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La vie est un théâtre

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La vie est un théâtre

Chapitre 1 : Repas chez les filles et premier tourment

Dans sa Jeep alors qu'il est en route pour la maison de Lindsay, Brian se demande pour quelles obscures raisons, les filles l'ont invité à diner sachant que ni Michael ni Emmett et encore moins Ted ne l'ont été. Cela n'est encore jamais arrivé qu'il aille chez elles sans le reste du groupe. Lindsay a bien trop peur d'assister à la troisième guerre mondiale si sa compagne et son meilleur ami se retrouvent seuls dans la même pièce.

Mélanie le déteste et à horreur de passer plus d'une seconde dans la même pièce que lui... Il avoue que lui aussi ne supporte pas cette femme mais c'est parce que celle-ci ne l'aime pas et n'essaie pas de le cacher qu'il ne l'apprécie pas du tout. Il faut dire qu'il n'a pas l'habitude d'être haïs sans avoir fait quelque chose de mal. Encore s'il avait causé du tort à la jeune femme, il comprendrait ses raisons de ne pas l'apprécié mais ce n'est pas le cas.

Depuis le premier jour, cette dernière le regarde comme s'il était le Diable personnifié. Le brun sait très bien qu'il n'est pas un ange mais quand même ! Il n'a jamais tué personne, bien qu'il connait deux, trois individus qui auraient mérité qu'il se penche dessus... Il n'a même pas torturé un bébé lapin ou un petit chiot de toute sa vie. Pour lui, faire du mal à un animal ou un enfant sont les pires crimes qui existent.

Comment des gens peuvent-ils oser blesser des êtres sans défense et qui ne font de mal à personne ? C'est une bonne question mais ce n'est pas celle qui intéresse Brian pour le moment. De toute façon, il a souvent réfléchi à une réponse pour cette question simple mais il n'a jamais trouvé une qui lui convienne vu que toutes les hypothèses qu'il fait ne sont guère satisfaisante à ses yeux.

En revenant à ses moutons, l'homme se blâme mentalement pour avoir accepter l'invitation. Il est sûr qu'il aurait pu trouver une autre excuse, plus satisfaisante que celle qui l'a donné et qui n'a pas convaincu les deux femmes. Bon, il concède que dire que s'il manque une soirée au Babylone, il risque de faire manquer à de nombreux pédés la meilleure baise de leur vie, n'est pas la meilleure idée qu'il ai eu.

Pourquoi n'a-t-il pas plutôt utilisé son travail comme excuse du genre : « Mes employés ont foiré un compte, je dois rester au bureau pour réparer les dégâts », surtout qu'à part Ted, personne n'aurait su la vérité et il sait très bien que ce dernier n'aurait pas oser dévoiler son mensonge, il tient trop à son travail et aux chèques qu'il reçoit.

Tant pis, il est trop tard pour trouver les raisons de son moment de faiblesse, il vient d'arriver devant la maison des Munchers comme il aime les appeler. D'ailleurs, peut-être que c'est le moment, pour lui, de mettre les points sur les I. Dernièrement, il a entendu quelques petites histoires qui ne lui ont guère plu et il aimerait bien avoir quelques petites explications de la part des concernés. Il pense qu'il est assez honnête et patient avec tout le monde pour qu'il reçoive les mêmes égards.

Avec habilité, il gare son véhicule dans une place en créneau puis coupe le contact et se détache. Il prend quelques secondes pour se détendre et tenter de chasser toutes ses pensées négatives. Lorsqu'il est certain qu'il ne va pas sauter à la gorge de Mélanie quand il la voit, il récupère la bouteille poser sur le siège passager. En quittant la chaleur confortable de l'habitacle de métal, le brun se fait la promesse mentale de ne pas évoquer ce qui le tourmente si la soirée se déroule sans heurte et tranquillement, il s'avance vers la maison. Alors qu'il commence à monter les marche qui mène au perron la porte s'ouvre en grand dévoilant une Lindsay impatiente.

Le sourire qu'elle a collé sur son visage effraye silencieusement Brian qui grimace intérieurement. Il sent bien qu'il y a anguille sous roches et se demande dans quel piège il vient de tomber. Cependant, il ne préfère pas faire de remous pour l'instant alors qu'il n'est même pas à l'intérieur et embrasse amicalement la blonde qui sautille sur place.

- Je suis tellement contente que tu es pu venir ! S'exclame-t-elle joyeusement. J'ai cuisiné un poulet rôti aux herbes avec des potatoes grillé au four. Je suis sûr que l'on va se régaler !

- J'en suis persuadé Lindsay. Tiens ! J'ai apporter du pinot noir comme c'est un vin qui va avec de nombreux plats, déclare Brian en tendant la bouteille en verre.

- Merci Bri ! Tu n'étais pas obligé d'amener quoique ce soit, répond la jeune femme un peu trop enthousiasme au goût du brun tout en récupérant le présent.

- Si tu le dis, marmonne l'homme regardant la décoration autour de lui.

Il a beau venir au moins une fois tous les mois en compagnie du reste du groupe, il n'arrive toujours pas à s'habituer avec la décoration de l'habitation. Ce n'est pas parce que c'est trop féminin même si c'est le cas, mais c'est parce que c'est beaucoup trop chargé, un peu comme chez Debbie.

Il y a des cadres de photos de familles accrochés un peu partout et de façon aléatoire sur les parois recouverte d'un papier peint fleuris d'un verdâtre assez douteux, des bibelots inutiles en train de prendre la poussière sur des meubles anciens en bois ou nouveaux colorés, quelques petites sculptures difformes aux allures de monstres et encore plein d'autres choses, ce qui fait qu'il ne sait jamais où poser les yeux pour ne pas regarder un truc moche.

- Où est le tyran ? Demande-t-il en suivant la femme dans la salle à manger où trois couverts sont déjà dressés sur la longue table en bois massif.

- Brian ! S'insurge la femme en donnant une tape sur le bras de son ami avant de répondre qu'elle est dans leur chambre. Elle est en train de se changer. Elle n'est rentré que depuis une demie-heure du travail et elle m'a aidé avec le dessert avant d'aller prendre une douche. Elle ne va pas tarder à arriver.

- Passionnant, marmonne dans sa barbe son interlocuteur peu intéressé par la vie de Mélanie.

La jeune femme fait semblant de ne pas l'entendre, lui proposant d'ouvrir la bouteille afin que le liquide bordeaux aère un peu et relâche tous ses arômes avant qu'ils ne la boivent. Brian accepte et prend le tire-bouchon posé sur la table mise ainsi que la bouteille. D'un geste habile, il la débouchonne et verse le vin dans la carafe que Lindsay a sorti pendant la manipulation.

- Tu peux déjà t'asseoir Bri, si tu veux, propose la femme après avoir rangé le tire-bouchon dans le tiroir du buffet derrière la table.

- Cela ne me dérange pas d'attendre qu'apparaisse ton autre moitié. Peut-être que je peux t'aider à quelque chose, dit Brian en posant la main sur l'un des dossier des chaises près de lui.

- Oh non, ne t'inquiète pas ! Tout est déjà prêt, il n'y a plus qu'à servir dans les assiettes. Mel, m'aideras pour ça, déclare la blonde, toujours un immense sourire sur le visage. Tu veux peut-être boire quelque chose ? J'ai du Bean, de la bière ou...

- Un verre de Bean me va très bien, coupe poliment Brian pour éviter d'entendre la longue liste de boisson qu'il sent que Lindsay s'apprête à énoncer.

La blonde se contente d'hocher la tête pour montrer qu'elle a bien entendu avant d'aller ouvrir la porte de l'un des meubles de la pièce qui sert de rangement pour les apéritifs. Elle sort le fameux alcool, récupère un verre et dépose le tout sur la table. Tranquillement, elle sert son ami qui la remercie en prenant la boisson. Ce dernier attend que la femme soit retourné dans le bar, pris ce qu'elle et se soit servie avant d'avaler une gorgée de l'une de ses drogues préférées. La brûlure familière qu'il ressent dans sa gorge lorsque le liquide coule dans son œsophage le fait sourire intérieurement. C'est vraiment le meilleur alcool du monde, pense-t-il en reposant le verre à moitié vide sur la table.

Deux minutes plus tard, alors que les deux amis de longues dates sont en train d'échanger des banalités, Mel descend et vient les rejoindre.

- Bonsoir Brian, salut-elle d'une voix anormalement sympathique. Heureuse que tu ai pu venir.

A l'entente de cette phrase, l'homme se sent mal à l'aise et son instinct lui dit de fuir à toutes jambes ou sinon, il risque de subir la suite en silence. Il est désormais convaincu qu'il est tombé dans un traquenard. Cependant, il voit bien qu'il ne peut pas s'échapper au risque de se mettre à dos tout son groupe d'amis. Il ne se fait pas d'illusion, s'il se comporte mal ce soir, demain matin, Debbie va lui faire la morale pendant que Michael pleurniche derrière lui. Prenant sur lui, avec un sourire poli, il remercie l'autre femme de l'invitation. Celle-ci lui offre un sourire étrange avant de déclarer que Lindsay et lui peuvent déjà s'asseoir. Elle va chercher les plats.

- Tu ne veux pas de mon aide ? Demande sa compagne en la regardant tourner doucement les talons.

- Non, chérie. Reste avec Brian. Je n'en ai pas pour longtemps et il y a pas grand chose à prendre, déclare la femme brune en quittant la pièce sous le regard remplie de tendresse de Lindsay.

- Asseyons-nous ! Proclame cette dernière en redonnant son attention au seul homme de la pièce.

Celui-ci s'exécute en silence tout en regardant la blonde faire de même à ses côtés essayant de savoir ce qu'elle lui prépare. Mais sans grande surprise, il ne voit rien de spécial dans ses gestes ou dans son regard qui l'aide et lui apporte une quelconque idée. Il se contente alors d'écouter son amie babiller à propos d'un concours d'art réserver aux lycéens qui est en train d'être préparer. Le gagnant recevra un chèque d'un montant de 2500 dollars, des affaires de dessins et de peinture et surtout, la chance de voir cinq de ses œuvres exposées à la galerie Bloom pendant un an, voire de les vendre.

En entendant les lots proposés, il comprend que l'événement est sponsorisé par différents organismes. Cela l'intéresse immédiatement, lui donnant une superbe idée. Il demande à Lindsay si les organisateurs du concours ont déjà choisi une agence pour qu'elle s'occupe de toute la publicité autour de celui-ci. La femme répond par la négatif, déclarant qu'ils ont prévue de le faire par eux-mêmes car cela coûtait beaucoup trop cher.

- Donne moi le numéro de la personne qui s'occupe des partenariats et celui du chef de projet, s'il-te-plait, demande le brun avec intérêt. Je peux proposer de m'occuper de toute la publicité à titre gratuit...

- Oh ! Ça serait génial Bri ! S'exclame la femme coupant ainsi le brun avant de s'empresser de sortir son portable.

Comme si de rien n'était et qu'il n'avait pas été interrompu, Brian termine tranquillement ses explications.

- Mais je dois d'abord savoir si cela sera bénéfique pour mon entreprise. Le but pour moi est non seulement de me faire connaître un peu plus mais cela reste surtout de pouvoir gagner de nouveaux comptes. Je dois savoir, si ce n'est que des lycéens boutonneux qui verront mes publicités ou si d'autres organismes, entreprises ou encore institutions pourront les voir, expose le brun d'un ton terriblement professionnel pour éviter que son amie ne s'emballe un peu trop et commence à promettre à tout va son aide.

- Bien sûr Bri, je comprend tout à fait, s'enthousiaste-t-elle en rangeant son téléphone qu'elle avait sortie pendant la tirade de son invité. Je viens de t'envoyer les deux fiches contacts.

- Promets-moi de ne parler à personne de cela avant que je ne leur ai parlé. Je ne veux pas que Vance ai vent de cela et essaye d'empiéter sur mes plates bandes, préviens le directeur de Kinnetik, un air grave sur le visage.

La jeune femme acquiesce sans broncher tandis que Mélanie rentre de nouveau dans la salle, les mains chargés. Avec l'une d'elle, elle tient un lourd plat contenant un poulet à la peau bien dorée et croustillante déjà découpé en morceaux et trempant dans une sauce aromatisé aux romarins où baigne des bouts d'ail et des oignons grelots. De l'autre, elle porte un saladier recouvert remplit de potatoes saupoudrés d'un peu de piment d'Espelette et d'autres épices goûteuses.

Elle pose les deux plats sur la table et repart d'un pas rapide en lançant d'un ton détendu qu'elle va chercher la salade verte ainsi qu'une carafe d'eau fraiche. Sa compagne n'attend pas qu'elle revienne pour commencer à servir. Elle dépose un gros morceau de blanc dans l'assiette de Brian sachant qu'il n'a pas la patience de se battre avec un quelconque bout d'os. Elle verse une petite cuillère de jus dessus et met une petite quantité d'oignon et d'ail bien cuit. Puis, elle ajoute une bonne cuillerée de pomme de terre.

En observant Lindsay le servir, l'homme ne peut s'empêcher de s'étonner de voir qu'elle semble bien connaître ses goûts. Il la remercie lorsqu'il récupère son assiette et la regarde servir sa partenaire qui est en train de revenir. Celle-ci met le saladier remplit d'une salade composée avec des grains de maïs, un peu de flageolets et quelques morceaux de tomates sur la table et en propose à Brian qui décline poliment. Il préfère manger la salade en dernier, n'étant déjà pas très sûr de finir ce qui lui a déjà été servi. Il faut dire qu'il n'a pas l'habitude de manger autant le soir.

Une fois que tout le monde se trouve installé, les assiettes servis et les verres de vin remplis, Lindsay souhaite un bon appétit à aux deux autres convives puis ils entament leur repas. La blonde fait la conversation pendant la majorité du diner. Parlant des derniers artistes exposées dans la galerie où elle travaille. Parfois Brian ou Mélanie interrompt le long monologue de la femme, reconnaissant le nom d'un des artistes, pour parler de ce qu'ils pensent de leurs œuvres.

La soirée se passe dans une ambiance assez détendue et calme, Brian profitant du diner fait maison. Cela lui change de tous ses repas livrés ! Toutefois, il ne peut s'empêcher de grimacer mentalement en entendant le mot dessert. Il est vrai qu'il apprécie les gâteaux et autres douceurs mais il les évite comme la peste car il sait combien ils sont dangereux pour son poids. Il n'ose pas imaginer ce que va lui faire la part du tiramisu que Lindsay vient d'amener. Alors qu'elle s'apprête à lui servir une importante portion, il l'arrête.

- Je n'ai plus très faim, déclare-t-il en mentant comme un arracheur de dents. Une petite part sera déjà bien assez.

- Tu en es sûr, Bri ? Interroge la blonde, un peu surprise sachant combien il apprécie ce dessert italien.

- Oui, confirme-t-il d'une voix confiante. Au cas où si j'en veux un peu plus, je te le demanderais !

La femme concède et ne lui donne qu'un morceau de taille raisonnable. Elle donne une tranche importante à sa compagne avant de s'en servir une toute aussi belle. Ils n'attendent pas longtemps pour déguster le tiramisu, Brian et Mélanie ne tardant pas à complimenter Lindsay pour ce plat.

Alors que Brian a déjà mangé la moitié de sa portion, les deux femmes échangent un regard que le brun trouve étrange. Il comprend que le moment qu'il redoute depuis le début de la soirée vient d'arrivée. Ils vont commencer à aborder des choses qui vont sûrement pas lui plaire.

Vu la grimace d'inquiétude que fait sans s'en rendre compte la blonde, il est persuadé que le repas va vraiment mal se terminer. Il sent qu'il n'aura pas le choix et que lui aussi, il va devoir parler des choses qui le fâche.

Cependant, aucune des deux femmes ne semblent encore prête à prendre la parole, chacune lançant des regards désespérés à l'autre, espérant que l'autre prenne son courage à deux mains et commencent. Près de deux minutes s'écoulent dans un silence des plus pesant. Ne voulant pas qu'elles tournent des heures autour du port et commençant à s'impatienter, Brian finit par intervenir, brisant le calme avec sa délicatesse légendaire.

- Dites-moi maintenant ce que vous voulez me demander que je termine mon dessert en paix, lance-t-il en les regardant fixement.

Les deux femmes rougissent de gêne à cette interpellation. Mais aucune ne vient démentir ce qu'il vient de dire. Elles ont bien une proposition à lui faire. C'est Lindsay qui finit par prendre la parole étant donné que Brian est son ami.

- Mélanie et moi sommes prêt à fonder notre famille et... Nous voulons que tu sois le père de notre futur enfant, laisse-t-elle échapper d'une traite en baissant les yeux se préparant à la troisième guerre mondiale.

La bataille qu'elle s'attend à vivre depuis plusieurs jours maintenant ne vient pas. Elle qui a déjà préparé tous ses arguments, prévue de faire la femme effondré et prendre Brian par les sentiments se retrouve face à un homme qui ne va pas lui laisser le temps de lâcher ne serait ce qu'un seul mot entre deux de ses tirades.

De toute façon, il faut avoué que les deux femmes sont tellement stupéfaites devant le calme dont fait preuve leur ami pendant tout son monologue, qu'elles sont incapables de parler. Brian reste impassible, totalement maître de lui-même parlant avec confiance et conviction.

- Non. Non, il est absolument hors de question que je sois votre donneur de sperme, indique-t-il calmement. Je ne veux pas être père pour le moment et encore moins, être la banque de sperme pour un gamin que vous m'interdirez de voir si toutefois l'envie me prend de passer un peu de temps avec lui.

Il jette un coup d'oeil vers les deux filles et l'expression légèrement coupable qui traverse leurs visages lui prouvent qu'il a raison. Malgré tout, son cœur le serre un peu sachant qu'elles ont penser à le trahir ainsi. Il continue toutefois à parler sans perdre son calme.

- Je sais très bien que tout le monde me voit comme une simple vache à lait mais je dois commencer à fermer les robinets si je ne veux pas que vous finissiez tous par me ruiner. Depuis que j'ai ouvert Kinnetik, Michael et toi, Lindsay n'arrêtez pas de me demander un peu d'argent par-ci, un peu d'argent par-là, laisse-t-il tomber.

Mélanie se tourne vers Lindsay, un air un peu surpris sur le visage. Tient, il semble que madame l'avocate ne sait pas que sa compagne passe son temps à l'appeler pour lui demander de l'argent. Brian sourit intérieurement, ce soir, il sent que ces deux-là vont avoir une petite discussion entre quatre yeux. Mais pour l'instant à c'est à lui de mettre définitivement les choses à plat.

- Cela n'est pas un souci en soi puisque j'ai les moyens de vous aider et je ne suis pas du genre à laisser mes meilleurs amis dans le besoin. Ce qui me pose problème est que tandis que je vous renfloue par devant, vous m'enculer par derrière et pas dans le bon sens, dénonce-t-il toujours avec patience.

Il s'amuse un peu en voyant les expressions changer sans cesse sur les faces des deux femmes allant de la surprise, de l'énervement en passant par la culpabilité pour terminer par un faux air d'innocence.

- Ne faite pas comme si vous êtes des anges. Mélanie, tu passes ton temps à me dénigrer et ce, même au travail. Dommage pour toi, j'ai des clients qui emploient des avocats de ton cabinet et ces derniers ont la langue bien pendu afin de leur plaire, dit-il pas le moins du monde désolé de la gêne et de la honte qu'il provoque chez la femme. Et dire que tu es en train de demander à « un sale connard narcissique de première qui ne pense qu'à sa bite et à l'ego le plus gros jamais vu chez un pédé » de devenir le père de ton enfant ! Tu n'as pas peur qu'il hérite de mes gênes ?

A ses mots, Lindsay tourne la tête vers sa compagne pour vérifier si les dires de Brian sont vrais. A la tête qu'elle fait, elle comprend que c'est le cas. Alors qu'elle s'apprête à la rouspéter, le brun reprend la parole.

- Pas la peine de faire semblant de prendre mon côté, Lindsay. Tu n'es pas mieux qu'elle. Non, je dirais même que tu es pire. Au moins, Mélanie n'a jamais caché qu'elle me haït, alors que toi... Je vous ai clairement entendu, Michael et toi, la semaine dernière à son magasin discuter de ma petite personnes, annonce-t-il se délectant de la perte soudaine de couleur chez son amie. Je trouve Michael bien ingrat de me traiter de sale radin égoïste quand je lui ai prêté l'argent pour ouvrir sa boutique même si je doute que je puisse revoir mes cent trente mille dollars...

Les deux femmes hoquettent d'étonnement en entendant le montant si important énoncé par le beau brun. De ce qu'elles ont pu entendre de la part de Michael, le brun n'aurait donné bien moins de la moitié et que c'était pour cela qu'il a des difficultés à maintenir sa boutique ouverte.

En voyant leur trouble, Brian confirme la somme qu'il vient de dire. Il précise qu'il n'est même plus tourmenté par le fait que Michael mente à tout le monde sur l'aide qu'il lui a apporté car après tout, c'est « un gros connard de première qui passe son temps à martyrisé le pauvre petit Mickey ». Il ne s'arrête pas longtemps sur le cas de Michael voulant aller confronter une bonne fois pour toute l'homme d'ici la fin de la soirée sachant parfaitement que ce dernier se trouve soit au Babylone soit chez lui. Il s'intéresse de nouveau à son amie blonde pour en terminer le plus vite possible.

- Cependant, tu n'es pas non plus mieux que Michael puisque tu soutiens non seulement ses idées mais aussi tu passe beaucoup de temps à me rabaisser dès que j'ai le dos tourner, méprisant haut et fort mon style de vie, le condamnant sans cesse. Pourtant, c'est bien parce que j'ai ce style de vie que tu veux que je sois le père de ton enfant. Si pour une raison quelconque, un jour, je veux être présent dans la vie de cet enfant, tu me sortiras immédiatement la carte de tous mes excès et je ne pourrais voir l'enfant que dans tes conditions et en payant une certaine somme.

En regardant droit dans les yeux de Lindsay qui est désormais plus que livide, complètement décomposé, Brian assène son dernier coup.

- Tu ne pense quand même pas que je ne sais pas que tu as appelé mes assurances pour savoir les montants de mes assurances vies et qui sont les bénéficiaires ?

Il ne laisse pas de temps à la femme de répondre à sa question rhétorique continuant son réquisitoire toujours d'un ton calme comme s'il lit un article d'un journal quelconque sans grande importance.

- Je suis certain que tu allais m'obliger à signer un contrat d'assurance vie dont le bénéficiaire est le gamin et peut-être même, deux autres où cela serez vous les bénéficiaires car vous serez « les mamans ». Après avoir obtenu ma signature, vous aurez vécu dans le grand, que dis-je très grand espoir que je ne tarde pas trop à mourir des suites d'une soirée qui a mal tournée : accident de voiture, overdose ou pourquoi pas, assassiner par un de mes trucs mécontents de se faire rejeter afin que vous puissiez encaisser le pactole. Désolé pour vous, je ne serais pas le mouton dans l'histoire, déclare-t-il d'un ton ferme et mortellement sérieux. Je vous conseille de trouver un autre mouton, un autre « gros connard égoïste radin que l'on peut utilisé de bouc émissaire quand on le veut » car je refuse de passer une minute de plus avec de tels personnes.

Il s'essuie calmement la bouche, pose sa serviette sur la table et se lève avec élégance.

- Je vous remercie pour ce dernier repas avec vous. Je vous dit au revoir et à jamais si possible, termine-t-il froidement avant de sortir tranquillement de la pièce sous les regards pétrifiés des deux femmes.

Il parcourt en quelques pas le couloir qui mène la porte d'entrée et quitte la maison. D'un pas étonnamment calme alors que c'est l'ébullition sous son crâne, il s'approche de sa voiture, la déverrouille, ouvre la portière et s'installe derrière le volant avant de refermer la porte.

Il met la clé dans le contact mais ne démarre pas. Il se contente de poser ses mains sur son volant, les serrant autour plus que nécessaire et reste à regarder devant lui. Il n'arrive pas à réaliser ce qu'il vient d'oser faire : pour la première fois de sa vie, il a taper le poing sur la table. Il ne s'est pas tu comme il le fait d'habitude, laissant les autres le transformer en un bouc émissaire idéal. Il s'est non seulement défendu mais il attaqué, dénonçant à haute voix toutes les choses qu'on lui reproche sans cesse.

Brian a l'impression qu'un immense poids vient de quitter ses épaules. Il se sent vraiment plus léger ! Il constate avec une certaine joie qu'il peut faire entendre sa voix sans que le ciel lui tombe sur la tête, sans qu'il ne meurt foudroyer sur place.

C'est vrai qu'il vient de perdre deux amies mais tant pis. Il n'a plus l'âge et plus le temps de passer des heures à s'excuser pour des choses qui ne sont pas de sa faute. Il n'est plus ce gamin, maltraité en manque d'argent et d'amour près à tout pour plaire et recevoir un peu de tendresse quitte à être le souffre-douleur des autres. Maintenant, il est un homme réussi à la tête d'une grande entreprise de publicité et recevant les faveurs de presque tous les hommes qu'il rencontre. Il est certain qu'il peut se faire des amis fidèles qu'il l'aime pour ce qu'il est et non, pour ce qu'il donne.

Le brun en pensant à se faire de nouveaux amis, ne peut s'empêcher de réfléchir sur les amitiés qu'il a eu jusqu'à maintenant et surtout, celles de Mélanie et Lindsay. Il arrive à une bien triste mais honnête conclusion : elles n'ont jamais été vraiment son ami.

Un véritable ami est une personne qui n'attend rien de toi à part que sois toi-même, t'acceptant comme tu es avec tes qualités et tes défauts et étant présent aussi bien dans les bons moments que dans les pires instants. Un meilleur ami est une personne qui sera prêt à mourir à ta place comme toi, tu le ferais pour lui. Un vrai ami est une personne que tu peux appeler à toute heure du jour et de la nuit, pour non seulement demander de l'aide pour cacher un corps au fin fond de la forêt mais pour qu'il vienne tenir la personne que tu as l'envie de tuer pour te faciliter la tâche quitte à donner lui aussi des coups. Un meilleur ami est celui qui va, après face au policier, mentir pour te protéger, nier ton implication dans le meurtre quitte à risque de faire de la prison à ta place. Un meilleur ami est la personne sur qui tu dois pouvoir toujours compter, celui qui, quand tu dis que tu vas sauter va se placer à tes côtés de toi, sourire et se préparer à sauter avec toi.

Brian est désormais certain que Lindsay n'est pas sa meilleure ami. elle n'est même pas une amie. Elle doit plutôt être qualifié de copine ou de très bonne connaissance. Il faut dire qu'elle n'a jamais accepté son homosexualité alors que c'est l'une des choses essentielles qui fait partie de lui, ancré dans ses gènes comme le fait qu'il a les yeux bruns dorés ou qu'il soit un homme.

Dans une idée faussée de « la relation parfaite », elle s'imagine qu'il est son homme idéal et ce, depuis le lycée. Elle espère depuis plus d'une décennie maintenant, qu'il retourne soudainement sa veste et qu'il lui déclare sa flamme, lui promettant son amour éternel tout en tendant sur un plateau d'argent son cœur. Mais cela n'arrivera jamais, Brian ne fera jamais d'elle madame Kinney ! Il préfère se pendre que de vendre son âme au Diable car oui, épouser une femme pour lui, serait pire que l'Enfer lui-même, contre sa nature même.

Le fait qu'il aime les hommes n'est malheureusement pas la seule chose qui dérange son amie de lycée. La blonde trouve son style de vie horrifiant et plus que dégoûtant. Elle ne supporte pas le comportement qu'il a presque chaque soir, ne comprenant pas pourquoi il refuse de se poser et d'avoir une relation tranquille avec une seule personne.

Autre chose qui exaspère la jeune femme chez Brian, est son franc parler. Le brun admet facilement qu'il n'est pas du genre à tourner pendant des heures autour du pot ou de caresser les gens dans le sens des poils. Il est douloureusement honnête, ce qui lui faut d'être mal vue par ceux qui se retrouvent à concerner par ses paroles. Il faut dire que la vérité n'est pas toujours très agréable à entendre. Mais c'est pour cela qu'il réussi si bien en affaire, sa franchise l'aide à gagner la confiance des clients. Ces derniers savent qu'ils peuvent compter sur son honnêteté !

Brian ne perd pas de temps sur le cas de Mélanie. Elle le déteste depuis qu'elle l'a vue la première fois. Il se doute bien qu'elle n'avait pas de vraie raison pour un tel ressentiment. Mais bon, il y a toujours des gens que nous rencontrons et que nous méprisons immédiatement sans savoir vraiment d'où provient cette animosité. Au moins, comme il l'a dit plutôt, elle n'a jamais caché sa haine envers lui.

Le brun ne peut pas éviter de penser à propos de sa relation avec Michael, surtout qu'il va aller discuter avec lui une fois qu'il se sentira prêt à démarrer. Il ne lui faut pas plus d'une seconde pour conclure que contrairement à ce que ne cesse de dire, de répéter et de clamer haut et fort le passionnée de bande dessinée, n'est pas son meilleur ami et ne se comporte absolument pas comme telle. D'ailleurs, Michael ne se comporte à peine comme un ami avec Brian et ce dernier ne peut plus se voiler la face maintenant qu'il a ouvert la boite de Pandore.

Un tiers du temps, le directeur de Kinnetik se transforme en un simple banquier travaillant pour la Banque Kinney qui, elle, doit s'acquitter constamment du loyer de l'appartement, du magasin ainsi que des factures pharamineuses des joujoux que ne cesse d'acheter son soi-disant « meilleur ami » non par pour sa boutique mais pour sa collection personnelle car ce dernier est incapable de se gérer lui-même.

Pendant le second tiers, Brian se transforme en l'homme qui va faire gagner quelques points de popularité à Michael et peut être lui permettre de baiser quelqu'un au Woody's ou au Babylone. Il n'y a aucune illusion à se faire à ce propos. Le brun sait très bien que si Michael aime autant sortir, c'est parce qu'il aime montrer aux autres hommes qu'il est « le meilleur ami » de l'étalon de Pittsburgh et qu'il peut le voir tous les jours contrairement au reste du monde.

Dans le dernier tiers, Brian devient le bouc émissaire de tous les malheurs du « pauvre Michael » qui va toutes les cinq secondes, comme le ferait un gamin en bas âge dans la cour de l'école, courir dans les jupes de sa mètre se plaindre du « méchant, vilain Brian » et des autres hommes qui l'entourent. Ce dernier ne cesse de se comporter en mari jaloux ou bafoué ! Toujours à pleurnicher sur le fait que le brun couche à droite à gauche.

Maintenant qu'il y pense, l'habitude de Michael d'aller voir Debbie est plus que pitoyable. A presque trente ans, compter autant sur sa mère pour régler ses petits problèmes sentimentaux est assez pathétique. Il ne faut pas s'étonner qu'il soit encore célibataire ! Un homme qui va demander à sa mère de le défendre et d'aller disputer tous ceux qui sont méchant avec lui ne donne pas envie au contraire, il effraie. Michael renvoie l'image d'un gamin coincé dans le corps d'un homme dont il faut s'occuper et surveiller sans cesse. Le fait qu'il soit autant passionnée par les bandes dessinés et les super-héros n'aident pas du tout, pire, ils donnent de l'ampleur au problème. Qui voudrait un homme qui a le comportement d'un enfant de cinq ans, des activités d'un enfant de sept ans avec une mère sur-protectrice qui aime se mêler de ce qui ne la regarde pas ? Personne. Tout homme avec un peu d'intelligence préférera avoir un animal de compagnie ou même un vrai enfant que Michael chez soi ! C'est bien trop de souci !

Et surtout, qui voudrait être avec un homme qui ne les aimera jamais, éperdument amoureux de son soi-disant meilleur ami ? Personne. Or, c'est ce qu'est Michael. Il veut que Brian soit bien plus que son meilleur ami et le brun le sait très bien. C'est pour cela que le fils Novotny se comporte comme une petite amie jalouse à chaque fois qu'il se trouve avec un autre homme. Tout comme Lindsay, il ne veut pas comprendre qu'il n'a aucune chance avec Brian.

Bien qu'il soit un homme, Michael n'est pas du tout le genre de Brian outre le fait que jusqu'à maintenant, ce dernier le considérait comme son meilleur ami. Malgré tout, quand il dit qu'il ne couche pas avec ses amis, Brian dit la vérité ! Jamais, il ne baiserait avec l'un d'eux que ce soit Ted ou Michael. Cela n'apporterait rien de bon et Brian en a parfaitement conscience.

Il est temps, une bonne fois pour toute d'enfoncer dans le crâne de Michael l'idée que jamais, il ne sera son petit ami, encore moins son mari. Il est aussi l'heure pour le brun pour Brian se sent enfin prêt à remettre de l'ordre dans sa vie et tant pis, s'il perd tout ses proches dans ce grand ménage de printemps. Au moins, sa vie sera beaucoup plus claire et propre pour qu'il puisse comprendre ce qu'il désire vraiment au fond de lui.

Sûr de lui et prêt à en découdre avec son soi-disant ami, le brun démarre en trombe et se dirige vers Babylone à toute allure. Il veut mettre fin à tout cela avant minuit !

Bientôt la suite...