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Peter se racla la gorge et se servit un verre d'eau. Il sourit à Sam et continua son explication.

« Désolé, j'avais un chat dans la gorge. Donc, comme je le disais, l'évolution génétique de cette espèce est vraiment très intéressante car elle pourrait modifier certaines cellules, et si on y arrive, ça pourrait révolutionner les techniques de guérisons de certaines maladies incurables ! » s'exclama-t-il, l'air concentré et gesticulant des mains.

Sam lui sourit avec indulgence même s'il n'y comprenait pas grand-chose. Peter était vraiment passionné par ces changements génétiques, ces modifications profondes de l'ADN. Sam l'écoutait sans broncher. Le simple fait de voir Peter aussi heureux de parler de ses trouvailles était suffisant pour ça. Et puis, rien ne pouvait arrêter le jeune homme quand il expliquait à Sam le domaine scientifique qu'il étudiait.

Peter s'arrêta pour reprendre son souffle, but quelques gorgées d'eau et ouvrit la bouche pour continuer son exposé détaillé. Sauf que ce ne fut pas des mots qui sortirent mais une quinte de toux. Peter mit une main devant sa bouche, le dos courbé par la violence de la toux. Sam s'inquiéta quand celle-ci ne sembla pas s'arrêter. Quand enfin Peter arrêta de tousser, Sam s'approcha de son petit ami et prit son visage les mains. Le jeune homme, haletant, regardait au sol. Il avait les larmes aux yeux.

« Peter ? Ça va ? » demanda-t-il, toujours inquiet. Encore plus maintenant que Peter ne semblait pas réceptif à son toucher ou à sa voix. Peter cligna des yeux et déglutit. Il fronça les sourcils et se racla de nouveau la gorge. Il toussa et les yeux de Sam s'écarquillèrent de surprise, puis de peur quand il vit le sang tacher la langue et les lèvres de Peter.

« Quoi, demanda le jeune homme quand il reprit son souffle. J'ai quelque chose sur le visage ?

— Peter, tu saignes. »

Ce dernier passa une main sur ses lèvres et essuya le sang. Il était tout aussi surpris que Sam.

« C'est pas normal ça, » dit Peter faiblement en levant les yeux vers lui.

Sam déglutit, une boule d'angoisse s'était logée dans sa gorge lorsqu'il vit l'expression apeurée du jeune homme.

« Peter, ça ne va pas ?

— Je... Sam, c'est pas normal, » balbutia Peter, les yeux écarquillés.

Sam fronça les sourcils.

Au même moment, son téléphone sonna. Distraitement, les yeux toujours rivés sur Peter, Sam le sortit et jeta un coup d’œil au numéro qui l'appelait. Le chasseur pâlit à peine eut-il posé les yeux sur le numéro.

666

C'était de mauvais augure. Crowley n'appelait jamais par hasard. Sam avait un mauvais pressentiment. Il décida de ne pas répondre. Il avait peur de ce que cet appel signifiait. Sam put à peine refouler le hoquet des sanglots qui menaçaient d'éclater.

« Sam ? »

Le chasseur regarda Peter dans les yeux mais ne sut quoi dire.

Et si Crowley appelait…

Oh, désolé, mais je crois qu'un de mes anciens ennemis-alliés essaie seulement de te tuer.

Sam se morigéna de sa stupidité et du temps qu'il perdait à paniquer.

« Peter, tu peux me dire si tu as vu un sachet dans tes affaires ? Une petite bourse ou quelque chose comme ça ? » demandat-t-il avec urgence.

Peter le regarda d'un air inquisiteur, puis fit non de la tête, silencieux alors qu'il toussa encore un peu. Il se racla la gorge en grimaçant comme s'il avait quelque chose coincé dans la gorge qui ne voulait pas disparaître.

« Sam, j'ai peur, » dit Peter, à bout de souffle.

Avant que Sam puisse le rassurer de quelques façons, une autre quinte de toux assez violente secoua le corps mince de Peter et celui-ci cracha un petit objet taché de sang qui atterrit sur la table avec un léger son métallique. Sam s'approcha pour voir ce que c'était.

« Non. »

Ce que Peter avait craché était une lame de rasoir. Ce n'était pas la dernière. Plus Peter continuait à tousser, plus Peter crachait de nouvelles lames. Ses lèvres, sa langue, même sa gorge, devaient être lacérées maintenant. Peter n'arrivait même plus à parler.

Sam décida d'agir. Il fallait qu'il se dépêche. Il se précipita sur Peter, ne faisant pas attention aux Avengers qui venaient d'entrer dans la salle. Sam s'agenouilla devant Peter, passa ses mains sur ses vêtements, retourna ses poches, sa capuche, desserra sa ceinture et releva les jambes de son pantalon. Il ne trouva rien. Le docteur Banner arriva à côté de lui, suivi de près du capitaine Rogers et de l'agent Romanoff.

Sam se releva, balaya la pièce du regard et repéra le sac à dos de Peter. S'il ne trouvait pas le sort dans les secondes qui suivaient, Peter allait mourir et Sam allait le perdre pour toujours. Comme Dean. Et Bobby. Et Castiel. Il ne pouvait pas se le permettre. La disparition de Dean l'avait déjà anéanti, et si Peter... Non, il ne pouvait pas.

Sam s'empara du sac à dos et l'ouvrit brutalement, se fichant éperdument s'il l’abîmait. Peter pourrait l'engueuler plus tard quand il serait sain et sauf.

Sam prit à peine le temps d'enregistrer qu'il venait de prendre et de jeter le costume de Spider-Man par terre (Peter ?). Il dézippa la poche extérieure et enfin, enfin, il trouva le sachet. Sam le prit, plongea la main dans sa veste pour récupérer le briquet qu'il avait toujours sur lui (celui de Dean), l'alluma, mit le feu à la bourse et la jeta au sol pour qu'elle se consume.

Le cœur battant la chamade, la respiration haletante, Sam se tourna vers Peter (Spider-Man ?) et vit qu'il allait mieux malgré les taches de sang et les lames de rasoir qui jonchaient le sol. Wilson et Stark les avaient rejoints entre temps. Tous les regards étaient fixés sur Sam. Peter se releva et le regarda avec des yeux fatigués. Inconsciemment peut-être, les Avengers se placèrent légèrement devant Peter, comme s'il le protégeait. Comme si Sam était l'ennemi.

Son téléphone sonna de nouveau.

« Tu ne vas pas répondre ? » demanda Stark, menaçant.

Sam hésita. Il était presque sûr que c'était Crowley qui rappelait. Il savait aussi que s'il faisait un geste qui ne plaisait pas aux Avengers, ils n'hésiteraient pas à agir contre lui. Même si Sam avait déjà affronté des créatures plus puissantes que des super-héros (Démons, Léviathans, Anges...), il n'allait pas les provoquer inutilement. Surtout qu'ils n'étaient pas ses ennemis et qu'ils avaient une raison de se comporter comme ça : Peter. Sam le comprenait et l'acceptait. Cette attitude lui rappelait Dean.

Le chasseur sourit amèrement.

Le téléphone sonnait toujours et Sam alla le chercher. Juste au moment où il le prit, la sonnerie s'arrêta. Sam ouvrit l'appareil. Les « 666 messages » clignotèrent agressivement devant ses yeux. Sam soupira et rangea son portable dans sa poche.

« C'est étrange quand même. Il savait exactement ce qu'il fallait faire. On aurait dit de la magie en plus, dit Stark, en souriant de façon mauvaise.

— Tony..., fit Peter, exaspéré. Arrête. Sam ne pourrait jamais faire ça.

— On pense toujours que nos proches nous veulent que du bien. »

Mais ce sont les premiers à nous faire du mal, était sous-entendu.

Stark se tut, mais l'air sombre qu'il avait montrait bien ce qu'il pensait de Sam. Aucun des Avengers ne l'avait vraiment accepté. Pour eux, il n'était pas « le bon » pour Peter. Heureusement que Peter ne pensait pas la même chose.

« Winchester, on aimerait avoir une réponse, ordonna le capitaine.

— Steve ! s'écria Peter en fronçant les sourcils.

— Je suis désolé, interrompit Sam, c'est de ma faute. Ils ont raison. »

Peter eut l'air incrédule. Sam put voir le sourire triomphant de Stark et les regards noirs de ses coéquipiers.

« Je... je vais régler ça. Je le promets, Peter. »

Il eut un sourire contrit. Il avait cru pouvoir vivre une nouvelle vie, dans une autre ville. Loin des chasseurs, loin du surnaturel. Il avait voulu oublier l'ancienne vie, oublier toutes les peines, toutes les morts et tous les sacrifices. Il avait cru que c'était possible. Mais il s'était trompé et Peter en payait le prix. Comme si c'était une surprise. Tout ce que Sam entreprenait finissait mal. Il était chanceux que son histoire avec Peter, à New York, dura si longtemps. Et que Peter soit encore en vie pour en parler.

C'était une opportunité qu'il devait saisir avant qu'un autre drame arrive. Sam allait rappeler Crowley.

« Je vais régler ça, annonça Sam, sûr de sa décision. C'est un problème personnel. Je... »

Il ne put finir sa phrase, les mots se dérobaient et il perdait son courage. Sans vraiment regarder les Avengers et en évitant Peter, Sam alla chercher sa veste et son sac. Avant de partir, Peter l'intercepta. Il le fixa dans les yeux.

« Tu n'es pas vraiment un ancien soldat, hein, fit Peter sans demander.

— Non. »

Peter hocha la tête et posa une main sur le torse de Sam, juste au-dessus de son cœur.

« Je sais aussi que ce n'est pas de ta faute, Sam. Je le sais, murmura-t-il en souriant, rassurant.

— Et tu n'es pas qu'un étudiant en génétique, » chuchota le chasseur, sur le ton la confidence.

Peter le regarda surpris, puis il eut un air coupable et se mordilla la lèvre.

Sam rigola un peu.

« Non, ne t'inquiètes pas, je comprends. C'est... une vie compliquée. J'aurais dû m'en douter quand je t'ai vu avec les Avengers. »

Peter sourit et Sam ne put s'empêcher de remarquer une trace de sang séché sur son menton. Son cœur se serra en pensant à ce que Peter avait subi par sa faute.

« On est quitte alors ? demanda Peter avec espoir. Quand tu reviendras, tu me raconteras ?

— Bien sûr. »

Sam l'embrassa rapidement et lui sourit une dernière fois avant de partir. Le problème était que Sam n'avait pas prévu de revenir. Peter était la seule bonne chose qu'il lui était arrivé depuis les Léviathans, il se devait de le protéger. Même si Peter était Spider-Man, même si Peter travaillait avec les Avengers et protégeait New York des criminels, il restait un civil dans le monde des chasseurs.

Quitte à choisir, Sam préférait ne plus revoir Peter mais de le savoir sain et sauf que de rester et le mettre en danger. Les ennemis de Sam n'étaient pas forcément fair-play.

Dès que Sam sortit de la Tour Avengers, il leva le regard vers le sommet de la tour et se convainquit que c'était la bonne solution.

Pour Peter. C'était pour Peter qu'il le faisait, se répéta-t-il.