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Presque parfait

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Titre : Presque parfait (1)
Auteur : ylg/malurette
Base : FullMetal Alchemist, 1er anime
Couple : Roy Mustang/Riza Hawkeye
Genre : amour/un peu de fétichisme
Gradation : PG / K+
Disclaimer : propriété d’Arakawa Hiromu, de Square Enix et du studio Bones, je ne cherche pas à me faire de sous avec.

Continuité/Spoil éventuel : post 1ère série animée, épisodes 50-51.
Notes : Ok, bon, quand j’ai écrit cela je ne savais pas encore que dans le manga, on voit effectivement un bref aperçu de la période où Riza laisse pousser ses cheveux et c’est légèrement différent de ce que j’avais imaginé. On va dire que tant pis, c’est pas si grave !
Prompt : les cheveux de Riza détachés
Nombre de mots : ~950

"Roy contemple les cheveux de Riza."

Au début, Roy crut qu’il était mort et s’étonna d’en être conscient. Il n’avait jamais cru à l’après-vie, toujours pensé que les anges et le paradis, c’était du pipeau. Il se gifla mentalement quand enfin, il reconnut les yeux brun clair aux reflets sanguins, sous la frange blonde.

« Un ange, » vraiment... Quelle andouille, se tança-t-il lui-même. Il côtoyait Riza Hawkeye depuis des années, et jamais ne lui était venue une idée pareille… jusque là.

Ils échangèrent des banalités – si tant est qu’on puisse appeler banalités une conversation dans de telles circonstances - dont il se serait bien passé à ce moment-là –heureuse de vous voir réveillé Colonel – combien de temps, ce qu’il était advenu de son combat, et des nouvelles des autres etc etc.

Et il fit marcher le peu de cerveau qui lui restait, dans cet état, à se demander, était-ce vrai qu’il réduisait une femme à sa seule apparence, sans penser à tout ce qu’il y a derrière, pour n’avoir jamais remarqué jusqu’ici à quel point son lieutenant était belle ?

Peut-être, peut-être, qu’elle faisait justement exprès d’être soldat avant de paraître femme, pour être appréciée à sa juste valeur, et non pas jugée comme une poupée ? pour cela au moins, pas de souci. Mustang savait ce qu’elle vaut, et elle avait toute sa confiance. Elle comptait parmi ses meilleurs hommes, était peut-être même la meilleure de tous.

Depuis des années qu’il la côtoyait… en suivant la lumière qui jouait dans ses cheveux détachés, dans le drapé doré – Mustang, qu’est-ce que c’est que ces clichés à la noix ! - il remonta le fil de ces années.

Il se souvenait du jeune officier aux cheveux courts de garçon manqué, qui en remontrait à tous les hommes en matière de tir, et qui aurait planté son flingue entre les deux yeux du malheureux qui aurait eu le malheur de jouer les machos devant une simple femme. Avec un sourire froid, elle aurait rappelé au contrevenant que les relations entre soldats sont rigoureusement interdites, et qu’il ne voudrait sûrement pas passer en cour martiale pour harcèlement sexuel.

Mustang fronça les sourcils. Aurait-elle vraiment fait cela, ou n’était-ce qu’un produit de son imagination ? il n’était plus sûr de rien. Il avait l’impression d’avoir oublié cette époque, quand Riza Hawkeye avait les cheveux coupés à la garçonne, avant qu’on ne les envoie à Eastern.

Ce dont il était sûr, c’est qu’après sa promotion, elle avait décidé de laisser repousser ses cheveux. Elle les coupait toujours avant qu’ils n’aient le temps de paraître juste un millimètre trop longs, scrupuleusement. Quelques semaines après leur installation au QG Est, il s’était trouvé un matin à se demander s’il avait des hallucinations, ou si les cheveux de son si soigné premier lieutenant n’avaient pas deux millimètres de longueur en trop par rapport à d’habitude. Deux millimètres, ce n’est pas grand chose ; comme il n’était pas sûr, il n’a pas fait la moindre réflexion.

Le lendemain, Riza Hawkeye portait un bandeau. Simple et noir et pourtant indubitablement féminin. L’accessoire maintenait en place ses mèches courtes de manière irréprochable. Mustang se rappelait nettement avoir eu l’envie secrète de le lui enlever et d’y passer la main, juste pour voir ce que ça ferait, de toucher des cheveux de femme coupés si court. Au lieu de cela, il s’était empressé d’aller courtiser une jeune fille bien sous tous rapports avec une tresse brune interminable.

Encore quelques semaines, peut-être une couple de mois, et Riza Hawkeye avait abandonné son bandeau, portant désormais une queue-de-cheval, si courte soit-elle… dès qu’elle avait pu tirer assez de longueur pour la serrer dans un élastique.

Il s’était pris à regretter le bandeau. La queue-de-cheval lui semblait bien trop stricte.

Puis, il avait constaté sur le terrain, que l’action jouait des tours à sa coiffure sérieuse. Au moindre mouvement, les mèches trop courtes s’échappaient de son élastique et venaient danser autour de son visage. Elle les remettait en place derrière ses oreilles d’un geste rageur.

Il observait son manège en rêvant de lui arracher purement et simplement cet élastique pour voir ses cheveux retomber devant ses joues. Secrètement.

Et, petit à petit, les cheveux de Riza Hawkeye avaient poussé jusqu’à finir attachés par sa désormais célèbre barrette. Au fur et à mesure qu’il s’habituait à la vue du clip tenant son chignon, il finit par cesser de se demander ce qui se passerait s’il pouvait le lui ôter.

Aujourd’hui, c’était fait. La barrette défaite, les cheveux libres sur les épaules. Vraiment, elle était belle. Il aurait dû s’en réjouir, de la voir laisser tomber ses barrières pour lui, d’étaler sa féminité à sa vue.

Et pourtant, il éprouvait un soupçon de frustration. Il aurait voulu détacher lui-même les cheveux de sa belle. Qu’elle lui accorde le privilège de le laisser faire.

Cueillir sans effort les mille et une femmes folles de lui n’était en rien comparable au délice de faire éclore soi-même la femme cachée sous la carapace la plus dure.

- Mustang, attention, tu recommences à te servir le baratin mielleux que tu utilises d’habitude pour charmer les donzelles. Le soleil sur les cheveux de Hawkeye a dû faire fondre ton cerveau -

Un sourire lui échappa : Riza Hawkeye était fidèle à elle-même. Elle était forte et il doutait sérieusement qu’elle se transforme en fragile fleurette entre les bras d’un homme. Si un jour, il arrivait à la mettre dans son lit, nul doute que c’est elle qui mènerait l’affaire. Et que plus jamais il ne pourrait aller voir ailleurs.

Et ça ne serait peut-être pas plus mal, se dirait-il plus tard.

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Échanger toutes les femmes du monde contre Riza Hawkeye ; en avait-il vraiment envie ? en était-il seulement capable ? La réponse à ces questions, Roy ne l’avait pas encore. Même s’il espérait que ça soit « oui ».

Il n’avait qu’à tenter sa chance, après tout. Au point où il en était, après la rébellion lancée contre l’armée, le meurtre du Généralissime, il n’avait plus grand chose à perdre. Peut-être lui restait-il juste un quelque chose à gagner, qui ferait toute la différence, pour le reste.

Il ne s’en rappelait pas, bien sûr, mais peut-être que dans son coma, il avait croisé Maes, et que pour une fois, il aurait pris au sérieux les exhortations de son meilleur ami à se trouver une femme, pour de bon, la seule, l’unique qui comptera ?

Il se jeta à l’eau. Ou du moins, essaya :

« Ri- … Hawke-
- Riza, le coupa-t-elle. Dans cette tenue, Riza. S’il vous plaît. »

Cette tenue, c’est-à-dire en civil. Portant une jupe s’arrêtant juste sous le genou, une jupe découvrant ses jambes. Des jambes bien galbées, à la peau peut-être un peu trop pâle ne pas voir assez le soleil, trop souvent cachée sous les pantalons de son uniforme.

D’ailleurs, maintenant qu’il y pensait… cette idée prit toute la place dans son esprit :
« Vous ai-je déjà vue en jupe avant ? »

Hawk – non, *Riza* - marqua une pause, surprise.
« Oui, » finit-elle par répondre, essayant d’assurer sa voix.

Roy la regardait fixement, essayant de se souvenir pourquoi, justement, il avait pu oublier une chose pareille. Les jambes des soldates en général, de Riza en particulier, ça ne se voit pas tous les jours. D’où croyez-vous que venait son rêve de mini-jupes, d’abord ?

« En tenue officielle, pour une cérémonie funèbre, » lui rappela-t-elle, au bout d’un moment de silence.

Oui, ce jour-là, elle portait une jupe longue, une jupe étroite cachant ses jambes jusqu’à mi-mollet. Tant qu’elle était immobile, l’étoffe dissimulait parfaitement ses jambes. Dès qu’elle se mettait à marcher – en souliers de femme, pas en bottes militaires ! - les plis mouvants de la jupe laissaient deviner le volume des jambes.

Si ce jour-là, il n’avait pas été aveuglé par la disparition de son meilleur ami, il aurait sans nul doute remarqué comme le tissu, porté par le vent ou suivant ses pas, moulait au lieu de cacher. S’il l’avait vue porter cette fameuse jupe pour n’importe quel autre soldat, il n’aurait même pas éprouvé de remords à imaginer des jambes de femme sous le bleu de l’uniforme, au beau milieu d’un enterrement. Si le cercueil avait contenu n’importe quel autre cadavre, il aurait fixé son regard sur les chevilles, sur la peau révélée entre l’ourlet de la jupe et le bord des souliers…

Roy jura intérieurement. Peut-être qu’il avait effectivement croisé Maes, quand il était à moitié mort, et que Maes lui avait fait la leçon…

À l’époque, il n’y avait que Maes pour lui faire oublier de courir après les femmes, même celles se baladant juste sous son nez. Et il n’y aurait sans doute que Riza pour lui faire oublier sa peine pour Maes, désormais.

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« Officiellement, le Généralissime a simplement disparu dans l’incendie de sa demeure. Personne n’a encore décidé de vous en tenir pour responsable, malgré la rébellion de la Campagne du Nord.
- Pas encore, hein…
- Vous vous sortirez de cette affaire.
- Espérons-le.
- Alors, avec la mort de Bradley, avez-vous atteint votre but, ou avez-vous entièrement échoué ?
- Allez savoir. Mais, vous-même, que cherchiez-vous donc, à me suivre ? »

Elle ? dit le plus simplement possible, elle voulait Roy Mustang.
Avec plus de réflexion, Riza Hawkeye ne désirait qu’une chose : être aux côtés de Roy Mustang. Le voir atteindre son but, si possible en partie grâce à elle. Et être à ses côtés le jour où il y parviendrait. Et peut-être qu’alors, il la remarquerait, peut-être qu’elle autoriserait ses désirs plus secrets à prendre consistance.
En attendant, son but était celui du Colonel. Quel qu’il soit réellement.
« Que vouliez-vous vraiment, que vous ne sachiez plus si vous l’avez obtenu ou non ? »

Roy Mustang ne savait pas lui-même, justement. Que cherchait-il, déjà ? que désirait-il ?
Devenir Généralissime, pour n’avoir plus jamais à obéir à des ordres iniques. Pour que plus jamais soldat ne participe à un massacre tel que celui dans lequel on l’a jeté. La fin de toutes les guerres, au passage la fin des armées, et tant pis pour lui-même ?
Pourquoi pas… il voulait, quelque part, expier ses crimes. Quand il souhaitait ne plus souffrir, une sombre part au fond de lui-même lui rappelait qu’il ne pouvait pas, qu’il avait ce devoir de mémoire, si douloureux soit-il, envers ses victimes, quoi qu’il lui en coûte. Ou justement, parce que ça lui coûtait.
Il voulait se hisser au sommet, avait accepté le défi parce que Maes était derrière lui pour le soutenir. Peut-être voulait-il, tout simplement, que son ami soit fier de lui.

Et si Maes avait pu s’exprimer à son tour, perché sur un coin de nuage, surmonté d’une petite auréole, qu’aurait-il pu penser de tout cela ?
//Et moi alors, personne ne se demande ce que je désirais depuis toujours – à part revoir le sourire de ma Gracia, et que mon adorable petite Elysia grandisse pour devenir aussi belle que sa maman ? si avant tout, je voulais te voir heureux, hein ? allez Mustang, fais pas ton timide, quoi, elle te tend les bras ! tu n’en trouveras pas deux comme ça dans le monde, je sais bien, j’ai cherché pour toi.//

Peut-être qu’il souhaitait aussi, malgré tout, que tout cela s’arrête, et, comme Maes, se ranger, avoir une épouse aimante et aimée, peut-être une famille, enfin, la paix…

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Il y a eu son enfance, avec ses rêves et ses désillusions.

Il y a eu le jour où elle l’a rencontré, et tout a pris son sens à ce moment. Ensuite, il y a eu « l’avant ».
Toutes ces années, elle l’a suivi en silence, sûre d’elle et sûre de lui. C’était simple ; il était là près d’elle, alors elle était là pour lui. En appliquant la croyance des soldats que l’amour est une faiblesse et que partager son cœur était dangereux. Mais qu’importait. Elle gardait toujours, très secrètement, ses idées de petite fille qu’un jour, il la remarquerait, et que l’amour serait plus fort que tout et que le partager leur donnerait toujours plus de force.

Puis vint le jour où il tomba de son piédestal.
Dans les jours, les heures qui suivirent, leurs masques tombèrent. Tous ses rêves se réalisaient.
Ces quelques semaines qu’ils partagèrent, loin des codes, des réglementations, de tout, juste elle et lui, passèrent comme un rêve. Tout ce temps où elle le soigna, où elle prit soin de lui corps et âme, où il la laissa faire avec plaisir, fut une vraie lune de miel. Elle et lui, donc, rien qu’eux deux, ensemble, juste en tant qu’homme et femme, sans artifice.
Tout était si parfait qu’ils ne pensèrent même pas à se promettre quoi que ce soit.
Elle aurait peut-être dû.

Le jour où il fut pleinement rétabli, où il estima qu’il devait reprendre sa place, se plier de nouveau à son devoir, payer pour ses erreurs, il la remercia pour tout ce qu’elle avait fait pour lui, s’excusa du fardeau dont il l’avait chargée. Et partit. Comme si le poids de son passé devait forcément passer avant tout l’avenir qu’elle pouvait lui offrir.

Alors, il y a eu « l’après ».
Elle s’est maudite d’y avoir cru. Elle aurait pleuré de s’être livrée à lui en croyant qu’il resterait auprès d’elle. Elle l’a détesté, de n’avoir pas vu, ou pas voulu de tout ce qu’elle avait à lui offrir, de tout ce qu’elle lui offrait sans condition.
Que lui importait, autrefois, qu’il ne la regarde pas, si elle était à ses côtés !

Maintenant qu’elle se retrouvait seule, le souvenir de sa compagnie faisait d’autant plus mal.
Au moment même où il sortit de sa vie, le souvenir de ce mois de rêve se transforma en véritable cauchemar.