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Profitant de l’élan qu’il avait acquis en rebondissant sur le doombot, Peter visa le bâtiment en face de lui et tira une toile. La toile se colla, le faisant prendre la hauteur. Peter lâcha un cri de bonheur alors qu’il se frayait un chemin à travers l’air.

« Spider-Man, arrête de t’amuser, tu es là pour surveiller les airs, intervint la voix de Captain America dans son oreillette.

─ Mais vous ne m’invitez jamais à ces missions dangereuses mais classes. Vous avez toujours toute la gloire.

─ Spidey, ne te félicite pas trop, Cap avait juste besoin de toi parce que Iron Man ne peut pas assurer le service dans les airs.

─ Hawkeye, gronda Cap.

─ Quoi ? C’est vrai ! s’exclama l’archer. On sait qu’il te manque !

─ Ah, je le savais, Cap. Tu kiffes To- Iron Man, » rit Peter, victorieux.

Il changea de direction dans les airs et s’amusa à viser des doombots un par un. Il entendit Clint grommeler que ce n’était pas juste et que Peter allait gagner le pari.

Un long soupir se fit entendre. Peter ne put s’empêcher de sourire, satisfait. Steve avait besoin qu’on le garde sur l’œil qui vive. Comme Tony n’était pas là, ce boulot lui revenait. Tout le monde savait qu’il pouvait aussi chiant que le génie. Mais il était bien plus mignon que le génie. Il pouvait faire les yeux tristes comme personne. Tony ne pouvait pas rivaliser. A part avec Steve, évidemment.

Spider-Man tira une toile et s’accrocha à la toile, façon de Tarzan. Comme s’approchait du bâtiment, il lâcha la toile et s’apprêta à atterrir sur le gratte-ciel.

« Spider-Man, attention ! » prévint tout d’un coup Hawkeye avec urgence.

Il était à quelques centimètres du gratte-ciel, les doigts effleurant la vitre quand quelque chose le frappa sur le côté et l’envoya violemment contre le bâtiment à côté. La vitesse et la force du coup empêcha Peter de tirer une toile à temps.

Peter retomba à moitié sur le toit de l’autre bâtiment, le rebord s’enfonça sans cérémonie dans ses côtes, le faisant grogner de douleur. Il tenta de se retenir mais ses mains ne collaient nulle part.

Il sentit l’air sous ses mains et vit le vide alors qu’il dégringolait à une vitesse affolante.

Il entendit vaguement la voix de Steve ordonner frénétiquement à Thor de rattraper Spider-Man, Thor dépêche-toi !

Peter serra les dents et, dans un dernier effort, tira une toile avec le désespoir et l’espoir d’une personne sur le point de mourir écrasée comme une crêpe. Peter ferma brièvement les yeux de soulagement quand la toile s’accrocha enfin à quelque chose. Soulagement qui ne dura pas. Comme il n’avait pas du tout contrôlé sa direction, Peter fut éloigné du champ de bataille et des Avengers. Il siffla sous la douleur quand il sentit ses côtes frotter l’une contre l’autre. Cassées, sûrement.

Peter arriva au bout de la toile. Il était assez proche du sol alors il la lâcha avant qu’elle ne le ramène vers l’intérieur et qu’il ne soit catapulté contre un autre bâtiment. Il entendit ses coéquipiers lui demander s’il allait bien mais il ne put répondre alors qu’il commençait à chuter. Il essaya tant bien que mal d’orienter son corps vers les bennes à ordures qu’il pouvait voir. Peter savait qu’il ne pourrait pas faire un atterrissage en douceur, surtout pas blessé. Il tira une autre toile pour ralentir sa vitesse et se prépara à l’impact : les genoux rentrés, la tête entre ses bras, Peter loupa de quelques centimètres la benne en tombant. Il atterrit violemment dans des cartons et des bouteilles en verre qui traînaient sur le sol, en brisant quelques-unes. Le souffle coupé et ses membres ne voulaient plus répondre, Peter resta immobile. Il se disait qu’il pouvait souffrir tranquillement encore quelques secondes.

Il avait l’impression que tout son côté droit était en feu. Sa jambe pulsait à un rythme techno qui ne lui plaisait pas beaucoup.

« Je n’ai jamais aimé la techno, marmonna-t-il pour lui-même.

─ Spider-Man ? Spider-Man, réponds ! » éclata la voix de Captain America dans son oreillette.

Peter sourit. L’homme avait l’air inquiet même s’il avait accepté à contrecœur que Peter les accompagne durant cette mission (sur les conseils de Tony).

« Je… ça va, je suis encore en vie et en un seul morceau même, commenta Peter dans un souffle. Par contre, si vous pouviez ne pas raconter ça à Iron Man, ça serait top. »

Il entendit Clint ricaner et Steve dire « Si ça peut servir de leçon à toi et Iron Man, ne crois pas que je vais m’en priver. »

Peter leva les yeux au ciel, ce qui était un geste qui ne lui faisait absolument pas mal. Des pas s’approchèrent alors de lui. Peter fut embarrassé du soulagement qu’il ressentait. Il était un adulte et savait se défendre mais de temps en temps, ça faisait du bien de laisser les Avengers jouer les papas et les mamans avec lui. Il espérait juste que ça soit Steve. Steve était le plus sympa et compatissant de tous. Il aurait cette expression de sympathie sur son visage et non pas de sarcasme ou d’hilarité (comme Clint ou pire Tony qui se prenait un peu son père parfois).

Clint allait se moquer de lui jusqu’à la fin des temps.

Quand la personne arriva dans le champ de vision de Peter, celui-ci se tendit (aie, mauvaise idée), son sixième sens se réveilla d’un coup (alerte ! danger !). Peter se releva avec difficulté en position défensive. Il ne voulait pas être pris au dépourvu si cette personne se révélait être un ennemi.

L’homme le regarda froidement, le toisant de haut en bas. Il eut un sourire mauvais et dit sombrement :

« J’ai des questions à te poser. »

Avant même qu’il puisse réagir, l’homme sortit une arme à feu et tira sur Peter. Il cria de douleur et tira une toile vers l’homme mais il ne vit pas si elle atteignit sa cible puisqu’il perdit connaissance.

.

.

Peter se réveilla en sursaut quand on lui jeta de l’eau froide sur le visage. Il aspira bruyamment et ouvrit les yeux. Il était assis sur une chaise en fer, les mains attachées aux bras par des chaînes épaisses et lourdes. Et il n’avait plus son masque. Une panique soudaine et paralysante le prit à la gorge. Non, non, non ! Personne ne devait savoir son identité.

Peter prit une inspiration et tenta de se calmer. L’homme en face de lui, celui qu’il lui avait tiré dessus, reposa un sceau sur le sol et s’assit sur le tabouret qui se trouvait en face de Peter. Ce dernier tenta de ne rien laisser passer. Il ne voulait lui montrer ce qu’il ressentait. Alors pour se changer les idées (il sait qui je suis, il sait qui je suis), il regarda autour de lui.

Ils se trouvaient dans le salon d’une maison abandonnée. La pièce était à moitié plongée dans la pénombre mais Peter pouvait voir qu’il y avait un canapé très abîmé où se trouvait de vieux journaux et un sac en toile. A côté, sur la table basse en bois, il y avait une sacoche en tissu.

Peter déglutit et regarda l’homme à nouveau. Il le fixait, ses yeux verts étaient froids et calculateurs. Puis, il s’avança légèrement vers Peter, les coudes sur ses jambes, et dit :

« Maintenant que tu es réveillé, on peut commencer.

─ Commencer quoi ? Parce que je te préviens, je ne couche pas dès le premier soir, fit Peter avec un sourire faussement désinvolte. Je ne suis pas ce genre de personne, non, monsieur. »

L’homme plissa les yeux et l’étudia. Peter dut se forcer à ne pas réagir et à garder un air innocent sur son visage. Il n’avait pas l’habitude de faire face à des vilains sans son masque. Et celui-ci semblait tout aussi dangereux que les autres.

« Alors ? » ne put s’empêcher de commenter Peter, qui ne supportait pas le silence tendu qui se prolongeait. Il eut presque envie de se frapper la tête. Steve lui disait toujours de ne pas provoquer leurs adversaires. Malheureusement, la seule défense de Peter avec ses pouvoirs d’araignée était sa tchatche et son humour.

« On peut en finir rapidement, annonça l’homme. Si tu réponds à ma question.

─ Bien, on est d’accord sur ce point-là alors. Je t’en prie, pose ta question.

─ Où est Sam ? » demanda-t-il alors, de but en blanc.

Peter ne put retenir le hoquet de surprise. Il eut l’impression qu’on lui avait donné un coup au cœur.

L’homme le regarda avec un air satisfait, comme s’il savait qu’il allait réagir de cette façon.

Un pauvre sourire aux lèvres, Peter tenta de reprendre le contrôle.

« Sam ? Je ne connais pas de Sam. »

L’homme aux yeux verts haussa les sourcils, une expression incrédule sur son visage.

« Oh, vraiment ? » dit-il, la voix grave.

Il se leva et se dirigea vers la table basse. Il s’empara de la sacoche et la déroula, la plaçant bien en évidence pour que Peter puisse voir ce qu’elle contenait.

Des pinces, des couteux de plusieurs tailles avec des inscriptions mystiques, un scalpel, une paire de ciseaux ; il avait tout l’outillage pour chasser et dépecer une proie.

Le jeune homme déglutit et fit semblant de ricaner, comme si cette vision ne lui avait pas fait peur. L’homme caressa légèrement la manche en cuir d’un des couteaux, puis l’agrippa, le retirant lentement de la sacoche dans un bruit légèrement métallique. Il se retourna vers Peter, le couteau à la main et le regard sombre.

« Tu penses que je suis naïf ?

─ Oh, non, pas du tout. Enfin, je ne te connais donc je ne me permettrais pas, voyons, commença à déblatérer Peter, l’adrénaline et la peur l’envahissant. Si je te connaissais, je te dirais que les chemise en flanelle, c’est vraiment passé de mode. Mais sinon, je n’oserais jamais. »

L’homme l’observa et Peter attendit qu’il utilise son couteau. Il ne fit pas, ce qui surpris le jeune homme. Au lieu de le torturer pour le faire parler, l’homme fouilla sa poche arrière de jeans et jeta d’un geste ample des morceaux de papier vers Peter. Deux morceaux atterrirent sur lui, le reste tomba sur le sol.

Peter vit avec chagrin que c’étaient des photos de Sam et lui. Il y en avait une qui montrait Spider-Man qui haussait les épaules à un Sam souriant. Sur une autre, Peter donnait un hotdog à Sam. La dernière que Peter arrivait à distinguer fut la pire de toute. Peter et Sam étaient assis devant la maison de tante May. Il faisait nuit et ils se tenaient la main. Peter se souvint que ce jour-là, Sam avait enfin l’air heureux et apaisé.

Cela n’avait pas duré mais c’était l’un des plus beaux souvenirs qu’il avait avec l’homme.

« Tu vas me dire que tu ne le connais toujours pas ? » demanda l’homme.

Peter le regarda et il se rendit compte que l’homme en face de lui avait l’air frustré et… peiné.

« Qui es-tu ? fit Peter, ignorant la question.

─ Quoi ? Non, ici c’est moi qui pose les questions.

─ Qui es-tu ? » répéta Peter.

L’homme lui jeta un regard noir et tout d’un coup, Peter comprit. C’était impossible et pourtant, il ne voyait pas d’autres possibilités.

« Tu es Dean, le frère de Sam, n’est-ce pas ? »

Dean serra les dents mais ne répondit pas. C’était impossible. Sam lui avait dit que Dean était mort.

« Dis-moi où est Sam ? demanda Dean.

─ Libère-moi avant.

─ Où est Sam, Peter ? »

Dean s’approcha. C’était le moment pour Peter. Il tourna son poignet droit et tira sur Dean. Ce dernier écarquilla les yeux de surprise et tenta de se protéger de la toile en montant ses bras en défense. La toile s’accrocha et bloqua ses bras. Dean fronça les sourcils quand il vit qu’il ne pouvait plus bouger ses bras. Peter ne s’attarda pas ; il tira plusieurs fois sur Dean pour l’empêcher de se défendre. Il recula sous la force consécutive des toiles et trébucha sur le tabouret. Il tomba au sol dans un grognement de douleur.

Peter en profita pour recouvrir les chaînes de toile. Il put les tordre plus facilement et se libérer de ses entraves. Il se leva pour chercher son masque.

« Attends ! s’écria Dean, tout d’un coup désespéré. Attends. Dis-moi où est Sam, s’il te plaît. Ça fait des mois que je le cherche. »

Peter s’approcha de Dean et l’aida à se relever.

« Si je te dis ce que je sais, tu promets de ne pas me découper en mille morceaux ? »

Dean rit doucement.

« Parole de scout. »

Peter soupira et commença à retirer la toile. Quand Dean fut libéré, il montra le couteau entre deux doigts et le lança sur le canapé. Peter lui sourit.

« Je n’ai pas vu Sam depuis des mois, commença Peter. Il… il est parti du jour au lendemain et je n’ai plus eu de nouvelles.

─ Tu te souviens de la raison de son départ ? »

Les événements de ce jour-là revinrent à Peter comme un film d’horreur.

« Je crois que c’est en partie ma faute, sourit le jeune homme tristement. J’ai une violente quinte de toux et Sam cherchait une bourse ou je ne sais pas quoi d’autre à brûler. Je n’ai pas tout compris mais je crois qu’il m’a sauvé la vie. Puis, il est parti. »

Dean hocha la tête.

« Il ne t’a pas contacté depuis ?

─ Non, » confirma Peter.

Dean le regarda, presque avec pitié. Peter eut envie de lui dire qu’il n’avait pas besoin de sa pitié. Sam était parti de son plein gré. Le jeune homme n’aurait rien pu faire pour l’arrêter. Il avait eu l’air si déterminé.

Dean alla chercher son sac. Il l’ouvrit et sortit le masque de Spider-Man. Une vague de soulagement prit Peter qui prit le masque sans hésitation.

« Vous étiez proches, Sam et toi ? »

Peter regarda l’homme étrangement. Quelle question inattendue alors que les photos étaient bien la preuve de ce qu’il y avait eu entre Sam et Peter.

« Plus que tu ne le crois. »

Dean hocha la tête. Il récupéra son couteau, le rangea dans la sacoche qu’il enroula et mit dans son sac. Il se dirigea vers la porte et l’ouvrit.

« Dean ? » interpella Peter.

Celui-ci se tourna vers le jeune homme et attendit.

« Est-ce que… tiens-moi au courant de tes recherches. Qu’importent les résultats. »

Qu’il le retrouve ou non, qu’il soit en vie ou non.

Une émotion indescriptible passa rapidement dans les yeux de Dean. Il fit une grimace qui devait ressembler à un sourire à un moment donné.

« Bien sûr. Je sais où te trouver, Peter Parker. »

Sans un mot de plus, Dean tourna les talons et sortit de la maison. Peter baissa la tête et ferma les yeux. Il serra le tissu fluide de son masque et expira. Il aurait voulu aller avec Dean. Il aurait voulu aller chercher Sam et le sauver de la situation dans laquelle il était.

Peter remit son masque et sortit de la maison.

New York avait encore besoin de Spider-Man. Sam avait Dean, il n'avait pas besoin de Peter pour l'instant.