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Sans toi je ne suis rien

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Je rentre.

Le paysage défile devant mes yeux tandis que je me presse pour revenir. Planqué derrière mon masque et mes vêtements encore collants de crasse, de sueur et de substances corporelles, je force le pas, n’aspirant plus qu’à trouver le repos auquel je devrais bientôt pouvoir goûter.

Ne prêtant pas attention au niveau trop bas du soleil et à la nuit qui menace d’arriver, je poursuis ma route, le poids de mon sac battant ma cuisse à chaque enjambée.

Avec la fatigue, je peine à me tenir éveillé, mes paupières se sont mises en grève et ne veulent plus rester ouvertes toutes seules. Je me mets à bailler de toutes mes forces, au point que quelques larmes de sommeil viennent se coincer aux creux de mes yeux. Ça fait trop longtemps que je n’ai pas dormi correctement. Mes jambes me supportent difficilement, tout mon corps est comme engourdi, je suis complètement épuisé.

Malgré tout je persiste à me déplacer à vive allure entre les petits massifs rocheux et les champs que j’ai pris pour itinéraire. Pourvu que je ne rencontre pas de nouvel ennemi en route… Un petit rictus se dessine sur mon visage, cette situation lamentable me donnerait presque envie de rire.

Depuis presque deux ans maintenant, je me suis engagé dans les ANBU, plus précisément dans la section des interventions externes. Aujourd’hui je bénéficie donc du grade de ninja de classe supérieure et ce même si je n’ai finalement jamais passé l’examen de sélection des chuunin, le fait d’entrer dans les forces spéciales entraînant automatiquement sa nomination en tant que jounin. Désireux d’œuvrer pour la sauvegarde de mon village, de devenir plus fort et aussi parce que ça me permet de ne pas ruminer mes idées noires, je me donne à fond. À l’âge de dix-sept ans seulement, je suis déjà passé capitaine de mon unité. Je pourrais presque rajouter que je fais la fierté de mon Sensei et de mon village mais ce serait faux.

En réalité, au plus je suis dévoué et irréprochable en mission, au plus je fais n’importe quoi à côté.

Dans mon rôle de ninja de Konoha, je me donne intégralement à mes responsabilités. Je préfère effectuer moi-même les sales besognes pour protéger au maximum les hommes qui sont sous mes ordres. Je n’ai pas oublié ce que j’ai vécu au début et je veux les laisser garder leur innocence le plus longtemps possible. N’hésitant pas à utiliser tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ma mission, je suis devenu l’un des ninjas les plus puissants du village, aussi froid et dangereux que la lame de mon sabre et je ne connais plus la pitié. Il paraît que je serais pressenti pour occuper un jour le poste de Hokage mais uniquement si j’arrêtais rapidement et définitivement mes conneries.

Ça…

Dès que je suis en repos, je ne m’occupe plus vraiment de moi, je tâche surtout de me sortir la tête des missions et je me lâche. Je fais un peu n’importe quoi, je m’amuse, je ne respecte pas les règles, comme je l’ai toujours fait d’ailleurs. Je suis désinvolte, facilement insolent et je me dresse régulièrement contre l’autorité de mes supérieurs. Je ne m’embarrasse pas de beaucoup de principes et, puisque je ne sais pas quand la mort voudra bien venir me cueillir, je goûte à la vie comme elle se présente, suivant mes pulsions. Et puis, au grand dam de mes supérieurs, j’aime tout ce qui me permet de me retourner la tête et de me lessiver le cerveau.

En fait, j’ai trop besoin de décompresser.

Évidemment, mon comportement n’est pas trop apprécié mais je m’en fous royalement. La misère de ma vie m’amuse, je me complais dans cette douce déchéance et quand j’entends des remarques style Kakashi l’autre jour qui me sortait, avec un certain sourire amusé d’ailleurs, que c’est sûr qu’un futur Hokage qui serait plus connu pour ses frasques que pour ses faits d’armes ça ne ferait pas très classe, je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire.

Normalement, pour cette mission, on aurait dû être en équipe de quatre mais, comme je suis une tête de con, on peut le dire, j’ai insisté pour y aller tout seul, bien sûr, j’ai fait mon malin. De toute façon, les missions pourries comme celle-là, je préfère très largement me les taper tout seul. Tuer, me battre, me montrer aussi impitoyable que mes adversaires, je sais le faire mais pour protéger mes camarades, là, il n’y a plus personne, je ne suis qu’un gros nul.

Plus jamais, jamais, je ne veux voir un de mes compagnons souffrir à cause de moi, de mon incapacité à le sauver, de mon impuissance. Plus jamais.

Se balançant au rythme de mes pas, le contenu du sac que je porte en bandoulière me tient une bien morbide compagnie. En fait, entre Kyuubi, mon pote dans mon bagage et moi-même, on est trois. C’est ça, ce n’est pas comme si j’étais tout seul à me les cailler loin de mon village dans un pays hostile, suis-je bête.

Je ricane.

Un frisson me traverse la moelle épinière. Je me rends enfin compte du froid de la nuit qui s’installe et avec la fatigue, ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Ce n’est pas vrai ! J’ai encore trop de route et je ne suis pas assez rapide, quel incapable je fais, à cette allure je ne pourrais même pas rejoindre la planque prévue à temps.

Stop. Je marque une pause. Bon, examinons la situation :

Bon, déjà, je suis tellement nase que je vais finir par m’endormir sur place, que si je m’endors là, je vais crever de froid comme un gros con que je suis, que si je croise ne serait-ce qu’un ennemi de grade inférieur, je risque de me faire cueillir comme une fleur ou de crever ce qui revient dans tous les cas au même et… que je n’arrive d’ailleurs même plus à réfléchir.

Un éclair de lucidité me prend. Mais qu’est-ce que je fous encore dehors à courir la campagne dans l’état dans lequel je suis ?!

Allez, Naruto, réveille-toi !

Qui a voulu partir tout seul dans un pays ennemi pour éliminer une des têtes les mieux protégées de cette planète ? Qui a eu l’idée lumineuse de rester en planque immobile pendant trois jours sans vraiment dormir pour attendre sa cible ? Qui a eu un éclat de génie en retournant se cacher au même endroit pendant les deux jours suivants pour négocier une sortie discrète ? Et t’as bouffé quoi pendant tout ce temps, imbécile ? Presque rien ! De cette espèce de pâte infâme que l’on utilise pour les missions de survie et qui permet de tenir le coup avec un peu d’eau. Je dois avoir des carences pas possibles, rien d’étonnant à ce que mon cerveau décide de me lâcher.

Bon, objectif numéro un : me trouver un endroit à peu près viable pour dormir et en deuxième : manger, me sustenter, me remplir la panse. De toute façon, quoi qu’il se passe, la mission est un succès : la tête qui repose dans mon sac ne va pas retourner sur le corps de son propriétaire comme ça, hein.

Je rigole en moi-même.

Je suis vraiment à bout, là.

Allez, action ! À l’aide d’une technique doton, je me fonds dans le sol pour grimper furtivement en haut d’un promontoire rocheux que j’ai aperçu près d’ici et observer les alentours.

À première vue, déjà, je ne suis pas suivi. Bien.

Je concentre mon chakra autour de moi et l’étends sur la surface la plus importante possible, merci Kyuubi, pour examiner les éventuelles traces de chakra environnantes.

Tiens, je perçois un… non, deux ou même plus… au moins trois empreintes différentes, fraîches, ainsi qu’une sorte de perturbation du flux, comme s’il s’était produit un combat. Mauvais, ça.

Ah, ce que j’aimerais ne pas aller voir de quoi il s’agit et me pieuter comme un bienheureux ici. Dormir, oui dormir.

Toujours en doton, je m’approche avec la plus grande prudence du lieu d’où proviennent ces traces. Je sens une présence humaine évidente, quoique très très faible… quelqu’un de blessé, vraisemblablement, voire même de mourant… Les autres ne doivent plus être là, il subsiste plutôt l’ombre de leur passage.

Au fur à mesure que je progresse, les dégradations de l’environnement deviennent de plus en plus visibles : arbres déracinés, terrain ravagé, sang… Pfiou, je viens même de croiser un bout de… corps, de la chair humaine en tout cas… Il s’est produit un véritable massacre ici.

En fait, j’étais bien plus éloigné que je ne le croyais, c’est juste que la puissance des décharges de chakra qui se sont produites dépasse de très loin celle d’un combat normal. Des monstres se sont affrontés, à moins que plusieurs groupes ne se soient entre-tués…

Je commence à appréhender de rencontrer les cadavres de ce champ de bataille.

Dans la pénombre qui s’est progressivement installée, il m’est dorénavant difficile de surveiller correctement les environs, mon périmètre de vision est de plus en plus restreint. Malgré tout, je me retrouve dans l’impossibilité de maintenir mon jutsu doton plus longtemps et je dois poursuivre l’exploration à découvert.

Mais qu’est-ce que je fous, bon sang ?!

Le bon sens voudrait que je quitte cet endroit au plus vite, le danger est trop grand, mais comme je ne suis qu’un abruti, au moins là-dessus je ‘‘ai pas changé, ça me coûte un peu trop de me barrer comme ça alors qu’il y a un survivant, même si ce chakra était tellement faible…

Prudemment, je continue mon approche.

Au détour d’un roc, le premier corps se dresse devant moi.

C’est… terrible. Resté suspendu par un pan de ses vêtements à une aspérité dans la pierre, il a encore les yeux ouverts dans une expression de surprise, comme si la mort l’avait saisi trop vite. Il est jeune, on doit avoir à peu près le même âge. De son corps inerte, seuls ses cheveux ondulent légèrement sous la petite brise qui est apparue depuis la tombée de la nuit, ils ont une couleur blanche… bleutée… plutôt rare en effet. Il est assez joli garçon, ne serait-ce ses dents de forme pointue qui lui confèrent un air… animal. Un de ses bras semble comme déchiré et la cause de la mort est évidente : son ventre a été transpercé, il n’a pas dû continuer à vivre bien longtemps après une telle blessure.

Je le réinstallerais bien dans une position plus digne mais ma raison me dicte le contraire. Oh, je suis encore capable de faire preuve d’un minimum d’intelligence, je ne vais pas laisser des traces aussi évidentes de mon passage… même si ça m’est difficilement supportable. Allez, on avance !

Durant ces deux années pendant lesquelles je me suis lancé corps et âme dans ma fonction d’ANBU, enchaînant les missions les plus dures, de celles qui vous propulsent à vitesse grand V en plein dans l’ampleur de l’atrocité de ce monde, de celles qui vous font connaître le sens des mots désespoir, cruauté, souffrance, de celles qui vous retournent les tripes et vous anéantissent de l’intérieur, j’en ai vu quelques-uns déjà, des massacres, voire des charniers. Et je peux dire qu’on ne peut pas s’y habituer, j’en suis toujours autant malade.

La peur se joue de ma petite fierté et me saisit contre ma volonté, me glaçant le sang et me remplissant d’appréhension face à ce que mes yeux vont bien encore pouvoir rencontrer. Je ne sens plus vraiment la fatigue, l’adrénaline l’a remplacée et mon sang pulse au niveau de mes tempes, fort.

Quand j’aperçois le cadavre suivant, mon souffle se coupe un instant. Il s’agit d’une kunoichi et la position dans laquelle elle est ne laisse pas de doute sur le sort que son agresseur lui a réservé… pas bon d’être une femme dans ce monde de sauvages. Je ne me sens pas le courage de l’approcher ; le sang est partout, les herbes sont rouges et l’état de cette fille…

D’autres images se précipitent dans ma tête, remplaçant celles que j’ai devant les yeux, d’autres souvenirs choquants. Mon pouls accélère. Ma respiration commence à devenir incertaine. Calme-toi, Naruto, respire… respire.

D’un geste lent, je passe ma main dans mes cheveux. Trop de mauvais souvenirs, tous ces corps, toute cette souffrance…

Au début, lors des premières missions d’ANBU, j’ai failli en crever. Enfin, physiquement, oui, bien sûr, on risque toujours sa vie, mais aussi mentalement, en moi-même. Quelque part, j’ai remercié mon village de m’avoir protégé auparavant de ce genre d’expérience et particulièrement mon Sensei, qui est passé par là lui aussi et ne nous en a jamais rien montré.

Le jour où j’ai déposé ma demande d’intégration dans les forces spéciales, il était venu me voir direct, essayer de m’en dissuader. Assis autour d’une tasse de thé, on avait parlé longuement de la pénibilité des missions, de ce que cela impliquait pour de nombreux ninjas, de la difficulté à vivre ensuite. Évidemment, les trois-quart des missions qui nous sont dévolues consistent à tuer, il faut le savoir, et pour les autres ce peut être du sabotage, parfois des infiltrations pour celles à moyen ou long terme, quant aux récoltes d’informations… c’est bien joli de laisser le sale boulot à la section torture et interrogatoires quand on le peut mais, sur le terrain, on est souvent pressé et c’est à nous de le faire en priorité.

« Tu y perdras ton âme », voilà ce qu’il m’a dit.

Avant de repartir, il avait soulevé sa manche pour me montrer l’état de son bras : de minuscules cicatrices s’étalaient depuis le dessus du pli du coude jusqu’au bas de l’avant bras, telles des marques indélébiles d‘années de toxicomanie. J’étais déjà au courant que c’était une pratique courante dans ce milieu et je ne m’en suis pas étonné. Au moins, là, je savais à quoi m’attendre. D’ailleurs je n’ai pas tardé à remarquer que la drogue circulait chez nous en toute tranquillité, comme si on s‘était passé le dernier morceau de musique à la mode. Après avoir baissé sa manche, il m’avait ébouriffé le crâne et dit avec un petit sourire « ne t’enfonce pas trop loin ».

Je l’ai entendu. En même temps je ne l’ai pas écouté. À l’époque et encore aujourd’hui, m’enfoncer le plus loin possible, c’était finalement bien ce que j’attendais.

Par endroits, le sol est ravagé, je dois être parvenu à l’épicentre du combat de titans qui s’est produit ici. Pas plus de cadavres ? Si, encore un là-bas. Peut-être parce que son aspect semble moins humain, je ne frissonne pas davantage en l’approchant.

Je suis stupéfait. On dirait… J’ai déjà vu une transformation identique. Son corps a pris une teinte marron-grisâtre, il a des déformations importantes des membres… ses yeux aussi sont modifiés… Sasuke… Je ne peux pas m’empêcher de penser à lui en voyant ce jeune homme mort. On dirait nettement le même maléfice que celui qu’Orochimaru lui a infligé… La marque maudite.

Douloureusement, je ferme les yeux.

Jamais je n’ai digéré le fait de l’avoir perdu, de ne pas avoir été capable de l’aider, de l’avoir laissé s’enfoncer seul dans ce bourbier, de n’avoir pas su être l’épaule sur laquelle il aurait pu s’appuyer. Quelque-part, en rentrant dans les forces spéciales, j’espérais trouver un jour sa trace, pouvoir enfin réussir là où j’avais échoué tant de fois et puis, rien… Il s’était déjà tellement éloigné de nous, nous ne vivions plus dans le même univers. Il m’a été terriblement difficile d’admettre que je l’avais perdu. En même temps, après l’avoir revu chez Orochimaru, ses dernières paroles, ses derniers actes me hantaient. Je crois d’ailleurs que c’est vers cette période que j’ai commencé à déconner et à me perdre dans les missions et autres moyens de m’occuper le cerveau.

En moi, aujourd’hui, je n’ai que des regrets.

Mais je délire complet, moi, arrête un peu de rêvasser, abruti ! Qu’est-ce que tu fous à découvert à te lamenter sur le passé, avance !

Reprenant vaguement mes esprits, je poursuis mon exploration. Il y a un survivant quelque part. Où ?

Avec le plus de discrétion qui m’est encore possible, je sautille sur le haut d’un rocher et parcours les environs des yeux. Il y a de véritables cratères au sol, des armes de jet plantées un peu partout, des lambeaux de vêtements éparpillés… probablement ceux de la fille, des résidus de chakra… encore du sang qui… oui, une traînée rougeoyante qui s’éloigne du centre du combat.

Redescendant rapidement, je suis prudemment cette piste…

Mon intuition ne me trompe pas, un être est encore vivant par ici, reste à savoir si c’est un ennemi…

À mes pieds, les herbes sont froissées, il ne doit plus pouvoir marcher, s’étant vraisemblablement traîné. Non soucieux de camoufler les traces de son passage, il a laissé des empreintes sanguinolentes partout. Dans un effort de concentration, j’essaye d’effacer encore au maximum ma présence.

Le cœur battant à tout rompre, je continue mon approche… Sa progression s’est ralentie, il doit être là.

Un pied.

Derrière un rocher, un pied, témoin d’un corps adossé contre la pierre. Avec une lenteur extrême, je me glisse sur le côté pour augmenter mon angle de vue. Je suis encore loin.

Un pied, masculin, une jambe nue… puis, un début de vêtement, noir, quelque chose de long comme une cape… avec… Je continue à me déplacer sur le côté, je suis proche mais je tâche de maintenir la plus grande distance possible avec cet homme.

Une cape, noire, avec… avec… des motifs… rouges en forme de… nuages… Je suffoque un instant.

L’Akatsuki.

Bon sang !

Se jouant de ma volonté, mes jambes commencent à trembler légèrement, mon angle de vue me permet maintenant de voir sa poitrine se lever et redescendre très calmement, très lentement, trop lentement. La respiration d’un mourant.

Petit à petit, je suis obligé de me rendre compte que je me suis suffisamment approché pour qu’il puisse reconnaître sur moi la tenue des ANBU de Konoha, c’est inévitable, mais je porte mon masque et j’ai remonté la capuche me permettant de camoufler la blondeur de mes cheveux. Rien sur moi ne permet de distinguer le fait que je sois le porteur de Kyuubi.

Je n’oublie pas que pour eux je suis une cible.

Ce qui va se passer ensuite, mon cerveau fatigué ne va pouvoir le percevoir qu’au ralenti et mon sang va pulser tellement fort dans mon crâne que je ne vais plus savoir si ce que je vois est bien la réalité.

Sous l’action d’un petit souffle de vent, quelques mèches de cheveux vont s’échapper de derrière le rocher, des mèches… noires, d’une profondeur telle que même la nuit ne peut égaler leur intensité et… un visage va se tourner vers moi…

Il m’a repéré, je n’ai pas assez camouflé ma présence ou alors je suis trop près.

Mon corps amorce un mouvement de recul mais… je vais rester tétanisé quand ces yeux remplis de lassitude vont s’ouvrir et que ces pupilles vont se poser sur moi…

Cette image je la connais, je ne peux pas oublier, un regard rouge comme l’hémoglobine qui m’a conduit jusqu’ici, rouge comme la mort qui pourrait me surprendre pour m’être laissé capter par lui, rouge et parcouru de petites virgules noires… un regard qui fascine et qui tue, la marque du clan des Uchiwa.

Le sharingan.

Et ce visage, cette peau pâle, qui l’est tellement actuellement qu’elle témoigne du passage imminent de son propriétaire vers la mort, une teinte de cadavre, presque translucide…

Ces traits, je les connais.

Lui.

Je ne me serais jamais attendu à le voir ainsi, aux portes de la mort, seul, affichant cette expression si particulière qui ne laisse transparaître aucune émotion, qui n’espère rien, qui n’attend rien, pas même que je le sauve, si ce n’est que la faucheuse elle-même vienne le cueillir…

Comment t’es-tu retrouvé dans une telle situation ?

Sasuke.