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Le divorce

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- Bien, Mr. Potter. Il semble que votre épouse et vous-même ayez décidé de divorcer d'un commun accord. Cependant, vous avez chacun de votre côté entamer, auprès de cabinets de droit différents, une procédure sur la base du comportement déraisonnable de l'autre. Cela est assez inhabituel, je dois vous l’avouer. De fait, les conditions de votre divorce seront déterminées par la confrontation de vos argumentations respectives. Afin de mieux comprendre la situation, j'ai besoin de connaître votre vision de la situation.

- Bien entendu, Maître Dry. Il va falloir que je parle un peu de ma vie avant le mariage pour cela.

- Allez-y. A ce stade, tout peut être pertinent.

- Quand mes parents sont décédés, vous savez comment, j'ai été remis aux bons soins de la sœur de ma mère. Tante Pétunia et son mari Vernon sont des moldus qui donnent une grande importance aux apparences de normalité. Autant vous dire que récupérer leur neveu sorcier n'entrait pas dans ce cadre. Jusqu'à ce que je reçoive ma lettre pour Poudlard, j'ai cru que mes parents étaient des chômeurs alcooliques morts dans un accident de transport. Pour faire simple, je n'ai pas eu une enfance heureuse, je n'avais aucun jouet, aucun ami, les vêtements que je portais appartenaient initialement à ma baleine de cousin et je devais réaliser quasi toute les tâches ménagères de la maison pour lesquelles ma tante prenait ensuite tout le crédit auprès du voisinage. Voisinage qui a accepter facilement les mensonges de ma tante disant que j'étais un garçon difficile admis dans un établissement pour délinquants juvénile.

- Mais la situation s'est améliorée une fois que vous êtes entré à Poudlard, non ? Du moins, pendant l'année scolaire.

- Pas vraiment. Je suis tombé dans une sorte d'inverse. Les gens m'ont mis des responsabilités sur le dos sans me donner réellement les outils pour les réaliser. De manière globale, il y a toujours eu au moins un événement extraordinaire à chaque année d'étude qui m'a forcé à être adulte avant l'heure car les adultes présents n'ont pas voulu m'écouter ou prendre leurs responsabilités. Et ça, c'est quand ils n'étaient pas carrément incompétents. Tout cela pour dire que je n’ai jamais eu la chance de vraiment être un enfant et que j'ai dû grandir trop vite. Quand la guerre fut finie, j'ai rejoint les aurors uniquement parce que je savais que je ne pourrais vivre avec moi-même si je laissais des sbires de Voldemort en liberté. Mais je savais déjà qu'un poste de bureau, ou du moins plus intellectuel que physique, me correspondrait mieux sur le long terme. Je voulais pouvoir vivre ma vie avec un peu d'insouciance. Avoir la paix.

- Et votre relation avec Ms Weasley, comment entrait-elle dans ce projet ?

- Je suis sorti avec Ginny pendant à peine deux mois à la fin de ma 6e année. J'ai rompu avec elle juste avant de partir à la recherche... D'éléments nécessaires à la défaite de Voldemort, pour éviter de faire d'elle une cible plus importante. Quand la guerre fut finie, nous nous sommes remis ensemble mais elle avait encore une année d'études et j'étais à temps plein avec les aurors donc je n'avais pas l'occasion de pouvoir aller voir ailleurs, ce que je ne voulais pas à l'époque. Je ne la voyais que pendant les vacances. L'année suivante, elle est entrée en camp d'entraînement de Quidditch en tant que réserve et on a pu se voir un peu plus souvent, même si elle travaillait également comme journaliste sportive à la Gazette. Mais déjà, sa famille commençait à parler mariage et enfants. Comme son frère Ron était également en couple avec mon amie Hermione, je n'ai pas pris ces remarques personnellement. Mais je savais que la carrière sportive de Ginny prendrait automatique fin avec la naissance d'un enfant. Donc j'ai voulu attendre, d'autant plus que j'estimais que nous n'étions pas ensemble depuis suffisamment longtemps, même si cela faisait plus de 7 ans que nous nous connaissions.

- Si je calcule bien, vous vous êtes mariés deux ans et demi après sa sortie de Poudlard, cela est un peu en contradiction avec ce que vous venez de me dire.

- Et bien... un an après la sortie de Ginny de Poudlard, Ron et Hermione se sont mariés. Les remarques à propos de mariage ont augmenté sauf qu'elles m'étaient directement destinées. Et Ginny s'y était mise également. J'ai raisonné que l'épouser ne voulait pas forcement dire qu'il fallait que je la mette enceinte lors de notre nuit de noces.

- Quel est le comportement que vous reprochait à votre femme et quand a-t-il démarré d'après vous ?

- Il semble que le comportement en question ait démarré avant même que nous soyons mariés. Un soir après nos fiançailles, j'ai voulu la récupéré à la Gazette pour dîner mais la réceptionniste m'a dit qu'il n'y avait aucune Ginny Weasley dans les locaux. Quand je l'ai fait remarquer à Ginny, elle m'a dit qu'elle avait pris un congé spécial pour préparer le mariage. Je n’en ai pas pensé plus. Mais à notre retour de voyage de noces, j'ai rapidement compris qu'elle avait en fait démissionné, aussi bien du journal que de l’équipe et qu'elle avait l'intention d'être femme au foyer. Quand j'ai cherché à discuter du sujet, elle m'a dit qu'il fallait bien qu'elle soit à la maison pour s'occuper de nos enfants. Je lui aie alors dit que je voulais attendre encore un peu et elle l'a… assez mal prit. Certains membres de sa famille ont commencé à me prendre la tête sur le sujet, pour ne pas dire m'harceler. Et Ginny est allé assez loin pour me faire changer d'avis : faire disparaitre les préservatifs, mettre des potions aphrodisiaques dans mon thé...

- Je me dois de poser cette question, qui va vous sembler absurde mais... pourquoi ne pas avoir céder sur ce sujet également ?

- J'avais envie d'être dans le bon état d'esprit pour accueillir un enfant. Ne vous méprenez pas, j'aurais aimé mon enfant quoi qu'il arrive mais disons que j’avais le sentiment qu’il y aurait un voile persistent sur la majorité de mes interactions avec lui s’il venait à naître avant que je sois prêt à être père. Je pense également que ce voile se serait répercuté sur ma relation avec Ginny et cela aurait, au final, créer plus de problèmes qu'autre chose. En somme, pas le plus favorable des environnements pour élever un enfant.

- Très bien, Mr. Potter. Je respecte votre vision des choses. Pour être honnête, je la comprends totalement. Le problème, c'est que votre vision se confronte à celle, plus traditionnelle et en phase avec la mentalité de notre société, surtout en ces temps d'après-guerre, de Ms Weasley. D'après les éléments qui m'ont été transmis par son avocat, elle vous présente comme un époux ingrat, qui profite des avantages d'avoir une femme à la maison sans contrepartie, à savoir des enfants. Elle vous accuse également de porter préjudice à sa réputation en refusant de lui procurer les fonds nécessaires à une femme de son rang.

- Je ne comprends pas la dernière accusation.

- Elle vous accuse de rabaissement social. Ou maintient, suivant comment on regarde.

- Je comprends de quoi elle m'accuse. Je ne comprends juste pas pourquoi.

- Potter... Êtes-vous aller à Gringotts pour faire l'état de vos comptes depuis votre majorité ?

- Oui mais...

- Les Gobelins ne vous ont-ils rien appris d'important d'un point de vue financier ?

- J'ai découvert que mes parents étaient plus aisés que je ne le pensais... Mais Ginny ne peut être au courant puisque je ne lui en ai jamais parlé ! Justement car je ne voulais pas la mettre mal à l'aise par rapport à la propre situation de ses parents.

- Weasley n'avait pas besoin que vous lui en parliez. La famille Potter est connue pour être une famille de la grande bourgeoisie magique. Sa fortune a souvent été comparée à celle des Malfoy. Sachant que vous avez également hérité de la fortune de votre parrain, qui été le dernier mâle de la lignée Black, vous êtes l'homme le plus riche de notre communauté. Et il est d'usage qu'un homme fortuné octroie une pension à son épouse pour ses dépenses personnelles. Plus grosse est la fortune, plus grosse est censée être la dotation.

- Vous m'apprenez quelque chose, Maître. Je n'étais nullement au courant de cette coutume, ni même que l'état de mon patrimoine était de notoriété publique. Mais cet élément ne devrait pas m'étonné.

- C'est pour cela que la guilde des juridomages militent auprès du Département d'Education pour que des cours sur nos coutumes et notre système de fonctionnement soit dispensés aux sorciers élevés dans le monde moldu. La réponse que nous recevions à chaque fois jusqu'il y a peu était : « Cela est traité en cours d'Histoire de la Magie ». Mais nous savons bien qu'avec Mr. Binns comme enseignant, nous n'allons pas plus loin que les révoltes de Gobelins… Bien… nous allons pouvoir jouer sur votre ignorance et le fait que vous avez été principalement éduqué dans le monde moldu sur ce sujet. Je vous le dit tout de suite, indépendamment de votre fortune, il est attendu que vous octroyez une pension alimentaire à Ms Weasley à cause du fait qu'elle se retrouvera sans revenue une fois le divorce acté.

- Elle peut retrouver un emploi ! Je veux dire, je ne lui ai pas interdit de poursuivre une carrière professionnelle. Ce fut une décision de son propre chef dans laquelle je n'ai eu aucune participation.

- Je suis d'accord avec vous mais le résultat est là : actuellement, Ms Weasley perçoit un revenu indirect vu qu'elle vit de votre salaire. Quand vous serez divorcé, elle n'en aura plus aucun. Certes, elle peut retrouver un emploi. Elle pourra sans doute reprendre son ancien poste de journaliste. Cependant, elle ne pourra réintégrer le camp d'entraînement. Dans le meilleur des cas, elle touchera toujours moins que ce qu'elle touchait avant votre union. Si son avocat fait bien son travail, il va jouer sur cet aspect. D'ailleurs, attendez-vous à devoir payer ses honoraires en plus des miens.

- En discutant avec vous, j'ai de plus en plus l'impression qu'elle ne m'a épousé que pour mon argent.

- Cela est fort possible. Donc nous partons sur l'octroi d'une pension, dont le montant sera modulé en fonction du fait qu'elle ait ou non un emploi d'un côté, et en fonction de l'écart de revenu entre sa situation avant votre mariage et celle dont elle disposera une fois qu'elle aura retrouvé un emploi.

- Une pension initiale de 120G devrait faire l'affaire. Elle ne fera plus partie de la famille Potter donc aucune raison qu'elle profite du labeur de mes ancêtres. De plus, si elle refait sa vie, la pension saute.

- Très bien. Je vais donc prendre rendez-vous avec Maitre Knave pour échanger sur le sujet.

 


 

- Vous pouvez répéter ?

- Ms Weasley demande une pension mensuelle de 620G, ainsi que la jouissance d'un logement à vos frais.

- La pension qu'elle demande équivaut à mon salaire !  Même un peu plus ! D'où elle se permet de demander une telle somme ??

- Sur la base de votre fortune personnelle

- Mais je ne lui en ai jamais officiellement parlé ! Autant que tout le monde sache, mes parents ont pu faire de mauvais investissements ou même dilapidé la fortune familiale ! On a vécu uniquement sur mon salaire pendant 2 ans ! Si on fait le ratio, elle a vécu que sur 310G ! Et un logement ? Elle ne connait que Square Grimmauld !... Ne dites rien, elle suppose que ma fortune comprend des maisons et autres manoirs !

- Elle ne donne pas de justification pour ce montant spécifique mais son avocat m'a signifié qu'il peut jouer sur cette histoire de rabaissement social si besoin. Sachez seulement qu'il n'est pas possible de laisser un Manoir ancestral en usufruit dans le cadre d'un divorce.

- Encore heureux... Vous savez quoi? Square Grimmauld était juste la résidence londonienne des Black. Depuis plusieurs siècles, certes, mais ce n'est pas la résidence ancestrale au sens traditionnel du terme. Elle peut l'avoir.

- Très bien... Pour la pension ?

- Essayez de la faire baisser au minimum de moitié mais si vous ne pouvez pas...

- Êtes-vous sûr, Mr Potter ?

- Puis-je vous dire quelque chose Maître Dry ? Qui n'a rien à voir avec la procédure de divorce, du moins pas totalement. J'ai demandé une mutation à un poste plus intellectuel que physique. Elle a été acceptée et on m'a proposé le poste d'ambassadeur en Fédération magique soviétique. Vous imaginez bien qu'il s'agit d'un poste bien mieux payé que celui d'auror, sans parler de bien moins dangereux. Le poste m'intéresse et j'ai l'intention de l'accepter. Je dois avouer que c'est une raison supplémentaire pour ma demande de divorce. Je me suis finalement rendu compte que Ginny aime... non, adore se complaire dans la notoriété d'être la femme du Garçon-qui-a-Vaincu. Et je dois avouer que certains membres de sa famille exploitent également ce lien de parenté. Mes exploits sont connus dans le reste de l'Europe mais je ne suis pas idéalisé comme ici. En plus d'être séparée de sa famille, Ginny perdrait ce statut de femme de notable de premier rang et la possibilité d'être vénérée juste parce qu'elle a réussi à épouser la bonne personne. Si on ne divorçait pas maintenant, je pense que la première année en Russie aurait de toute façon mit un terme à notre mariage. Autant le faire maintenant, que je puisse tourner la page et entamer un nouveau chapitre de ma vie.

- Très bien, Mr Potter. Donc avec ce que vous venez de me dire, vous laisser l'usufruit de la résidence conjugale à Ginevra et préféreriez que je fasse diminuer le montant de la pension même si dans l'absolu, votre nouveau salaire compensera le montant de la pension initiale.

- Cependant, j'aimerais mettre en place des clauses spécifiques concernant l'usufruit et la pension... Je lui laisse l’usage de notre résidence conjugale à titre gratuit même si j’en garde la propriété. Elle peut y héberger de la famille ou des amis pour une durée maximale d’un mois. Au-delà, je veux recevoir un loyer. Si Ginny venait à refaire sa vie, ce dont je ne doute nullement, le versement de la pension n’aurait plus lieu d’être et un loyer sera exigé pour la maison. En somme, elle deviendrait une simple locataire avec son nouveau conjoint. Tout changement dans nos situations personnelles respectives devra être communiqués à nos avocats pour permettre tout ajustement. Ainsi, soyez assuré que si je venais à refaire ma vie avant elle, je demanderais une réduction du montant de la pension que je lui verse. Qu’en pensez-vous, maître ?

- Je pense que votre proposition est tout à fait raisonnable et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elle soit refusée.