Severus sentit une vague chaude de de fierté s'élever en lui." Vraiment ? Quand puis-je commencer ?"

"En août. Tu devras voir les détails avec lui. Bien sûr, ce n'est pas moi qui l'ai contacté, pour des raisons évidentes, mais St. Jean. Il a dépeint ton talent avec des couleurs si vives que le vieil homme a eu du mal à résister à la tentation de courir à Poudlard et de te traîner depuis là directement à sa maison pour commencer à t'enseigner immédiatement."

"Devrais-je vivre là-bas avec lui ?"

"Non, il est trop solitaire et excentrique pour permettre cela. Tu devras habiter ailleurs. Quel est le problème, Severus ?"

Son anxiété s'était à l'évidence montrée trop clairement sur son visage. D'une manière ou d'une autre, il avait pensé au campus de l'université comme à sa maison pour les prochaines années, son logement et le prix des cours auraient facilement été payées par la bourse qu'il recevrait sans doute. Aussi merveilleux qu'elle soit, la possibilité de faire ses études avec McLachlan avait complètement retourné les tables. Lestrange pouvait être plus que généreux, mais sa tutelle se terminait dans quatre mois. Et avec les livres dont il allait avoir besoin, l'argent que son oncle lui avait laissé ne serait jamais suffisant pour louer un appartement ou même une chambre.

"Rien, vraiment, je... je pensais juste à... euh, combien ce sera merveilleux de vivre tout seul pour la première fois de ma vie."

Le visage de Voldemort prit une expression très sérieuse. "La seule chose qui me rende vraiment furieux, Severus, est qu'on me mente."

"Ce n'était pas un mensonge, je -"

"Était-ce la vérité ?" Severus secoua la tête, espérant que le plancher s'ouvre et l'avale sur-le-champ. "Cela semble clore le problème. Maintenant dis-moi ce que tu pensais vraiment."

Severus avala durement, mais alors parvint à laisser échapper "Je n'ai pas assez d'argent pour me permettre des études avec McLachlan et louer une chambre."

Les sourcils de Voldemort se levèrent. "A moins que je ne me trompe beaucoup, la partie italienne de ta famille n'est pas exactement ce que l'on appellerait pauvre. Il y a un oncle, je crois -"

"Non !" l'interrompit Severus, "Non, je - je ne peux pas m'adresser à lui pour de l'argent. Je le ferais si vous me l'ordonniez, mais... s'il vous plaît ne m'y obligez pas !"

Une main mince et d'une pâleur de mort poussa en arrière la masse de cheveux noirs qui était tombée sur le visage de Voldemort quand il s'était incliné en avant pour examiner son vis-à-vis. Severus dût lutter intensément pour ne pas reculer sous le regard noir inébranlable." Dis-moi pourquoi tu ne veux pas te tourner vers ton oncle."

Severus secoua la tête violemment. "Non je préférerais aller le voir que vous le dire. C'est trop... je ne peux simplement pas."

Lentement et comme un chat, ne rompant jamais le contact oculaire, Voldemort se leva de son siège; deux pas, et il se tenait debout si près de Severus que ses robes effleuraient la main du jeune sorcier, crispée autour de l'accoudoir de son siège. Severus s'était attendu à tout, mais il n'aurait jamais rêvé que Lord Voldemort puisse s'agenouiller sur le sol à côté de lui. Autant qu'il ait voulu regarder au loin, pour refuser l'entrée de ses pensées, de son être, son âme à ces sombres yeux curieux, il était trop hypnotisé par le regard ferme pour pouvoir se déplacer même d'une fraction de centimètre. La main pâle monta pour entourer sa nuque, et le tira vers l'avant, si doucement mais oh si inexorablement, jusqu'à ce que leurs visages se touchassent presque. La main était fraiche et sèche, ferme, rassurante et effrayante, lui donnant l'envie de s’appuyer dans ce qui pourrait être une caresse et en même temps de fuir ce qui pourrait être une mort tendre, sur le point lui rompre brusquement le cou d'un dernier geste aimant.

Plus qu'il ne les entendit, il sentit les mots suivants de Voldemort toucher ses lèvres, une brise douce. "Tu ne dois pas avoir de secrets avec moi, Severus. Jamais. Tu dois me le raconter. Toujours. Quoi que ce soit. Maintenant dis-moi, mon enfant -" et il tira la tête de Severus jusqu'à ce qu'elle repose sur son épaule -" Raconte moi pourquoi tu ne peux pas t'adresser à ton oncle."

C'était si différent de le raconter à Clarissa. C'était comme verser des seaux pleins d'eau sale et boueuse dans une mer qui était si énorme, si indifférente à cette quantité microscopique de liquide infect et saumâtre qu'elle pouvait simplement l'avaler, le dissoudre et rester pure tout de même, limpide et propre, rafraîchissant ses bras qui faisaient mal d'avoir porté le fardeau depuis si longtemps. Quand il eut terminé, Voldemort le laissa poser son front sur son épaule un peu plus longtemps, puis le poussa doucement en arrière et se releva pour retourner à son fauteuil.

"Nous nous vengerons," dit-il. "Très bientôt, et tu y auras ta part, si tel est ton désir. Personne ne touche un de mes fidèles partisans sans vivre pour le regretter amèrement. Et cela devrait aussi régler la question financière, bien que tu ne doives pas t'inquiéter à ce propos de toute façon."

Encore secoué par les émotions que sa confession avait libérées, Severus dit " La question financière - Mais, Tom, je ne suis pas son héritier."

"Tu le seras. Quelqu'un d'autre est-il au courant ?"

"Seulement Clarissa. Vous savez, la sœur cadette d'Evan Rosier."

"Et ta petite amie, je suppose ?"

"Plutôt ma thérapeute," dit Severus avec un sourire désabusé. "L'accepterez-vous ? Elle a été impatiente d'entrer dans vos rangs depuis que nous nous sommes rencontrés au Manoir Malfoy."

"Penses-tu que je devrais ?"

Severus réfléchit un moment à cette question. Il était sûr que Voldemort avait assez d'informations venant de Lestrange et était un suffisamment bon juge de caractère pour s'être déjà décidé, si bien que ce qu'il allait dire aurait peu de conséquence sur la décision finale. Mais il voulait donner une réponse véridique.

"Oui," dit-il finalement "je crois que vous le devriez. Clarissa peut ne pas être la plus douée des sorcières, mais elle a d'autres qualités qui contrebalancent largement ce dont elle manque en capacités magiques. Son intuition est tout à fait étonnante, et alliée à un certain goût pour infliger la douleur, cela pourrait la rendre très utile pour des interrogatoires."

Voldemort acquiesça, apparemment satisfait. "Une évaluation très exacte. Et les autres? Je veux dire, tes camarades de classe."

"Recevront-ils tous une ...euh, invitation ?"

"Ceux que j'ai choisis l'ont déjà reçue et je suis très satisfait de voir qu'ils ont suivi mes instructions de n'en parler à personne. Alors la réponse est non, tous ne sont pas capables de me servir. Mais ton opinion est très importante pour moi, Severus et j'aimerais entendre ton jugement sur chacun d'eux. Je les verrai seulement brièvement et ce sera suffisant. En savoir un peu plus que ce que St. Jean a pu me dire pourrait être intéressant en tout cas cependant."

"Seulement brièvement? Vous ne les convoquez pas tous ici pour -"

"Non, Severus. Je t'ai convoqué parce que j'avais de plus grands projets pour toi que pour eux. Quant aux autres, je leur ferai seulement passer un bref entretien. Alors, parle moi de M. Malfoy."

"De Lucius ?" Severus dut admettre qu'il était plus qu'un peu perplexe. Lucius n'aurait pas été enchanté de l'entendre, mais il était assez évident comme personnage. Surement que Voldemort l'avait aussi remarqué, après tout, il l'avait vu de nombreuses fois au manoir de son père. "Je ne sais pas que dire à son sujet. Il y a rien en dehors de l'évidence - il a une intelligence bien au-dessus de la moyenne, il est puissant, autoritaire, un chef né."

Il s'aperçut de ce qu'il venait de dire. La vérité, oui, mais une vérité pas trop agréable aux oreilles de Voldemort, probablement.

S'il était fâché, il ne le montra pas. "Je ne pourrais pas être plus d'accord. Lucius est un prince de sang, et ainsi doit être contrôlé très prudemment. Il pourrait hériter de la couronne de son père mais je ne tolérerai pas d'ambitions semblables me concernant parmi mes partisans. Il sera, cependant, un ajout très précieux à mes rangs, sans aucun doute. J'ai à m'occuper d'assez d'idiots pour être content non seulement de la venue de sang nouveau mais aussi d'intelligence nouvelle. Au suivant, alors. M. Nott."

"Je croyais que vous aviez déjà assez d'idiots ?" pas très sûr que ce commentaire n'ait pas été un peu trop hardi, même si Voldemort était très gentil avec lui, Severus regarda l'autre sorcier et à son soulagement, le vit sourire. "Pas que je veuille mettre en doute votre jugement je suis sûr que vous avez de très bonnes raisons de le vouloir avec vous. Il n'y a pas beaucoup à ajouter cependant, 'idiot' le résume assez bien. Il fera tout ce qu'on lui dit de faire, néanmoins."

"Pour quelques tâches, il faut beaucoup de force physique en combinaison avec la plus petite quantité d'intelligence possible. M. Nott répond à cette exigence à la perfection et se sentira certainement très à l'aise en compagnie de messieurs Crabbe et Goyle."

"Crabbe et Goyle ? Je connais ces noms... n'étaient-ils pas batteurs pour l'équipe de notre maison avant que je ne commence à Poudlard ?"

"Oui ils ont reçu leur diplôme en 1969. Et bien qu'ils rampent certainement quelque part au bas de la pyramide évolutionniste, ils sont assez utiles une fois qu'ils comprennent ce qu'on attend vraiment d'eux. Les précepteurs parfaits pour M. Nott on dirait."

"Sus suem instruit," murmura Severus dans sa barbe.

"Non seulement je partage le mépris essentiel d'Erasme envers la race humaine mais je suis tout à fait d'accord avec toi. Au tour de mademoiselle Avery, alors."

"Heather... voyons voir. Encore irrémédiablement amoureuse de Owen, bien sûr qui la traite comme de la m- comme une elfe de maison. A part cela, elle est tout sauf stupide et a développé un assez grand intérêt pour l'anatomie humaine ces derniers temps - autre qu'Owen je veux dire."

Voldemort gloussa. "Oui, St. Jean m'a dit qu'elle avait l'intention de s'inscrire à l'école pour Médisorciers d'Oxford. Ce qui pourrait être tout juste ce dont nous avons besoin. Mes Mangemorts ne sont pas invulnérables et il est quelquefois difficile de trouver un medisorcier disposé à les guérir et, par-dessus tout, capable de le faire sous la pression. Avez-vous des doutes sur la loyauté de mademoiselle Avery ?"

"Non, pas vraiment. Par-dessus tout parce qu'elle ferait tout ce que Owen lui ordonnerait de faire."

"Alors nous pourrions devoir la tester. Mes Mangemorts doivent obéir à mes ordres et seulement aux miens. Elle aura à prouver qui vaut plus pour elle, moi ou M. McNair." il lança un regard perçant à Severus. " Une objection?"

"Je... pas d'objection, non. C'est juste que... eh bien, je n'avais pas l'intention de causer d'ennuis à Heather, comme je n'ai aucune raison de la détester."

"Préférerais-tu qu'elle mette en danger une mission importante parce qu'elle place M MacNair au-dessus de moi ?"

Severus grimaça. "Non, bien sûr que non. Je n'aime simplement pas la pensée d'être celui qui vous a fait douter de son dévouement pour vous."

"Oui," répondit calmement Voldemort, "et cela me fait apprécier encore plus ta franchise. Je présume que tu n'as pas de tels scrupules concernant mademoiselle Al Faruk ?"

"Tabitha ? Certainement pas. Elle est résolue à se joindre à vous à cause de ce qu'elle pourra effectuer. Par-dessus tout depuis que sa famille a été ruinée par l'embargo sur les tapis volants. Le jour où elle a appris la nouvelle de ses parents, j'ai cru qu'elle irait tuer le ministre sur le champ et toute seule. Je suppose qu'elle l'aurait fait, si nous ne l'avions pas retenue. Elle sera une alliée très précieuse, sans aucun doute."

"Oui, elle et St. Jean sont un couple très impressionnant. Avec un énorme potentiel. Leur mariage sera célébré en due forme, seulement ils devront attendre un peu plus longtemps que la jeune dame le voulait à l'origine. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de fournir à Dumbledore davantage de raisons de soupçonner St. Jean, et un mariage précipité compterait certainement comme tel. Le mariage de Malfoy aura lieu à l'équinoxe d'automne, ce qui fournira un cadre très commode pour la rencontrer de nouveau après trois mois de la séparation la plus stricte. Ensuite nous nous arrangerons pour qu'ils soient vus à divers rendez-vous, se tenant la main, et plus tard, échangeant des baisers chastes, et au printemps prochain ils pourront se marier."

Severus trouva ceci un plan très raisonnable, car il était peu probable que Dumbledore ait oublié l'incident durant leur quatrième année et les accusations de Potter et Black contre le professeur. Leur conversation se tourna ainsi vers les deux garçons dorés, qui étaient tous les deux sur le point de s'enrôler à l'Académie des Aurors, et leurs acolytes fidèles, Lupin et Pettigrow.

"Vous voyez" dit Voldemort "Lupin est un exemple typique de la charité malencontreuse des Gryffondors. Vous pouvez ne pas en avoir entendu parler, mais aucune des institutions d'études supérieures ne l'a accepté, malgré ses résultats tout à fait passables aux A.S.P.I.C.s. Ils le considèrent comme un danger pour ses camarades étudiants et ne veulent pas prendre de semblable risque. Une décision qui, de leur point de vue, est entièrement compréhensible - tout le monde n'est pas aussi bêtement généreux que Dumbledore. Seulement maintenant le jeune homme est obligé de doublement s'offusquer d'être rejeté par la société. Ce qui pourrait faire de lui un candidat très intéressant pour entrer dans nos rangs, alors d'une certaine façon, je devais presque être reconnaissant au charitable Directeur. - Oui ?" répondit-il après un frappement à la porte.

Lestrange entra dans la pièce. "Maître, votre visiteur est arrivé."

Voldemort acquiesça et se leva de son siège. "Tu vas devoir m'excuser un court moment, Severus. Je te laisse avec St. Jean puisque vous aurez sans doute plusieurs choses à discuter. Peut-être avez-vous aussi faim. Nous pourrons alors continuer notre discussion cette après midi."

"Eh bien," dit Lestrange, quand ils s'assirent à la table de l'autre côté de la pièce, "Je suppose que tu es assez heureux des nouvelles, non?"

Une vieille femme, portant un foulard noir qui descendait jusqu'à ses oreilles, qui étaient aussi ridées que son visage et ornées par de lourdes boucles d'oreilles en argent, apporta un plateau avec des sandwichs et un broc d'eau. Elle rappela un peu Signora Ragnatela à Severus, par-dessus tout parce qu'elle lui lançait le même regard menaçant que la vieille femme de charge lui avait toujours lancé, et il attendit qu'elle ait quitté la pièce avant de répondre à la question.

"J'étais interloqué quand Lord Voldemort me l'a dit. Pour dire la vérité, je le suis encore. J'aurais été parfaitement heureux d'étudier à Urqhart, mais ceci est bien sûr plus que je n'aurais jamais osé rêver. Comment est-il ? McLachlan, je veux dire."

Lestrange prit un sandwich, examina son contenu, fit la grimace et en choisit un autre qui sembla lui convenir. "Je déteste le fromage de chèvre," expliqua-t-il "Mais ils n'ont pas grand chose d'autre ici. L'agneau rôti est plutôt acceptable, cependant." il prit une bouchée et hocha la tête de satisfaction. "McLachlan ? C'est tout à fait un vieux type excentrique, comme tu le verras sans doute très bientôt. A part cela, c'est un génie en potions et pas un gars désagréable. Malheureusement, je ne pouvais pas lui parler de la potion d'Imperius, mais il était suffisamment enthousiaste quand il a vu ta composition pour ton A.S.P.I.C. de potion, dont je lui avais envoyé une copie."

Severus aimait assez le fromage de chèvre et en prit un second. Il n'avait pas beaucoup mangé au petit déjeuner - son estomac ne réagissait pas trop bien à la nervosité et il avait été très tendu ce matin. "J'imagine," dit-il, versant un verre d'eau pour chacun d'eux, "qu'il n'est pas avec nous, non ?"

"Non, au contraire. Si tu me demandes mon avis, Lord Voldemort a seulement épargné sa vie si longtemps parce qu'il voulait qu'il soit ton instructeur. Je suppose qu'il t'a dit que la partie financière n'était pas un problème ? Tu devras te trouver un petit appartement agréable, qui pourrait mieux te convenir que le campus à Urqhart, étant donné que tu n'es pas exactement ce j'appellerais une bête mondaine."

Curieux et voulant aussi essayer l'agneau rôti, Severus se servit un troisième sandwich et décida qu'il aimait beaucoup la cuisine albanaise. "L'idée de vivre seul est si complètement nouvelle et inattendue que je ne sais même pas qu'en penser. Mais je suppose que je pourrais aimer ça." Lestrange acquiesça, regardant d'un air rêveur le panorama magnifique à l'extérieur. Il pensait probablement à Tabitha, supposa Severus. Il devrait rester séparé d'elle pendant presque trois mois, ce qui devait être un bon revers après tant d'années de contact presque quotidien. "Elle vous manque, n'est-ce pas,Monsieur ?" demanda-t-il, surpris de sa propre audace.

Lestrange tourna son regard vers lui. "Oui," répondit-il gravement, "Mais alors, c'est seulement une séparation temporaire, et pour une très bonne raison. Et ne m'appelle plus 'Monsieur', compris ? Je suis St. Jean pour toi désormais. Plus de formalités d'école. En parlant d'école - toi et Clarissa ? Allez-vous vivre ensemble ?"

Severus laissa presque tomber la dernière bouchée de son sandwich. "Non !" dit-il, presque avec indignation "Pourquoi devrions-nous ?"

"Cela semblait être l'étape suivante évidente."

"Non !" dit-il de nouveau "Nous sommes seulement... eh bien, ce serait un peu difficile à définir mais nous ne sommes certainement pas amants. Je suis plus qu'heureux d'avoir Esmeralda pour vivre avec moi."

"Célibataire confirmé à l'âge de dix-huit ans ? Nous verrons. Comme Lucius t'enviera !"

Severus renifla. "Oui, il ne semble pas trop heureux de devoir abandonner sa liberté maintenant qu'il vient à peine de la recevoir. Je ne peux guère croire qu'il sera un homme marié dans moins de trois mois."

"Lui non plus, je suppose. Par-dessus tout parce que Lord Voldemort n'est pas trop content."

"Que peut-il donc avoir contre Narcissa ?"

"Pas contre Narcissa, contre le rituel du mariage. Julius a insisté pour avoir la cérémonie traditionnelle qui a été utilisée dans leur famille depuis des siècles, prétendant que la famille devait maintenir certaines apparences. Notre Maître ne l'a pas trop bien pris. En fait, il tient cela pour un acte d'insubordination, dont les conséquences pèseront plutôt lourdement non seulement sur M. Malfoy mais aussi sur Lucius. Cela peut servir son prestige social mais ne fera rien pour consolider sa position dans nos rangs."

Leur conversation revint alors à l'avenir immédiat de Severus et après un moment, Lord Voldemort les rejoignit. Lestrange prit congé, et les deux sorciers revinrent aux sièges qu'ils avaient auparavant occupés.

Bien qu'il se sentît tout à fait à son aise en présence de Voldemort - ce qui était d'autant plus étonnant, étant donné qu'il lui avait raconté tout ce qui s'était produit il y a trois ans pendant ses vacances d'été - Severus n'était pas sûr de la réaction qu'il puisse avoir à la question il voulait poser mais qu'il n'était pas sûr de vraiment devoir poser. Cela n'était pas une question impertinente, mais d'une manière ou d'une autre il sentait que Voldemort devrait être le premier à aborder le sujet. Mais alors... "Cela vous, euh, dérangerait-il si je vous posais une question ?"

"Tu peux me demander tout ce que tu veux Severus. Je répondrais à tes questions à moins d'avoir une très bonne raison pour ne pas le faire, auquel cas je te prie de me pardonner. Je ne mentirais bien sûr pas."

"Au sujet de mon initiation ? Quand recevrai-je ma Marque Sombre ?"

"Si impatient !" observa Voldemort avec un sourire indulgent. "Mais c'est certainement une question qui me plaît extrêmement, de même que ton enthousiasme. J'ai beaucoup pensé à cela. D'un côté, nous désirons tous les deux que tu sois initié dès que possible dans ma fraternité de Mangemorts. Tu n'aurais pas besoin de passer par une période probatoire, puisque tu t'es prouvé toi-même et as prouvé ta loyauté envers moi au-delà de tout doute. Mais -" il fit une courte pause comme pour formuler prudemment ce qu'il allait dire "- Je n'ai pas l'intention de mettre ton éducation en danger."

Severus, complètement déconcerté, réussit seulement à demander un "Je vous demande pardon?" perplexe.

"La fabrication de potions, et tu le sais aussi bien que moi, est une activité ayant de grands risques d'accidents, les endroits de ton corps les plus en danger étant bien sûr ton visage, tes bras et tes mains. Imagine que tu fasses exploser une potion par simple accident, cela peut arriver au meilleur d'entre nous, imagine de plus que cette substance est corrosive, si bien que tu doives immédiatement retirer tes robes et peut-être aussi ta chemise - et tu es là debout, avec la Marque Sombre clairement visible sur ton bras. Non seulement McLachlan n'est pas un sympathisant à notre cause, il parle aussi ouvertement contre nous. Tu serais jeté à Azkaban en un rien de temps, et j'aurais perdu un de mes meilleurs hommes. Ce qui semble également indésirable pour nous deux, même si pour des raisons différentes."

Une vague de déception passa sur lui. "Cela veut-il dire que je devrai attendre que j'aie terminé mon apprentissage ?"

"Oui," répondit gravement Voldemort, "j'ai peur que ce soit exactement ce que cela veut dire. C'est un sacrifice, Severus," dit-il, capturant les yeux du jeune sorcier avec les siens, "et ce n'en est absolument pas un facile. Je sais cela et je suis complètement conscient de ce que cela veut dire pour toi de savoir qu'un idiot comme Cédric Nott porte ma marque alors que toi non. Ais patience néanmoins, et attends que ton temps vienne. Tu seras le premier parmi eux, et seras honoré bien au-dessus d'eux. Sacrifieras-tu ta fierté pour moi ?"

"Oui," chuchota Severus, "bien sûr que je le ferais. Quoi que ce soit. Vous savez cela, n'est-ce pas ?"

"Je n'aurais pas attendu autre chose de ta part. Pas après ce que St. Jean ma dit de ta conduite quand Dumbledore t'a fait choisir entre être expulsé et faire cet infâme serment. Tu auras ta récompense et ta vengeance en temps voulu."

Severus revint au Chaudron Baveur au coucher du soleil, son cœur plein d'émotions conflictuelles et son cerveau tournant à plein régime d'anticipation. Avec le recul, la journée qu'il avait passée en Albanie semblait plus longue que toutes ses sept années à Poudlard. Il refusa de dîner et monta dans sa chambre, ouvrit la fenêtre et appela un fauteuil, pour s'asseoir et pour regarder fixement le ciel noir de la nuit. Son futur dont il n'avait eu qu'un aperçu aujourd'hui vibrant en lui, toutes les possibilités étaient étendues devant lui, prêtes à être prises, transformées en réalité et ainsi de produire un nouveau tableau éblouissant d'avenirs possibles. Plus que jamais il savait qui il était, chaque cellule de son cerveau semblait soudain avoir pris vie et lui offrir un feu d'artifice de connaissance et de compétences qu'il était maintenant libre d'utiliser. Finalement, il avait une vie bien à lui.