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Sous l'Océan

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Partie I



Même l'hiver, la mer était belle. Les rayons d'un soleil aussi froid que coruscant venaient se refléter sur les vagues qui s'échouaient sur le sable fin et blanc de la plage. Les cris des mouettes résonnaient tandis que les ombres de leurs ailes voyageaient sur la surface terrestre. Une odeur iodée chatouillait les narines sensibles d'un jeune homme immobile, assis sur un coin de plage où le sable était encore relativement sec.

La nuit n'allait pas tarder à tomber : il était dix-sept heures et, en hiver, la nuit venait toujours très tôt...

L'adolescent poussa un profond soupir. Bien qu'il adorait observer cette mer qu'il aimait tant, il était bien obligé de partir. Il avait déjà perdu trop de temps en observant le reflux de la marée.

Dire qu'il aurait dû être à seize heures chez Scott McCall... c'était raté pour le coup.

Ce n'était pas vraiment sa faute (aima-t-il croire) : il n'était pas ami avec l'autre adolescent. Et devoir lui apporter des leçons et devoirs le vendredi après les cours alors qu'il finissait à quinze heures, ce n'était franchement pas ce qu'il aurait aimé. À choisir, il aurait largement préféré jouer à un bon jeu-vidéo avec ses sœurs ou, pourquoi pas, se mettre ainsi devant la mer et l'observer jusqu'à ce que la lune se lève, autre beauté de l'océan dont il aimait voir et revoir le reflet sur l'eau calme de certaines nuits.

Avec un soupir, il observa son portable vibrer une nouvelle fois.

Un message de Scott.

Pourquoi avait-il refilé son numéro à cet abruti déjà ?

De Scott : Bon, je pense que tu ne passeras pas et puisque tu ne réponds pas... tant pis. Si tu pouvais au moins me scanner les cours, ce serait cool. À la prochaine.

L'adolescent ne répondit pas. De toutes manières, il serait bientôt arrivé chez McCall. Pourquoi n'y était-il pas allé auparavant ? La mer. Cela aurait pu ressembler à une excuse bancale mais, en réalité, le jeune homme avait toujours été vraiment attiré par la mer.

Avec un soupir, il se leva et prit à peine le temps d'épousseter ses vêtements. Il attrapa son sac de cours et partit de la plage avec regret. Il remonta la pente jusqu'à ce que ses chaussures rencontrent la route qui longeait la côte. Il suivit cette route, sachant pertinemment qu'il ne lui faudrait pas plus d'un quart d'heure pour arriver chez son camarade de classe. Sa main droite tenant négligemment son sac à dos, son autre main enfoncée dans l'une des poches de son jean bleu délavé, le jeune homme jeta de fréquents coups d’œil à la mer, comme si elle eût été une mère aimante que le jeune homme, tel un enfant, était obligé de quitter.

 


 

 

Arriver chez Scott McCall ne prit pas tellement de temps. Il y fut en dix minutes mais ne ressentit aucune culpabilité en sachant qu'il aurait pu passer plus tôt pour laisser ses affaires et ainsi être tranquille. La vérité, c'était qu'il n'avait vraiment pas envie de passer chez son camarade de classe. Il y avait été obligé : ses professeurs le lui avaient demandé. Mais il pouvait bien prendre un peu son temps, non ?

Aucune voiture n'était présente dans l'allée et l'adolescent n'en fut pas étonné. Après tout, tout le monde savait que la mère du jeune Scott, Mélissa McCall, était une infirmière très douée qui travaillait jusque tard dans la nuit... ou jusque tôt dans la mâtinée. Cela dépendait des jours, à vrai dire. Elle aurait pu rester chez elle pour s'occuper de son fils mais ce dernier avait sans doute insisté pour que la femme aille travailler...

Le jeune homme s'approcha et toqua à la porte.

Aucune réponse.

Il fronça les sourcils et tendit l'oreille, espérant entendre quelque chose mais la maison était plongée dans le silence.

Ce n'était pas normal. Vraiment pas normal. Il toqua à nouveau, soudain nerveux, mais n'eut pas plus de réponse qu'à sa première tentative. Alors, tentant le tout pour le tout, il saisit la poignée et ouvrit la porte. Il entra dans la maison et retint sa respiration. Dans le salon, la télévision était allumée mais quelqu'un avait coupé le son. La lumière était allumée dans la cuisine où une tonne de médicaments contre la grippe traînaient sur la table centrale où il restait un bol fumant d'un liquide indéterminé. Le jeune homme fronça les sourcils : les lieux étaient étranges... Il saisit son téléphone portable et, cette fois-ci, répondit aux nombreux textos de Scott. Il envoya son message, demandant où il se trouvait, lorsque, soudain, un bruit se fit entendre. Il s'avança vers le salon et, sur la table basse qui se trouvait devant la grande télévision, il y trouva le téléphone abandonné de son camarade de classe. Il grogna, à la fois mécontent et inquiet. S'il était arrivé le moindre mal à Scott McCall, que pourrait-il répondre aux autorités, lui qui aurait dû être chez son soi-disant ami bien plus tôt dans l'après-midi ?

Alors, dans un espoir vain, il chercha la présence de l'autre garçon dans la maison. Au bout de longues minutes de recherche, il fut sur le point de quitter les lieux lorsque, soudainement, il entendit deux voix. Il n'y avait pas fait attention mais, quelque part, deux personnes parlaient. Il tendit l'oreille et reconnut celle de Scott. Il se concentra davantage pour trouver d'où venaient ces sons et son regard ne tarda pas à se poser sur une porte au fond d'un long couloir. L'adolescent haussa un sourcil. Sérieusement ? Une cave ?

Il n'attendit pas plus longtemps pour se diriger vers cette dernière et, sans plus attendre, il abaissa la poignée de la porte. Il passa cette dernière et descendit l'escalier.

« Maman ? » intervint la voix enrhumée et faible malgré tout reconnaissable de Scott McCall. « T'es déjà rentrée ? »

« Bonjour madame McCall ! » répondit une autre voix, absolument pas malade et plutôt guillerette.

Le nouveau venu ne prit pas la peine de répondre et, bientôt, il fut en bas de l'escalier et se retrouva face à son camarade de classe et... un autre garçon.

Dans une piscine.

Dans la cave des McCall.

Il ne fit pas attention aux exclamations de stupeur et resta immobile à observer les deux autres adolescents, surpris.

« Derek ??? » s'exclama Scott, bien plus fortement qu'il ne l'aurait dû puisqu'il fut prit d'une quinte de toux immédiatement après avoir parlé.

Le dénommé Derek fronça les sourcils et observa les deux autres garçons. Scott McCall était habillé d'un gros pull et avait une énorme écharpe enroulée autour de son cou. Son visage rouge témoignait de sa forte fièvre. L'autre garçon, quant à lui, était... nu ? Derek ne savait pas s'il portait un maillot de bain mais, dans tous les cas, l'autre se trouvait dans une étrange piscine... dont l'eau n'était franchement pas transparente et légèrement... sale ? Ce qui était certain, c'était qu'il ne s'agissait pas d'une piscine ordinaire et aucune odeur de chlore ne venait titiller les narines du jeune Derek.

Ce dernier fronça davantage les sourcils. Attendez. Une piscine d'eau à l'apparence sale et qui semblait iodée... à la limite, OK. Mais une piscine dans la cave d'une maison ? Alors qu'ils se trouvaient juste à côté de la plage ? Sérieusement ?

Il regarda l'autre garçon qui, accoudé au rebord de l'étrange piscine, jouait jusqu'alors à la gameboy. Mais l'autre adolescent ne regardait plus la console depuis longtemps et son regard était rivé sur le nouveau venu, à la fois intrigué et... apeuré ?

Leurs yeux se croisèrent et Derek se plongea dans les prunelles noisette de l'autre adolescent. Ils auraient pu s'observer de longues minutes encore mais... un certain Scott McCall ne sembla pas l'entendre de cette oreille.

« Mais Derek ? Qu'est-ce que tu fous ici ? »

Le susnommé décrocha son regard de l'inconnu, qui se trouvait toujours dans la piscine, et observa son camarade de classe, les sourcils froncés.

« Je t'ai amené les cours que t'as raté.

-Mais tu aurais dû les apporter bien avant ! Tu n'es pas passé alors...

-Peut-être mais je suis là, maintenant. Alors tu vas me faire poireauter encore longtemps ou tu vas enfin prendre tes cours et me laisser passer ma soirée tranquille, loin d'ici si possible ? »

McCall avait gonflé ses joues, l'air en colère, et semblait vouloir défier du regard celui qui aurait dû arriver chez lui bien plus tôt dans l'après-midi.

Derek leva les yeux au ciel et fit un geste pour remonter l'escalier, sachant pertinemment que, de toutes manières, son camarade de classe le suivrait. Néanmoins, il se tourna une dernière fois, croisa de nouveau les yeux du garçon qui devait avoir franchement froid dans la piscine, puis remonta définitivement les escaliers. Lorsqu'il fut arrivé en haut, il se dirigea vers la cuisine et trouva un coin de table qui n'était pas conquis par les nombreux médicaments et y déposa son trieur.

À peine quelques secondes plus tard, des bruits de pas se firent entendre, signe que Scott l'avait bel et bien suivi.

« Tu aurais pu me prévenir, » dit ce dernier.

« On s'en fout, » répondit Derek en faisant rouler ses yeux dans leurs orbites, ne prenant pas la peine qu'il lui avait envoyé un sms. « Je suis là maintenant alors tout est bon. »

Scott maugréa quelques trucs dans sa barbe inexistante mais Derek ne s'en formalisa pas. Il ouvrit son trieur et saisit tous les cours des deux derniers jours qu'avait raté son camarade de classe. Alors qu'il allait lui tendre les feuilles noircies par un stylo bic noir, l'adolescent haussa un sourcil.

« Tu ne devrais pas être au lit au lieu d'inviter des potes pour se baigner dans ta piscine privée ? »

Un instant, Scott eut un air perdu peint sur le visage. Pourtant, en à peine quelques secondes, cet air disparut, laissant apparaître un visage à la fois énervé et... inquiet ? Mais qu'avaient-ils ces deux garçons à le regarder comme ça ? Derek fronça les sourcils et s'observa d'un rapide coup d’œil, se demandant s'il avait quelque chose sur lui qui pourrait expliquer cette peur étrange peinte sur les visages de Scott et l'autre qui devait toujours se trouver dans la piscine de la cave, à jouer à son jeu-vidéo.

Non mais franchement. Une piscine dans la cave... pensa de nouveau Derek en levant les yeux au ciel.

« Ça ne te regarde pas... » répondit Scott qui, étrangement, n'utilisa pas de ton désagréable. Il disait simplement que Derek n'avait pas à s'occuper de ça, sans aucune agressivité dans la voix. D'ailleurs, en y regardant de plus près... Derek avait le sentiment que le jeune McCall était davantage énervé contre lui-même. Mais qu'est-ce que tout ça voulait dire ?

Il finit par hausser les épaules, se disant qu'au final tout cela lui importait peu. Il reprit ses affaires et se dirigea vers la sortie. Scott le suivit de près et ouvrit la porte pour laisser sortir celui qui lui avait apporté les cours. Mais, alors que la porte allait se refermer, Derek se souvint soudain des beaux yeux de l'ami de son camarade de classe. Il retint la porte qui allait se refermer et s'exclama :

« Attends ! »

Scott soupira, comme s'il s'y était attendu et se mordit la lèvre inférieure, nerveusement.

« C'est qui ce gars dans ta cave ? »

Le jeune McCall sembla hésiter un instant, semblant peser le pour et le contre puis, au bout d'un moment, il inspira profondément avant de répondre :

« C'est un pote. Il est venu tout à l'heure...

-Il n'a pas froid dans l'eau ? » s'enquit tout à coup Derek, les sourcils haussés, ne se souciant pas de couper l'autre garçon dans sa phrase.

Scott fronça les sourcils, semblant réfléchir intensément, ce qui fit davantage hausser les sourcils de Derek.

« Il fait de la plongée sous-marine, » répondit-il finalement. « Été comme hiver alors bon... ça ne le dérange pas tant que ça... »

Derek observa un long moment son camarade de classe, conscient que ce dernier mentait, vue l'état de nervosité dans laquelle il se trouvait. Il ne comprenait pas pourquoi Scott lui disait un mensonge à ce sujet mais ne tenta pas non plus d'approfondir le sujet, sachant pertinemment que l'autre garçon l'enverrait bouler.

Voyant que Derek ne rajoutait rien, Scott s'apprêtait à refermer la porte lorsque, une fois encore, l'autre la retint. Cette fois-ci, ce fut le jeune McCall qui leva ses yeux fatigués au ciel, las d'être encore en la présence de l'autre garçon.

« Quoi ? » questionna-t-il, plus durement qu'auparavant.

« Comment s'appelle-t-il ? » questionna l'autre, ignorant délibérément le ton qu'avait employé son camarade de classe.

Scott sembla une fois de plus prit au dépourvu mais il se reprit bien vite. Il fronça les sourcils et répondit avec une hésitation presque palpable :

« Stiles... »

 


 

Deux semaines après, Derek pensait encore à cet étrange nom.

Stiles... qui, sain d'esprit, appellerait son gosse de cette manière ? C'était insensé ! Il était sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cent que ce nom n'existait même pas !

Scott était revenu en cours une semaine plus tôt, encore fatigué comme le témoignaient les cernes sous ses yeux, mais beaucoup plus en forme qu'auparavant.

Derek n'en avait pas eu grand chose à faire. D'autres, pensant que le jeune McCall serait encore contagieux (à tort), évitaient de croiser le chemin de Scott. Ce ne fut pas le cas de Derek Hale : il n'avait jamais été malade et n'était donc absolument pas effrayé par la perspective d'un Scott qui aurait encore la grippe et qui irait quand même en cours.

Pendant la semaine où Scott avait été malade, les professeurs n'avaient plus demandé au jeune Hale d'apporter les cours à son camarade. Apparemment, Mélissa McCall avait décidé de passer prendre les cours photocopiés au lycée pour son fils, refusant qu'un inconnu puisse une nouvelle fois passer chez elle alors que son fils y était seul.

Seul...

Ça n'avait pas vraiment été le cas la dernière fois. Après tout, Derek se souvenait parfaitement de ce Stiles, cet étrange adolescent qui se baignait dans une piscine tout autant étrange en plein hiver.

Intrigué par ce garçon, le jeune Hale avait été plus attentif au lycée, cherchant à savoir si ce Stiles n'était, au final, pas dans les environs. Malheureusement, il n'avait vu personne qui lui ressemblait de près ou de loin...

« Eh, Derek ! »

Le jeune homme fut tiré de ses pensées par une fois féminine qui l'appelait. Il tourna la tête vers Erica, une de ses amis, qui se trouvait en face de lui dans le réfectoire. Il s'était arrêté en plein repas pour se plonger dans ses pensées et ses camarades, surpris, le fixaient comme s'il était malade.

« Quoi ? » questionna-t-il, ignorant les regards de ces derniers alors qu'il reprenait sa fourchette pour continuer à manger ses frites devenues froides.

La blonde qui lui faisait face leva les yeux au ciel en soupirant.

« Tu vas à la fête de Noël de demain soir ? »

Derek grimaça. Ah... la fameuse fête de Lydia Martin...

Il observa ses amis. Erica le fixait, attendant impatiemment sa réponse. Isaac continuait de manger, bien qu'il soit attentif à la conversation entre ses deux amis. Boyd, quant à lui, semblait écouter mais ne les regardait plus, semblant davantage se préoccuper de son dessert : une mousse au chocolat qui semblait réellement délicieuse.

« ...je ne sais pas... » répondit finalement Derek.

Et c'était vrai. Le lendemain, ce serait la pleine lune et il ne sortait presque jamais ces nuits-là. Alors l'idée même de se retrouver, durant cette nuit-là, à une fête arrosée ne lui plaisait pas vraiment.

« Oh, allez Derek ! Pourquoi tu n'y irais pas ? » fit Isaac, un sourcil haussé et un petit sourire au coin des lèvres. « Ça pourrait être cool, tu sais ! »

Bien sûr que Derek le savait. Il était déjà allé à une fête chez Lydia Martin mais là... non. Il n'en avait même pas envie.

« Bon, on a jusqu'à demain soir pour te convaincre d'y aller... » fit Erica qui arborait un sourire mutin alors qu'elle jouait avec une mèche de ses cheveux blonds.

« Tu sais que demain...

-C'est la pleine lune. Oui, on sait, » répondit cette fois-ci Boyd.

Les regards des trois amis de Derek s'assombrirent soudain.

« Mais ça va aller... » fit Isaac avec un pauvre sourire, donnant une tape amicale dans l'épaule de son ami.

Derek acquiesça en silence. Il tourna la tête vers la gauche, observant une autre table où étaient assises d'autres personnes. Lydia Martin parlait vivement à son petit-ami, un Jackson Whittemore grognon qui semblait juste vouloir manger en silence. Scott McCall discutait joyeusement avec Allison Argent, son ex-petite-amie, et Kira Yukimura, son actuelle petite-amie. C'était un étrange groupe... incomplet. Derek avait le sentiment qu'il manquait quelque chose à cette joyeuse bande.

Peut-être des yeux noisette...

 


 

 

Le lendemain, alors que la lune était déjà haute dans le ciel et que Derek, accompagné de ses amis Erica, Boyd et Isaac, se dirigeait vers la maison des Martin, le jeune Hale se demandait vraiment pourquoi il était aussi manipulable. Non parce que, vraiment, il n'avait pas voulu aller à cette fête. Mais ses amis – ces traîtres ! - l'avaient forcé (oui oui, forcé !) à y aller. Pourtant, ces derniers connaissaient bien le secret de leur camarade... ce secret qui faisait que Derek ne sortait que rarement les nuits de pleine lune. Ce secret qui faisait que l'adolescent n'avait vraiment pas voulu aller à cette fête qu'il jugeait inutile. Mais ses amis avaient insisté, arguant qu'ils seraient là pour veiller sur lui et que tout se passerait bien. Mais, nerveux, le jeune Hale en doutait largement...

La maison des Martin était grande. Éloignée de la plage, le jardin était pourvu d'une grande piscine (ce que Derek avait déjà noté depuis longtemps avec un certain dédain) et les lieux étaient luxueux, témoignant de la richesse certaine des habitants.

Derek soupira. C'était Noël... il n'avait jamais vraiment aimé cette fête. De plus, habitant près de l'océan, il ne neigeait que très rarement... voire jamais. Le jeune Hale n'avait jamais vu de neige, hormis sur internet ou à la télévision... et autant dire que c'était vachement déprimant. Oh, bien sûr, il avait déjà eu l'occasion de partir en vacances d'hiver avec ses amis... mais voilà. C'était avec des amis. Jamais en famille. Et avec d'autres jeunes... il ne pouvait pas se permettre de partir comme ça, sur un coup de tête. Que se passerait-il s'il... ?

« Arrête de te prendre la tête, vieux ! » fit Isaac d'un ton joyeux en lui donnant une tape amicale sur l'épaule. « Tu verras, on va s'éclater. Et puis... c'est Noël ! Qui n'est pas heureux à Noël ?! »

Derek grogna. Lui n'aimait pas cette fête. Était-ce une tare ?...

Plus ils s'avançaient vers la maison des Martin, plus la musique de la fête était forte... et elle était d'autant plus puissante pour les oreilles sensibles de Derek.

« Allez-y les gars, » fit soudain Erica, l'air mortellement sérieuse. « Derek et moi, on vous rejoint dans une minute. »

Isaac et Boyd se contentèrent de hausser les épaules et de partir en trottinant joyeusement vers la porte de la demeure des Martin.

Les deux adolescents restés en arrière observèrent leurs camarades quelques instants. Derek Hale savait pertinemment de quoi allait lui parler son amie mais il n'avait pas envie d'avoir ce genre de discussion. C'était la même chose à chaque fête où se rendait le jeune Hale – et elles étaient rares ! Et c'était toujours la blonde qui se chargeait de le materner, de lui poser d'innombrables questions auxquelles le jeune homme ne voulait absolument pas répondre.

« Ça va aller ? » questionna-t-elle finalement, une fois les deux autres disparus de leur champ de vision.

Le jeune Hale regarda son amie un instant avant de soupirer. Il leva les yeux au ciel et son regard rencontra la lune. Elle était pleine.

« Comme à toutes les pleines lunes... » se contenta-t-il de répondre, détournant le regard des yeux inquiets de son amie.

Il sentit une main lui saisir la veste et le garçon se tourna vers la jeune femme. Son front était barré par un pli soucieux, lui donnant l'air beaucoup plus vieille qu'elle ne l'était.

« Si tu te sens... » commença-t-elle d'une petite voix, comme si elle craignait être entendue. « Si tu sens que tu risques de te... 'fin tu vois quoi... »

Hale hocha la tête, comprenant parfaitement où la blonde voulait en venir.

« Je te le dirai. »

Erica eut un pauvre sourire, à mi chemin entre le soulagement et l'inquiétude, ce qui donnait une étrange grimace...

« On y va ? » interrogea-t-elle finalement, l'air faussement joyeuse. « On a un Noël à fêter ! »

Derek leva les yeux au ciel et soupira d'exaspération. Pourtant, au lieu de repartir chez lui, il suivit la jeune femme jusqu'à la porte des Martin. Puisqu'ils y étaient, autant faire la fête...

 


 

La fête atteignait son paroxysme. L'alcool coulait à flot ; plusieurs jeunes s'étaient jetés dans la piscine, faisant fi du froid glacial de ce mois de décembre, et en sortaient trempés, grelottants, et certainement pleins de regrets. L'air blasé, Derek observait les autres personnes de son âges. Plusieurs avaient des gobelets, parfois vides, dans les mains et titubaient sous les effets de l'alcool.

Lui, il ne pouvait pas être bourré. Même s'il buvait une bouteille de vodka. Même s'il buvait toutes les bouteilles présentes chez les Martin... et Dieu savait qu'il y en avait une quantité incroyable... et sans doute interdite aux yeux de la loi. Mais voilà. Lui, il avait beau boire, son... métabolisme particulier lui empêchait de 'profiter' des joies de l'alcool.

« Cette fête est géniaaaaaaleeeee !!! » cria une jeune femme dans ses oreilles, une certaine Heather s'il avait bien retenu son prénom.

Derek lui lança un regard désintéressé qui ne changea en rien l'attitude de la jeune femme.

« Allez, amuuuuse-toiiiiii !

-Non.

-Alleeeeeez !

-Non. »

Sincèrement, le jeune Hale se demandait d'où lui venait toute cette patience. Normalement, il se serait déjà... transformé. Cette fête ne l'aidait vraiment pas à rester calme et, pourtant, il parvenait à se contrôler. Jusqu'à cet instant, en tous cas... et il espérait que ça durerait encore un certain temps.

« Eh, tu vas le laisser tranquille, oui ? » s'exclama soudain une voix féminine qui lui était familière.

Derek soupira, soulagé. Il allait enfin être débarrassé de cette jeune femme totalement bourrée qui le collait...

« Mais euh ! » répliqua cette dernière, ce à quoi Erica répondit par un délicieux « Dégage. »

L'autre blonde fit un bruit de gorge indescriptible avant de partir. Les deux amis l'observèrent s'en aller, se demandant vaguement si elle avait eu un haut le cœur ou bien si elle avait tenté de rire ou de grogner.

« Il commence à se faire tard... » fit remarquer Erica en entraînant son ami à l'écart des jeunes inconscients qui se balançaient de l'eau à la figure en s'enfilant d'autres bières. « Je suis étonnée que tu aies tenu aussi longtemps... »

Elle l'observa quelques secondes et, voyant que son ami était parfaitement calme malgré la musique beaucoup trop forte et l'odeur omniprésente de l'alcool et d'autres produits illicites présents à cette fête, elle ne put s'empêcher de rajouter :

« Je suis même très fière de toi. »

Au lieu d'un sourire, Derek ne répondit que d'un haussement de sourcil. Lui, il s'emmerdait à mourir... Il ignorait où se trouvaient Isaac et Boyd mais il avait hâte de rentrer chez lui. Il était presque une heure du matin et, s'il avait réussi à se contrôler jusque là, sa nervosité montait de plus en plus sous les rayons de la pleine lune... et ce même s'il tentait de garder un air décontracté. Lorsqu'il croisa le regard de son amie, il comprit qu'elle venait de remarquer ce détail... Elle fit une grimace éloquente et se leva sur la pointe des pieds, cherchant leurs deux autres amis du regard.

« On va trouver Isaac et Boyd. S'ils veulent rester, grand bien leur fasse. Nous, on rentre. »

Derek savait pertinemment qu'il ne servait à rien de dire qu'il pouvait rentrer seul chez lui. Il savait parfaitement que son amie avait, elle aussi, envie de rentrer chez elle pour dormir.

Quelle idée de faire une fête de Noël... et dire qu'une semaine après ils allaient sans doute aussi fêter le Nouvel An !

Derek grogna. Pour le Nouvel An, il resterait chez lui... S'il devait s'ennuyer ferme, autant que ce soit en famille plutôt que dans une fête, entouré de jeunes personnes bourrées qui risquaient de faire des comas éthyliques.

Ne trouvant vraisemblablement pas les deux autres adolescents, la blonde se tourna vers lui.

« Eh ! » s'exclama-t-elle.

Elle jeta un rapide coup d’œil autour d'elle et, constatant que tous avaient beaucoup trop bu pour daigner les écouter, elle poursuivit :

« Tu arriverais à les trouver ? Tu sais... à l'odeur ?! »

Derek acquiesça. Ce n'était pas la première fois qu'Erica lui demandait cela lorsqu'ils perdaient Isaac ou Boyd. Et les deux autres lui avaient déjà demandé ce service...

Les joies d'avoir un pote loup-garou, disaient-ils.

Le regard du jeune Hale balaya la foule et il huma l'air, les sourcils froncés sous la concentration. Malheureusement, l'air était saturé par les effluves d'alcool et d'autres senteurs plus ou moins nauséabondes. Mais, dans tout ce chaos d'odeurs, il ne percevait pas celles de leurs deux amis. Il allait dire à son amie qu'il ne les trouvait pas lorsque, soudain, une étrange odeur vint titiller ses narines. Jamais il n'avait senti une telle senteur. Elle était... salée ?... Oui. Salée... avec des notes... étranges.

Étranges. C'était cela... ces senteurs lui étaient inconnues, à tel point qu'il lui était abscons de dire d'où elles venaient et à quoi elles se rattachaient.

Il chercha quelques instants et son regard finit par tomber sur une personne en particulier. Alors qu'il le reconnaissait, Derek grogna. Scott McCall. Il était déçu... il s'attendait à voir autre chose. Pas à voir cet autre adolescent avec lequel il avait du mal à s'entendre. Il ignorait pourquoi l'odeur venait de cet endroit mais, au final, il s'en fichait. Cependant, près de détourner le regard, ses yeux captèrent un mouvement. McCall, qui semblait s'être accroupi, aida une personne à se relever. Mince, un sweat-shirt à capuche rouge, l'air hagard... Derek eut un frisson en voyant les yeux noisette de l'ami de McCall.

Stiles.

« Derek ?! Il y a un problème ? » fit Erica, la voix inquiète, arrachant son ami de sa contemplation.

Le lycanthrope se tourna vers la jeune femme, les sourcils froncés.

« Je reviens.

-Euh... ok... ? »

Il ne laissa pas la blonde rajouter quoi que ce soit et partit en direction des deux autres adolescents. Depuis le temps qu'il cherchait ce Stiles... il devait aller les voir, lui et McCall. C'était une occasion en or, une occasion à ne pas rater.

Il se fraya un chemin entre les corps qui dansaient, se cognant quelques fois contre d'autres personnes sur qui il ne se retenait pas de grogner pour montrer son mécontentement. Il lui fallut bien cinq bonnes minutes pour arriver près de McCall et de son étrange ami et, une fois que ce fut fait, il s'avança à grandes enjambées vers les deux compères.

« Salut. » fit-il simplement lorsqu'il arriva à leur hauteur, faisant sursauter les deux jeunes tant et si bien que le dénommé Stiles tomba à la renverse.

Scott s'empressa de s'abaisser encore une fois pour remettre sur pied son ami qui semblait avoir beaucoup de mal à se relever.

« Pourquoi maintenant... » grommela McCall, l'air pas franchement heureux de se retrouver nez à nez avec le jeune Hale.

Derek ne releva pas la phrase et observa Stiles qui peinait à rester debout. Il avait l'air d'avoir bu, tant il semblait avoir du mal à tenir sur ses jambes, et pourtant... il ne sentait pas l'alcool. Derek était certain que les deux amis n'avaient pas bu une seule goutte de bière ou de l'étrange cocktail que servait la jolie Lydia Martin. Du coup, il se demandait ce que ces deux étranges spécimens faisaient à cette fête... Certes, il comprenait que Scott soit à cet endroit mais Stiles... Derek était certain que Lydia n'avait jamais vu cet adolescent.

« Il a été invité par Lydia... » fit Scott, l'air étrangement méfiant, comme s'il avait suivi le cheminement des pensées du fils Hale.

Stiles hocha vigoureusement la tête, très insistant quant à la réponse de son ami. Ce dernier jeta des yeux noirs à l'étrange jeune homme et un combat de regards sembla commencer entre ces deux-là.

« Je vois, » fit enfin Derek après un soupir. « Tu squattes...

-Je ne vois pas ce qui te fais croire ça ! » intervint Stiles, l'air plus nerveux que nécessaire.

Le loup-garou soupira en observant les deux humains, se gardant bien de leur dire qu'il était parfaitement capable de dire lorsqu'une personne mentait. Après tout, la condition de sa famille était secrète.

Bon. Ok. Elle était censée être secrète. Ses amis étaient au courant mais eh ! C'était pour le bien. Pour les protéger, les prévenir quoi... !

« Eh, c'est bon, » grommela le lycanthrope. « Je m'en fous, j'vois pas ce que je gagnerai à crier sur tous les toits que tu n'étais pas invité, hein... »

Scott et Stiles échangèrent un long regard avant d'offrir des sourires crispés à leur interlocuteur. Derek haussa vaguement les épaules, ne sachant pas quoi ajouter de plus. La musique lui semblait de plus en plus infernale et la tête lui tournait légèrement. Il connaissait ces symptômes : il devrait bientôt partir... mais il n'en avait pas envie. Il rechignait à rentrer chez lui, au calme, avec la certitude de ne blesser personne alors que Stiles, ce gars qu'il cherchait depuis deux semaines, se trouvait pile devant lui.

Ne voulant pas montrer son malaise, il plongea son nez dans son verre rempli d'un mélange douteux de vodka et de jus de fruit.

« Tu ne vas pas retrouver tes potes... ? » intervint Scott, l'air tout aussi mal à l'aise que lui, mais sans doute pour une autre raison.

Derek haussa de nouveau les épaules et jeta un coup d’œil à Stiles. Ce dernier le dévisageait avec intérêt et cela ne déplaisait en rien au jeune Hale.

« Bah... ils vont bien me retrouver... » répondit finalement ce dernier, jetant un coup d’œil désintéressé par-dessus son épaule, ne cherchant pas vraiment à voir si l'un de ses trois amis se trouvait derrière lui.

Puis, il se tourna de nouveau vers les deux autres garçons et croisa le regard noisette qui l'avait hanté pendant plusieurs jours.

« T'es d'où, toi ? » s'enquit-il, ne pouvant cacher très longtemps sa curiosité.

Stiles se mordilla la lèvre inférieure et sa nervosité monta d'un cran. Il jeta un rapide regard vers le jeune McCall qui s'était crispé avant de regarder de nouveau le loup-garou.

« J'habite pas trop loin d'ici... »

Il avait dit la vérité. Son cœur n'avait pas raté un seul battement.

« Ouais, mais où ? » insista Derek, aucunement satisfait par cette réponse on ne peut plus vague.

« Je... »

La panique apparut soudain sur le visage de Stiles et Derek vit nettement le jeune McCall donner un coup de coude dans les côtes de son ami.

« Sacramento. Il habite à Sacramento. »

Derek fronça les sourcils, ayant facilement perçu le mensonge. Pourquoi refusaient-ils de révéler l'endroit où vivait Stiles ? En avaient-ils honte ? C'était à n'y rien comprendre...

« Ouais, ok, à Sacramento donc... » fit le jeune Hale, l'air d'une personne qui ne croyait absolument pas à ce qu'elle disait. « Bah j'ai toujours voulu y aller, ça tombe bien ! Vous pouvez m'en dire plus ? »

Stiles et Scott échangèrent un nouveau regard, plus pâles que jamais. En son for intérieur, Derek sourit, victorieux.

Il allait passer un bon moment.

 


 

« ...et là, elle a glissé et est tombée sur Scott ! »

Aussitôt, Stiles se mit à rire, rapidement suivi par toute la bande au détriment du pauvre Scott McCall qui ne savait plus où se mettre. Derek jeta un regard moqueur en direction de ce dernier qui évitait soigneusement son regard.

Trois heures plus tôt, lorsque le jeune Hale leur avait demandé des détails sur la supposée ville où vivait Stiles, les deux compères s'étaient embrouillés dans leurs explications et avaient totalement dévié de sujets. Par la suite, Erica, Isaac et Boyd s'étaient joints à eux, rapidement suivis par Lydia, Jackson, Allison et Kira. L'étrange petit groupe avait rapidement trouvé le canapé du salon des Martin où ils s'étaient tous avachis pour continuer de discuter. Et quelle discussion ! Lydia avait demandé l'identité de Stiles et, durant une bonne dizaine de minutes, elle lui avait posé diverses questions pour savoir si elle allait le laisser chez elle pour cette fête ou le faire sortir par la peau du cou. Finalement, elle sembla trouver le jeune homme fort sympathique et ils firent connaissances à coups de mauvaises blagues. Par la suite, ils s'étaient tous mis à discuter, allaient d'anecdotes en anecdotes et Stiles venait tout juste de raconter une des mésaventures que Scott avait vécue, une semaine plus tôt.

« Ça devait être très marrant à voir ! » s'esclaffa Erica, ravie de rire du jeune McCall.

Ce dernier lui jeta un regard noir qu'elle ignora superbement.

« Bah, c'est à dire que... je n'ai pas vraiment vu la scène, il me l'a raconté surtout... » ajouta Stiles, son rire disparaissant sous une mine gênée.

« Oh, » fit Kira en se tournant vers son petit-ami, les sourcils haussés. « Bah tu vas devoir faire gaffe à ce que tu lui dis maintenant !

-Sans blague... »

Tous, sauf Scott, se remirent à rire.

« Si tu continues comme ça, Stiles, je vais raconter quelques dossiers sur toi... » intervint la voix grincheuse du jeune McCall.

« Tu n'as pas le droit... ! » fit, scandalisé, l'étrange jeune homme.

Lydia se pencha sur la table et, avec un sourire narquois, se rapprocha de Scott.

« Moi, j'aimerais bien savoir... »

Un grand sourire apparut sur les lèvres de Scott qui, après un coup d’œil moqueur en direction de son ami, se rapprocha de la blonde d'un air de conspirateur :

« Si tu savais comment il mange du riz, c'est juste uehdjkfsnfkj... ! »

La jeune Martin grogna et essaya de libérer Scott de la main que venait de coller Stiles contre la bouche de son ami.

« Tu ne diras rien, sale traître ! » cria le jeune homme, faisant de son mieux pour empêcher le jeune McCall de lui donner un coup en essayant de se délivrer.

Il fallut une bonne minute pour que Stiles daigne libérer son ami. Cependant, l'air méfiant qu'il arborait montrait bien qu'il était prêt à coudre la bouche du jeune McCall si c'était nécessaire.

« Désolé, les révélations ne se feront pas ce soir... » ricana Scott en regardant son ami.

« C'est nul ! » se plaignirent Erica et Lydia en faisant la moue.

Le jeune McCall ne fit que hausser les épaules, amusé, avant de jeter un coup d’œil à sa montre.

« On va devoir y aller Stiles, il va bientôt faire jour... »

Derek fronça les sourcils. Bientôt faire jour ? Il était à peine plus de quatre heures, ils avaient encore du temps devant eux... non ? Alors qu'il priait intérieurement pour que ledit Stiles demande de rester plus longtemps, ce dernier regarda, contrit, son ami.

« Tu as raison...

-QUOI ? Mais on a encore du temps devant nous ! » s'exclama Erica, démontrant à la perfection ce que hurlait le jeune Hale dans son propre esprit.

« Ouais, mais... on doit y aller...

-Je rentre avec vous, » ajouta Kira en prenant sa veste.

Les deux garçons et la jeune femme ramassèrent leurs affaires et saluèrent leurs nouveaux amis.

« J'espère vous revoir un de ces quatre ! » ajouta Stiles avec un triste sourire. « C'était cool ! »

« J'espère, oui ! » répondit Erica avec véhémence.

Sans dire un mot, Derek observa les trois adolescents rentrer chez eux, l'un marchant beaucoup plus maladroitement que les deux autres. Lui aussi, il aurait voulu que les trois autres restent... Mais voilà. Il savait bien que toutes les bonnes choses avaient une fin... Il espérait que le jour où il reverrait Stiles viendrait rapidement !

« On devrait peut-être y aller nous aussi, » indiqua Boyd en observant son verre vide. « Mes parents ne vont pas tarder à se lever pour mettre les cadeaux sous le sapin et j'aimerais y rajouter les miens avant que tout le monde ne se lève... »

Les trois autres opinèrent. De toutes manières, la fête était finie depuis bien longtemps et seules les présences de Stiles et de Scott les avaient retenus chez les Martin.

« Je vais commencer à ranger. Vous m'aidez ? » questionna Lydia en se tournant vers Jackson et Allison qui, bien que fatigués, opinèrent rapidement, suivant la rousse qui s'éloignait de la joyeuse bande.

« C'était une super soirée ! » déclara Erica, joviale, une fois que les trois autres furent partis. « De plus, tu as su te contrôler à la perfection et ça, c'est à fêter ! »

Boyd et Isaac répondirent par de fatigués « Ouais, c'est sûr ! » mais Derek, de son côté, était plutôt choqué de ce que venait de dire son amie.

La pleine lune. C'était la pleine lune et pourtant, Derek avait gardé son apparence humaine du début à la fin. Il ignorait comment c'était arrivé mais... il avait oublié la lune. Durant le laps de temps où il avait parlé aux deux étranges adolescents, cela avait été comme si l'astre lunaire n'avait plus existé, comme s'il avait été un adolescent comme les autres.

C'était... étrange...

« Toi, t'as un faible pour le p'tit Stiles... » nota Isaac, narquois, en passant amicalement son bras autour des épaules du lycanthrope qui répondit par un grognement qui fit rire ses amis.

Sous la lune qui était toujours pleine, les quatre amis rentrèrent chez eux, éreintés mais heureux par cette nuit de festivités. Lorsqu'Erica cria au ciel « Joyeux Noël », imitée par Boyd et Isaac, Derek ne put s'empêcher de sourire.

Au final, ce Noël-ci n'est pas si nul, pensa-t-il, étrangement heureux.

Seule tache sur le tableau : il n'avait pas trouvé comment Stiles pouvait sentir à ce point comme l'océan.

 


 

Derek était énervé.

Mais genre VRAIMENT énervé.

Bientôt une semaine qu'il questionnait Scott au sujet de Stiles mais rien. RIEN ! Aucune information sur ce dernier, pas même un petit mot pour dire où il se trouvait et comment le contacter. Scott refusait totalement de parler de son étrange ami. Erica avait bien essayé d'en savoir davantage, puisqu'ils s'étaient tous les quatre rapprochés du jeune McCall mais rien à faire : ce dernier restait insensible à toutes sortes de chantage. Il se bornait simplement à dire que son ami allait bien et qu'il reviendrait dans un peu moins d'un mois.

UN MOIS ! Comment voulez-vous que Derek tienne ? C'était impossible. Impossible ! Derek Hale avait senti qu'il y avait eu quelque chose entre lui et Stiles, ce soir-là. Et être incapable d'en savoir davantage sur ce dernier était, à ses yeux, inacceptable. Ce fut la raison pour laquelle le jeune Hale se trouvait actuellement en route vers la maison des McCall. Après tout, il avait déjà vu Stiles chez Scott... peut-être qu'il l'y verrait une nouvelle fois ?

Il n'en savait rien. Peut-être même qu'il se fourvoyait totalement, mais sincèrement il n'en avait pas grand chose à faire. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il devait au moins essayer de trouver Stiles. Peut-être serait-il ainsi calmé pour la nouvelle année...

Ce soir-là, c'était le Nouvel An. Et il voulait au moins passer les premières minutes de la nouvelle année en ayant l'esprit serein.

Il longea la mer et arriva bientôt à destination. La voiture de la mère de Scott était garée à côté de la maison et Derek hésita une seconde à frapper à la porte. Il était seize heures... il doutait donc franchement que les deux McCall soient déjà passés à table.

Il leva la main et frappa deux petits coups distincts sur la porte. Puis, il rangea sa main dans la poche de son jean et attendit patiemment que quelqu'un vienne lui ouvrir. La poignée s'abaissa soudain et le jeune homme fut surpris de se retrouver face à une très belle femme aux boucles brunes : la mère de Scott McCall.

« Bonjour, je peux vous aider ? » s'enquit-elle, un doux sourire aux lèvres.

Derek jeta un bref coup d’œil à l'intérieur de la maisonnée, espérant y voir Scott mais, ne voyant personne d'autre que l'infirmière McCall, il posa les yeux sur cette dernière.

« Bonjour, j'aimerais voir votre fils, Scott...

-Oh ! Il est sorti avec son père... mais il revient dans quelques minutes normalement. Tu veux l'attendre à l'intérieur ? »

Un instant, Derek fut déstabilisé par l'utilisation du tutoiement. Sans doute pensait-elle que lui et son fils étaient de proches amis... ce qui n'était ni vrai ni faux, d'ailleurs. Avec un haussement d'épaule, il répondit :

« Je ne veux pas vous déranger...

-Mais tu ne me déranges pas ! »

La femme fit un pas de côté, invitant le jeune homme à entrer.

« Entre, tu veux que je te serve du thé en attendant Scott ? »

Mal à l'aise, Derek répondit par un haussement d'épaules, ce qui sembla vouloir dire « Oui » dans l'esprit de la femme puisque cette dernière partit en direction de la cuisine en parlant :

« J'ai plusieurs parfums, qu'est-ce que tu préfères ? »

Décontenancé par le comportement de la femme, Derek la suivit mécaniquement, ne sachant pas vraiment quoi dire. Lorsqu'elle lui présenta plusieurs boîtes de thés de couleurs et de tailles différentes, il en indiqua rapidement une du menton. Loin de se sentir offensée par l'attitude de l'adolescent, l'infirmière continua de sourire tout en faisant chauffer de l'eau.

« Tu t'appelles Derek, c'est ça ?

-Comment savez-vous mon nom ? » questionna le jeune Hale, surpris que la femme le connaisse.

Un petit rire s'échappa des lèvres de cette dernière.

« Je sais que c'est toi qui as donné les cours à Scott lorsqu'il était malade, il y a un mois. Et je t'ai déjà vu de loin, toi et ta famille... »

Derek baissa les yeux, gêné. Il lui semblait qu'il devait dire quelque chose pour combler l'étrange silence qui s'installait mais il ignorait ce qu'il devrait dire. Il n'avait jamais vraiment été très doué avec les mots... avec ses amis, il parvenait à s'en sortir sans trop de mal mais avec les personnes qu'il ne connaissait pas vraiment...

Sauf avec Stiles.

Avec Stiles, il n'avait eu aucun souci pour parler.

Une sonnerie se fit soudain entendre, sortant Derek de ses pensées et le sauvant par la même occasion, lui qui ignorait quoi dire ou quoi faire.

« Fais comme chez toi ! » fit rapidement Mélissa McCall en partant vers le salon, à la recherche de son téléphone portable.

Et Derek prit le conseil au pied de la lettre. Il jeta un rapide coup d’œil en direction de l'endroit où était partie la femme et chercha la porte qui menait à la cave, celle qu'il avait empruntée le jour où il avait rencontré pour la première fois Stiles.

Aurait-il le temps d'y descendre pour voir si ce dernier s'y trouvait... ?

Il prit sa décision rapidement. Après tout, il ignorait si l'appel que venait de recevoir la mère de Scott serait long ou court et il ne savait pas quand rentrerait Scott. Et puis, s'il était discret, il pouvait bien y jeter un coup d’œil, non ? Et si Stiles n'y était pas, il pourrait au moins s'intéresser à la question de cette étrange piscine présente dans la cave !

Après avoir profondément inspiré, le jeune homme se dirigea à pas de loup vers la porte. Il abaissa la poignée et entreprit de descendre le plus discrètement possible les marches de l'escalier.

« Scott ? T'es rentré ? »

C'était la voix de Stiles. Il en aurait mis sa main à couper.

Ragaillardi à cette idée, le jeune Hale descendit les dernières marches d'un bond et chercha du regard l'étrange ami du jeune McCall... qui se trouvait dans la piscine.

Leurs yeux se croisèrent... la joie de Derek rencontrant le regard affolé de Stiles.

« Eh, Stiles ! Ça va ? »

Ledit Stiles de répondit pas. Il observa, médusé, Derek s'approcher de la piscine.

« Sacramento, hein... tu vis ici ? Je ne vois pas pourquoi vous ne me l'avez pas dit, » nota Derek, trop heureux de voir Stiles pour se rendre compte de la panique de ce dernier.

« Qu'est-ce que tu fais ici? » questionna précipitamment l'ami de Scott d'une voix beaucoup trop aiguë.

Derek venait d'arriver au bord de l'étrange piscine. Il s'y assit et haussa les épaules, un sourire aux lèvres.

« Bah je te cherchais... Scott refusait de me donner ton numéro donc j'ai... »

Derek perdit son sourire. Il venait de regarder Stiles.

Il venait de réellement regarder Stiles.

Rougissant soudainement, ce dernier détourna le regard et sembla chercher par tous les moyens la réponse à la question « Comment se noyer tout en cachant son corps aux yeux de tous ? ».

« Que...

-Je peux tout expliquer ! » fit le jeune homme qui se trouvait dans la piscine, levant soudainement ses mains en l'air.

Tout expliquer ? Non. C'était impossible. Du moins, pas en cet instant...

Pour le coup, Derek était sans voix. Que pouvait-il bien dire en remarquant... cette chose qui se trouvait sous l'eau ?

Il pâlit. Puis rougit. Puis pâlit de nouveau et rougit une nouvelle fois.

« C'est... »

Il se racla la gorge et déglutit difficilement.

Oh, il avait vu des choses étranges et singulières dans sa vie. Son existence de loup-garou lui avait permit de voir d'autres créatures. Mais ça... ça...

« C'est une queue ? »

Stiles n'avait même pas besoin de répondre puisque, oui. C'était une queue. C'était bel et bien une queue aux écailles vertes et bleues qui se trouvait dans l'eau. Une longue et magnifique queue digne de celles qu'arboraient les beaux beaux animaux aquatiques.

Stiles avait une queue.

Stiles n'était pas vraiment un être humain...

Stiles n'était pas du tout un être humain.

Pour la première fois de sa vie, Derek se retrouva la bouche entrouverte, l'air d'un parfait idiot.

Puis, toujours choqué, il s'écria :

« Mais bon sang ! Les sirènes existent depuis quand ?! »