Actions

Work Header

Le Polynectar, le destin et nous

Chapter Text

 

Drago Malefoy n’était pas rassuré, dans cette petite salle carrée. Il avait dit à Astoria qu’il rentrerait tard, mais ne s’était pas aperçu qu’on l’avait piégé, et emmené d’une main un peu trop ferme à son goût dans cette salle, non sans lui avoir confisqué sa baguette.

Lorsque la porte s’ouvrit, il vit le ministre de la Magie en personne, Kingsley Shacklebolt, entrer dans la pièce. Ce dernier prit place juste en face de lui, et le considéra de ses yeux globuleux.

_ Monsieur Malefoy, c’est un plaisir de vous retrouver.

Malefoy était bien trop en colère pour faire preuve de politesse, même feinte.

_ Vos hommes m’ont traîné dans cette pièce de force, c’est une violation de mes droits, répliqua-t-il sèchement.

_ Je suis sincèrement désolé de cette brusquerie, mais il me fallait vous bouger sans que les Aurors qui vous ont à l’œil ne le sachent.

A ses mots, l’ancien préfet de Serpentard eut un choc.

_ Comment ça des Aurors ? s’écria-t-il. Je suis encore surveillé ? Vous n’avez pas le droit ! J’ai été blanchi après la bataille de Poud…

_ Il ne s’agit pas de ça, coupa le ministre. Tous les employés du ministère ou des personnes influentes sont actuellement sous surveillance.

Malefoy leva un sourcil.

_ Comment ça sous surveillance ?

_ Nous avons des raisons de croire qu’une attaque contre le Ministère de la Magie est imminente, et que les ennemis récoltent des informations de l’intérieur.

_ Une attaque ? fit Malefoy en réfléchissant à toute vitesse. Et vous pensez qu’en tant qu’ancien Mangemort, je pourrais être impliqué, d’où cette mascarade ?

Le ministre de la Magie lui tendit un parchemin, ainsi qu’une flasque, une petite fiole, et enfin sa baguette magique en aubépine.

_ Nous vous surveillons depuis quelques mois, M. Malefoy. Plus d’une dizaine d’Aurors se sont relayés pour vous surveiller, et tous m’ont rapporté des informations positives à votre sujet. Etant en manque de Langue-de-Plomb, et ne pouvant faire confiance à tous les Aurors, nous avons décidé de faire appel à des agents externes. Et nous avons pensé à vous.

_ Je ne travaille pas pour le Ministère, répliqua le jeune homme. Si vous pensez qu’un traître prépare un sale coup, je vous conseillerai de régler le problème sans y inclure d’innocentes personnes, comme moi… vu que vos Aurors vous l’ont gentiment rapporté.

Le ministre de la Magie haussa un sourcil et soupira.

_ Considérez cela comme un service rendu au ministère.

_ Il est hors de question que je le fasse, répondit le Serpentard sèchement. Je ne suis ni qualifié pour ce genre de tâches, et je n’ai aucune envie de le faire.

Kingsley Shacklebolt ferma les yeux pendant un instant, avant de reprendre :

_ J’ai cru comprendre que votre père est à Azkaban en ce moment, et votre mère en résidence surveillée, n’est-ce pas ?

A ses mots, Malefoy fronça son nez pointu.

_ Le chantage, maintenant ? rétorqua-t-il. Vous êtes désespérés au point de faire appel à moi en me faisant chanter ?

_ Je pensais plutôt à une offre généreuse, M. Malefoy, tempéra le ministre. Si nous vous demandons vous, spécialement, c’est tout simplement parce que vous êtes l’un de nos rares sujets… personnes digne de confiance, rectifia-t-il en voyant l’expression du jeune homme au mot « sujet ».

L’ancien Mangemort eut un rictus moqueur, se demandant si on ne se moquait pas de lui. Les gens le jaugeaient de haut en bas dans la rue, mais le ministère le qualifiait de « digne de confiance ».

_ Nous avons besoin d’une personne de la même génération pour cette catégorie spécifique. Essayez au moins, et si vous réussissez, nous pourrons faire en sorte que votre père quitte Azkaban pour la résidence où se trouve votre mère… ce serait quand même plus confortable non ?

Malefoy médita sur l’idée pendant une minute, méfiant. La dernière fois qu’il avait vu son père, il ne se portait pas au mieux de sa forme. Azkaban le tuait à petit feu.

_ Je veux votre preuve écrite que vous vous acquitterez de votre promesse… que je réussisse à débusquer votre soi-disant taupe ou pas, lâcha finalement le Serpentard.

_ D’abord, votre accord pour nous aider, répliqua Kingsley.

Ils s’affrontèrent du regard pendant un instant, et le ministre poussa vers Malefoy sa baguette précédemment confisquée, ainsi que le parchemin.

_ C’est à vous de décider si vous souhaitez le meilleur pour votre père maintenant, conclut-il.

Et il quitta la pièce.

Malefoy déroula le parchemin, et le lut intégralement. Au fur et à mesure que sa lecture avançait, ses yeux devinrent ronds comme des soucoupes.

_ Hors de question ! s’exclama-t-il.

Et il sortit de la pièce en claquant la porte.

.

.

.

Un homme fou chantait à nouveau au bout du couloir, ce chant sinistre et cette voix éraillée qui faisait froid dans le dos.

On était bien loin de la nostalgique Celestina ou encore du pétillant groupe Bizarr’Sisters.

Mais Malefoy n’en avait cure.

Il voyait son père pelotonné près de la fenêtre à barreaux de la prison. C’était une position très rare pour quelqu’un de son rang, mais après tout, qui s’en souciait à Azkaban, la prison des sorciers ?

Une épée de Damoclés planait au-dessus de Lucius Malefoy depuis qu’Azkaban avait perdu des financements importants, créant ainsi un problème capital : la prison était surpeuplée.

Le ministère de la Magie avait alors soulevé l’hypothèse de soumettre aux criminels les plus notoires la peine capitale. Et Drago craignait pour la sécurité de son père.

Mais qu’est-ce qui l’attendrait à l’extérieur ? Narcissa Malefoy déprimait seule dans son pavillon…une perspective minable, mais la seule issue potable.

_ Bonjour, père, dit Drago.

Il nota les cheveux sales de son père et ses joues creuses, le lit crasseux, la cellule froide…

Lucius retint un soupir. Cet excès de compassion et de pitié de la part de son fils lui faisait horreur.

_ Qu’est-ce que tu es venu faire ici ? bougonna-t-il. J’ai déjà spécifié clairement que se voir était dangereux pour ta réputation.

_ Le ministre m’a contacté, dit aussitôt Malefoy. Il me propose un travail pour te sortir de ta cellule, et vivre avec maman.

Le prisonnier lui jeta un coup d’œil.

_ Quel genre de travail ?

_ Interroger des Aurors sous couverture.

Lucius se redressa légèrement, une lueur inquiète dans les yeux.

_ C’est un travail dangereux, Drago. Si tu te fais prendre, tu sais pertinemment que le ministre niera toute implication. Cela consiste en une violation de la législation magique.

_ J’en suis conscient, reprit l’ancien préfet des Serpentards. Mais je ne peux pas te laisser ici.

_ Cela ne sert à rien que je sorte de prison si c’est pour que tu y entres à ma place ! rétorqua son père. As-tu seulement pensé à Scorpius et Astoria ?

Drago pensait à eux, mais en voyant son père si faible et amaigri, sa mère les yeux hagards et seule… Le jeune homme soupira, et se leva.

_ Il faut que j’y aille, murmura-t-il tristement.

_ Où vas-tu ? demanda précipitamment son père en se levant.

Un regard de son fils lui fit comprendre.

_ Ne fais pas ça ! s’écria-t-il. Drago ! C’est trop dangereux ! Pense à tout ce que tu as dû construire ces dix dernières années ! N’y va pas ! Drago ! Drago !

Mais l’interpellé ne se retourna pas.

.

.

_ Vous avez conscience que nous n’avions pas que ça à faire, vous attendre cogiter pendant deux jours, dit Mafalda Hopkrik d’une voix aigre.

_ Si vous êtes si pressés, trouvez-vous quelqu’un d’autre, répliqua Malefoy sur un ton de défi.

_ Ce n’est pas ce que j’ai dit ! se défendit la vieille dame.

Elle agita sa baguette et le contrat précédemment signé par Drago se dupliqua. La secrétaire se redressa et conclut avec les lèvres pincées :

_ J’imagine que ce n’est pas nécessaire de préciser que tout cela doit rester entre vous et le ministère. Nous vous communiquerons les premières missions bientôt.

Malefoy ne répondit pas, et se laissa aller contre le dos de la chaise. Alors que Mafalda sortait, il ouvrit une énième fois le parchemin, et ne put empêcher un rictus de colère déformer ses traits. Il y était vit inscrit deux noms qu’il connaissait que trop bien, car ils étaient de la même génération.

Londubat, Neville (officiellement inactif depuis 2000)

Weasley, Ronald

Nerveusement, il envoya valser le parchemin d’un revers de la main. Il fallait en plus qu’il espionne des Gryffondors qui étaient parmi les gens qu’ils détestaient le plus ?

.

.