Chapter Text
Les réunions de l'Ordre du Phénix étaient toujours quelque peu désordonnées. Il y avait tout simplement trop de personnes qui s'y impliquaient pour qu'il y règne un réel ordre. Et cela n'aidait pas que le square Grimmaurd soit vraiment trop petit pour accueillir le nombre de personnes qui régulièrement essayaient de s'y entasser. En fait, il était physiquement impossible d'y réunir tous les membres de l'ordre. Non, que tout l'Ordre se réunirait au même endroit. Cela serait bien trop dangereux!
Cela signifiait donc que la plupart des informations étaient transmises à travers les rangs de l'Ordre par un hasardeux moyen de communication, que des personnes plus sensées appelleraient « commérages ou ragot ». Des moyens officiels de communication existaient en cas d'urgence ou dans les rares cas où il y avait des informations à savoir absolument, mais la plupart des membres de l'Ordre apprenaient plus lors de banales conversations qu'auprès de leur contact officiel.
Il y avait par contre un groupe noyau de sorcier et de sorcière qui était plus au moins mis au courant par de très irrégulières réunions tenues dans la glorieuse et estimée maison des Black. Sirius n'avait jamais vraiment compris ce qui déterminait exactement la promotion pour entrer dans ce cercle fermé, mais il suspectait que cela avait beaucoup avoir avec les caprices d'Albus Dumbledore. Et de toute façon qui était-il pour questionner le tout puissant directeur? (Quoi qu'il en soit, Sirius soupçonnait fortement d'y être inclus seulement parce qu'ils utilisaient sa maison et il n'allait pas risquer de perdre sa place en posant trop de questions.)
Et voilà pourquoi Sirius se trouvait à essayer de combattre son ennui en ce dimanche après-midi tout en écoutant une oh ! Combien pratique, mais combien ennuyeuse, conversation sur le recrutement de l'Ordre.
En ce moment même, Minerva McGonagall et Alastor Maugrey étaient en train de débattre sur le recrutement des sixième et septième années qui étaient encore à Poudlard. McGonagall était complément horrifié à cette idée, tandis que Maugrey hésitait entre les risques que cela impliquait pour leurs sécurités et les avantages d'avoir des ressources du même âge que les jeunes recrues des Mangemorts.
Sirius regarda autour de la salle, évaluant les réactions pour faire passer son ennui, faute de mieux. Albus près de l'âtre de la cheminée avait l'air pensif, mais comme à son habitude aucune autre émotion n'apparaissait sur son visage. Frank et Alice Londubat étaient assis à quelques pieds du directeur. Alice semblait incertaine. Frank quant à lui avait un regard calculateur qui laissait Sirius croire que celui-ci était plutôt pour l'idée. Ensuite Arthur et Molly Weasley étaient assis dans le coin, de furieux murmures provenant de leur coin donnaient l'impression à Sirius que Arthur tentait d'empêcher Molly de lancer un sort à quiconque recruterait ses enfants.
Rogue quant à lui — Sirius frissonna à la pensée que Rogue était à moins de dix pieds de sa maison- arborait un air renfrogné. Non que cela différait de son air habituel ! De toute façon, qui s'intéressait à ce qu'un bâtard graisseux pensait? Sirius posa son regard sur James.
James Potter rencontra son regard et fit un geste peiné et désespéré vers Lily. La femme de son meilleur ami avait les yeux baissés sur ses mains avec l'expression de détresse qu'elle avait toujours lorsque le sujet «enfant» venait à être mentionné.
Lily Potter, la seule personne connut de l'histoire à avoir survécu au sortilège Avada kedavra.
Il y avait de cela vingt-deux ans, Lily Potter était enceinte de huit mois quand Voldemort jeta ce sortilège impardonnable qui rebondit ensuite sur lui.
Le corps de Lord Voldemort fut détruit ce jour-là, l'enfant dans le ventre de sa mère mourut et celle-ci perdit la capacité d'avoir d'autres enfants.
Cela avait été un coup dur, même avec la défaite de Voldemort. De plus, cet enfoiré avait trouvé une façon de revenir en vie et en seulement un an les choses étaient devenues si mauvaises que l'on parlait de recruter des enfants dans les rangs de l'Ordre du Phénix.
Sirius fit des gestes pour que James sorte Lily de la pièce au plus vite. Si quelque chose d'important venait à être mentionné, ils pourraient être mis au courant plus tard. Remus devrait être informé de toute façon puisqu'il n'avait pu être présent à la réunion. Et évidemment, Peter aussi.
Sirius ne comprenait pas cette exclusion. Des maraudeurs, le seul qui ne faisait pas partie du groupe noyau était Peter Pettigrow. Albus savait que de toute façon, ils allaient partager avec lui toute information réellement importante. Alors, pourquoi ne pas le laisser y assister? Cela laissait croire à Sirius que leur vieux directeur ne faisait pas pleinement confiance au rat. Cette pensée mettait Sirius mal à l'aise et lui faisait taire des choses qu'il aurait dites à Peter sans cela.
Des choses comme Severus Rogue.
Seul les personnes dans la pièce, et Lunard, connaissaient tout à propos de Rogue. L'existence même de leur espion était un secret bien gardé. Et malgré la haine de Sirius à l'égard de Rogue, il n'allait pas mettre sa vie en danger. Pas depuis cette fois en sixième année.
De toute façon, Severus Rogue était important dans l'Ordre d'une manière que Sirius ne pourrait jamais égaler.
Sirius ne connaissait pas entièrement l'histoire, mais de ce qu'il avait compris Rogue était venu voir Albus Dumbledore avant la tentative de meurtre à l'encontre de Lily.
Et après la défaite de Voldemort, ses informations avaient permis de mettre en prison quelques mangemorts importants, même si beaucoup d'autres s'étaient sauvés en prétendant être sous l'Impérium ou bien avec l'aide de quelques Gallions bien placés. A présent, l'espion leur permettait d'avoir toujours un coup d'avance sur Voldemort.
Revenant sur terre, Sirius nota que James essayait d'emmener Lily dans la cuisine. Avec de la chance, Kreature aurait fait ce qu'il avait été ordonné de faire et aurait mis quelque chose de comestible sur la table. Satané elfe de maison!
La voix cassante de Rogue fit revenir l'attention de Sirius vers la conversation.
— Aussi fascinante que cette discussion soit, il y a d'autres endroits où je dois être, s'il n'y a rien à ajouter?
Albus ouvrit la bouche pour répondre quand un flash de lumière jaune apparut au milieu de la pièce.
Sirius laissa échapper une exclamation et sortit sa baguette magique. Le flash de lumière tourbillonna et s'agrandit en un vortex formé de multiples lumières aux couleurs différentes.
— Restez loin! cria Maugrey inutilement.
Sirius risqua un coup d'œil autour de la salle, nota que tout le mode restait très loin de la perturbation, leur baguette levée prête à l'utiliser.
Après, un moment le tourbillon de magie pure s'arrêta à six pieds de hauteur et cinq de largeur.
— C'est quoi ça? demanda Frank.
— Un accroc, répondit Dumbledore.
— Un qu… commença James.
Le tourbillon produisit une corolle de lumière brillante, aveuglant temporairement les occupants de la pièce et en faisant jurer quelques-uns.
Cela prit un moment à Sirius pour réaliser que l'une des personnes jurant n'était absolument pas dans la pièce auparavant.
Où le vortex était apparut un jeune homme se tenait, criant des jurons qui auraient fait rougir l'Auror le plus endurcit.
— Surveillez votre langue jeune homme, sermonna Molly Weasley automatiquement.
Il s'arrêta et la regarda incrédule une seconde. Puis, son incrédulité se transforma en pur choc.
D'un pouce peut-être plus court que James, l'étranger avait les cheveux en pagaille qui tombaient au niveau de ses épaules et des yeux verts clairs cachés par une longue franche.
Dans la vingtaine, pas plus âgé que vingt-cinq ans, évalua Sirius.
Il portait des vêtements moldus, pourtant la baguette fermement tenue dans sa main signifiait clairement qu'il était un sorcier.
Sirius put pratiquement voir le moment où le gamin revint de son état de choc. Ses yeux se durcirent, son visage perdit rapidement toute expression et sa posture se transforma en quelque chose de beaucoup plus défensif. L'emprise sur sa baguette s'ajusta. Sirius sentit une légère impulsion de magie, un sort qu'il reconnut comme un de ses propres trucs d'Auror. Situer tout le monde dans la pièce sans avoir à se retourner.
Dû à la façon dont il était apparut le gamin était entouré. Un rapide calcul indiqua à Sirius que le jeune homme pouvait le voir, ainsi que Molly, Arthur, Maugrey et peut-être Rogue si sa vision périphérique était bonne.
— Lâche ta baguette, commanda Maugrey.
— Il n'y a pas moyen que je laisse tomber ma seule défense, répondit calmement une voix de ténor.
— Tu es encerclé, mon garçon, répliqua Maugrey. Tu n'as pas d'autre choix.
— Quel est votre nom, jeune homme ? demanda Albus abruptement, s'étant déplacé pour être dans le champ de vision de l'étranger.
La reconnaissance ainsi que quelque chose d'indéfinissable apparut dans les yeux verts de l'étranger.
— Harry, il répondit rapidement. Et vous êtes Albus Dumbledore.
— Je le suis, dit Dumbledore même si ce n'était pas une question.
— Prouvez-le !
Sirius aurait presque ri à cette déclaration. Qui demandait une preuve de l'identité de Dumbledore? Et comment le gamin allait-il faire la différence? Albus caressa sa barbe en réfléchissant :
— J'avoue que je ne suis pas totalement certain de savoir comment le faire. Beaucoup de ce que vous devez savoir est du domaine public.
Harry sembla le considérer.
— Vous avez un frère. Quel est son nom?
Sirius fut plutôt impressionné. Peu de personnes connaissaient cette information.
— Alberforth, répondit Albus, de la curiosité brillant dans ses yeux.
Harry acquiesça.
— Et votre sœur?
Une sœur? Quelle sœur? Sirius vit brièvement le choc sur le visage de Dumbledore avant que ses traits redeviennent neutres.
— Ariana, vint doucement la réponse.
Le changement d'expression se fit presque aussi instantanément que la dernière fois. Harry baissa sa baguette et l'offrit à Dumbledore.
— Désolé, il murmura tandis qu'Albus prenait sa baguette. Je devais être sûr.
— Ce n'est pas grave, jeune homme, votre prudence est admirable. Cependant, je serais curieux de savoir comment vous avez eu ces informations sur ma famille.
— Je suis bien plus intéressé de savoir où je me trouve, et là quelque chose changea dans l'expression de Harry. Ou bien à quelle date nous sommes.
— Nous sommes le 31 juillet, 2002, répondit Sirius.
Harry le regarda un moment. Puis, une grimace apparut sur son visage.
— Voilà qui ajoute de la crédibilité à la théorie du voyage dans le temps et c'est toujours le 12 square Grimmaurd, ce qui veut dire que je n'ai pas exactement changé d'endroit.
Personne n'avait rien à ajouter à cela, surtout que Harry avait plutôt l'air de se parler à lui-même. Ses yeux verts firent le tour de la pièce notant les baguettes à moitié baissées (sauf dans le cas de Maugrey ) et les regards suspicieux.
— Ça vous dérange si je m'assois ? demanda Harry directement à Maugrey.
Ce fut Albus qui répondit :
— Allez-y, Harry c'est ça ?
—Il y a un nom pour aller avec votre prénom ? questionna Maugrey pendant qu'Harry prenait un siège dans le coin de la pièce.
Sirius nota qu'il avait pris un siège où il pouvait garder un œil sur tout le monde et qu'en dépit du ton de sa voix, il était encore extrêmement tendu.
— Aucun que je suis prêt à partager tout de suite.
Maugrey renifla, un demi-sourire sur ses lèvres.
— Finalement, je rencontre quelqu'un qui est vigilant et il s'avère que cette personne est celle dont nous avons besoin de soutirer des informations.
Harry sourit à cette réalité.
— J'ai appris du meilleur.
C'était officiel. Ce gamin était plus qu'étrange.
Non que ce soit vraiment un gamin, mais il était assez jeune pour que Sirius ne puisse arrêter de penser à lui comme tel.
— Quel âge as-tu? questionna doucement Lily.
Le jeune homme les regarda encore comme s'il ne croyait pas à leur existence.
— Vingt-deux ans, il murmura finalement.
— Peut-être que quelques introductions sont dues? dit Dumbledore en faisant un geste pour que tout le monde baisse leur baguette.
Seul Minerva, Arthur et Molly le firent.
— Il serait peut-être prudent de regarder s'il a la marque des ténèbres, raisonna Rogue.
Harry regarda Rogue et lança cette remarque.
— Vous croyez que je suis un mangemort, monsieur ?
Il y avait tant d'ironie dans sa voix que Rogue souleva un sourcil. Harry secoua sa tête lentement, une étincelle d'humour brillant dans ses yeux. Puis, avec un air si détendu qu'il devait être faux, il remonta ses manches.
— Au moins, vous n'êtes pas un membre officiel des mangemorts, dit
Maugrey. Aucune magie ne peut cacher la marque.
— Non que cela prouve quelque chose, dit James. Beaucoup de partisans de vous-savez-qui n'ont pas la marque.
— Attendez, vous voulez dire que Voldemort est vivant? exigea durement Harry en ignorant le frisson qu'avaient les gens à ce nom.
— Il est de retour depuis un an, gamin, répondit Frank.
C'était autour de Sirius de regarder. Sous quelle roche ce gamin avait vécu? Et quel jeune homme de vingt-deux ans est prêt à dire ce nom?
— Il est mort depuis quatre ans, cria Harry. J'étais là.
Sirius réfléchit à cette déclaration. Il échangea ensuite un regard incertain avec James et joua avec l'idée que leur invité inattendu avait perdu la tête.
— Mort, vous dites? Apparemment, Dumbledore avait d'autres théories. Cela est peut-être présomptueux, mais pouvez-vous nommer les personnes ici présentes?
Harry le regarda comme s'il avait trois têtes.
— Le paranoïaque ici c'est Alastor Maugrey dit « Fol-œil », l'irritable arrogant là-bas c'est le professeur Rogue, ignorant la protestation de celui-ci, il fit un geste dans la direction des Longdubat, je suis presque sûr que ces deux-là sont Frank et Alice Longdubat, mais la dernière fois que je les ai vus, ils étaient à Ste- Mangouste donc je n'en suis pas certain. Le professeur McGonagall est celle qui me lance un regard meurtrier.
Le regard de Harry changea de direction vers les Weasley et ses traits s'adoucirent.
— Vous êtes Arthur et Molly Weasley, il s'interrompit apparemment réticent à aller plus loin.
— Et les trois autres? demanda Dumbledore.
— James et Lily Potter, répondit Harry avec quelque chose de presque nostalgique dans la voix.
Sirius sursauta presque quand les yeux vert flamboyant vinrent rencontrer les siens. Il y avait beaucoup d'émotion dans ses yeux, beaucoup trop pour les comprendre.
— Et Sirius Black.
Maugrey resta impassible.
— Et alors, il connaît nos noms. Nous ne sommes pas exactement des gens inconnues!
— Où est Remus? demanda Harry interrompant le flot de pensées de Maugrey. Compte tenu du groupe rassemblé ici, on aurait pu croire qu'il serait présent.
C'est Minerva qui reprit sa constance la plus rapidement.
— M. Lupin n'est pas disponible, M… Harry. Albus, à quoi vous pensez?
— Je crois que Harry vient d'une autre dimension.
Harry se leva et fit les cent pas pendant un moment avant de commencer à rire.
— Hé bien, c'est une explication.
— Vous le prenez plutôt calmement, nota Alice. L'inquiétude creusant des rides au bord de ses yeux.
— Calme? répondit Harry. Non, je ne suis pas calme, je suis en train d'halluciner. Je suis ivre ou je souffre de quelques mauvais sorts ou potion. Merde, peut-être que je suis mort. Ou peut-être ma santé mental s'est brisé comme Malefoy a toujours dit qu'elle ferait.
Sa voix se fit plus hystérique.
— J'ai une discussion à propos d'autres dimensions avec des personnes mortes. Non je suis loin d'être calme.
Certains des objets mis en vrac dans la maison commencèrent à s'élever dans les airs.
Sirius fit un pas à reculons en combattant l'envie de courir le plus loin possible. Il avait le pressentiment que peu importe d'où Harry venait, il était plus que dangereux.
— Voldemort vivant, vous dites? Super! Un scénario sorti tout droit de mes foutu cauchemars!
— Harry, dit Albus avec urgence. Tandis que les vêtements et les cheveux de Harry se mettaient à bouger sous un vent invisible. Vous avez besoin de reprendre votre contrôle.
Sirius regarda avec une fascination horrifiée la magie autour de Harry devenir visible dans un scintillement d'aura de couleur. Il va tous nous faire exploser.
Maugrey pensa apparemment la même chose.
— Stupéfix cria-t-il désespérément.
Harry s'évanouit et sa magie aussi.
Sirius sursauta au bruit que firent les objets tombant sur les meubles et sur le sol.
— Eh ! bien, dit Albus, cela aurait pu mieux se passer.
