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Une deuxième chance

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CHAPITRE 1

 

 

 

Palais du Domaine Sacré, Sanctuaire, Grèce – novembre 2003

 

Aiolia n’hésita pas une seule seconde avant de frapper à la porte des appartements de Saga, à trois heures du matin. Il le savait insomniaque depuis de nombreuses années et il ne prenait pas beaucoup de risques. Effectivement.

« Entrez. » Dans une semi pénombre, il aperçut le Pope derrière son bureau, en train d’étudier des colonnes de chiffres, un crayon dans une main, une calculatrice dans l’autre.

« Aiolia, que veux-tu ? » Il n’avait même pas levé la tête, ayant reconnu l’aura du Lion.

« Saga, nous avons un problème…

— …Qui doit être grave, sinon tu ne serais pas là, je suppose. » Le ton était tout sauf amical. Le Lion eut un haussement d’épaule. Saga savait qu’il ne le portait pas dans son cœur.

« Assieds-toi.

— Je préfère rester debout, si tu n’y vois pas d’inconvénient.

— Alors, parle. » Aiolia resta silencieux pendant un nombre suffisant de secondes pour que le Pope daigne enfin lui jeter un regard d’intérêt. Il dit alors, assuré d’avoir son attention :

« Il y a deux semaines, nous avons eu une épidémie de grippe dans les rangs des jeunes. Rien de si important qui nécessitait de t’avertir. La plupart des élèves s’en sont remis, sauf trois. Depuis quelques jours, ils déclinent à vue d’œil, fièvre très forte à l’appui. Et quant à ceux qui n’ont pas été atteints au début, ils présentent des symptômes inquiétants, qui ne ressemblent à rien de ce que j’ai pu voir auparavant. Les entraînements sont stoppés faute d’effectifs. Hormis le fait que je prévois d’évacuer sur Athènes les trois dont l’état est grave, je m’inquiète de cette situation. Il y a quelque chose d’étrange dans la façon dont la maladie se propage…

— C’est-à-dire ?

— Ça ne ressemble pas à une épidémie classique et encore moins à une maladie conventionnelle. Personne du village n’a été atteint ; seuls les jeunes semblent vulnérables. J’en viens à me demander si quelqu’un ou quelque chose ne serait pas en train de chercher à saper nos forces en réduisant nos équipes futures.

— Hum… » Saga se leva et s’approchant d’Aiolia, lui demanda :

« Quand prévois-tu de les évacuer ?

— Dans moins d’une heure, pour profiter de la nuit. Il est inutile d’alerter l’ensemble du camp et puis… leur état est vraiment critique. Je crains le pire avant le matin.

— Tu as prévenu…

— le passeur et l’hôpital, oui.

— Bien. Je t’accompagne. » Stupéfait, le Lion eut un geste de dénégation :

« Je ne suis pas venu pour ça ! Je souhaitais simplement t’avertir de la situation pour que tu puisses prendre des mesures.

— Aiolia, il est trois heures, tout le monde dort, et je ne vais pas sonner le branle-bas de combat, alors que nous ne savons même pas ce qu’on cherche. Le plus urgent est de tâcher de sauver ce qui peut l’être encore. On ne peut pas se permettre de perdre des élèves, quand nous en avons si peu. » Il saisit au vol une cape entièrement noire et en rabattit le capuchon sur sa tête.

« Je te suis. »

 

* * *

 

Ils pénétrèrent dans un des six dortoirs alignés entre les falaises de calcaire, dont la blancheur laiteuse trouait l’obscurité. Une faible lueur provenait du fond de la pièce. En silence, ils s’avancèrent côte à côte pour rejoindre deux vieilles femmes penchées au-dessus des trois enfants, en train de leur bassiner le visage pour les rafraîchir.

Saga s’approcha pour mieux les regarder. Agés de douze à quatorze ans, ils dormaient, ou du moins, semblaient le faire. Deux d’entre eux étaient agités et murmuraient des phrases incohérentes.

« Ils délirent… » L’enfant le plus proche de lui était une jeune adolescente aux longs cheveux bruns. Les yeux fermés, elle ne bougeait pas ; quelques mèches sombres marbraient son visage exsangue. Elle semblait presque morte.

Soudain, son regard embrumé refit surface, pour se poser sur l’immense silhouette noire à ses côtés. Devant son mouvement de peur, Saga montra son visage. Reconnaissant le Grand Pope, elle gémit et rabattant les draps, fit mine de se lever et de s’agenouiller :

« Seigneur… veuillez excuser ma conduite….Je vous présente mes respects…

— Non. » Il se baissa et tendit le bras vers elle pour l’aider à se recoucher. « Ces cérémonies sont inutiles. Reste donc où tu es et donne-moi plutôt ton nom.

— Je m’appelle… Elena, Seigneur. Je viens du Mexique.

— Comment te sens-tu, Elena ? » Elle eut un faible sourire :

« Un peu fatiguée, Seigneur, mais je guérirai. Je suis forte, vous savez, cela fait plusieurs années que je suis ici… » Une quinte de toux sèche l’empêcha de poursuivre.

« Vu son état, j’en doute fort… » Saga regarda les deux garçons qui n’avaient pas conscience de leur présence et se tourna vers Aiolia :

« Pourquoi n’es-tu pas venu m’en parler plus tôt ? ! »

La froideur et la hauteur qu’il y avait dans la voix distante du Pope interdisaient, même au Lion, la moindre répartie autre que celle consistant en de plates excuses. Ce qu’il fit, tête baissée et d’un ton morne.

 

Son supérieur lui tourna le dos pour converser avec les femmes qui s’occupaient des enfants. Aiolia observait la scène, médusé. Il n’en revenait pas.

« Jamais je n’ai vu Saga ainsi ! Il a parlé à cette fille avec tellement de douceur… Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Ce n’est pas l’homme que je connais ! Non, pourtant, c’est bien lui… Bah, il doit certainement penser que montrer un peu de gentillesse devant les gens du village lui attirera de la sympathie. Ça ne m’étonnerait pas de lui. » Il redressa les épaules et glissa un regard ironique vers le Pope. Compétent dans sa charge, aucun doute. Mais pour le reste… Un homme cruel et pourri par l’ambition, voilà tout ce à quoi Saga pouvait se résumer.

 

La porte derrière eux s’ouvrit brutalement et un courant d’air les bouscula lorsqu’une silhouette déboula à toute berzingue à côté d’eux pour se jeter sur le lit de la jeune fille :

« Elena, Elena ! Tu m’entends ? S’il te plaît, dis-moi quelque chose, parle-moi ! »

Un jeune garçon d’une quinzaine d’années avait pris l’adolescente par les épaules et la secouait avec une violence désespérée. Saga le saisit par le col avant de le soulever au-dessus du sol :

« Et tu es qui, toi ? » Le garçon se débattit dans tous les sens :

« Lâchez-moi ! Je vous dis de me lâcher !

— Arrête, Ethan, tu ne vois donc pas à qui tu t’adresses ? »

Elena s’était dressée dans son lit, les yeux épouvantés. Il cessa de se débattre pour dévisager l’homme qui le tenait dans cette position si inconfortable. Son Pope. Il eut une seconde d’hésitation avant de recommencer à se démener comme un beau diable :

« Et alors ? ! Je veux qu’il me lâche !

— Comme tu voudras. »

Et Saga le laissa choir du haut de ses deux mètres. Ethan se releva en se frottant les reins, tout en avisant Aiolia qui le regardait d’un air féroce. Cela ne l’empêcha cependant pas de se redresser d’un air de défi, pour apostropher les deux hommes :

« C’est Elena que je veux voir ! Laissez-moi passer, je n’ai pas peur de vous ! »

Une lueur d’amusement étincela dans le regard du maître du Sanctuaire : « En voilà un qui promet ! » Aiolia, qui avait capté l’exclamation mentale, lui répondit de la même façon : « Tu n’as pas idée… »

 

A cet instant, la porte s’ouvrit de nouveau et un garde passa la tête :

« Mes seigneurs, le bateau et son passeur sont là.

— Très bien, dis-lui que nous arrivons. » Le Lion s’approcha des garçons et en prit un sur chacune de ses épaules. Il dit aux vieilles femmes :

« J’emmène d’abord ces deux-là, je reviens chercher la fille.

— C’est inutile. » Saga l’avait déjà prise dans ses bras et se dirigeait vers la porte.

« Mais enfin… Je peux me débrouiller…

— Je t’ai dit que je venais. » Il était déjà dehors.

« Et moi alors ! Je viens aussi avec vous ! »

Ethan barrait le passage à Aiolia. Ce dernier, perdant patience, prit une inspiration et ferma les yeux. Un éclair aveuglant et une fraction de seconde plus tard, le jeune garçon avait percuté le mur du fond avant de s’écrouler sous le choc.

« Tu ne viens pas. Et cesse de crier, tu vas finir par ameuter tout le camp et provoquer la panique ! Reste ici, aide les femmes et tes camarades à s’occuper des autres malades.

— Non, je refuse ! Je ne laisserai par Elena seule !

— Ça suffit ! » Le gardien du cinquième temple lui assena un second coup et il retomba, sonné. « Allons-y. »

 

Dans les ténèbres à peine adoucies par la Lune, Saga et Aiolia, chargés des enfants, dévalèrent les falaises jusqu’au ponton où le bateau les attendait. Escortés par deux gardes, ils sautèrent dans l’embarcation et tendirent leurs fardeaux au passeur qui les allongea sur le pont. Allumant les moteurs, l’homme muet mit le cap vers le banc de brume au large. A peine le bateau avait-il commencé à s’éloigner du rivage qu’une masse sombre atterrit lourdement entre les deux hommes.

« Ethan ! » Il les défia du regard :

« Et maintenant, vous allez me jeter par dessus bord ? »

Menaçant, Aiolia s’approchait déjà de lui :

« Espèce de jeune imbécile, je vais t’apprendre le respect moi !

— Laisse tomber, Aiolia. Il est là maintenant. Il n’a qu’à nous accompagner. » Le regard de Saga était fixé sur l’horizon qui blanchissait peu à peu.

« Par contre, jeune Ethan, à ton retour, n’espère pas échapper à la correction que tu mérites pour avoir manqué ainsi de respect vis à vis de ton Maître d’Armes et de ton Pope. A cet effet, je te corrigerai moi-même. »

Ethan eut un frisson mal réprimé. La réputation du Pope n’était plus à faire en ce qui concernait sa puissance et sa dureté. Tous ses camarades disaient à voix basse qu’il était l’homme le plus terrible du Sanctuaire. Il allait sûrement passer un très mauvais quart d’heure.

 

* * *

 

Une demi-heure plus tard, ils accostaient au port de plaisance de Rodorio. Le jour n’était pas encore levé à proprement parler, mais une lueur blafarde extirpait les rues désertes de l’obscurité. Deux ambulances les attendaient.

 

Momentanément rendus à leurs préoccupations personnelles, ils se laissèrent tomber sur les fauteuils de la salle d’attente de l’hôpital public. Saga s’étira puis, tournant la tête à droite et à gauche, demanda à Aiolia :

« Où est passé le jeune excité ?

— Oh, je l’ai vu suivre les brancardiers. J’imagine qu’il doit traîner dans les jambes des médecins à l’heure qu’il est. » Saga se leva et se dirigea vers le distributeur de café :

« Tu en veux un ?

— Non, merci. »

Il sirota en silence le breuvage brûlant avant de sortir une cigarette. Il s’approcha de la fenêtre ouverte.

« Je ne comprends vraiment pas ce que tu fais là, Saga.

— Tu dois certainement te dire que j’ai mieux à faire que de me préoccuper de trois de tes élèves dont, de toute manière, je me fiche complètement, c’est ça ?

— Tu as deviné.

— Tu me considères donc comme un tel monstre ?

— Mais tu es un monstre. »

 

« Voilà, je l’ai dit maintenant » Le Lion remua sur son siège, mal à l’aise cependant par le silence lourd qui venait de lui dégringoler dessus. L’autre n’avait pas bougé, une fumée bleue s’élevant paresseusement autour de lui. Il finit cependant par répondre :

« Sans doute penses-tu à ton frère en ce moment, en disant cela.

— Il n’y a pas que mon frère, Saga. Il y a Shion, mais aussi Kanon. » Le visage de Saga se crispa une seconde avant de reprendre son impassibilité habituelle.

« Tu ne comprends pas de quoi tu parles.

— Je n’en ai pas besoin ! Je sais que tu as tué Shion, que tu as exilé ton propre frère et que tu as défiguré le mien, ça me suffit ! Alors tu comprendras que ta présence ici est pour moi … une obscénité. Tu n’as rien à faire auprès de ces enfants. J’essaye de leur inculquer des notions d’honneur et d’honnêteté. Je ne veux pas voir ta perversion saper mes efforts. » Aiolia fixait le bout de ses chaussures devant lui :

« Tu devrais retourner au Sanctuaire, maintenant. C’est très aimable à toi d’être venu mais je peux gérer le problème.

— Je n’ai pas d’ordre à recevoir de toi. »

La voix de Saga avait claqué et malgré lui, le Lion creusa les épaules. Du coin de l’œil, il vit la main du Pope écraser son mégot dans le cendrier à côté de lui, puis ses pieds se diriger vers un fauteuil à l’autre bout de la salle.

 

* * *

 

Une longue attente commença. Le début de la journée vit défiler un nombre incalculable de personnes dans la salle d’attente : médecins, infirmières, patients… Les deux hommes ne bougèrent pas. Saga reprit trois cafés, tandis qu’Aiolia feuilletait sans vraiment les lire les journaux qui traînaient sur la table. Ils ne s’adressaient pas la parole.

Saga observait le mouvement incessant autour d’eux. Petit à petit, comme hypnotisé, il se laissa aller à fermer les yeux. Mais il ne dormait pas : ses nombreuses incursions dans cet établissement défilaient dans sa mémoire, rendue momentanément à elle-même.

Cet établissement avait vu passer tous les membres du Sanctuaire, au moins une fois. Ce n’était que fractures, organes vitaux blessés, cerveaux malades. Lui-même y avait fait de fréquents séjours, notamment au cours de son entraînement. Son grand-père était loin d’être un tendre… La litanie de ses souvenirs s’arrêta sur ce jour où Shion les avaient emmenés, son frère et lui, au chevet de leurs parents agonisants.

Son père, sa mère, les Antinaïkos. Un pli amer se forma au coin de ses lèvres. Kanon et lui étaient les derniers descendants directs de cette famille tentaculaire et toute puissante. A la mort de leurs parents, ils avaient hérité d’une fortune colossale et à l’instar de son père, grand-père et tous ses aïeux, l’aîné des jumeaux avait employé la plus grande part de cet argent en vue d’assurer assurer le bon fonctionnement du Sanctuaire… ainsi que celui de l’hôpital d’Athènes.

Ils étaient âgés de treize ans, lorsque leurs parents avaient été victimes d’une embuscade. Malgré sa puissance, leur père n’avait pas pu résister à la pression du nombre. Il se rappelait encore ses dernières paroles :

« Mes fils, portez toujours fièrement le nom des Antinaïkos. Soyez puissants, soyez forts et surtout, soyez justes. Vous êtes ceux que nous attendions tous. Rien ne pourra jamais résister à l’union de vos forces. Tenez… » Leur père leur avait alors tendu les deux chevalières, insignes de leur appartenance à la famille. Son frère et lui avaient quitté l’hôpital pour ne plus jamais les revoir.

 

A partir de ce moment-là, les choses avaient sérieusement commencé à se dégrader. Saga était l’aîné. De quelques minutes seulement, soit, mais l’aîné tout de même. A l’image de son père, il débordait d’ambition. Il cessa alors de considérer Kanon comme son jumeau, partie intégrante de lui-même, pour ne plus le voir que comme un obstacle à l’accession au pouvoir. En effet, dans le cas où Shion aurait décidé de confier la direction du Sanctuaire à Saga, la charge des Gémeaux aurait été assumée conjointement. Or, l’aîné n’avait jamais eu l’intention de partager.

 

En se rappelant cette période noire, le Pope était parfaitement conscient de sa folie de l’époque. La schizophrénie dont il avait souffert s’était manifestée par cette haine de son frère et de tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin. La maladie avait totalement occulté le vrai Saga, celui qui avait prêté serment lorsqu’il était devenu chevalier, celui qui avait promis à son père de toujours veiller sur son frère et ses compagnons…  Cependant, il était déjà extrêmement puissant et faisait partie des douze. Personne n’avait osé se mesurer à lui. Peut-être aurait-il mieux valu….Shion s’était rendu compte de sa folie. Lorsqu’il avait senti la mort approcher, il avait préféré désigner Aioros plutôt que l’aîné des jumeaux pour le remplacer à la tête du Sanctuaire.

La démence de Saga n’avait alors plus connu de limites. Il avait assassiné le vieil Atlante, pris sa place, et pourchassé le Sagittaire jusque dans les coins les plus reculés de la planète. S’il n’y avait eu que ça… En prime, il avait exilé Kanon. Ce dernier s’était opposé à son frère, non pas par souci du bien général, mais pour défendre également ses propres intérêts. Jumeaux, leur ambition était à leur image mais il n’y avait pas assez de place pour deux.

 

 

Un vacarme près de la porte d’entrée le tira de sa léthargie. Il ouvrit les yeux, pour apercevoir un lit sur roulettes, brinquebalé à une vitesse folle par une équipe médicale le long de la salle où ils se trouvaient. Au vu de la forme sous le drap, il s’agissait vraisemblablement d’une femme enceinte sur le point d’accoucher. Machinalement, il se tourna vers Aiolia ; il fut frappé par l’air de détresse qui déformait son visage devant la scène. Et il se souvint.

Il esquissa un geste vers le Lion mais sa main retomba tandis que, se mordant les lèvres, il se rasseyait dans son fauteuil. Il savait qu’il n’était pas en position de faire montre d’une quelconque forme de compassion et que, dans tous les cas, son geste serait mal interprété.

Un soupir lui échappa. Bien malgré lui, le souvenir lui revint, ce jour où Marine était morte dans ce même hôpital en mettant au monde l’enfant d’Aiolia, enfant qui n’avait d’ailleurs pas survécu. Déjà douze ans…. A l’époque, trop occupé à satisfaire sa soif de pouvoir et dépourvu de tout sentiment d’humanité, il ne s’était pas déplacé pour la cérémonie. Il n’avait même pas daigné respecter la coutume du Sanctuaire qui voulait que, dans de telles situations, tous les conflits soient suspendus et qu’un gâteau de son soit offert et partagé avec la personne affligée par le deuil. Alors, entre l’état dans lequel Aioros avait été mis par ses soins et la façon dont il s’était comporté lors du décès de Marine, il n’était pas étonnant qu’Aiolia le considère comme un monstre. Après tout, c’était une bonne définition.

D’un geste nerveux, il fouilla dans ses poches, pour retrouver son briquet et allumer une cigarette, sous l’œil réprobateur du médecin en charge des enfants qui venait de surgir devant eux.